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15/04/2015

Le gouvernement a face à lui toutes sortes de républicains

Je ne sais pas si c’est un bon signe pour lui, mais six français sur dix souhaitent que Manuel Valls reste à son poste et, surtout, garde le même cap économique. De quoi donner des boutons aux « frondeurs » et à la supposée patronne des Verts, Cécile Duflot, elle-même de plus en plus en difficulté dans son parti, d’autant qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), vient de subir une terrible déconvenue aux dernières élections municipales avec à peine 2% des voix. En outre ce mini parti est très divisé avec certains de ses leaders qui veulent aller au gouvernement (Barbara Pompili, V. Placé, F. de Rugy, Emmanuelle Cosse…) et d’autres à l’instar de Cécile Duflot qui préfèrent un rapprochement avec les autres éclopés des départementales que sont les communistes et les mélenchonistes.

 

Mais cela n’empêche pas les « frondeurs », de plus en plus isolés, de continuer à critiquer à fond le gouvernement, au point qu’on se demande si finalement ils ne préfèreraient pas voir N. Sarkozy à l’Elysée plutôt que F. Hollande ou Manuel Valls. Problème, si c’est le cas en 2017, plus personne ne parlera d’eux parce qu’ils ne seront plus députés pour la quasi-totalité d’entre eux. Quitte à me répéter, si la configuration électorale actuelle devait prévaloir en mai et juin 2017, il n’y aurait pas plus de 60 députés à l’Assemblée Nationale chez les socialistes, donc pratiquement aucun « frondeur », communiste et écologiste version Duflot. Quel beau résultat cette politique de la terre brûlée !

 

En tout cas cette guerre livrée par les « frondeurs » irréductibles contre F. Hollande ne peut que profiter à l’UMP et, in fine, à N. Sarkozy. Je dis in fine à N. Sarkozy, parce que, comme je le craignais, l’UMP ce n’est plus que lui, même si je préfèrerais que ce soit  Alain Juppé ou B. Lemaire. Cela étant, s’il n’a pas été un bon président de la République, N. Sarkozy a su toujours se mettre en avant dans son parti pour écarter tous ses rivaux potentiels…avec le soutien plus ou moins avoué de la presse radio-télévisée, pour qui il est ce que l’on appelle un « bon client ». La preuve, on lui passe tout, alors qu’on en fait des tonnes à la moindre erreur ou fausse-note de ses adversaires à l’UMP ou ailleurs, sans parler évidemment de F. Hollande.

 

Un exemple : en lisant le site web du Monde, on s’aperçoit que non seulement N. Sarkozy dirige seul l’UMP, mais qu’en outre on le laisse dire n’importe quoi, par exemple sur la Russie et la crise ukrainienne, où il est en complet désaccord avec la quasi-totalité de la classe politique française, à l’exception toutefois du Front National…comme sur les plats uniques dans les cantines scolaires. A croire que la frontière entre l’UMP version N. Sarkozy et le FN est vraiment très ténue, malgré les rodomontades de N. Sarkozy à propos des accords à passer avec la Front National. D’ailleurs pourquoi passer des accords puisqu’on touche le même électorat, surtout avec les difficultés actuelles de la famille Le Pen, qui pourraient affaiblir le Front National, où Marion Maréchal-Le Pen se verrait bien succéder à son grand-père, qui l’a déjà adoubée comme tête de liste aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

Certes tout cela fait peur aux Français de bon sens, mais cela paye sur le plan électoral, tout en fanatisant un peu plus un électorat de plus en plus droitier dans notre pays. Comment des centristes (UDI et hélas MoDem) peuvent-ils faire allégeance à N. Sarkozy et ses amis les plus proches ? J’avoue qu’étant moi-même centriste, je ne comprends pas cette attitude, à part espérer une place éligible pour des élections locales ou nationales, et, pourquoi pas, un poste de ministre ou secrétaire d’Etat, même si c’est pour être aussi inconnus que nombre de ministres de ce gouvernement ou des précédents. Qui connaît Sylvia Pinel, Patrick Kanner, Thierry Mandon, Annick Girardin, Thierry Braillard, Alain Vidalies ou Laurence Rossignol ? Personne ou à peu près ! Qui connaissait Maurice Leroy, Patrick Ollier, Henri de Raincourt, Philippe Richert, Marie-Anne Montchamp dans le quatrième gouvernement Fillon ? Personne ou à peu près ! Ce doit être dur quand même d’être à ce point inconnu, surtout quand on sait que tout le monde ou presque connaît Ibrahimovic, Thiago Silva ou David Luiz ! Même le président du Sénat est infiniment moins connu que le président du PSG (Nasser Al-Khelaïfi), celui de l’Olympique Lyonnais (J.M. Aulas) ou de l’Olympique de Marseille (V. Labrune).

 

Pour revenir à la politique, il y a quand même une réforme qu’aurait pu et dû essayer de faire F. Hollande…s’il n’avait pas pensé qu’à sa réélection, à savoir au minimum l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives ou départementales, non pas pour faire plaisir aux petits partis, mais par simple sens de la justice. En 2007 le MoDem, qui avait eu un candidat qui avait fait plus de 18.5% des voix à l’élection présidentielle, se retrouva finalement avec quatre députés contre quinze au Parti communiste, alors que le candidat du PC avait obtenu moins de 2% des voix. C’est tout simplement inique comme système électoral. Et aujourd’hui, avec le tripartisme, le système apparaît encore plus injuste, comme en témoignent les dernières élections départementales, où le Front National n’a obtenu aucun département malgré un score électoral (plus de 24% des voix) qui le plaçait en seconde position derrière l’alliance UMP-UDI et parfois MoDem, et largement devant le Parti socialiste et ses alliés PRG qui n’avaient même pas dépassé les 22%.

 

Ce n’est pas normal, comme je l’ai écrit dans mon précédent billet, de voir pareille injustice. Si l’on veut empêcher le Front National d’avoir des élus, il n’y a qu’à tout simplement éviter les querelles politiciennes et gouverner en fonction de l’intérêt du pays, quitte à permettre de faire passer des lois à mettre au crédit des adversaires politiques. Le Parti socialiste ne l’a pas fait avec la loi sur les retraites initiée à l’époque de N. Sarkozy, pourtant loin d’être au niveau que l’on pouvait en attendre. Mais l’UMP n’a pas eu une attitude plus responsable avec la loi Macron, alors que les dispositifs de ladite loi auraient dû la conduire à voter pour. C’est ainsi que l’on fait monter le Front National, et non en le privant de représentation parlementaire ou locale. En plus, si cela continue, il finira par en avoir sans l’aide de quiconque, et sa place se fera très vite importante dans les assemblées...quel que soit le système électoral.

 

Parlons à présent un peu de la proportionnelle. D’après le grand juriste autrichien H. Kelsen (1881-1973) « l’idée proportionnaliste s’insère dans l’idéologie de la démocratie, et son action dans sa réalité le parlementarisme ». Chez nous de grands orateurs républicains comme Léon Gambetta, Aristide Briand ou Jean Jaurès y étaient favorables aussi. Après tout, est-il anormal de souhaiter un système où la représentation politique des minorités est respectée ? Certainement pas, même si ce mode de scrutin doit être corrigé pour pouvoir gouverner dans la durée. Cependant  il y a quand même une différence entre le système allemand avec une dose de proportionnelle et le scrutin majoritaire à deux tours en vigueur dans notre pays depuis 1958, ce qui est quasiment unique parmi les démocraties parlementaires. Un mode de scrutin, qui, plus que jamais, montre ses limites en amplifiant démesurément les résultats des élections, et en favorisant les partis « malins » qui ont conclu des alliances uniquement pour le second tour, quitte à sortir aussitôt après de la majorité au nom de laquelle ils ont été élus.

 

C’est exactement le cas de figure de l’actuelle Assemblée nationale, avec au second tour un Parti socialiste totalisant 41% des voix et se retrouvant avec 280 sièges, des Verts obtenant 3.6% des voix avec 17 députés, le Front de Gauche (Parti de Gauche et communistes) et autres divers gauche ayant obtenu 4.2% des voix pour 32 députés et les radicaux de gauche avec 2.3% des voix obtenant 12 députés. En face l’UMP et ses associés centristes obtenaient 44% des voix pour avoir 229 députés. Quant au Front National, malgré ses 13.6% des suffrages obtenus au premier tour, il se retrouva éliminé dans de nombreuses circonscriptions pour le second tour des élections législatives et dut se contenter de 2 députés. Il ne peut pas y avoir pire injustice qu’un tel système, et je suis d’autant plus à l’aise pour l’écrire que jamais je n’ai voté, ni ne voterai pour un candidat de ce parti. Le plus cocasse, si j’ose employer cette expression, c’est, qu’à peine élus, les députés communistes et mélenchonistes quittaient la majorité présidentielle ! Sans commentaire !

 

Alors me direz-vous, que faut-il faire pour corriger cette injustice démocratique? Faire comme les pays anglo-saxons et avoir un scrutin majoritaire à un tour, où est élu le candidat ayant obtenu le plus de voix, donc à la majorité simple ou relative ? Sans doute pas, car cela favorise outrageusement le « vote utile », au profit des candidats des grands partis, ce qui conduit à un affrontement bipolaire comme celui que nous connaissons pour les élections législatives depuis 1958, à l’exception de 1986 où la proportionnelle avait fait un bref retour. Cela étant, si le scrutin majoritaire à un tour existait en France, il y aurait davantage d’élus du Front National, surtout avec tous ces frondeurs qu’ils soient socialistes, écologistes, mélenchonistes ou autres communistes. Ceux-là disparaitraient vite de l’hémicycle…même si par instinct de conservation nul doute qu’ils sauraient « aller à Canossa ». Il n’empêche, le Front National aurait beaucoup d’élus à l’Assemblée avec ce système (30, 40, 50, 60 ?), bien que l’élection présidentielle booste toujours le parti du candidat élu.

 

Conclusion de tout cela, il semble que le moins mauvais des systèmes (« il n’y a pas de bonne loi électorale » comme disait F. Mitterrand) est sans doute la proportionnelle avec un seuil de représentativité qui pourrait être de 5%, ce qui empêcherait les micros partis d’avoir des élus, plus une prime au parti ayant rassemblé le plus grand nombre de voix. Cela permettrait d’avoir une représentativité plus juste des forces politiques, tout en favorisant les grands partis, avec pour corollaire la constitution d’une majorité stable, plus stable à coup sûr que la proportionnelle intégrale qui présente l’inconvénient des marchandages occasionnels…qui existent aussi d’une certaine manière au scrutin majoritaire, comme je l’ai indiqué précédemment. Est-ce que cela se fera un jour ? Je ne sais pas. En fait tout va dépendre de l’évolution de l’électorat qui se porte  sur le Front National. Si ce dernier continue de progresser dans les urnes, la donne sera différente avec trois blocs d’égale importance ou à peu près. Comment faire une majorité dans ces cas-là ? Cela étant je ne crois pas que le Front National s’inscrira durablement dans la vie politique française dès que la croissance aura retrouvé des couleurs. Qui vote pour le Front National de nos jours ? Réponse : les déçus de l’UMP ou du Parti socialiste. Si le chômage baisse, on peut imaginer que le candidat « républicain » (quelle idée ce nouveau nom de l'UMP !) sera opposé au candidat socialiste, mais aux élections législatives le Front National sera laminé…sans que N. Sarkozy y soit pour quelque chose, même s’il s’en attribuera le mérite.

 

Michel Escatafal

31/03/2015

Un tripartisme inédit sous la Cinquième République

Cette fois, la gauche ne peut pas dire qu’elle a limité les dégâts aux élections départementales, comme certains au Parti socialiste avaient commencé à vouloir le faire croire. En fait, la gauche a payé au prix fort ses divisions, comme d’ailleurs le Parti socialiste lui-même. C’est quand même un peu fort d’entendre quelqu'un comme Aurélie Filipetti, ministre pendant deux ans de F. Hollande, affirmer devant tout le monde hier (sur Canal+) que la politique appliquée par le gouvernement ne marche pas. Pire même, elle a osé dire que pendant quelque temps elle avait joué le jeu de la cohésion gouvernementale en laissant entendre qu’elle ne croyait pas à ce qu’elle disait. Donc, pour elle, il n’y a eu aucun résultat tangible obtenu par les gouvernements auxquels elle a appartenu, comme ne cesse de le clamer Cécile Duflot. Cela dit, l’important n’est pas de discuter des résultats, d’autant que si l’on veut bien chercher il y a des améliorations dans certains domaines, même si globalement les gens ne peuvent qu’être déçus.

 

En fait, les résultats positifs obtenus l’ont été dans un domaine qui n’intéresse pas les Français, à savoir le déficit budgétaire ramené fin 2014 à 4%, ce qui est évidemment beaucoup trop, mais qui marque une baisse significative par rapport à fin 2011. Pour mémoire, au cas où certains l’oublieraient, le déficit fin 2011 représentait 5.1% du PIB, puis 4.9% fin 2012 et l’année passée 4.2%. Cela fait une différence de 1,1% entre fin 2011 et fin 2014...ce qui n’est pas rien, même si ce résultat est aussi dû aux taux auxquels nous empruntons aujourd’hui qui sont plus bas qu’en 2011, la charge de la dette ayant diminué en 2014 de 3 milliards d’euros par rapport à 2011 et 2012. Malgré tout le déficit public est passé entre 2012 et 2014 de 99 milliards d’euros à 85. Pour un peu j’oserais dire que les augmentations d’impôts n’ont pas servi qu’à augmenter la richesse de ceux qui ont le plus, mais ont contribué à entrevoir d’ici deux ans de rentrer dans les clous de la Commission européenne (3%).

 

Fermons la parenthèse pour rappeler à Aurélie Filipetti, que son argument consistant à dire que les gens s’éloignent du Parti socialiste, et plus généralement de la gauche, en raison de la politique d’austérité menée par le gouvernement, ne tient pas. Il ne tient pas parce que les partis qui ont remporté les élections, l’UMP, l’UDI et un peu le MoDem, veulent mettre en place à partir de 2017 des mesures autrement plus sévères que celles qui sont appliquées de nos jours. Et pourtant les gens ont voté pour eux ! Non, ce qui contrarie les électeurs, c’est de voir que F. Hollande, qui ne pense qu’à sa réélection, ne va pas assez loin dans les réformes…qui n’ont jamais été faites par l’UMP et l’UDI quand ils étaient au gouvernement. La loi Macron n’est pas « la loi du siècle » pour parler comme F. Hollande, mais elle va toujours un peu plus loin que ce qui a été fait pendant le quinquennat de N. Sarkozy, comme certains membres de l’UMP l’on fait remarquer, ce qui a provoqué l’ire des « frondeurs » socialistes, rejoignant en cela les partisans du duo Duflot-Mélenchon.

 

On notera à ce propos que cette « gauche » presque jusqu’au-boutiste ne représente pas un nombre considérable d’électeurs, mais ces quelques 6 ou 7% de voix seront suffisants pour empêcher F. Hollande ou tout autre candidat socialiste à la présidentielle d’atteindre le second tour en 2017, laissant face à face le candidat UMP et Marine Le Pen. Au fait, c’est peut-être cela que tous ces farouches opposants à la politique Hollande-Valls veulent, en pensant à un avenir radieux dans l’opposition…s’ils sont élus. Oui, je précise bien s’ils sont élus, car Aurélie Filipetti, A. Montebourg, B. Hamon, Cécile Duflot et leurs amis risquent fort d’être battus, voire même écrasés, aux prochaines élections législatives en cas de victoire UMP à l’élection présidentielle. Dans cette hypothèse en effet, ce sera un raz-de-marée de la droite parlementaire à l’Assemblée Nationale, et un Waterloo monumental pour les partis de gauche. La France n’est pas la Grèce, et Cécile Duflot et J.L. Mélenchon ne tirent pas dans la même catégorie qu’A. Tsipras (Syrisa) ou P. Iglesias (Podemos)!

 

En revanche il n’y aura sans doute pas davantage de députés Front National dans la prochaine Assemblée Nationale quel que soit le candidat élu en 2017, et c’est ce qui me gêne le plus en tant que démocrate. Si j’écris cela, c’est parce que je considère qu’un parti qui à chaque élection dépasse 20% des votants devrait avoir plus d’élus qu’ils n’en ont. Je suis d’autant plus à l’aise pour exprimer cette pensée, que chacun de mes lecteurs connaît mon aversion pour les idées du Front National. Il est quand même ahurissant de voir que les Verts et assimilés, du haut de leurs 2% à chaque élection locale ou nationale, aient 18 députés alors que le Front National en a seulement 2. C’est un problème pour la démocratie, et Marine Le Pen et ses amis ne se priveront de le clamer de plus en plus fort, d’autant qu’ils progressent en voix à chaque élection, non seulement au détriment de la droite, mais aussi de la gauche.

 

Que J.L. Mélenchon, Cécile Duflot et autres frondeurs ne se fassent surtout aucune illusion, ceux qui souffrent le plus de la baisse des faveurs de l’Etat providence ne se rangent pas de leur côté, mais plutôt de celui de Marine Le Pen, d’autant que nombre d’entre eux, pour ne pas dire tous, pensent que le PS et l’UMP c’est du pareil au même…ce qui n’est pas faux sur le plan économique, et que ceux qui se réclament de la gauche plus ou moins radicale ont fait partie de divers gouvernements auparavant. Quelles vraies réformes ont été faites par les gouvernements UMP-UDI entre 2002 et 2012 ? Quasiment aucune, et je crains que le bilan soit presqu’aussi négatif de la part des gouvernements socialistes entre 2012 et 2017, malgré la volonté réformatrice de Manuel Valls et E. Macron, bridés par un F. Hollande dont l’unique pensée, je le répète encore une fois, est l’élection présidentielle de 2017…qu’il a de grandes chances de perdre, le scénario pour un nouveau 21 avril 2002 étant en place.

 

Revenons à présent sur ce tripartisme inédit dans l’histoire de la Cinquième République que nous vivons aujourd’hui. D’abord le tripartisme n’est pas quelque chose de très nouveau depuis 1958, car depuis cette date il y a eu effectivement trois partis de gouvernement et même quatre si l’on y ajoute les communistes, aujourd’hui quasiment disparus. Mais si j’ai employé le mot « inédit », c’est parce que le Front National n’est pas considéré encore de nos jours comme un parti de gouvernement, dans la mesure où il ne peut gouverner avec personne, même si l’UMP version Sarkozy utilise souvent le même langage que le Front National. Mais les éléments de langage ne suffisent pas à permettre de gouverner ensemble.

 

Certains me feront remarquer qu’entre la « droite forte » et le Front National il y a sans doute plus de convergences sur certains sujets de société qu’entre la « droite forte » et les centristes, mais jusqu’à présent les centristes ont fait taire la plupart de leurs différences…pour pouvoir participer au gouvernement. Cela étant, la « droite forte » de N. Sarkozy et ses amis les plus droitiers ne sont pas toute l’UMP, car à côté d’eux il y a nombre de républicains n’ayant rien à voir avec les idées et thèses du Front National. La preuve, l’unanimisme est loin d’être la règle en ce qui concerne les consignes électorales vis-à-vis du Front National. Il n’empêche, malgré ces convergences entre l’UMP version Sarkozy et le Front National, en cas de victoire UMP en 2017, le gouvernement sera composé en quasi-totalité de membres de l’UMP et de centristes…avec quelques MoDem si le vainqueur s’appelle Alain Juppé.

 

Le tripartisme est donc aujourd’hui la réalité de notre vie politique, et c’est pour cela qu’il ne saurait être comparé à l’époque où il y avait l’UDF créée par V. Giscard d’Estaing (1978), sans oublier le Parti communiste encore très puissant à cette époque. Mais ces quatre partis étaient capables de se fédérer pour gagner des élections nationales et plus encore locales, soit dès le premier tour soit systématiquement au second tour, ce qui aboutissait de facto à un affrontement droite-gauche, qui a perduré jusqu’au début du nouveau siècle. Certes il y eut l’épisode du 21 avril 2002, où l’émiettement des candidatures à gauche provoqua la perte de Lionel Jospin et la qualification pour le second tour de J.M. Le Pen (16.8% des voix), mais le second tour confirma que cette situation était incongrue, puisque J. Chirac fut élu président de la République avec plus de 82% des voix. Pire même, cette terrible défaite du Front National fut un avant-goût de l’élection présidentielle de 2007 où J.M. Le Pen, de nouveau candidat, n’obtint que 10.4% des voix, ce qui fit dire à de nombreux observateurs « éclairés » que N. Sarkozy avait mis un coup d’arrêt sans doute définitif aux ambitions du Front National.

 

Certains voyaient même se reproduire le scenario du boulangisme, mouvement initié par le général Boulanger au milieu des années 1880, ce dernier aux portes de l’Elysée fin janvier 1889 après avoir été élu triomphalement député de Paris, et qui trois mois plus tard s’enfuira en Belgique avec sa maîtresse. Bien sûr la situation n’a rien de comparable, le Front National ayant mis un certain temps pour s’implanter durablement dans la vie politique française (création du mouvement en 1972), mais chacun en juin 2007 pensait que le Front National et J.M. Le Pen avaient fait leur temps. C’était vrai pour Jean-Marie, mais sa fille Marine allait reprendre le flambeau et de quelle façon!

 

D’abord parce qu’on parle de plus en plus du mouvement « Bleu marine », et surtout parce que le Front National pèse de nos jours autour de 25% des suffrages à chaque élection, ce que l’UMP seule peine à réaliser, alors que le Parti socialiste se situe autour de 19-20%. Donc nous avons bien trois forces plus ou moins équivalentes dans le pays, sans toutefois que le score du Front National soit suffisant pour espérer avoir 20 ou 30 députés dans une Assemblée Nationale, ou pour diriger 15 ou 20 départements…du moins tant qu’il y aura le scrutin majoritaire à deux tours, c’est-à-dire jusqu’au moment où un président de la République décidera d’un changement de scrutin pour les élections législatives. Quelque chose me dit que ce n’est pas pour demain, même si dans ce domaine rien n’est figé.

 

Michel Escatafal

24/03/2015

On a gagné ! On a gagné ! On a gagné !...Oui, mais quoi?

 

Comment peut-on être motivé par la politique dans notre pays en voyant le spectacle des émissions de télévision dimanche soir après les élections départementales ? C’était rien moins qu’affligeant. Déjà à la vue des résultats, auxquels personne ne comprenait rien, et plus encore en entendant les commentaires des diverses chaînes. Tout cela parce que personne ne comptabilisait les voix de la même manière, ce qui a fait dire à certains que le Front National était le troisième parti de France, alors que d’autres affirmaient que c’était le second. Ce qui a fait dire aussi à plusieurs chaînes que N. Sarkozy était le grand vainqueur de cette élection, alors que l’UMP au pire moment de ses divisions, guère refermées depuis l’élection du « revenant », remportait de la même façon les élections, avec parfois même une marge plus importante. Ce qui a fait dire aussi à certains, par exemple France 2, que le Parti socialiste avait bien résisté, ce qui n’est pas faux en comparaison de la catastrophe annoncée, alors que d’autres sur des chaînes concurrentes n’hésitaient pas à inciter le président de la République à virer son Premier ministre. Et que dire des politiciens eux-mêmes qui chantaient tous leur victoire ou leur satisfaction, certains comme N. Sarkozy se voyant déjà de nouveau de retour au pouvoir, en imposant sa ligne de conduite à tout le monde, y compris à ses alliés centristes, malgré les réticences de certains.

Au fait les centristes, ils sont où ? Et bien, ils sont plus que jamais nulle part, puisque personne n’a eu l’idée de comptabiliser leurs voix, sauf je ne sais plus quel sondeur qui donnait un chiffre ridicule pour le MoDem. Jusqu’à présent on se moquait du MoDem, parce qu’à part les scores de F. Bayrou aux élections présidentielles auxquelles il avait participé, il avait très peu d’élus. Je ne sais pas s’il en aura davantage en étant avalé par l’UMP, mais son score est franchement ridicule avec moins de 0.3% (0.27%) des suffrages. Voilà ce que c’est que se mettre dans les sabots de l’UMP version Sarkozy ! Qui aurait pu douter du contraire ! Cela dit,  les écologistes n’ont pas fait beaucoup mieux, avec à peine plus de 2% des voix (2.03%), preuve que leur flirt poussé avec le Front de Gauche de J.L. Mélenchon et du PC (6.81%) n’a pas connu un grand succès. Quant au Front de Gauche lui-même, il va falloir une fois pour toutes que les gens qui votent pour ce petit conglomérat s’aperçoivent que ce vote n’a rien d’utile pour faire avancer les idées dites de gauche, la quasi-totalité de leurs électeurs potentiels préférant le Front National.

Le Front National, justement, parlons-en : ce parti est bien le premier parti de France, n’en déplaise aux thuriféraires de l’UMP version Sarkozy, car le Front National est le seul parti ayant vraiment dépassé les 25% (25.19%), alors que les 29.4% des voix données à l’UMP sont en réalité le résultat de l’alliance UMP, UDI, UC et une partie du MoDem ayant fait allégeance. On est loin du triomphe accordé à N. Sarkozy par la quasi-totalité des médias, l’UMP seule se trouvant derrière le Front National. C’est triste à dire, mais c’est ainsi : le rassemblement Bleu Marine est bien la première force politique autonome de notre pays, devant l’UMP et le Parti socialiste qui réalise finalement un score proche de 20%...alors que certains les plaçaient à moins de 15% des voix.

On comprend pourquoi, malgré le « Hollande bashing » des Verts, du Front de Gauche et les coups de pied de l’âne des « frondeurs », Manuel Valls avait l’air presque satisfait hier soir. Il ne pouvait pas jubiler certes, mais il venait d’échapper au retentissant naufrage annoncé. Il pouvait d’autant plus être soulagé, que ses contempteurs dits de gauche avait eux pris l’eau dans des proportions qu’ils n’imaginaient pas. La preuve qu’ils étaient à genoux, nous l’avons eu hier soir en entendant les écologistes, mais aussi le représentant des frondeurs et le Parti communiste demander comme un seul homme ou une seule femme de voter pour les candidats socialistes, appelés de nouveau « candidats de gauche ». A ce propos, preuve que l’UMP version Sarkozy ne doit pas brandir les drapeaux du triomphalisme, le total des voix de gauche est quasiment équivalent à celui de la droite dite républicaine, aux environs de 36%. Bien sûr certains écriront que le Front National plus l’UMP cela fait environ 60% des voix, sauf que dans le cadre d’un second tour d’élection présidentielle, nombre d’électeurs du Front National ne voteront pas pour un candidat UMP, surtout si celui-ci s’appelle N. Sarkozy, parce qu’ils ont toujours voté à gauche jusqu’à l’avènement du Front National, comme troisième grand parti de notre pays.

Tout cela pour dire qu’avec une participation largement supérieure aux 50.7% d’hier, les jeux sont loin d’être faits pour 2017, comme semblaient l’affirmer les commentateurs des chaînes d’info, certains d’entre eux semblant dire que nous étions dans une configuration d’élection de premier tour…ce qui n’avait absolument rien à voir. L’histoire est là pour nous rappeler que tous les pronostics faits deux ans avant une élection s’avéraient généralement faux. Qui aurait imaginé en 1984 et même en 1986 que F. Mitterrand aurait été réélu en 1988 ? Personne, et pourtant il le fut, qui plus est largement face à J. Chirac. Alors soyons raisonnables et ne tirons pas trop vite de plans sur la comète, d’autant que les socialistes et F. Hollande vont bénéficier vraisemblablement de la reprise économique dans l’année 2016. Et si le chômage commence à baisser à ce moment, plus quelques mesures dites de gauche, plus quelques faveurs livrées aux écologistes après la conférence sur le climat fin 2015, tout est possible, même si Cécile Duflot fait 1% des voix et J.L Mélenchon 4 ou 5%. D’ailleurs qui aurait imaginé en janvier 2012 que N. Sarkozy obtiendrait presque 48.5% des voix lors du second tour de l’élection présidentielle ? Quasiment personne, et pourtant, si la campagne électorale avait duré deux semaines de plus, il pouvait l’emporter. C’est cela la démocratie, avec ses imperfections, d'autant que les gens sont oublieux.

Un dernier mot enfin pour dimanche prochain. Qui nous dit que les consignes de vote seront aussi bien respectées qu’on veut nous le faire croire ? Pour ma part, j’ai du mal à imaginer qu’un centriste digne de ce nom préfère ne pas voter, et donc laisser passer un candidat Front National, plutôt que voter pour un candidat socialiste. C’est impensable car, comme le dit très justement F. Bayrou, on ne peut pas ignorer les valeurs. Alors je veux bien que ceux qui applaudissent chaleureusement N. Sarkozy pour sa conversion au plat unique dans les cantines n’aillent pas voter pour le candidat de gauche en cas de duel FN-PS, d’autant que ceux-là iront voter pour le Front National sans état d’âme, mais nombre d’autres électeurs modérés n’écouteront pas les consignes UMP version Sarkozy. La preuve, J.C. Lagarde (actuel patron de l’UDI)  appelle à « faire barrage » au Front National…ce qui est rassurant et plus centriste que la position d’Hervé Morin. Mais Morin est-il centriste ?

Michel Escatafal 

 

26/07/2014

La colère des Français se transforme en indifférence…et c’est grave !

Avant d’écrire mon précédent article, je voulais évoquer de nouveau la vie politique de notre pays, qui pourrait se résumer par ces mots : « Les Français ont le droit d’être en colère ». Mais au fait, le sont-ils à propos de la politique ? Oui et non, parce qu’au-delà de la colère, il y a surtout l’indifférence. Qui de nos jours parmi les gens qui ne travaillent pas, et ils sont hélas de plus en plus nombreux, suit les travaux de l’Assemblée Nationale ou du Sénat? Pratiquement personne, alors qu’il y a quelques années, les questions au gouvernement le mercredi faisaient la joie ou la peine (c’est selon) des retraités, lesquels racontaient le soir à leurs enfants ou petits enfants les joutes qui avaient émaillé la séance parlementaire. Oh certes ce n’était pas ce qui passionnait le plus ceux qui sortaient de leur « boulot », mais ils écoutaient et même parfois commentaient à leur tour les proclamations des députés de droite ou de gauche ou d’ailleurs.

Aujourd’hui, à part quelques forumers excités, ce qui choque le plus le bon peuple ce n’est pas les déclarations de patrimoine des députés, dont ils se moquent comme de leur première chaussette, mais plutôt les atermoiements de J.C. Gaudin avec la direction de l’OM pour la location du Stade Vélodrome de Marseille, ou encore la décision de F. Bayrou, qui a annulé au dernier moment la création d’une allée Bernard Hinault à Pau. Décidément le président de feu le MoDem, le vrai, n’en rate pas une ! Qui aurait osé lui reprocher d’avoir inauguré une allée de la ville de Pau au nom du plus grand champion français de l’histoire du cyclisme, Pau étant un des hauts lieux du Tour de France, que « le Blaireau » a remporté cinq fois ? Personne bien entendu. Alors pourquoi cette annulation ? Parce que c’est la précédente majorité qui l’avait décidé…avec son consentement à l’époque ? Bref, je préfère arrêter là, car cela me mettrait trop en colère d’avoir cru à l’époque du MoDem, le vrai, qu’on pouvait faire de la politique autrement. Non, F. Bayrou est un politicien comme les autres, ce que j’avais compris depuis longtemps.

Pas étonnant qu’il n’y ait plus que haussements d’épaule quand une personnalité s’exprime, y compris à l’Assemblée Nationale, ces joutes oratoires, le plus souvent de qualité très incertaine, ne pouvant en aucun cas donner à penser que cela va changer le destin de notre pays, même si cela doit être cas, par exemple pour ce qui concerne la nouvelle carte territoriale. Et si on leur parle de la sécurité sociale ou de la dépendance, la quasi-totalité des gens se disent qu’ils vont payer davantage…pour avoir moins, alors que déjà ils n’en peuvent plus de payer de nouvelles taxes ou impôts de toutes sortes, même si plusieurs millions de Français vont sortir de l’impôt sur le revenu dès cette année, après avoir subi toutes sortes d’augmentations à caractère fiscal depuis 2010. Bref, pas étonnant que plus personne ne croit à rien en politique, et c’est cela qui est le plus dramatique, car cela signifie que notre démocratie est très malade.

Et ce ne sont pas les révélations de toutes sortes qui paraissent dans les journaux depuis quelques semaines sur le financement de l’UMP qui vont arranger les choses. Au contraire, ces révélations ne font qu’amplifier un phénomène de ras-le-bol, au moment où nombre de Français ne peuvent pas s’offrir de vacances, comme je l’écrivais précédemment, au moment aussi où le chômage ne cesse de croître, pour ne citer que quelques exemples. Que reste-t-il aux Français pour s’enthousiasmer par les temps qui courent ? La Coupe du Monde de football ? Elle est terminée. Le Tour de France avec des Français qui n’ont jamais été aussi brillants depuis des lustres ? Il est lui aussi presque terminé. Il faudra encore trouver autre chose dans les semaines à venir, pour que les gens puissent oublier leurs soucis. Certes le championnat de football va reprendre ses droits, mais est-il vraiment sain que le seul moyen de faire (un peu) oublier aux Français leurs difficultés soit les jeux et le sport. On se croirait revenu à l’époque romaine !

Panem et circenses, comme disait Juvenal dans ses Satires, dénonçant l’attitude de la plèbe à Rome, qui n’avait d’autre ambition que bénéficier de distributions de blé et jouir de spectacles gratuits…ce qui n’est même plus le cas de nos jours. Certes on distribue de la nourriture ou autres prestations à un certain nombre de nécessiteux, mais il s’agit le plus souvent d’une forme de solidarité ne venant pas des pouvoirs publics, et en ce qui concerne les jeux, mis à part le Tour de France, rien n’est gratuit, comme en témoigne le prix incroyablement élevé des abonnements ou des places pour les matches de football ou de rugby.

Quand je parlais de plèbe à propos des Romains de la grande époque impériale (Juvénal a écrit ses Satires entre 90 et 127 c’est-à-dire sous les règnes de Domitien, Nerva, Trajan et Hadrien), je crois que le terme correspond à peu près à celui de la petite classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté dans notre France contemporaine, sachant qu'il n’y a plus d’esclaves comme à l’époque romaine, et qui, effectivement, n’ont plus guère que le foot ou le loto pour donner un sens à leur vie, si j’ose employer cette expression. A ce propos on observera que nombre d’entre eux ne votent pas ou plus, ou alors votent pour le Front National. Et ceux qui votent pour les partis dits de gouvernement ou assimilés, n’hésitent pas à élire des gens parfois très controversés, au détriment de candidats bien sous tous rapports et qui ne demanderaient qu’à remplir leur mission sans arrière pensée politicienne, c’est-à-dire dans le seul but de servir le peuple et la république.

Problème, nombre de ceux qui se présentent sans appartenir à un parti politique ou qui y ont adhéré depuis peu, n’ont quasiment aucune chance d’être élu maire, député et encore moins sénateur, les sénateurs ne devant leur élection qu’à un collège d’élus. Là est toute l’ambigüité des électeurs qui se plaignent des politiciens qui nous gouvernent ou nous ont gouverné. Ils se moquent de ceux qui les gouvernent, les brocardent à tout propos, les vilipendent continuellement, mais ne votent jamais ou quasiment jamais pour un candidat indépendant des partis, quelles que soient ses idées, ce dernier passant au mieux pour un illuminé et le plus souvent pour un ambitieux. Du coup, même si le candidat sortant n’a rien fait ou si son principal adversaire n’en a pas fait davantage quand il était en poste, on vote quand même pour ces candidats…et surtout pas pour un nouveau venu, très souvent infiniment plus compétent que les vieux professionnels de la politique.

Le meilleur exemple de ce que j’écris nous l’avons en ce moment à l’UMP, mais ce n’est pas mieux au PS, chez les Verts ou les centristes. Pour résoudre ses problèmes, l’UMP fait confiance à un triumvirat d’anciens premiers ministres, loin d’avoir fait l’unanimité en leur temps, ou à un ancien ministre dont tout le monde a oublié le nom. Ensuite on préparera un congrès à l’automne d’où pourrait surgir un nouveau président du parti…qui pourrait s’appeler Nicolas Sarkozy. Voilà le changement que prépare le principal parti d’opposition ! Comme si dans les rangs de l’UMP il n’y avait pas, parmi les dizaines de milliers d’adhérents que compte cette formation, des femmes ou des hommes ayant l’envie de gouverner le pays autrement ! Il faut absolument qu’émergent dans les grands partis de gouvernement de nouvelles têtes, susceptibles de donner un petit peu de rêve aux électeurs, sous peine de voir ces partis être devancés par le Front National qui, certes, n’a rien à proposer pour sortir notre pays de ses difficultés, mais dont le principal atout est de n’avoir jamais participé au pouvoir depuis sa création.

Voilà où nous en sommes en 2014 ! D’un côté des politiciens qui rêvent du pouvoir en demandant un chèque en blanc à la population, avec des propositions délirantes (sortie de l’euro, fermeture partielle des frontières etc.), et de l’autre des élus de tous bords qui ont conduit notre pays à un niveau d’endettement public colossal, qui ont laissé la France perdre une bonne partie de son industrie ce qui explique en grande partie notre énorme chômage de masse, qui ont fait de notre pays une nation campée sur des privilèges d’un autre âge, où les syndicats ont encore un pouvoir exorbitant alors que seulement 1.8 millions de salariés sont syndiqués sur un total de 22.5 millions de salariés, bref un pays qui refuse toute réforme…avec l’aval des politiciens, parce que les gens au pouvoir ne pensent qu’à leur réélection. 

Oui, voilà où en est notre France, ce qui suffit à mettre en colère ceux qui voudraient que les choses avancent, et qu’elles avancent beaucoup plus vite qu’elles n’ont avancé avec les dirigeants ou élus UMP qui ont été au pouvoir pendant 10 ans entre 2002 et 2012, et beaucoup plus vite aussi avec ceux qui nous dirigent en ce moment, qui n’ont de cesse à chaque décision prise d’organiser je ne sais quelle conférence sociale, dont chacun sait que cela ne débouchera sur rien ou presque. Résultat, la reprise économique reste très molle, le nombre de chômeurs ne cesse de s’accroître, et les finances publiques ne s’améliorent guère malgré les massives hausses de prélèvement de ces dernières années. Et après ça il faudrait qu’on écoute ceux qui nous annoncent (presque) un avenir radieux…pour plus tard. Bonnes vacances à ceux qui ont la chance de pouvoir en prendre !

Michel Escatafal

06/03/2014

Les mauvaises nouvelles se ramassent à la pelle pour l’UMP…

Cette fois c’est parti, le pacte de responsabilité va se mettre en place envers et contre tout ou presque tous. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le pouvoir, et aussi, disons-le franchement, pour l’économie du pays, même si ce pacte ne changera pas réellement les choses en quelques mois. C’est plutôt à moyen-terme, c’est-à-dire à échéance de deux-trois ans, que l’on en percevra les premiers vrais effets…ce qui devrait bien tomber, puisque cela nous mène à 2016-2017. Suivez mon regard ! Sera-ce suffisant pour F. Hollande ? Sans doute pour peu que les affaires aient repris, et que la France puisse de nouveau se retrouver en situation de créer des emplois durables, conséquence de la compétitivité retrouvée de l’économie française.

Certes on va me dire que sur le papier ces hypothèses paraissent crédibles, mais passer du rang d’hypothèse à celui de réalisations n’est pas acquis loin de là. Il n’empêche, pour la première fois depuis bien longtemps, le dialogue social dans notre pays semble fonctionner, même si les syndicats disposés à le faire fonctionner (CFDT, CFTC et CGC) sont plutôt minoritaires en termes de représentation. Néanmoins les syndicats qui se considèrent comme majoritaires (CGT et FO), ne peuvent guère se réclamer de représenter le monde du travail dans la mesure où seuls 7.8% des salariés sont syndiqués, contre, par exemple, 23% en Allemagne. Au passage on notera que les jusqu’au- boutistes  de la CGT et de FO, qui ne signent jamais quoi que ce soit, n’ont guère fait avancer les choses avec cette stratégie constamment négative.

De même, on n’a pas besoin d’être un grand spécialiste des relations sociales, pour comprendre que c’est au niveau des branches que l’on peut déterminer plus facilement les possibilités de création d’emplois, et non pas au niveau global. La centralisation c’est bien aux yeux de la CGT, mais c’est complètement dépassé dans une économie mondialisée. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Fermons la parenthèse pour noter qu’il était de toutes façons impossible pour le patronat de s’engager sur des objectifs chiffrés, y compris au niveau des branches.

On embauche quand les carnets de commandes sont pleins, et que ces commandes portent sur des produits dégageant beaucoup de trésorerie. C’est aussi de cette manière que l’on peut vraiment faire de la recherche et du développement, afin de pouvoir se lancer à la conquête d’autres marchés avec de nouveaux produits. C’est surtout ainsi que nos entreprises pourront retrouver de la compétitivité, et celle-ci passe par une reconstitution des marges, celle-ci étant favorisée dans un premier temps par une baisse des charges. Enfin, avant de critiquer quelque chose qui n’est encore qu’à l’état de projet, attendons de voir comment évolueront les choses, et réjouissons-nous de voir que le président de la République veut essayer d’aller de l’avant, ce que personne n’a fait depuis des lustres...en particulier l’UMP qui a pourtant eu le pouvoir pendant 10 ans entre 2002 et 2012.

Et puisque je parle de l’UMP, je voudrais en profiter pour écrire que ses dirigeants et ses militants reçoivent de plein fouet un certain nombre de nouvelles qui ne sont pas faites pour leur donner le moral. D’abord l’INSEE vient d’annoncer que le taux de chômage, au sens du Bureau International du Travail, a très légèrement baissé au quatrième trimestre, avec de surcroît une amélioration déjà entrevue précédemment sur le chômage des jeunes (moins de 24 ans) qui a reculé de 2.6% sur un an. C’est quand même une bonne nouvelle, même si évidemment cela demande confirmation. En revanche l’UMP et ses militants ne sont pas contents du tout. La preuve, J.F. Copé (mais qui aujourd’hui écoute J.F. Copé ?) recommande au gouvernement « de faire profil bas et de ne pas mentir à tous les Français qui sont touchés de plein fouet par le fléau du chômage ». Quant aux forumers (par exemple ceux du Figaro), ils lancent leurs salves de poncifs, qui en traitant le gouvernement « d’enfumeurs », ou qui parlant de « tripatouillages » dans les chiffres, récitant une leçon bien apprise.

Il est vrai qu’être militant à l’UMP, voire à l’UDI ne doit pas être très confortable par les temps qui courent. Ce doit même être horrible, avec ces deux derniers jours en plus de cette statistique sur le chômage ô combien dérangeante, l’affaire Buisson sur laquelle je me m’étendrais pas, car je n’aime pas parler de ce genre de choses...qui ne peuvent profiter qu’au Front National. Comme si ce parti avait fait ses preuves dans les villes où ses candidats ont été élus ! Cela étant, là aussi un forumer du Figaro n’hésite pas à affirmer que l’affaire Buisson est « une affaire politico-médiatique montée par des officines socialistes pour encore stigmatiser l’ancienne majorité ». Rien que ça ! Quand on lit de pareilles sottises, on se dit facilement que la politique ne rend pas intelligent, et en écrivant cela je suis gentil.

Un dernier mot enfin pour noter qu’on n’entend plus du tout parler du MoDem. Au fait existe-t-il encore, maintenant qu’il s’est fondu dans l’UDI ?  Et dire que des dizaines de milliers d’entre nous ont milité pour un parti qui se proposait de faire de la politique autrement ! Il semble déjà que cela fait une éternité, et le pire est que F. Bayrou n’est même pas sûr de devenir maire de Pau, après être passé avec armes et bagages dans les rangs de l’annexe de l’UMP. Si j’emploie le mot « annexe », c’est parce que l’UDI  n’existe que grâce aux accords passés avec l’UMP…qui sont loin d’être une garantie de succès aux élections municipales. Ah, la politique !

Michel Escatafal