28.09.2009
Combien de temps encore ?
Aujourd’hui je vais encore commencer mon propos par une triste nouvelle, qui commence hélas à devenir habituelle, à savoir la mort de quatre soldats français en Afghanistan dans une guerre où nous n’avons vraiment rien à faire. J’observe en outre, que cette multiplication de décès se fait depuis que nos militaires assurent des missions qui n’étaient pas les leurs jusqu’en 2008. Bien entendu, Nicolas Sarkozy a présenté ses « condoléances attristées » aux familles des militaires décédés et à leurs proches, et il réaffirme « la détermination de la France à oeuvrer au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan ». Il est bien le seul à y croire, au point même que Silvio Berlusconi, indéfectible atlantiste, se pose de plus en plus de questions sur la présence des militaires italiens en Afghanistan.
Faudra-t-il que des centaines de familles soient touchées, pour que la classe politique française arrive enfin à s’insurger contre notre présence militaire en Afghanistan ? En tout cas il y en a au moins un qui a une position claire sur le sujet, Dominique de Villepin, lequel sur son blog (http://2villepin.free.fr) affirme « qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan », et souhaite que soit prise la décision d’un retrait avec un calendrier « qui marque la volonté des Occidentaux de ne pas rester à l’infini ». En langage moins diplomatique cela signifie que le départ de nos troupes doit se faire le plus rapidement possible. L’ennui c’est que ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a pas compris que les jeunes servant dans l’armée n’ont pas choisi ce métier pour aller se battre en Afghanistan ou ailleurs, mais tout simplement pour ne pas pointer au chômage.
Et cela m’amène à parler des diverses informations économiques et sociales, qui nous sont distillées depuis hier dans les médias écrits ou radiotélévisés. On y apprend tout d’abord, ce qu’à mon modeste niveau j’affirme depuis plusieurs mois, que notre déficit budgétaire va dépasser la barre des 8% du PIB. Et comme nous ne sommes qu’en septembre, d’ici la fin de l’année ce sera sans doute encore davantage. Les 150 milliards de déficit, nous y sommes. La dette publique à 80% du PIB nous y sommes aussi. Jusqu’où va-t-on aller ? Pour mémoire je rappelle que le déficit fin 2006 était de 36 milliards. Certes la crise est passée par là, mais elle a bon dos ! En tout cas ces déficits abyssaux, inconnus dans notre pays en temps de paix, n’empêchent pas le pouvoir de gaspiller de l’argent à tout propos, avec des réceptions somptuaires à New-York ou en France. Il est vrai qu’à partir de certains montants quelques millions d’euros de plus ou de moins…
Décidément, comment les Français ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Je n’arrive toujours pas à me l’expliquer. Et ce n’est pas fini, parce que le président de la République et sa majorité sont en train de nous mijoter des mesures toutes plus douloureuses les unes que les autres. Après la taxe carbone, c’est le forfait hospitalier à 18 euros, puis la fiscalisation des indemnités journalières versées aux salariés victimes d’accidents du travail. En revanche, il n’est toujours pas question de toucher au bouclier fiscal ou aux niches fiscales. On voit où se situent les priorités de Nicolas Sarkozy et sa majorité de « godillots » ! Comment l’UMP peut-elle encore remporter des élections, même si cela devient un peu plus difficile ? Cela démontre en tout cas le pouvoir énorme des grands médias. Plus besoin de faire des lois sur la liberté de la presse comme à l’époque du Second Empire. Il suffit simplement d’être assez riche pour s’offrir des journaux ou des chaînes de télévision, quitte à perdre un peu d’argent, et à les mettre au service d’un pouvoir ami.
Cependant, malgré leurs efforts, les médias amis n’ont pas pu redorer le blason passablement terni d’un président de la République qui accumule bourdes et échecs depuis quelques semaines. Le G20, dont on a tellement parlé chez nous comme si Nicolas Sarkozy en était le principal protagoniste, est en train de devenir aux yeux de nombreux observateurs le G2, avec comme acteurs principaux l’Américain Barack Obama et le Chinois Hu Jintao. Exit Nicolas Sarkozy qui, par parenthèse, n’a pas quitté la table du G20 comme il avait de nouveau menacé de le faire. Et pourtant au G20 de Pittsburg il n’y a pas eu que des mots, avec notamment une mesure plus importante qu’il n’y paraît, à savoir la modification des participations dans le FMI au bénéfice de la Chine, du Brésil et de la Turquie, alors que la part de plusieurs états européens va être réduite, y compris celle de la France évidemment. Raison de plus de réaffirmer, pour ceux qui en doutent encore, que seule la voix de l’Europe peut compter dans l’avenir face aux Etats-continent. J’aurai l’occasion d’y revenir.
Un dernier mot enfin pour évoquer les élections nationales en Allemagne et au Portugal, avec tout d’abord la victoire d’Angela Merkel en Allemagne qui va pouvoir, comme elle le souhaitait, composer un gouvernement de droite avec les libéraux. La gauche sociale-démocrate allemande était pourtant moins désunie que ne l’est le Parti socialiste en France, mais elle enregistre le pire score de son histoire. A méditer, même si le résultat de la CDU-CSU (chrétiens démocrates) est son plus faible depuis 1949. Problème, il faut être devant en termes de voix pour espérer gouverner…comme en France, même si en Allemagne l’opposition est mieux représentée au Bundestag.
Quoiqu’il en soit, malgré la méfiance qu’inspirent les déclarations dans l’euphorie de la victoire, Angela Merkel se veut rassembleuse. « Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays pour tous en temps de crise ». Cela fait davantage chaud au cœur que le compte rendu d’une réception au Fouquet’s. En tout cas si les socialistes allemands sont tristes, il n’en est pas de même pour les socialistes portugais. Ceux-ci en effet ont remporté les élections dans leur pays, mais sans majorité absolue, ce qui va les contraindre sans doute à former un gouvernement minoritaire, fait au demeurant assez habituel chez eux. Toutefois un seul, dirigé par le socialiste Antonio Guterres, est allé au terme de son mandat (de 1995 à 1999).
Michel Escatafal
15:47 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oilitique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


