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31/03/2015

Un tripartisme inédit sous la Cinquième République

Cette fois, la gauche ne peut pas dire qu’elle a limité les dégâts aux élections départementales, comme certains au Parti socialiste avaient commencé à vouloir le faire croire. En fait, la gauche a payé au prix fort ses divisions, comme d’ailleurs le Parti socialiste lui-même. C’est quand même un peu fort d’entendre quelqu'un comme Aurélie Filipetti, ministre pendant deux ans de F. Hollande, affirmer devant tout le monde hier (sur Canal+) que la politique appliquée par le gouvernement ne marche pas. Pire même, elle a osé dire que pendant quelque temps elle avait joué le jeu de la cohésion gouvernementale en laissant entendre qu’elle ne croyait pas à ce qu’elle disait. Donc, pour elle, il n’y a eu aucun résultat tangible obtenu par les gouvernements auxquels elle a appartenu, comme ne cesse de le clamer Cécile Duflot. Cela dit, l’important n’est pas de discuter des résultats, d’autant que si l’on veut bien chercher il y a des améliorations dans certains domaines, même si globalement les gens ne peuvent qu’être déçus.

 

En fait, les résultats positifs obtenus l’ont été dans un domaine qui n’intéresse pas les Français, à savoir le déficit budgétaire ramené fin 2014 à 4%, ce qui est évidemment beaucoup trop, mais qui marque une baisse significative par rapport à fin 2011. Pour mémoire, au cas où certains l’oublieraient, le déficit fin 2011 représentait 5.1% du PIB, puis 4.9% fin 2012 et l’année passée 4.2%. Cela fait une différence de 1,1% entre fin 2011 et fin 2014...ce qui n’est pas rien, même si ce résultat est aussi dû aux taux auxquels nous empruntons aujourd’hui qui sont plus bas qu’en 2011, la charge de la dette ayant diminué en 2014 de 3 milliards d’euros par rapport à 2011 et 2012. Malgré tout le déficit public est passé entre 2012 et 2014 de 99 milliards d’euros à 85. Pour un peu j’oserais dire que les augmentations d’impôts n’ont pas servi qu’à augmenter la richesse de ceux qui ont le plus, mais ont contribué à entrevoir d’ici deux ans de rentrer dans les clous de la Commission européenne (3%).

 

Fermons la parenthèse pour rappeler à Aurélie Filipetti, que son argument consistant à dire que les gens s’éloignent du Parti socialiste, et plus généralement de la gauche, en raison de la politique d’austérité menée par le gouvernement, ne tient pas. Il ne tient pas parce que les partis qui ont remporté les élections, l’UMP, l’UDI et un peu le MoDem, veulent mettre en place à partir de 2017 des mesures autrement plus sévères que celles qui sont appliquées de nos jours. Et pourtant les gens ont voté pour eux ! Non, ce qui contrarie les électeurs, c’est de voir que F. Hollande, qui ne pense qu’à sa réélection, ne va pas assez loin dans les réformes…qui n’ont jamais été faites par l’UMP et l’UDI quand ils étaient au gouvernement. La loi Macron n’est pas « la loi du siècle » pour parler comme F. Hollande, mais elle va toujours un peu plus loin que ce qui a été fait pendant le quinquennat de N. Sarkozy, comme certains membres de l’UMP l’on fait remarquer, ce qui a provoqué l’ire des « frondeurs » socialistes, rejoignant en cela les partisans du duo Duflot-Mélenchon.

 

On notera à ce propos que cette « gauche » presque jusqu’au-boutiste ne représente pas un nombre considérable d’électeurs, mais ces quelques 6 ou 7% de voix seront suffisants pour empêcher F. Hollande ou tout autre candidat socialiste à la présidentielle d’atteindre le second tour en 2017, laissant face à face le candidat UMP et Marine Le Pen. Au fait, c’est peut-être cela que tous ces farouches opposants à la politique Hollande-Valls veulent, en pensant à un avenir radieux dans l’opposition…s’ils sont élus. Oui, je précise bien s’ils sont élus, car Aurélie Filipetti, A. Montebourg, B. Hamon, Cécile Duflot et leurs amis risquent fort d’être battus, voire même écrasés, aux prochaines élections législatives en cas de victoire UMP à l’élection présidentielle. Dans cette hypothèse en effet, ce sera un raz-de-marée de la droite parlementaire à l’Assemblée Nationale, et un Waterloo monumental pour les partis de gauche. La France n’est pas la Grèce, et Cécile Duflot et J.L. Mélenchon ne tirent pas dans la même catégorie qu’A. Tsipras (Syrisa) ou P. Iglesias (Podemos)!

 

En revanche il n’y aura sans doute pas davantage de députés Front National dans la prochaine Assemblée Nationale quel que soit le candidat élu en 2017, et c’est ce qui me gêne le plus en tant que démocrate. Si j’écris cela, c’est parce que je considère qu’un parti qui à chaque élection dépasse 20% des votants devrait avoir plus d’élus qu’ils n’en ont. Je suis d’autant plus à l’aise pour exprimer cette pensée, que chacun de mes lecteurs connaît mon aversion pour les idées du Front National. Il est quand même ahurissant de voir que les Verts et assimilés, du haut de leurs 2% à chaque élection locale ou nationale, aient 18 députés alors que le Front National en a seulement 2. C’est un problème pour la démocratie, et Marine Le Pen et ses amis ne se priveront de le clamer de plus en plus fort, d’autant qu’ils progressent en voix à chaque élection, non seulement au détriment de la droite, mais aussi de la gauche.

 

Que J.L. Mélenchon, Cécile Duflot et autres frondeurs ne se fassent surtout aucune illusion, ceux qui souffrent le plus de la baisse des faveurs de l’Etat providence ne se rangent pas de leur côté, mais plutôt de celui de Marine Le Pen, d’autant que nombre d’entre eux, pour ne pas dire tous, pensent que le PS et l’UMP c’est du pareil au même…ce qui n’est pas faux sur le plan économique, et que ceux qui se réclament de la gauche plus ou moins radicale ont fait partie de divers gouvernements auparavant. Quelles vraies réformes ont été faites par les gouvernements UMP-UDI entre 2002 et 2012 ? Quasiment aucune, et je crains que le bilan soit presqu’aussi négatif de la part des gouvernements socialistes entre 2012 et 2017, malgré la volonté réformatrice de Manuel Valls et E. Macron, bridés par un F. Hollande dont l’unique pensée, je le répète encore une fois, est l’élection présidentielle de 2017…qu’il a de grandes chances de perdre, le scénario pour un nouveau 21 avril 2002 étant en place.

 

Revenons à présent sur ce tripartisme inédit dans l’histoire de la Cinquième République que nous vivons aujourd’hui. D’abord le tripartisme n’est pas quelque chose de très nouveau depuis 1958, car depuis cette date il y a eu effectivement trois partis de gouvernement et même quatre si l’on y ajoute les communistes, aujourd’hui quasiment disparus. Mais si j’ai employé le mot « inédit », c’est parce que le Front National n’est pas considéré encore de nos jours comme un parti de gouvernement, dans la mesure où il ne peut gouverner avec personne, même si l’UMP version Sarkozy utilise souvent le même langage que le Front National. Mais les éléments de langage ne suffisent pas à permettre de gouverner ensemble.

 

Certains me feront remarquer qu’entre la « droite forte » et le Front National il y a sans doute plus de convergences sur certains sujets de société qu’entre la « droite forte » et les centristes, mais jusqu’à présent les centristes ont fait taire la plupart de leurs différences…pour pouvoir participer au gouvernement. Cela étant, la « droite forte » de N. Sarkozy et ses amis les plus droitiers ne sont pas toute l’UMP, car à côté d’eux il y a nombre de républicains n’ayant rien à voir avec les idées et thèses du Front National. La preuve, l’unanimisme est loin d’être la règle en ce qui concerne les consignes électorales vis-à-vis du Front National. Il n’empêche, malgré ces convergences entre l’UMP version Sarkozy et le Front National, en cas de victoire UMP en 2017, le gouvernement sera composé en quasi-totalité de membres de l’UMP et de centristes…avec quelques MoDem si le vainqueur s’appelle Alain Juppé.

 

Le tripartisme est donc aujourd’hui la réalité de notre vie politique, et c’est pour cela qu’il ne saurait être comparé à l’époque où il y avait l’UDF créée par V. Giscard d’Estaing (1978), sans oublier le Parti communiste encore très puissant à cette époque. Mais ces quatre partis étaient capables de se fédérer pour gagner des élections nationales et plus encore locales, soit dès le premier tour soit systématiquement au second tour, ce qui aboutissait de facto à un affrontement droite-gauche, qui a perduré jusqu’au début du nouveau siècle. Certes il y eut l’épisode du 21 avril 2002, où l’émiettement des candidatures à gauche provoqua la perte de Lionel Jospin et la qualification pour le second tour de J.M. Le Pen (16.8% des voix), mais le second tour confirma que cette situation était incongrue, puisque J. Chirac fut élu président de la République avec plus de 82% des voix. Pire même, cette terrible défaite du Front National fut un avant-goût de l’élection présidentielle de 2007 où J.M. Le Pen, de nouveau candidat, n’obtint que 10.4% des voix, ce qui fit dire à de nombreux observateurs « éclairés » que N. Sarkozy avait mis un coup d’arrêt sans doute définitif aux ambitions du Front National.

 

Certains voyaient même se reproduire le scenario du boulangisme, mouvement initié par le général Boulanger au milieu des années 1880, ce dernier aux portes de l’Elysée fin janvier 1889 après avoir été élu triomphalement député de Paris, et qui trois mois plus tard s’enfuira en Belgique avec sa maîtresse. Bien sûr la situation n’a rien de comparable, le Front National ayant mis un certain temps pour s’implanter durablement dans la vie politique française (création du mouvement en 1972), mais chacun en juin 2007 pensait que le Front National et J.M. Le Pen avaient fait leur temps. C’était vrai pour Jean-Marie, mais sa fille Marine allait reprendre le flambeau et de quelle façon!

 

D’abord parce qu’on parle de plus en plus du mouvement « Bleu marine », et surtout parce que le Front National pèse de nos jours autour de 25% des suffrages à chaque élection, ce que l’UMP seule peine à réaliser, alors que le Parti socialiste se situe autour de 19-20%. Donc nous avons bien trois forces plus ou moins équivalentes dans le pays, sans toutefois que le score du Front National soit suffisant pour espérer avoir 20 ou 30 députés dans une Assemblée Nationale, ou pour diriger 15 ou 20 départements…du moins tant qu’il y aura le scrutin majoritaire à deux tours, c’est-à-dire jusqu’au moment où un président de la République décidera d’un changement de scrutin pour les élections législatives. Quelque chose me dit que ce n’est pas pour demain, même si dans ce domaine rien n’est figé.

 

Michel Escatafal

11/11/2014

Des affaires, encore des affaires, des propos exécrables…La République est à bout de souffle !

Nabilla en prison ! Voilà une affaire dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, ce qui montre à quel point le pays va mal, ou plutôt à quel point l’essentiel paraît dérisoire et vice-versa. Cela étant c’est quand même un signe que les Français ne savent plus trop où ils habitent, même s’ils ne sont pas les seuls sur la planète. La faute sans doute en partie à ces fameux réseaux sociaux où l’on dit et écrit n’importe quoi, mais dont la moindre remarque fait le buzz. Et quand ça commence à faire le buzz, la machine a du mal à s’arrêter, parce que chacun commente ce qu’il croit savoir ou comprendre même s’il ne comprend ou ne sait rien. En outre, par rapport à l’époque où lesdits réseaux sociaux n’existaient pas, ce sont généralement des sujets totalement sans intérêt qui font la une des journaux. Imaginons que nos ancêtres reviennent et voient que Nabilla fait des titres sur le journal qu’on appelait autrefois « de référence », Le Monde ! Ils se diraient que l’on marche sur la tête. Et pourtant, difficile de reprocher à un journal, qu’il s’agisse du Monde ou d’un autre de parler de Nabilla, parce que Nabilla intéresse nombre de Français, comme en témoignent les succès des émissions auxquelles elle participait. C’est triste, mais c’est ainsi !

Pourtant il y a des informations très importantes à rapporter dans les journaux ou les chaînes d’info, comme par exemple le fait que la France s’endette depuis bientôt trois mois à des taux négatifs, ce qui veut dire que les investisseurs perdent de l’argent en prêtant à notre pays. Dit autrement, pour lesdits investisseurs, prêter à la France est un placement sûr ! Voilà une information intéressante, qui nous intéresse tous, ou plutôt qui devrait nous intéresser et donc faire réagir les fameux forumers qui ne cessent de nous faire part de leurs remarques (complètement sans intérêt) sur les forums des médias du net. Ils ne réagissent pas non plus quand les journaux écrits ou parlés nous apprennent que la production industrielle allemande a baissé de 4% sur un mois en août, et que la production industrielle italienne est repartie à la baisse en septembre, avec un recul de presque 1% (0.9), ce qui est une mauvaise surprise pour le gouvernement de Matteo Renzi. Tout cela signifie que la France n’est pas le seul pays qui galère avec la croissance, et que les améliorations significatives de la conjoncture ne se manifesteront pas dans les mois à venir malgré la baisse de l’euro et des cours du pétrole, ce qui représente dans les deux cas une bonne nouvelle pour notre économie, même si cela ne suffira pas dans un premier temps à rattraper l’énorme retard pris par la France en termes de compétitivité ces dernières années. Et jusqu’en 2012 F. Hollande n’était pas président de la République, ce qu’il faut quand même rappeler aux fans de l’UMP et de N. Sarkozy!

N. Sarkozy qui continue sa tournée automnale en attendant l’élection à la présidence de l’UMP…qui vit sans doute ses derniers jours, du moins sous cette  appellation, sans oublier les changements que N. Sarkozy veut imposer à son futur parti, sauf s’il n’est pas élu à la présidence…ce qui est impensable. Ce l’est d’autant plus que l’affaire Jouyet-Fillon ne peut que servir ses desseins dans son désir de reconquête du pouvoir dans son parti, avant de viser la présidence de la République. Elle sert N. Sarkozy parce que, outre le fait qu’elle en fasse la victime d’une machination ourdie contre lui, elle élimine quasiment de la course à l’Elysée son ancien Premier ministre, dont on comprend difficilement qu’il ait pu rester cinq ans à Matignon auprès de lui, et même qu’il ait pu s’accrocher à son poste, notamment quand on évoquait le nom de J.L. Borloo comme Premier ministre. Et oui, c’est ça la politique…et c’est justement ce qui fait que les gens s’en détournent. Au passage, on notera que F. Hollande n’a pas fait preuve de plus discernement en nommant Secrétaire général de l’Elysée J.P. Jouyet, ancien ministre de N. Sarkozy. Comme s’il n’avait pas assez de soucis avec l’aile gauche de son parti ! Dans ce cas, pourquoi avoir fait battre F. Bayrou à l’élection législative de Pau en juin 2012, alors que F. Bayrou avait été un farouche opposant à N. Sarkozy pendant cinq ans, et alors qu’il avait dit entre les deux tours de l’élection présidentielle qu’il voterait F. Hollande.

Et puisque je parle du président de la République, j’aimerais bien pour ma part qu’il renonce une fois pour toutes à toute ambition présidentielle, et qu’il fasse le grand bon en avant des réformes que M. Valls et E. Macron sont prêts à faire. Hélas, trois fois hélas, F. Hollande y croit encore, sinon il n’agirait pas comme il le fait, c’est-à-dire en avançant des idées, certes bonnes, mais insuffisantes pour remettre notre pays sur les rails. De plus sa méthode consistant à tout faire valider par les partenaires sociaux entraîne des lenteurs insupportables, lesquelles donnent l’impression aux gens que rien ne bouge…même quand ça bouge (un peu). Cette concertation permanente avec les syndicats est aussi une preuve que F. Hollande n’a pas perdu l’espoir de se représenter, et pourquoi pas d’être élu, compte tenu des terribles affrontements qui sont la marque de fabrique de l’UMP depuis la fameuse élection où l’affrontement Copé-Fillon a atteint son paroxysme. Rien ne dit d’ailleurs que la bataille ne sera pas encore plus terrible avant la primaire…si primaire il y a. Certes N. Sarkozy a promis qu’il y en aurait une, mais personne (à part lui) n’en connaît réellement les contours s’il est élu président de l’UMP dans quelques jours. Par parenthèse on peut quand même s’étonner que N. Sarkozy ait encore autant de partisans dans ce parti, alors qu’en face il y a non seulement A. Juppé, mais aussi Bruno Lemaire, lequel soit dit en passant, ne veut pas changer le parti.

F. Hollande qui veut rester dix ans président de la République, et N. Sarkozy qui veut le redevenir, et pourquoi pas pendant dix ans : voilà qui a de quoi rendre les Français moroses, pour ne pas dire indifférents ! Heureusement, le bon sens finira sans doute par prévaloir, et je pense que ni l’un, ni l’autre ne sera notre prochain président, où alors ce serait à désespérer. Et puis, comment pourraient-ils être élus ? Certes N. Sarkozy aura la nouvelle UMP à son service, mais il est vraisemblable qu’il y ait une candidature plus centriste face à lui, ce qui le fera battre dès le premier tour. Quant à F. Hollande, sur qui pourra-t-il s’appuyer pour soutenir une éventuelle candidature, dans la mesure où le Parti socialiste est coupé en deux entre les frondeurs et les sociaux-démocrates ? Et que feraient dans le cadre d’un second tour, si par miracle il passait le premier, les écologistes, les amis de J.L. Mélenchon et ce qu’il reste du Parti communiste, sans oublier le NPA et Lutte ouvrière ? La réponse est claire : ils s’abstiendraient, ce qui leur permettrait de jouer encore mieux leur rôle d’opposant face à un président et une majorité de droite. Voilà à quels jeux politiciens nous mène une Cinquième République modifiée par le quinquennat, avec élections législatives dans la foulée !

Un dernier mot enfin, pour noter que certains éditorialistes prennent vraiment les Français pour des idiots. Si j’écris cela, c’est parce que je suis tombé par hasard sur un article du Point, où Philippe Tesson écrit en titre : « jusqu’où ira la haine contre Sarkozy » ? Comme si N. Sarkozy n’était pas lui-même à l’origine de cette haine que lui vouent ses adversaires, ne serait-ce qu’à travers les remarques ou réflexions que l’on peut lire dans un énième livre sur la politique, avec des phrases assassines sur Hollande, Valls, Juppé, Fillon, Bertrand, Lemaire, ou même Wauquiez qui est aujourd’hui un de ses principaux soutiens (« T’as vu Laurent ces derniers jours ? Non, parce que si tu l’as vu, j’espère que tu t’es lavé les mains !»),  sans oublier Marine Le Pen moquée sur son physique, laquelle a répliqué en se moquant à son tour du physique de l'ex-président. Bref, le degré zéro de la politique !  En tout cas, ce ne sont pas avec de pareils propos, et dans ce climat délétère, que notre pays pourra mettre en place une grande coalition permettant de faire les réformes qui s’imposent…et c’est bien cela qui chagrine les gens ayant un minimum de bon sens.

Michel Escatafal

07/03/2013

La mort d'Hugo Chavez éclipse les confidences de N. Sarkozy

S’il y en a un qui doit regretter la mort d’Hugo Chavez, c’est bien N. Sarkozy. En effet, alors que ce dernier réitérait son envie de faire don de sa personne à la France, la mort du « Commandante » a ruiné tout l’effet qu'il escomptait de l'interview qu'il a donnée à l'hebdomadaire de droite Valeurs Actuelles, où il fait part clairement de son désir de prendre sa revanche sur le sort en 2017. Pauvre N. Sarkozy, qui n’a pas encore compris que son temps était passé, après presque dix ans au pouvoir entre le ministère de l’Intérieur et la présidence de la République. Dix ans où les médias ont parlé de lui tous les jours, dix ans où il a montré ses limites dans tous les domaines auxquels il a touché. Dix ans au cours desquels lui et sa formation politique ont accumulé les mauvaises décisions ou l’absence de réformes, pourtant indispensables. Dix ans pendant lesquels notre pays a beaucoup régressé, au point aujourd’hui d’obliger le nouveau pouvoir à prendre nombre de décisions aussi indispensables qu’impopulaires. Et en attendant que les mesures prises fassent leur effet, le chômage explose…et on accuse F. Hollande et le gouvernement de ne pas savoir enrayer son envolée. Comme si on pouvait en quelques mois réparer les dégâts occasionnés par de nombreuses années d’immobilisme ou de réformes ni faites ni à faire, donc mal ficelées. C’est la raison pour laquelle nombre de Français restent sourds aux appels lancés régulièrement par l’ex-président et son entourage, appels qui finissent par être pathétiques tellement cela sent la communication.

D’ailleurs, s’il revenait « par devoir » comme il dit, que pourrait proposer N. Sarkozy pour améliorer la situation d'un pays qu'il a largement contribué à plonger dans les difficultés et les déficits ? En fait, c’est le pouvoir qui lui manque, même s’il semble prendre du plaisir à emmener sa fille (de 17 mois!) à l’école. Pour lui, tout est bon pour stigmatiser encore un peu plus les difficultés auxquelles sont confrontées F. Hollande et son gouvernement, faisant même de l’humour, que certains jugeront déplacés, sur « la traçabilité des enfants », si l’on en croit Valeurs actuelles. Espérons pour la France que la situation finisse par s’améliorer le plus vite possible sur le plan mondial, et que la reprise permette à François Hollande d’obtenir enfin des résultats probants pour empêcher le retour de ceux qui nous ont mis dans cette situation. Heureusement, malgré les sondages, malgré les infos délivrées par les médias sur les difficultés actuelles de l’exécutif, pour le moment le peuple semble faire le dos rond, comme en témoigne la faible mobilisation des va-t-en guerre du Front de gauche ou des syndicats comme la CGT contre l’accord historique passé entre le patronat et trois syndicats, débattu en ce moment au Parlement. Accord historique, parce que F. Hollande et le gouvernement ont réussi à faire entériner des restrictions sur le code du travail, qui sont aussi un moyen pour donner aux entreprises ce qu’elles ont dans d’autres pays, à savoir une souplesse dans la gestion des effectifs, laquelle complète l’annualisation du temps de travail obtenu à l’époque où Lionel Jospin était Premier ministre et  F. Hollande Premier secrétaire du Parti socialiste. Comme on le voit, finalement les entreprises obtiennent beaucoup plus avec des gouvernements dits de gauche pour leur compétitivité qu’avec la droite UMP, qui essaie de faire croire au bon peuple qu’elle sait mieux gérer que les socialistes. Sauf que les faits sont têtus, et démentent ce qu’on essaie de nous faire avaler !

Passons à autre chose à présent, pour évoquer Hugo Chavez, dont j’ai parlé au début de mon propos. C’est l’occasion pour moi de dire que les Français ne s’intéressent absolument pas à ce qui se passe à l’étranger, et plus encore en Amérique du Sud. En effet, pour être un téléspectateur assidu de la chaîne vénézuélienne Telesur, notamment la revue de presse de Lourdes Suazo, qui couvre toutes les informations concernant l’ensemble de l’Amérique latine, je voudrais dire que le bilan d’Hugo Chavez est loin d’être celui que certains médias occidentaux nous présentent. Pour être honnête aussi, il n’est pas aussi bon que celui qui est présenté sur Telesur. Dit autrement, Hugo Chavez n’était pas le merveilleux « Commandante » que certains voulaient  faire de lui, mais il y a eu pas mal de choses positives dans son action en quatorze ans au pouvoir. J’ajoute même, qu’au-delà des prises de position de Chavez sur le plan international, marquées uniquement par une certaine haine de l’Amérique et de ses alliés, son action au Venezuela a permis aux habitants de ce pays, notamment les plus pauvres,  de bénéficier a minima de la manne pétrolière. Pour mémoire je rappelle que le Venezuela, pays de presque 30 millions d’habitants, est parmi les dix plus gros producteurs de pétrole, et que ses réserves prouvées sont les plus importantes du monde, dépassant celles de l’Arabie Saoudite. A cela s’ajoutent des réserves de gaz qui placent le pays au neuvième rang mondial. Autant d’atouts qui font du Venezuela une puissance en devenir très importante, qui pourrait le faire intégrer rapidement le club des pays émergents.

Certes, avec de telles richesses dans son sous-sol, le niveau de développement du Venezuela devrait être supérieur à ce qu’il est actuellement, notamment en termes de production pétrolière, qui souffre d’un manque cruel d’investissements, ce qui ne permet pas à la compagnie publique d’assurer ses objectifs de production. Cela étant, Hugo Chavez ayant nationalisé les secteurs clés de l’économie, notamment les capitaux américains dans les télécommunications et l’énergie, a dégagé des ressources dont une partie, certes modeste pour le moment, a permis d’ouvrir aux plus défavorisés l’accès aux soins ou à l’éducation. Ces deux secteurs sont d’ailleurs la partie la plus visible aux yeux des Occidentaux, mais c’est l’ensemble des dépenses publiques qui a profité à la population. La preuve, alors que la pauvreté touchait 49% de la population en 1998, date de la prise de pouvoir par Hugo Chavez, elle ne touche « plus » que 26.8% de la population aujourd’hui. Il est vrai que dans le même temps les investissements sociaux par rapport aux recettes fiscales  sont passés de 37% à plus de 60%, ce qui est considérable.

Bien sûr, le Venezuela aurait pu faire mieux encore, mais le résultat apparaît globalement satisfaisant, et je ne crains pas de dire que les avancées sociales enregistrées ces dernières années seraient sans doute inférieures si l’opposition libérale avait pu reprendre le pouvoir en 2007. A ce propos, j’observe qu’Hugo Chavez a été réélu avec 65% des suffrages en février 2007 et de nouveau l’an passé avec 54%, malgré le handicap de sa maladie connue de tous. Des scores qui doivent faire rêver N. Sarkozy, mais qui confirment que la démocratie est quand même assez vivante au Venezuela. Si j’écris cela, c’est parce que le candidat de l’opposition libérale, Henrique Capriles, a reconnu très rapidement  sa défaite à l’issue de la dernière élection, comme on le fait dans les grandes démocraties. Cela étant, tout n’est certes pas parfait sur le plan démocratique au pays de Simon Bolivar, dit  le Libertador. Il y aurait beaucoup à dire sur certaines formes de libertés fondamentales, sur l’insécurité qui règne dans le pays, mais le Venezuela est sur la voie d’une vie meilleure pour son peuple sur bien des points.

Reste à voir maintenant ce que va devenir le Venezuela sans Chavez. C’est là que nous allons voir si le « Commandante » a bien préparé l’après-Chavez, et pas seulement sur le plan électoral, car j’imagine que son successeur désigné, l’ancien chauffeur de bus Nicolas Maduro,  gagnera  l’élection présidentielle. Il n’y a d’ailleurs pas de raison que les 54% qui ont voté Chavez  en octobre changent d’avis quelque mois après, surtout après les recommandations de Chavez lui-même avant sa mort. Non, ce qui sera intéressant ce sera la manière dont évoluera le régime sans son fondateur, personnage emblématique comme tous les pays en ont un à certains moments de leur histoire. Et c’est justement à cela, que l’on reconnaît les pays démocratiques, où la transition se fait toujours sans révolution. Quand le général de Gaulle s’est retiré du pouvoir, il y a eu une élection présidentielle, et la France a continué de fonctionner comme avant, le général en moins. Espérons que ce soit le cas au Venezuela. Espérons aussi que son successeur comprenne qu’il y a des soutiens auxquels il vaut mieux renoncer, afin que ce pays béni des dieux poursuive son développement économique, au lieu de se couper d’une partie du monde par des prises de position pour le moins singulières et dommageables pour l’image du Venezuela, nation qui a quand même grand besoin de capitaux extérieurs.

Michel Escatafal

02/02/2013

Le MoDem toujours assis entre deux chaises

«  Tranchez ! Assumez l'urgence politique qui s'impose à la Mendès ou à la Schröder. Il n'est plus temps de ruser », a déclaré F. Bayrou ces derniers jours dans le journal Les Echos. Très bien, sauf que ce n’est sans doute pas si facile à faire, même si c’est nécessaire. Cependant, en y regardant d’un peu près, on s’aperçoit que les choses commencent à bouger, malgré le terrible défi à relever dans un contexte économique international déprimé, où même la Chine enregistrera une croissance nettement moins forte que l’an passé. D'ailleurs sur ce plan il y aurait beaucoup à dire, puisque la croissance chinoise dépend à la fois des exportations vers les autres pays, notamment les plus riches, mais aussi des investissements que le pays réalise. Cela étant, là où je n'arrive pas à suivre F. Bayrou, c’est quand il affirme que si ces changements ne se font pas assez vite, il y aura « un découragement politique des Français ». Comme si ce n'était pas déjà le cas! 

En effet, le découragement est bien présent chez une partie d’entre eux, et comment pourrait-il en être autrement sur fond de chômage croissant, malgré le ralentissement enregistré le mois précédent…qui demande confirmation. Un chômage qu’il est encore difficile d’attribuer en totalité à l’action de F. Hollande, car de nombreux plans sociaux étaient en gestation. Pour autant, le chômage reste à un très haut niveau, et cela va durer encore un certain temps. Toutes les mesures prises ne peuvent donner leur effet que sur le long terme, ce qui est ennuyeux pour le pouvoir dans la mesure où les médias se contentent de rapporter les chiffres, sans oser les agrémenter d'explications…parce que les gens aiment bien les informations concises. Au fait, combien sommes-nous à écouter dans le pays les infos sur France-Culture ? Très peu, et c’est bien dommage. A ce propos, je ne saurais trop recommander à mes lecteurs d’écouter le journal de 12h30 sur cette chaîne de radio, parce qu’on y apprend l’essentiel en un quart d’heure, sans perte de temps avec les résultats de football. Et c’est un amateur de sport qui écrit cela !

Le problème du MoDem, comme je l’ai souvent souligné, c’est qu’il n’a pas une armée de parlementaires, et en plus il est partagé en son sein entre les MoDems de droite et les MoDems de gauche, sans doute les plus nombreux, mais pas suffisamment pour que le MoDem soit une composante de la majorité présidentielle. En outre, ce n’est pas en envisageant des alliances « avec la majorité présidentielle comme avec la droite modérée », pour parler comme Benhamias, que les électeurs auront une ligne suffisamment claire pour être de nouveau crédible. Résultat, lors des prochaines élections municipales, le MoDem se retrouvera encore avec quelques élus par-ci par-là…qui évidemment auront une influence très limitée dans les conseils municipaux où ils siègeront.

Voilà pourquoi je n’ai cessé de dire que la stratégie présidentielle de F. Bayrou n’était pas la bonne, parce qu’on ne peut pas soutenir à la fois l’UMP de Copé, Fillon ou Sarkozy et le Parti Socialiste. Il fallait faire un choix clair de second tour, ce qui aurait préservé l’avenir, et permis de mettre en place plus facilement les nombreuses réformes que l’UMP n’a pas faites ces dix dernières années. La preuve, cela fait déjà deux fois que le patronat salue l'action de François Hollande et son gouvernement, parce qu'ils sont allés aussi loin que possible sur le « pacte de compétitivité » et sur la flexibilité dans le droit du travail...ce qui ne veut pas dire que F. Bayrou n'ait pas raison quand il dit qu’il faut faire encore plus et plus vite.

Cela dit, F. Hollande et son gouvernement doivent faire face à la droite (FN et UMP), à l’extrême-gauche et aux écologistes. Cela fait beaucoup de monde, sans parler de la CGT et de ses revendications d’avant-congrès, qui ne peuvent qu’ajouter de la confusion dans l’esprit de ceux qui sont en difficulté dans leur travail ou leur vie tout court. Et que peut faire le MoDem pour aider à prendre les mesures courageuses que réclame F. Bayrou ? Rien, parce qu’il n’a aucune « division » à offrir au président de la République et au gouvernement. En revanche, si le MoDem avait seulement un petit groupe parlementaire, il pourrait aider le gouvernement face à la multitude de ses opposants, lesquels ne pensent qu’à défendre leur pré-carré électoral, par exemple les écologistes qui en rajoutent toujours une couche, que ce soit sur le mariage pour tous, sur l’intervention au Mali ou sur l’extraction des gaz de schiste.

Un dernier mot pour terminer, en soulignant que la France fait quand même bonne figure à l’international, notamment avec cette opération au Mali…que les Américains commencent à approuver, et qui le font savoir en mettant à disposition de l’armée française du matériel très sophistiqué, et ce gratuitement. Oui gratuitement, contrairement à ce qui était envisagé auparavant.  Là aussi, F. Hollande a su certainement utiliser les mots qu’il fallait pour convaincre l’exécutif américain, ce qui a amené la Grande-Bretagne à faire de même. Finalement, même si notre armée est partie seule au combat, elle se retrouve quelques jours plus tard beaucoup moins isolée que l’UMP ne le faisait remarquer bruyamment. Une UMP qui n’a toujours pas compris comment elle avait pu perdre le pouvoir, alors que depuis dix ans elle a multiplié les échecs sur tous les plans (économie et finances, Europe, affaires étrangères…). Comment des militants du MoDem peuvent-ils envisager de s’allier, ne serait-ce qu’au niveau municipal, avec les représentants d’un parti qui a mené la France là où elle est ? C’est quelque chose que je ne comprends pas.  « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum » !

Michel Escatafal

16/01/2013

Ça ne va pas bien, mais ça pourrait être pire !

Décidément on ne sait plus quoi trouver pour faire des sondages. La preuve, le dernier sorti, indiquant que deux tiers des français jugent que l’intervention de la France au Mali augmente la menace terroriste dans notre pays. Ce n’est sans doute pas faux, mais un tel sondage est-il bien utile ? Si je dis cela c’est parce que notre pays est en guerre, oui en guerre, pour libérer un pays qui appartient à sa zone d’influence, et qui était menacé d’invasion. Certes, je n’ai jamais aimé les interventions militaires de notre pays au cours des dernières années, qu’il s’agisse de l’Afghanistan et de la Lybie, mais cette fois il semble que nombre des intérêts vitaux pour l’Afrique soient en jeu, sans parler de la violation du territoire d’un pays qui a toujours entretenu des liens particuliers avec la France depuis son indépendance, il y a un peu plus de soixante ans. La preuve, on y parle et on y enseigne toujours en français.

Si j’ai fait la comparaison avec l’Afghanistan, c’est parce que nous n’avions vraiment rien à faire dans ce pays, et j’aurais tendance à dire la même chose en Lybie, d’autant qu’après avoir largement contribué à faire tomber le régime de Kadhafi, la France a aussi permis à nombre d’organisations islamistes de s’armer jusqu’aux dents, si j’en crois ce que disent les chroniqueurs militaires. Et si la chute de Kadhafi n’a pas fait de peine à grand monde, en revanche la dispersion de son stock d’armes, certaines d’ailleurs très modernes, ne pouvait qu’inquiéter les Etats africains du Sahel, d’où la nécessité d’une intervention de la France au Mali. Une intervention au demeurant approuvée un peu partout dans les capitales du monde, d’autant qu’avec tous les problèmes de politique intérieure rencontrés par ce pays ces derniers mois, celui-ci semblait une proie facile pour ses assaillants islamistes. Elle l’était d’autant plus que la géographie du Mali, grand comme deux fois et demie la France mais aux 2/3 désertique, issue de la colonisation rappelons-le, l’expose plus que tout autre à des invasions.

En outre le Mali recèle dans son sous-sol une richesse importante, l’or, même si la production n’est plus aussi forte qu’au début de la décennie 2000. En tout cas, l’or représente les ¾ des richesses d’exportation du pays, ce qui évidemment suscite des convoitises. Malgré tout, et en dépit d’investissements importants en provenance de l’étranger, le Mali demeure un des pays les moins développés dans le monde, ce qui explique largement la faiblesse de son armée. En termes de PNB par habitant, le Mali se situe au 208è rang dans le monde sur 230 pays, avec un indicateur de développement humain encore très faible.

Combien de temps cette guerre va-t-elle durer ? Difficile à dire, d’autant que les Français sont très seuls pour affronter, sur un terrain qui n’a rien de favorable pour eux, des ennemis très déterminés et même surarmés comme je l’évoquais précédemment. Il y a donc risque d’enlisement de nos troupes, si celles-ci ne sont pas rejointes rapidement par des renforts en provenance d’autres pays, certains étant toutefois attendus d’ici quelques jours. Il n’empêche, ce sont nos soldats qui sont en première ligne…avec le danger afférent à ce type de situation. Si j’ajoute cette précision, c’est parce que notre pays n’acceptera pas longtemps de voir des cercueils rentrer de cette expédition, ce qui de facto affaiblirait la position de la France, malgré le soutien affirmé des autres pays, notamment des voisins africains, lesquels n’ont évidemment pas intérêt à voir à leur frontières des ennemis aussi encombrants que les islamistes.

En tout cas le président Hollande a bel et bien démontré que ce n’était pas un « capitaine de pédalo », ce qui semble d’ailleurs quelque peu déranger celui qui l’a traité ainsi, J.L. Mélenchon. Il a aussi démontré son savoir-faire avec les négociateurs sur le droit du travail, puisque l’accord patronat-syndicats (3 sur 5 ce qui est suffisant pour signer un accord) est quand même un succès significatif pour lui, au point que même la droite n’a pas osé trop en parler…faute d’en avoir fait autant au cours des dix dernières années.  Enfin, sur le mariage pour tous, il ne déviera pas de son objectif malgré une manifestation hostile au projet ayant connu un certain succès. Bref, François Hollande commence à se sentir tout à fait bien dans ses habits de président, d’autant qu’il a aussi reçu le satisfecit du patronat pour le « pacte de compétitivité ». Certes celui-ci ne créera pas des emplois comme par miracle, mais cette fois le patronat n’aura pas vraiment d’excuses si les entreprises françaises ne retrouvent pas le chemin de l’exportation, un chemin que nous avons perdu ces dix dernières années.

Certains vont sans doute trouver que j’ai l’air de dire que tout va bien, et que le redressement de notre pays est en marche. Je n’irais évidemment pas jusque-là, parce que ce serait trop facile. Il ne faut pas oublier que la croissance est en panne dans la zone euro, la crise financière ayant laissé des traces plus importantes que prévu, jusques et y compris en Allemagne. Cela veut dire que ladite zone va dépasser les 20 millions de chômeurs d’ici la fin de l’année, comme nous allons dépasser les 3 millions dans notre pays. Cela veut dire aussi que la France ne fera pas mieux que 0.1 ou 0.2% de croissance sauf retournement improbable de la conjoncture, ce qui implique que si l’on veut se rapprocher des 3% de déficit/PIB, il faudra trouver des économies supplémentaires dans le budget de l’Etat, étant entendu qu’on ne peut guère faire plus sur le plan fiscal. Et tout cela sous l’œil des marchés, même si nombre de Français et même d’Européens pensent que les marchés ont trop d’importance. Problème, comme je le dis très souvent, les marchés ce sont les prêteurs, et la prime de risque est une donnée difficilement contournable, n’en déplaise à ceux qui refusent de voir la réalité.

Voilà ce que je ressens au début de cette année qui sera très difficile pour notre pays. Si je dis cela, c’est parce que nous n’avons aucune marge de manœuvre financière faute d’avoir préparé l’avenir ces dix dernières années. J’insiste la dessus, car à l’instar de l’Italie, grande victime des années Berlusconi, les réformes doivent être faites dans un contexte d’autant plus délicat que l’on n’a pas profité des années de croissance à 2% et plus, pour assainir nos finances publiques. Résultat, quand la crise fut venue il a fallu recourir à un endettement massif pour assurer nos fins de mois…ce qui finit toujours par se payer un jour ou l’autre. Puisse les Français s’en rappeler, au lieu de vociférer à la moindre annonce destinée à diminuer les dépenses de l’Etat. De toute façon, si nous ne faisons pas cet effort, celui-ci nous sera imposé de l’extérieur…ce qui n’est quand même pas le plus souhaitable. Au fait, je viens de m’apercevoir que je n’ai pas parlé du traité franco-allemand qui vient tout juste d’avoir cinquante ans. Merci au général de Gaulle et à Konrad Adenauer d’avoir signé ce traité, qui est à la base de toutes les avancées de l’Union Européenne, celle-ci ne pouvant aboutir politiquement que grâce à ces deux pays.

Michel Escatafal