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04/02/2015

2015 sera l’année du Waterloo de N. Sarkozy, sauf si...

Que d’évènements depuis le début de l’année, certains horribles en France et ailleurs (Afrique et Moyen-Orient), d’autres que l’on pourrait qualifier de préoccupants ou de joyeux (c’est selon), sans parler des joutes politiciennes affligeantes, notamment dans notre pays, après la pause liée aux attentats contre Charlie Hebdo et  l’hyper marché casher ! Et puis il y a aussi N. Sarkozy qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le devant de la scène, parfois de manière ridicule (voir défilé du 11 janvier à Paris), parfois en faisant semblant de regretter certaines décisions prises, oubliées depuis longtemps (regret de ne pas avoir choisi le bon ministère lors du débat sur l’identité nationale). Un N. Sarkozy qui devrait  comprendre qu’il est en train de ruiner les chances de son parti sur le long terme. Certes, dimanche dernier ce n’était qu’une élection législative locale (dans le Doubs) pour remplacer P. Moscovici parti à la Commission européenne, mais force est de constater que l’UMP vient de subir une terrible défaite à Montbéliard, la première depuis 2012. 

Quand j’emploie le mot « terrible » c’est pour montrer à quel point le coup est dur à encaisser pour l’UMP et son nouveau président. De quoi semer le doute pour ses fans de l’UMP qui l’ont élu en novembre dernier à la présidence du parti…sans se rendre compte que les Français ne veulent plus de lui dans leur grande majorité. Du coup, cette défaite cinglante est même en train de remettre encore un peu plus en selle un F. Hollande qui n’en demandait pas tant. Ce n’est pas pour rien  si ce dernier n’a jamais essayé de contrarier un tant soit peu le retour de son meilleur ennemi, lequel une fois de plus a sous-estimé son rival de 2012, moqué par un peu tout le monde à l’UMP, à commencer par le propre entourage de N. Sarkozy, mais infiniment plus habile politiquement que lui. F. Hollande ne l’oublions pas, n’est pas qu’un énarque surdiplômé, c’est aussi un animal politique redoutable sous des airs parfois un peu ballots.

Cela dit les militants ou sympathisants de l’UMP peuvent encore rectifier le tir lors des primaires de 2016, car s’ils ne le font pas ils risquent fort de se retrouver Gros-Jean comme devant avec leur candidat éliminé du premier tour de la présidentielle 2017. Cela ne surprendra que ceux qui sont aveuglés par l’omniprésence de leur champion dans les médias et par ses effets de manche. Mais les autres, tous les autres…Même dans son parti les meilleurs soutiens de N. Sarkozy commencent à se défier de lui, au point de voir sa position sur le second tour de l’élection dans le Doubs dimanche prochain être mise en minorité. Quel coup terrible pour celui qui croyait recevoir l’onction de tout le monde pour mettre en rangs serrés l’UMP, une fois celle-ci reconquise ! On a comme l’impression que cette sorte de « retour de l’Ile d’Elbe » est en train de se transformer en Waterloo. A la différence de Napoléon, si j’ose la comparaison, N. Sarkozy n’est plus attendu par personne à part peut-être Brice Hortefeux, lequel n’a évidemment strictement rien à voir avec le maréchal Ney. Même P. Balkany semble s’éloigner de celui qu’il considérait il y a peu encore comme un grand chef. Résultat, après cette élection de novembre qui allait permettre à l’UMP de redevenir un parti conquérant, on constate qu’aujourd’hui c’est la chienlit dans le premier parti d’opposition au Parlement, je précise bien au Parlement car ce n’est plus le cas dans les urnes.

Et ce n’est pas le triste épisode d’hier au Bureau politique de l’UMP qui va redorer le blason de cette formation de plus en plus minée par les rivalités de personnes, plus encore sans doute qu’elle ne l’était du temps où J.F. Copé en était le président. C’est dire !  Et ce n’est pas fini, car les primaires de l’année prochaine vont encore accentuer les clivages entre des gens comme Alain Juppé, NKM, D. Bussereau ou B. Apparu, qui n’hésitent pas à manifester leur opposition claire et nette au Front National en indiquant qu’ils voteraient PS s’ils étaient électeurs dans le Doubs, comme d’ailleurs tous les centristes (UDI et MoDem), ou encore F. Fillon qui devient de plus en plus libéral sur le plan économique et de plus en plus droitier sur le plan politique, au point de prôner à présent le « Ni-Ni » de J.F. Copé, vote qu’il abhorrait en 2011…et qui l’a emporté hier face à la position de N. Sarkozy. Une position peu claire il est vrai, pour ne pas dire incompréhensible, qui ressemble beaucoup  à son manque de courage sur le mariage pour tous. En effet, la position du nouveau président de l’UMP est de laisser le choix aux électeurs de voter blanc ou PS, ce qui est la variante la plus pleutre du « ni-ni », une position qui a le don de s’attirer des ennemis de tous bords, notamment à droite. On comprend qu’avec un leader pareil à l’UMP, les socialistes recommencent à y croire, mais à qui la faute ? Après tout les militants qui l’ont élu en novembre ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes ! Et comme le disait ces derniers jours F. Bayrou, ce n’est pas lui qui a fait battre N. Sarkozy en 2012, mais N. Sarkozy lui-même.

En tout cas, tous ceux qui ne veulent plus jamais voir N. Sarkozy comme président de la République, notamment à droite, savent ce qu’il leur reste à faire : l’éliminer lors des primaires de 2017, en allant voter pour A. Juppé, seule vraie chance d’un retour de la droite au pouvoir en 2017, même s'il subit et subira les foudres de quelqu'un comme P. Balkany ou encore de L. Wauquiez.  Un dernier mot enfin, à l’intention de ceux qui comparent l’extrême-gauche et l’extrême-droite : si la gauche de la gauche pèse nettement moins de 10% dans notre pays, et n’ira jamais plus loin, le Front National représente sans doute plus de 25% des voix au plan national, ce qui n’est pas la même chose. J.L. Mélenchon et autres Cécile Duflot pèsent peu malgré leurs incantations, mais ce n’est pas le cas du Front National. Et les « ni-ni » versions Fillon ou Sarkozy ne sont  rien moins qu’un encouragement déguisé à voter FN, et donc à rassembler tout ce qui est très droitier dans le pays.

En évoquant les noms de Mélenchon et autres Cécile Duflot, on a presque envie de rire quand ils se sentent concernés par la victoire de Syriza et de son leader A. Tsipras, pour la bonne et simple raison que les nouveaux dirigeants grecs  sont à présent confrontés aux difficultés du pouvoir, dans un contexte autrement plus difficile que ceux que l’on a connus dans notre pays ces dernières années. Déjà, personne ne peut reprocher à A. Tsipras de vouloir donner à la Grèce un Etat digne de ce nom, capable de prélever l’impôt, tout en essayant d’améliorer le sort de millions de gens qui ont subi une profonde régression de leur niveau de vie. Après tout, est-ce tellement anormal de vouloir relever le salaire minimum de 580 à 751 euros…son niveau d’avant la crise, ou encore d’améliorer le sort des retraités ou de rétablir une pension de 300 euros pour les retraités non-assurés ? Sans doute pas, sauf que cela fait peur, non seulement au monde de la finance, mais un peu à tout le monde. La preuve, les Grecs retirent leur épargne des banques, pour ceux qui en ont, ce qui évidemment fragilise ces dernières.

Cela, J.L. Mélenchon ou Cécile Duflot, ne l’ont pas vu venir, car ces phénomènes ne se règlent pas à coup de déclarations aussi maladroites que ridicules. Fermons cette parenthèse, en attendant de voir les décisions que va prendre la BCE aujourd’hui sur les émissions de l'Etat grec, et celles qui sont à venir du côté de la Commission européenne, qui pourraient être moins directives et moins contraignantes pour les Grecs que celles de la fameuse troïka. Une troïka (Commission européenne, FMI et BCE), contestée d’ailleurs par le président de la Commission européenne, J.C. Junker, lequel souhaite que l’on trouve une solution acceptable pour tout le monde à commencer par les Grecs, sans que leurs dirigeants aient besoin de recourir aux menaces relatives à la dette de guerre de l’Allemagne à la Grèce (environ 50 milliards d’euros)…jamais remboursée. Gageons que l’on n’ira pas à ces extrémités et que tout le monde sera raisonnable, d’autant qu’A. Tsipras apparaît, je le répète une fois encore, plus responsable que ceux qui veulent surfer sur sa victoire, chez nous et ailleurs. De toute façon il ne peut guère faire autrement que composer avec les Européens, car en cas de rupture brutale avec ses créanciers, il aurait l’obligation de devoir se financer sur les marchés. Il faudra aussi qu’il apprenne à manier la diplomatie, car il apparaît inconcevable qu’il soutienne Moscou dans le conflit ukrainien.

Voilà quelques considérations sur la vie de notre pays et de l’Union européenne, en espérant que cette dernière finisse enfin par arriver à une union politique tellement nécessaire par les temps qui courent. S’il devait y avoir un élément d’espoir avec l’arrivée au pouvoir de la gauche dite radicale en Grèce, qui l’est beaucoup moins je le répète que le Front de Gauche ou certains écologistes dans notre pays, ce serait justement d’avoir commencé à convaincre les politiciens européens que l’Union en Europe est une nécessité, au moins pour les 19 pays de la zone euro. C’est sans aucun doute le seul moyen de contrecarrer la montée en puissance des populismes de droite et de gauche…tellement néfastes dans le contexte économique actuel. Ce n’est pas en sortant de l’euro que les Français vivront mieux! Ce n’est pas en fermant nos frontières que nos entreprises seront compétitives ! Ce n’est pas à coup de slogans que la France et  les autres pays de l’Euroland, retrouveront le chemin de la croissance et des excédents budgétaires ! Ce n’est pas, ce n’est pas…avec l’UMP version N. Sarkozy, avec le Front National,  avec le Front de Gauche, ou avec les écologistes version C. Duflot ou N. Mamère que l’on vivrait mieux en France ! En revanche je serais beaucoup plus optimiste si nous avions un gouvernement allant de l’UMP raisonnable ou si l’on préfère du centre droit au centre gauche en passant par le  centre tout court. Après tout les Allemands ont bien un gouvernement de coalition !

Michel Escatafal

 

21/11/2014

Une situation politique à la fois inédite et ambigüe

Cette fois les socialistes n’y croient plus ! La preuve, un secrétaire d’Etat, T. Mandon, a souhaité il y a quelques jours une primaire rassemblant toute la gauche pour que cette dernière soit présente au second tour de l’élection présidentielle…ce qui paraît pour le moins problématique, quel que soit le candidat désigné. Certes, personne ne connaît ce secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat, mais le microcosme n’a pas manqué de noter cette sortie ô combien maladroite d’un membre du gouvernement Valls. En fait, tout le monde à gauche semble se préparer à l’élection présidentielle de…2022. Comme dans un match de tennis, où un joueur avec un retard énorme commence à jouer relâché avant d’entamer le set décisif, les socialistes ont fait, pour la plupart d’entre eux, une croix sur l’élection de 2017. Une  élection où, pour le moment, le seul suspens au premier tour serait de savoir quel sera le candidat de la droite parlementaire qui affrontera Marine Le Pen au second tour. C’est du moins l’opinion que tous les analystes politiques ont aujourd’hui, quelle que soit leur sensibilité (droite, centre, gauche)…ce qui est quand même un peu étonnant à mi-mandat.

Cela étant, qui pourrait imaginer à la fin 2014 qu’un candidat de gauche, fut-elle rassemblée, puisse empêcher un nouveau 21 avril 2002 ? Quasiment personne, même si les socialistes pourraient se raccrocher à l’exemple de G. Schroeder en Allemagne, qui, bien que très impopulaire en 2005,  l’aurait emporté sans problèmes sur Angela Merkel, s’il avait patienté un an de plus au lieu de provoquer des élections anticipées. Autre surprise, la défaite de la gauche désunie aux élections législatives de 1978, alors que tout le monde pensait depuis deux ans qu’elle serait largement victorieuse, surtout face à une droite divisée par la querelle Giscard-Chirac. Et des exemples comme cela on pourrait en citer d’autres, y compris à l’étranger, par exemple la réélection de G.W. Bush en 2004 aux Etats-Unis.

Néanmoins il y a quand même une grosse différence entre l’actuelle position de F. Hollande et celles que j’ai évoquées, à savoir le fait que nombre de socialistes, les écologistes et le Front de gauche font tout pour faire perdre le président de la République, ce qui signifie qu’il faudrait un miracle pour que F. Hollande soit réélu. C’est quand même un cas de figure rarissime, pour ne pas dire unique dans l’histoire, que vit F. Hollande. Il est vrai qu’il y a mis du sien en s’imaginant, qu’une fois au pouvoir, il pourrait gouverner en faisant plaisir tantôt aux uns, tantôt aux autres…ce qui aurait été possible sans la crise. Là il faut prendre nécessairement des mesures impopulaires, et ça ne marche pas. Et si c’est le cas, c’est parce que F. Hollande se refuse à avancer assez vite sur le chemin des réformes, ou les fait à moitié. Résultat, il mécontente tout le monde, y compris les quelques soutiens qui lui restaient fidèles, ces derniers ne comprenant pas ses atermoiements.

En outre le fait d’avoir laissé battre F. Bayrou, lors de l’élection législative de Pau, a mécontenté la plupart ou la quasi-totalité des centristes proches du MoDem qui avaient voté Hollande au second tour. Du coup, il pourra difficilement compter à l’avenir sur ces voix qui lui ont permis d’être élu face à N. Sarkozy, dont on rappellera qu’elles représentaient 60 ou 70% de l’électorat de F. Bayrou, même si dans le cas d’un nouveau second tour Hollande-Sarkozy, je suis persuadé que les centristes voteraient de la même façon afin d’empêcher le retour du futur président de l’UMP. En revanche si le candidat de droite s’appelle Juppé, la donne sera très différente, les idées défendues par le maire de Bordeaux étant parfaitement compatibles avec celles des électeurs centristes. Espérons au passage que la primaire organisée et prévue par l’UMP sera une primaire ouverte, et non simplement une élection où les seuls adhérents de ce parti peuvent voter. On n’est jamais trop prudent avec N. Sarkozy !

N. Sarkozy justement, qui aura quand même beaucoup de mal à se faire élire de nouveau président de la République. J’ai même l’impression que dans son camp on ne croit plus en lui. Certes il va certainement être élu président de l’UMP, mais, même en changeant le nom et les statuts du parti, il ne pourra en aucun cas se faire passer pour ce qu’il n’est pas, un homme nouveau. C’est un homme du passé, et sa dernière sortie sur la loi Taubira a fini de le déconsidérer aux yeux des Français, et va le poursuivre longtemps, les gens ayant redécouvert un politicien capitulant en rase campagne devant une foule de quelques milliers de militants, alors que son principal adversaire pour l’élection à l’UMP, Bruno Lemaire, a fait preuve de courage en affrontant ladite foule et en gardant ses convictions à propos du mariage pour tous. Résultat, s’il a contenté la foule et s’est fait acclamer par elle, il a perdu un crédit considérable auprès de ses compatriotes, et même de quelques uns de ses plus fervents soutiens, les seuls à le suivre toujours et partout étant les « fans ». Mais les fans ne sont pas les plus nombreux, sauf peut-être à l’UMP, et remplir une salle de quelques centaines ou de deux ou trois mille personnes, en disant aux gens ce qu’ils veulent entendre, ne représente pas un gage de sérieux pour l’avenir.

En résumé, comme je ne cesse de l’écrire, nous vivons une  curieuse période, avec un président hué à droite, mais aussi extrêmement décrié à gauche, une opposition parlementaire écartelée entre un candidat modéré (Juppé) et un autre extrêmement clivant (Sarkozy), qui va disposer de l’appareil du parti et qui fera tout pour empêcher le modéré de se présenter à l’élection présidentielle en 2017, et un Front National qui compte les points, et dont on ignore le score qu’il peut réaliser à cette élection, sans doute très élevé. Compte tenu de ce contexte, espérons que les élus, adhérents et sympathisants UMP exigent une vraie élection primaire pour 2016, ce qui permettra à tous ceux qui ne veulent pas du retour de N. Sarkozy de se positionner pour A. Juppé. Ce ne sera pas avec un enthousiasme délirant que j’irai voter pour lui à cette élection primaire, mais ce sera quand même une bonne action pour la France, car de tous les candidats potentiels, c’est sans doute le seul homme politique qui pourra rassembler au-delà de son camp, donc avec des centristes et pourquoi pas des sociaux-démocrates, afin de réaliser enfin les réformes dont nous avons tellement besoin. N’oublions pas qu’en 2017 Alain Juppé aura 72 ans, un âge avancé certes (Clémenceau avait 77 ans quand il fut rappelé en 1917 !), mais qui a l’avantage, s’il est élu, d’éviter pendant son mandat d’avoir le souci constant de sa réélection. Après tout un ticket Juppé-Bayrou, ce serait quand même autrement plus porteur d’espérance que N. Sarkozy, président de la République, Premier ministre, ministre de l’Intérieur etc., quelque chose qui a déjà existé, et dont les Français n’ont plus voulu en 2012.

Un dernier mot enfin, pour noter que ce matin, au musée du Quai Branly, lors d’une remise de prix dans le cadre de la Fondation Jacques Chirac, on a pu constater que, malgré des divergences normales et républicaines, il y avait beaucoup de respect entre J. Chirac, F. Hollande et A. Juppé. On a beau dire et raconter ce qu’on veut, un climat de courtoisie dans les durs temps que nous vivons ne peut que nous réjouir, et nous redonner espoir. Notre pays n’a pas besoin d’un climat où les oppositions frontales l’emportent sur toute raison, comme nous y étions habitués entre 2007 et 2012, un climat que l’on n’a jamais pu reprocher à J. Chirac ou F. Hollande, et que n’entretiendra jamais A. Juppé, s’il s’installe à l’Elysée. Bref, un climat entre gens bien élevés, que certains fans de l’homme qui se veut « providentiel », ne peuvent pas comprendre, raison de plus pour empêcher son retour en 2017.    

 

Michel Escatafal

31/08/2014

Le PS à la Rochelle : un spectacle déprimant

Décidément la vie politique française est en train de tourner à la pantomime, avec de très mauvais acteurs, et ce n’est pas l’Université d’été du Parti socialiste qui nous fera croire le contraire. En effet, voilà un parti qui est au gouvernement du pays dans des conditions extrêmement difficiles, en raison d’une crise profonde qui s'éternise en Europe, et nombre de parlementaires socialistes font tout pour faire échouer le gouvernement qu’ils sont censés soutenir. Pire encore, ils font en sorte que le président de la République et son Premier ministre ne puissent pas réaliser les réformes…souhaitées par une majorité de Français. En fait, la véritable opposition à Manuel Valls, ce sont les fameux « frondeurs » du Parti socialiste, alors qu’en toute logique la véritable opposition devrait être l’UMP. Mais cette formation politique est tellement cabossée, tant d’un point de vue politique avec ses multiples hommes ou femmes « providentiels », que d’un point de vue financier avec un endettement colossal, qu’elle ne peut guère peser sur la vie politique du pays qu’à travers quelques remarques aussi sommaires que simplistes. C’est d’ailleurs pour cela que des socialistes raisonnables en arrivent à dire que, finalement, ce n’est pas l’UMP qui gêne le gouvernement, mais nombre de parlementaires socialistes qui, comme je l’écrivais dans un article précédent, ne pensent qu’à leur réélection.

Simplement, je rappelle une fois encore, qu’en cas d’élections anticipées, la plupart de ces « frondeurs » perdront leur mandat, et ils le perdront d’autant plus que les Français ne voudront en aucun cas leur faire de nouveau confiance, parce qu’ils auront empêché la réalisation de toutes réformes utiles. Si j’écris pareille chose, c’est parce que les Français commencent à comprendre que le système dans lequel nous vivons, en dépensant plus qu’on ne gagne, n’est pas viable. Ils en sont d’autant plus conscients qu’ils voient leurs usines fermer les unes après les autres dans les petites villes, là où leur famille avait toujours travaillé, parce que ces unités de production ne sont plus capables de vendre leurs produits en France ou à l’étranger. Et pourquoi ne vendent-elles plus ? Parce qu’elles ne sont plus compétitives, faute d’avoir évolué comme cela s’est fait dans d’autres pays  en Europe et ailleurs. Résultat, la France qui n’avait pas de déficit commercial jusqu’en 2005 s’est retrouvé en fin 2011 avec un solde négatif de 74 milliards d’euros, puis de 67 milliards en 2012 et enfin 61 milliards en 2013.

Bien évidemment les « frondeurs » ne vont pas faire de longs commentaires sur ces chiffres, sauf à accuser l’appréciation de l’euro…dont s’accommodent parfaitement d’autres pays, à commencer  par notre voisin allemand. En réalité ce décrochage de la France dans la compétition internationale résulte uniquement d’un problème d’adaptation à l’évolution de l’économie mondiale, et plus particulièrement à deux éléments qu’on ne souligne jamais assez, à savoir un déficit d’innovation et un coût du travail trop élevé. Alors imaginons ce que cela donnerait si on portait le SMIC à 1500 euros, comme le clamait J.L Mélenchon, lequel au passage est en train de se faire voler la vedette par le plus célèbre des nouveaux « frondeurs », A. Montebourg. Fermons la parenthèse pour dire à nouveau que les Français commencent à comprendre que des changements sont nécessaires dans leur façon de voir les choses, au point d’être 62% à être favorables à un aménagement des fameuses 35 heures…mises en œuvre à l’époque par Martine Aubry, laquelle est aussi en train de rejoindre le clan des « frondeurs », espérant elle aussi en tirer parti en cas de désastre électoral en 2017 ou avant.

C’est d’ailleurs triste de voir à quel point les « frondeurs » ont des visées différentes, selon que l’on appartient au groupe des députés (ou si l’on préfère des parlementaires) ou à celui des têtes d’affiche du Parti socialiste. Les uns veulent uniquement montrer qu’ils sont hostiles aux mesures décidées par F. Hollande et M. Valls…afin de montrer à leurs électeurs (dans les circonscriptions) qu’ils étaient en désaccord, se disant que cela sera suffisant pour qu’on vote de nouveau pour eux (ils peuvent toujours rêver !), les autres se plaçant pour 2017 ou 2022. Pour ces derniers, il faudra quand même qu’ils composent avec M. Valls, lequel se fera fort d’avoir osé envisager ou mis en place des réformes qu’on n’a jamais faites depuis des décennies. Si je suis prudent dans mes termes (envisager ou mis en place) c’est uniquement parce que personne ne peut être sûr que la législature aille à son terme. A ce propos, si le gouvernement Valls ne se voyait pas accorder la confiance pour mettre en œuvre sa politique sociale-libérale, le Premier ministre se ferait fort de mettre en avant ce fait pour montrer que sa volonté réformatrice a été condamnée par sa majorité…et l’opposition UMP, laquelle serait bien embêtée pour expliquer aux électeurs qu’elle a refusé de soutenir le gouvernement pour supprimer les seuils sociaux, pour mettre en place le contrat unique ou finir de détricoter les 35 heures.

Et oui, c’est ça la politique, et c’est pour cela que les Français sont tellement méfiants  vis-vis des partis politiques, 37% seulement les trouvant « utiles », si l’on en croit un sondage récent. Du coup, il ne reste plus que les idolâtres UMP ou socialistes et les admirateurs de Marine Le Pen, laquelle peut tisser tranquillement sa toile nationaliste et rétrograde. Laquelle peut aussi se permettre de donner des leçons de légitimité constitutionnelle à l’UMP, en affirmant qu’elle serait prête à gouverner et à cohabiter avec F. Hollande en cas de victoire à des législatives anticipées, ce que l’UMP refuserait, alors qu’elle a déjà cohabité avec F. Mitterrand (1986-1988 et 1993-1995) , et que J. Chirac a cohabité avec L. Jospin (entre 1997 et 2002). Si ce n’était pas aussi triste, on pourrait presque trouver amusant de donner à Marine Le Pen un brevet de bonne conduite constitutionnelle face à un parti qui a gouverné, sous diverses appellations (UNR, UDR, RPR, UMP), le pays pendant près  de 35 ans depuis l’avènement de la Cinquième République ! Rien qu’à travers cette phrase, on comprend que tout ce qui n’est pas militant d’une formation politique ne croit pas ou plus aux politiciens qui dirigent les partis politiques, qu’ils soient bleus marine, bleus horizon, bleus clair, oranges si ça existe encore, roses très clair, roses, verts, roses foncés,  rouges ou rouges vifs.

Michel Escatafal

27/06/2014

Le retour de N. Sarkozy, les affaires, le sentiment d'impuissance...

"La meilleure façon de combattre les extrémistes, c'est de les laisser aller au pouvoir pour que les gens comprennent que, en plus de leur fanatisme, ils sont nuls". Voilà une phrase bien sentie de Nicolas Sarkozy, qui, apparemment, a une culture historique assez limitée. Les Allemands et autres Italiens, Grecs et Russes ont payé au prix fort l’arrivée au pouvoir de ces fanatiques. Passons, parce que dans son désir de vouloir à tout prix retourner en politique, et jouer les sauveurs de la France, l’ancien président de la République finit par lasser tout le monde…à commencer par nombre de ses « amis »UMP, par exemple Xavier Bertrand qui affirme haut et fort qu’il « n’y a pas d’homme providentiel aujourd’hui à droite ». Et pour enfoncer un peu plus le clou, le même Xavier Bertrand n’hésite pas à dire que N. Sarkozy «  ne changera jamais », persuadé que les promesses qu’il recommence à faire n’auront pas plus d’effet que celles qu’il avait faites en 2007. Il est vrai que l’ex-président y va fort, puisqu’il veut tout simplement réinventer le modèle démocratique français. Incroyable, mais vrai ! En outre, X. Bertrand rappelle que l’ancien chef de l’Etat avait annoncé « vouloir se retirer de la vie politique ». Autre promesse non tenue, bien évidemment ! Mais X. Bertrand n’est pas le seul à penser tout ça, puisque Bernard Debré a qualifié N. Sarkozy de « branche morte », « en train de pénaliser largement son camp ». Bref, ils sont de plus en plus nombreux à l’UMP à penser la même chose, surtout avec l’affaire des comptes de la campagne présidentielle 2012 qui n’en finit pas d’apporter de nouvelles révélations sur son coût réel. Une affaire gravissime, bien plus grave que l’affaire Cahuzac, pour aussi lamentable qu’elle ait pu être, parce qu’elle concerne l’élection de celui qui doit conduire le pays pendant cinq ans.

Au fait, comment a-t-il été conduit ce pays entre 2007 et 2012, par le futur possible revenant ? On connaît tous la réponse, sauf à faire partie des « sarkolâtres », heureusement de moins en moins nombreux. Ceux-là, contrairement aux gens lucides de l’UMP, n’ont toujours pas compris que leur champion n’a quasiment rien de positif à mettre à son actif en tant que président de la République. En plus, il y a tellement de clivages aujourd'hui à l'UMP, que cette formation politique est en grand péril en ce qui concerne son unité, sans parler bien sûr des problèmes financiers qui l'assaillent. Comment dans ces conditions l’UMP pourrait remplir son rôle d’opposant sérieux et crédible ? Certes avec des gens comme A. Juppé, Bruno Lemaire, Nathalie Kosciusko-Morizet, F. Fillon  ou Xavier Bertrand elle dispose de personnalités honorables capables de mener le combat politique, mais force est de reconnaître que N. Sarkozy est en train d’achever la mise à mort du parti qui l’a fait élire en 2007…ce qui n’est vraiment pas bon pour la démocratie. N’étant ni socialiste, ni UMP, j’ai le droit d’écrire pareille chose, et, en écrivant cela, je ne fais que reprendre ce qui est repris par une immense majorité de Français. Des Français qui ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de moi, y compris ceux qui travaillent. Que peuvent-ils penser quand ils apprennent (site de Libération du 22 juin) que le meeting de Bordeaux de mars 2012, organisé au profit du candidat Sarkozy, a coûté 100.000 euros…rien que pour la vidéo ? On croit rêver !

En tout cas, si le retour en politique de l’ancien maire de Neuilly est de plus en plus aléatoire, cela ne va pas attrister les grands dirigeants de ce monde, comme en témoignent les réflexions faites par Hillary Clinton à propos de N. Sarkozy, notamment celle relative au fait qu’il aime « les ragots, traite les autres dirigeants de fous ou d’handicapés ». Incroyable, mais vrai !!! Mais pour qui se prenait-il ? Quel manque de respect aussi vis-à-vis de la Suisse, quand il a dit dernièrement, alors qu’il était invité à faire une conférence dans ce pays, "qu’un pays ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année". Désolé, mais sur ce plan, son successeur a un autre comportement, plus dans la tradition de la diplomatie de la France. Certes sa position est affaiblie par l’état dans lequel se trouve notre pays, auquel son prédécesseur n’est pas étranger, mais il tient son rang sur la scène internationale plutôt honorablement. Il le tient d’autant mieux qu’il est seul sur la scène européenne à engager la France à lutter contre les groupes armées qui déstabilisent le continent africain, ce dont personne ne parle. En revanche on ne parle pas suffisamment de l’héritage laissé par celui qui voudrait être le « sauveur de notre pays », ce qu’il ne pourrait être en aucun cas. En fait les seuls qui l’affirment sont ses fans, qui réagissent comme les fans du football ou de Formule 1, qui ne voient rien d’autre que leur idole, quoi qu’il fasse ou ait pu faire.

En revanche, le programme de F. Fillon pour les primaires de l’UMP en 2017 est assez alléchant…s’il devait le tenir. Certes il a contre lui d’avoir été Premier ministre de N. Sarkozy, ce qui est quand même gênant, mais avait-il la réalité du pouvoir ? Très certainement NON, ce qui faisait une raison toute trouvée pour démissionner de ses fonctions au bout de deux ans par exemple, au lieu de s’accrocher à son poste. Malgré tout, s’il devait appliquer quelques unes  des réformes qu’il veut faire, il aurait des partisans plus nombreux qu’on ne l’imagine. Par exemple la suppression des 35h, chaque entreprise pouvant fixer librement sa durée du travail par accord majoritaire. Ou encore  simplifier le code du travail, amplifiant ainsi le travail déjà amorcé par le pouvoir actuel, sans parler du relèvement des seuils sociaux et du retour à 65 ans de l’âge de la retraite. Enfin, il y a surtout le fait qu’il se propose de faire tout cela dès les premiers mois de son quinquennat, pour éviter de tomber dans les travers de François Hollande, qui s’est décidé à prendre le taureau par les cornes pour redresser le pays au bout de deux ans de pouvoir. Deux ans de perdus, pour avoir voulu ménager les écologistes, l’aile gauche du PS ou les communistes, ce qui était peine perdue compte tenu de l’idéologie qui préside à la réflexion de ces politiciens, « qui ne pèsent pas plus que leur poids qui n’est pas lourd », pour reprendre une phrase culte du général de Gaulle.

Cela dit, même si F. Fillon a les meilleures intentions pour sortir notre pays de la crise, il faudra financer ces mesures, notamment les 50 milliards d’allègement de cotisations des entreprises. Certes il veut baisser les dépenses publiques à hauteur de 20 milliards par an, de même qu’il veut augmenter la TVA de 3 points, mais est-ce réellement la solution ? En outre, les Français vont se sentir très vite maltraités, avec tous les risques que cela suppose sur le plan social, ce que lui fera remarquer son futur rival pour les primaires A. Juppé, lequel avait essayé de mettre en place certaines réformes…qui, en 1995, quand il était Premier ministre de J. Chirac, avaient mis des millions de gens dans la rue. Et oui, dans notre pays il est très difficile de changer les choses, y compris quand c’est fait par des gens élus se réclamant du pouvoir. Il suffit de voir ce qui est en train de se passer au Sénat pour la réforme territoriale, où nombre d’élus de tous bords font tout pour retarder ladite réforme, laquelle, il est vrai, semblait un peu sorti du chapeau d’un prestidigitateur. Alors, on imagine avec une vague sans précédent de libéralisme à la Thatcher ! Bon courage F. Fillon, d’autant que la politique n’est jamais absente des débats, surtout avec l’élection du président de la République au suffrage universel tous les cinq ans. Pourquoi n’a-t-on pas gardé le septennat, en le rendant non renouvelable ? C’est d’ailleurs peut-être la chance d’A. Juppé, car lui au moins aura plus de 70 ans s’il est élu à la présidence de la République, donc ne pourra pas postuler pour un autre mandat.

En attendant, le gouvernement vient de recevoir de plein fouet les chiffres du chômage de mai…qui sont une nouvelle fois très mauvais. Pourquoi ? Parce que la croissance est trop faible, nous dit le ministre du Travail, qui, d’ailleurs, ne veut plus commenter au mois le mois les chiffres du nombre de sans-emploi. Il est vrai que son patron, F. Hollande, s’était engagé avec beaucoup de légèreté à « inverser avant la fin de l’année (2013) la courbe du chômage ». Comment  a-t-il pu se livrer à pareil pronostic, même si F. Hollande sait bien que la confiance est un des moteurs de la croissance? Il n’empêche, la croissance ne peut-être forte que si, outre la confiance, l’environnement international est porteur…ce qui n’est pas vraiment le cas. Même l’Allemagne ne prévoit pas mieux que  1.8% pour cette année, loin des chiffres de la Grande-Bretagne qui prévoit 2.7% à 3%. Cela dit, les Britanniques sont loin de respecter les normes du Pacte de Stabilité puisque fin 2013 leur déficit public dépassait les 6% (6.3%), ce qui donne du grain à moudre à ceux qui en France ne veulent plus entendre parler de l’austérité, une austérité toutefois infiniment plus douce pour les Français que celle supportée par les Britanniques au début de la décennie 2010.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire aujourd’hui, même si je ne cesse de me sentir en décalage avec l’opinion. Mais au fait, de quelle opinion s’agit-il ? Je me pose la question, parce que je n’arrive pas à imaginer une nouvelle élection présidentielle avec N. Sarkozy comme candidat. Je ne peux pas imaginer qu’il puisse encore avoir beaucoup de partisans à l’UMP, étant entendu que les centristes ne se reconnaissent nullement en lui. Reste les adhérents ou proches sympathisants de l’UMP, de moins en moins nombreux toutefois, et pas seulement suite à l’affaire Bygmalion, qui demeurent, nous dit-on, d’irréductibles partisans de l’ex-président. En tout cas, pour ma part et à mon modeste niveau, je ferais tout mon possible pour éviter le retour de N. Sarkozy, parce que notre pays ne peut pas vivre comme l’Italie a vécu avec S. Berlusconi. Elle l’a payé d’un prix trop élevé à tous points de vue. Ah, si seulement les socialistes appliquaient le programme que F. Hollande avait prévu d’appliquer en début d’année, et qu’il aurait dû mettre en œuvre dès juillet 2012 ! Nous n’en serions sans doute pas à disserter sur un retour de l’Ex ! Et les  députés censés appartenir à la majorité s’y comporteraint comme tels. Comment des gens qui tirent à contre-courant du pouvoir qui les a placés là où ils sont, n’arrivent pas à comprendre qu’une alternance en 2017 les laisserait presque tous sur le carreau ? Combien de députés de gauche en cas de dissolution ? 50 au maximum. Va comprendre, comme dirait l’autre !

Michel Escatafal

05/05/2014

Faire le buzz avec de mauvaises nouvelles...

Aujourd’hui 5 mai, j’en profite pour rappeler, comme je le fais chaque année, que c’est l’anniversaire de la mort de Napoléon (5 mai 1821), un jour après celui de l’exil  à l’Ile d’Elbe, dont on vient de fêter le bicentenaire. Quel rapport me direz-vous avec la politique en France aujourd’hui ? Aucun, simplement qu’il y a des dates dans l’histoire qui permettent de mesurer à quel point la gouvernance d’un pays est importante. Pour mémoire, je rappellerai que le règne de Napoléon fut une catastrophe sans précédent pour la France, à la fois sur le plan territorial et sur celui de l’économie…ce que tout le monde a oublié, l’imaginaire public ne retenant que les noms d’Austerlitz, Iena, Eylau, Wagram, Friedland ou la Moskowa, tout cela occultant presque la Beresina, Leipzig ou Waterloo. Preuve que l’objectivité n’a jamais vraiment eu cours dans l’histoire passée ou présente. Et force est de constater qu’en lisant et entendant tout ce qui se dit et s’écrit sur le pouvoir actuel, avec des moyens d’information autrement plus sophistiqués qu’aux derniers siècles passés, on a toujours les mêmes doutes sur l’objectivité des commentateurs, qu’ils soient journalistes, forumers ou clients du Café du commerce. Je ne mets d’ailleurs pas sur le même plan les uns et les autres, parce que si notre pays subit une terrible crise de confiance, c’est parce que ceux qui sont chargés de commenter l’information, le font toujours en faisant ce que l’on appelle le buzz avec des mauvaises nouvelles, ou avec des titres dans les médias qui ne sont pas toujours appropriés.

 

Le site web du journal Le Monde que j’ai parcouru ce matin en est d’ailleurs la preuve vivante, en titrant : « Déficit et dette : le dérapage français expliqué en graphiques ». Que va retenir le lecteur d’un tel titre ? Le mot « dérapage », ce qu’on a lu aussi un peu partout dernièrement, c’est-à-dire depuis que nous avons le chiffre définitif du déficit public de notre pays pour l’année 2013, à savoir 4.3%. Certes ce chiffre est peu glorieux, mais il est pour le moins incongru de parler de « dérapage », surtout si l’on sait que le chiffre de 2012 était de 4.9% et celui de 2011 de 5.2%. On me fera remarquer que le mot « dérapage » vient du fait que le gouvernement tablait sur un déficit 2013 de 4.1%, soit 0.2% de moins que le chiffre final. Pour autant, dans un pays où les gens sont peu endettés par rapport à ceux de la plupart des autres nations développées, même si l’endettement des ménages s’est beaucoup accru depuis 2010, avec un surcroît de confiance on pourrait   consommer davantage. Cela permettrait d’engranger de plus importantes rentrées fiscales, et c’est pour cela qu’on n’aurait pas dû souligner bruyamment le mot « dérapage ».   Les mêmes d’ailleurs qui parlent de « dérapage » semblent oublier que nous avions un déficit de 7% en 2010, soit 148.8 milliards d’euros, à comparer avec les 34.7 milliards d’euros de 2007 ou avec les 87.6 milliards de 2013. Bien sûr la crise est passée par là, mais tout de même, que le pouvoir de l’époque (2007-2012) ait fait comme si la crise n’existait pas en prenant des mesures démagogiques payées à crédit, par exemple la défiscalisation des heures supplémentaires sans aucune contrepartie, cela laisse pantois. Que dirait-on de nos jours si le binôme Hollande-Valls faisait de même ? Je n’ose l’imaginer.

 

Toujours à propos de la manière d’informer les gens, j’ai lu, toujours sur le net, un titre qui indiquait que le déficit public était « en baisse de 11.2% sur un an, mais en hausse de 38.8% sur dix ans ». Rien que ça ! Mais au fait pourquoi ne pas comparer avec 2010 ou 2011 ? On en devine évidemment la raison, on la devine d’autant plus que la comparaison est très défavorable…pour le précédent pouvoir UMP. Les médias auraient  pu aussi faire les gros titres sur le fait que l’ensemble des dépenses de l’Etat affiche une baisse de 3.4 milliards d’euros par rapport à l’objectif voté en loi de finance initiale. Hélas, une telle annonce « parle » nettement moins aux lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs que le mot « dérapage ». Et oui, c’est ça la communication, et pour F. Hollande c’est sans doute une bonne chose que son Premier ministre soit excellent dans cette discipline, à défaut d’être un économiste reconnu. On ne peut pas tout avoir ! En revanche, si F. Hollande s’y connaît davantage en économie que son Premier ministre, sa communication est toujours aussi calamiteuse comme en témoigne sa sortie à Clermont-Ferrand sur le fait de ne pas se représenter si le chômage ne baissait pas d’ici 2017, ou en affirmant que le « retournement économique arrive ». Quand notre président aura-t-il compris qu’avec son niveau d’impopularité, il faut absolument qu’il s’abstienne de faire des commentaires avant qu’il y ait une véritable inflexion des chiffres ? Quand aura-t-il compris que lancer des phrases pareilles, avant d’avoir des résultats, ne peut qu’énerver les Français, d’autant qu’avant de profiter de ces résultats, ils vont continuer à payer pour les obtenir. Oui, F. Hollande est bien le président de la République le plus nul, en termes de communication, que l’on ait connu depuis l’élection au suffrage universel…ce qui ne peut que détruire, avec de pareilles erreurs, la confiance que les Français commencent à placer en Manuel Valls.

 

Autre avatar pour le président, dans la foulée de cette prévision pour le moins prématurée, la presse se fait un plaisir de signaler que la Commission européenne prévoit une croissance moindre pour la France que celle qui est annoncé par le gouvernement, et donc que le déficit affiché de 3% en 2015 sera plutôt de 3.4%. Pour ma part, si nous tombons à 3.4% fin 2015, je ne m’en satisferais pas, c’est évident, mais cela fera quand même presque 2% de moins que fin 2011. En outre, il semble que la Commission européenne n’ait pas totalement pris en compte les effets du « pacte de responsabilité » pour ses prévisions de croissance, ce qui signifie qu’on peut espérer faire un peu mieux que ce qu’elle prévoit, et donc qu’on se rapprocherait davantage des fameux 3% du critère de  Maastricht. En revanche ladite Commission européenne prévoit l’inversion de la courbe du chômage pour 2015. C’est loin 2015, mais si on y arrive, et si la croissance repart un peu partout dans le monde, avec les mesures en faveur des entreprises, le pari de F. Hollande et du gouvernement de remettre la France sur les rails de la compétitivité pourrait permettre enfin à notre pays de reprendre la place qu’elle a perdue depuis dix ans, et dont elle s’est considérablement éloignée depuis 2007. Certains vont peut-être me trouver optimiste, mais, après tout, pourquoi pas ?

 

Ce n’est pas pour cela que je m’inscrirais au Parti socialiste… ni ailleurs (j’ai donné, ça suffit !), mais au moins notre pays aura commencé à se redresser, même si je persiste à penser que l’on devrait aller plus loin dans les économies, non pas en sacrifiant notre modèle social, mais en l’aménageant. Et ce n’est pas N. Sarkozy qui fera « le boulot », ni l’UMP, car ils ont eu dix ans pour faire leurs preuves…et le constat est accablant, avec une chute catastrophique de notre compétitivité, et des déficits considérables qui ont fait exploser la dette publique, ce qui fait dire à quelques observateurs un peu plus objectifs que d’autres, que F. Hollande aura passé son quinquennat à payer l’inconséquence de ses prédécesseurs, plus particulièrement de N. Sarkozy, même s’il ne faut pas ignorer la crise qui a marqué son propre quinquennat. Néanmoins, passer de 912 milliards de dettes en 2002 à  plus de 1800 milliards en 2012, il fallait le faire…hélas ! Il est vrai qu’entre 2009 et 2011, on a fait en trois ans 382 milliards de déficit cumulé, ce qui a fait bondir la dette de 223.6 milliards. Je n’en dirais pas plus…même s’il y aurait encore beaucoup à écrire, notamment sur la totale irresponsabilité des députés socialistes et écologistes, courageux mais pas téméraires, qui n’ont pas voté le volet d’économies de 50 milliards dans le cadre du pacte de responsabilité. Mais, au fait, pourquoi n’ont-ils pas refusé la confiance à Manuel Valls ? Ah j’oubliais : en cas de vote de défiance, il y aurait eu dissolution…et dans ce cas près de 300 députés socialistes ou verts auraient perdu leur siège. Oui, courageux, mais pas téméraires, et même pas une place éligible sur les listes aux élections européennes, les places étant déjà prises, notamment par d’autres recalés du suffrage universel !

 

Michel Escatafal