08.10.2009
Nous ne sommes pas au bout de nos peines !
Les temps sont mauvais pour le président de la République française, et pas seulement parce que les déficits et la dette explosent. A ce propos il y a une information qui n’échappera pas à Nicolas Sarkozy (en Lorraine pour son 277è déplacement !), à savoir que le déficit commercial de la France a atteint en août 3,4 milliards d’euros. Au total sur les douze derniers mois, le déficit cumulé du commerce extérieur est de 47,4 milliards d’euros, ce qui signifie qu’on se rapproche du déficit record de l’an passé qui dépassait 55 milliards d’euros. En effet, selon le ministère des Finances, les signes de reprise apparus en juin et juillet ne se sont pas confirmés avec des « ventes de biens intermédiaires (métaux, chimie, etc.), d'équipements électroniques et informatiques, d'automobiles, de pharmacie et de produits pétroliers raffinés qui se tassent ». Heureusement pour notre facture énergétique, le dollar reste faible par rapport à l’euro ce qui diminue d’autant le coût de nos importations.
Plus ennuyeux encore pour le président de la République, la polémique sur son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, et l’empressement manifesté par ce dernier à soutenir Roman Polanski, ce qui lui a valu les foudres, ou à tout le moins des demandes d’explication d’une partie de la classe politique, notamment Marine Le Pen pour le Front National, Benoît Hamon et Manuel Valls pour le P.S., en attendant la réaction du MoDem ce soir puisque F. Bayrou est l’invité de France-Info à 18h15. Certes F. Mitterrand a quelques soutiens notoires comme D. Cohn-Bendit, qui considère que son livre est « une thérapie publique », il a aussi celui de l’Elysée et de la majorité présidentielle, mais ce matin Xavier Darcos a estimé que le ministre de la Culture devait se défendre, et « répondre autrement que simplement par l’indignation » à la polémique sur le livre qu’il a écrit à propos du tourisme sexuel.
Pour sa part Christine Boutin, qui était il y a peu ministre du logement, n’y va pas par quatre chemins en affirmant « que la nomination de Mitterrand a ébranlé la droite classique, mais ses postures et ses positions vont faire des ravages terribles dans l’électorat ». Apparemment faire entrer un Mitterrand au gouvernement paraissait habile, mais en politique quand on ne joue que sur l’habileté cela ne se passe généralement pas comme espéré. En tout cas nombre de gens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, commencent à se sentir troublés par toutes les tribulations de celui qu’ils prenaient, à tort, pour l’homme providentiel dont notre pays avait besoin. En fait ils comprennent, mais un peu tard, que justement Nicolas Sarkozy n’était pas du tout l’homme de la situation. Puissent-ils en tirer les conséquences en 2012 !
Passons maintenant au feuilleton de l’affaire Clearstream qui est en train de tourner au vaudeville pour certains, et même à la confusion de la principale partie civile (Nicolas Sarkozy) pour d’autres. Et pourtant ce n’est pas la faute des médias qui, pour la plupart, se contentent de reprendre les témoignages à charge contre Dominique de Villepin. Par exemple je n’entends jamais parler d’une phrase pourtant capitale pour la défense, à savoir que le général Rondot a affirmé que Dominique de Villepin ne pouvait pas savoir en avril 2004 que les fameux listings étaient faux…ce qui théoriquement est largement suffisant pour que DDV bénéficie d’un non lieu, toute l’accusation étant basée sur la connaissance de la véracité des listings à cette date. En tout cas, je veux croire à la justice de mon pays, pour parler comme DDV.
Autre avatar si j’ose dire pour Nicolas Sarkozy, les restaurateurs sont loin d’embaucher comme certains s’imaginaient qu’ils allaient le faire. A qui fera-ton croire que le président de la République était assez naïf pour croire à ces promesses de création d’emplois, de la part des professionnels de la restauration ? En fait, Nicolas Sarkozy a simplement distribué un supplément de pouvoir d’achat à cette profession…qui dans l’ensemble vote à droite et a voté pour lui en masse aux dernières élections. C’est ce que l’on appelle faire du clientélisme, ce qui va coûter à l’Etat quelques 3 milliards d’euros en année pleine. Cela dit, cela ne représente que 2% du déficit budgétaire de cette année.
Enfin, j’ai relevé ce matin une information plus importante qu’il n’y paraît, car elle montre à quel point le président de la République et ses amis se sont accaparés du pouvoir. Certes nous le savions déjà depuis longtemps, mais aujourd’hui ils n’ont plus aucune pudeur à le faire savoir. Selon Lepoint.fr, site du journal appartenant à François Pinault, Jean Sarkozy (fils de son père) serait le prochain président de l’EPAD, établissement public gérant l’aménagement du quartier d’affaires de la Défense (le plus important en Europe). Il va succéder à Patrick Devedjian, le ministre de la Relance atteint par la limite d’âge (65 ans)…et qui n’obtiendra pas de dérogation pour voir son mandat proroger. Certes le fait que P. Devedjian perde un mandat est loin de m’attrister, mais le donner au fils du président de la République (23 ans) paraît quand même un peu gros. Comme le dit un élu des Hauts-de-Seine, « cela ne doit rien au hasard ». On s’en serait douté !
Michel Escatafal
17:26 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
10.08.2009
Optimisme ou pessimisme?
Doit-on être optimiste ou pessimiste sur le plan économique dans les mois à venir ? Tel est la question que tout le monde se pose, et en premier lieu les économistes. Certes on va me répondre que ces derniers se sont tellement trompés, quelques uns assurant même qu’ils nous ont trompés, qu’il est difficile de croire à leurs prévisions. Cela dit quelqu’un de sérieux comme J.C. Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, reconnaît qu’il y a encore beaucoup d’incertitudes, même si l’économie a cessé d’évoluer « en chute libre », pour reprendre son expression.
En fait qu’est-ce qui peut susciter de l’optimisme pour les observateurs et les décideurs ? Tout d’abord la bourse, avec des marchés qui n’ont cessé de remonter ces dernières semaines, ce qui signifie qu’il y en a qui sont en train de gagner beaucoup d’argent. D’ailleurs, de nouveau on ne parle que de bonus, ce qui devient dans notre pays un moyen de communication pour notre président de la République et son gouvernement, ce qui ne veut pas dire pour cela qu’ils fassent quelque chose à part de vaines paroles. Je dis vaines parce que cela ne fait aucunement peur aux banquiers, et parce qu’à force de répéter la même chose à propos de ces bonus, le bon peuple finit par être convaincu qu’on lui raconte des histoires et qu'on ne fait rien pour empêcher ces abus scandaleux.
On nous dit aussi que les consommateurs comme les patrons cessent de tout voir en noir, et retrouvent même « une certaine confiance dans le système économique ». C’est aller un peu loin, car à part les grands dirigeants des multinationales et des grosses banques, les petits patrons sont toujours inquiets. Et que dire des consommateurs…qui sont bien obligés de consommer, mais qui constatent aussi que les entreprises continuent de licencier, surtout les plus importantes. A ce propos, certaines mauvaises langues disent que cette crise est une forme d’aubaine pour se débarrasser de certaines unités de production jugées peu rentables, et donc des employés et ouvriers y travaillant. Et comme on sait que ces ouvriers et employés n’iront pas en Hongrie, en Ukraine ou en Inde pour retrouver leur emploi, c’est tout bénéfice.
En revanche, et c’est le plus souvent passé sous silence, les résultats des entreprises ne sont pas si mauvais, puisqu’ils sont « mieux que prévu ». J’ajouterais pour ma part que ce n’est guère étonnant. En effet, il suffit de connaître un tant soit peu le fonctionnement des entreprises de nos jours, pour savoir que celles-ci ont pris l’habitude de travailler en flux tendu, ce qui fait qu’elles ont immédiatement pris leurs dispositions pour ne pas gonfler leurs stocks. Les stocks coûtent cher, et dans la course effrénée à la rentabilité, notamment pour pouvoir rémunérer les actionnaires et investir sur les marchés financiers, les stocks sont un instrument de première importance.
On a donc réagi promptement dans les unités de production grâce au chômage partiel, au non renouvellement des intérimaires, et pour finir aux licenciements. Toutes ces mesures prises avec diligence, pour ne pas dire avec zèle, ont limité la chute des résultats dans des proportions non négligeables et, surtout depuis le début de l’année 2009. Cette position de repli s’est aussi accompagnée, ne l’oublions-pas, d’une mise en sommeil des investissements. Bref tous les ingrédients de ce que certains appellent « savoir s’adapter » en situation de crise. On oublie simplement de dire que cette adaptation se fait d’abord sur le dos de ceux qui travaillent…et qui ont besoin de travailler !
Il y a aussi les effets des plans de relance, même s’ils n’ont pas eu partout le même impact ne serait-ce qu’en raison du volume des interventions étatiques dans chaque pays. Sur ce plan la France, quoiqu’en dise nos gouvernants, est quand même restée en retrait…ce qui ne laisse pas d’inquiéter pour l’avenir, d’autant que cela n’a pas empêché nos déficits d’exploser, comme partout ailleurs et notamment aux Etats-Unis où des sommes considérables ont été injectées. A ce propos, on entend tous les jours l’administration américaine et le président Obama lui-même, affirmer que ces interventions commencent à porter leurs fruits. Est-ce bien le cas ?
Au vu des chiffres c’est incontestable, puisqu’après avoir baissé de 6,4% au premier trimestre, le PIB américain n’a glissé que d’un pour cent au second. C’est mieux, mais c’est encore insuffisant pour réveiller un optimisme béat, d’autant qu’il paraît normal qu’après une succession de glissades on arrive à toucher le point bas. Mais à supposer que l’on y soit arrivé, est-ce que l’économie mondiale va enregistrer une correction en sens inverse de ce qui s’est passé ces derniers mois ? Rien n’est moins sûr, et si tout le monde s’accorde à dire que la probabilité d’une rechute semble s’estomper, en revanche il y a quasiment unanimité pour prévoir une reprise molle. Pour les Etats-Unis on prévoit 1,5 à 2% de croissance pour 2010, ce qui veut dire que ce sera moins pour l’Europe. Le FMI, qui pourtant ne pèche pas par excès de pessimisme, pense que la reprise sera « lente et sujette à des risques considérables ». Le malade n’est donc pas guéri, mais à force de vitamines il marche d’un pas un peu plus assuré.
Evidemment tout cela nous n’allons pas l’entendre dans les journaux télévisés de TF1 ou France 2. Il ne faut pas ajouter de l’inquiétude aux inquiétudes. On préfère nous dire que Nicolas Sarkozy « multiplie les interventions » pour obtenir une libération rapide de la jeune Française emprisonnée en Iran, Clotilde Reiss, ce que le ministre des Affaires étrangères (qui compte pour du beurre) a déjà dit hier, en espérant qu’au-delà de ce bla-bla cette jeune femme sera effectivement libérée. On préfère aussi nous annoncer que, finalement, nous allons avoir la chance de subir une augmentation du tarif de l’électricité de seulement 1,9%, alors que le PDG d’EDF avait demandé 20% d’augmentation sur 3 ans en juin. Au passage je rappellerais que notre parc de centrales nucléaires nous permet d’avoir le prix de l’électricité à la production le plus bas dans l’Europe à 15, mais aujourd’hui EDF n’appartient plus entièrement à l’Etat. J’arrête là, car je ne veux pas saper davantage le moral de ceux qui me lisent !
Michel Escatafal
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04.08.2009
Un va-t-en guerre à la tête de l'OTAN !
« Empêcher l’Afghanistan de redevenir une plaque tournante du terrorisme international », tel est l’objectif du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen, qui est partisan d’un engagement fort dans ce pays en « ces années cruciales ». Ce M
onsieur n’est pas un inconnu pour qui s’intéresse un peu à la politique étrangère, car en tant que chef du gouvernement danois il fut parmi les premiers à engager son pays en Irak, mettant fin à près d’un siècle de non-engagement militaire du Danemark.
Alors avoir élu à la tête de l’OTAN un pareil va-t-en-guerre ne peut que susciter des inquiétudes, notamment pour la suite des opérations du corps expéditionnaire en Afghanistan. Déjà il va falloir que Fogh Rasmussen arrive à convaincre les diplomates qu’il n’est pas installé à ce poste pour mener une croisade contre le monde musulman, ni pour faire de l’Alliance Atlantique le gendarme du monde. A ce propos si on en est à se poser ce type de question, il faut déjà s’interroger sur le bien-fondé de sa nomination à un poste aussi important, même si les vrais patrons de l’OTAN sont les militaires américains.
En tout cas ce Fogh Rasmussen semble vouloir se convaincre que l’OTAN réussira à l’emporter dans cette guerre en Afghanistan, comme il l’a souligné dans sa première conférence de presse. Voilà qui a dû faire plaisir à Nicolas Sarkozy depuis son lieu de vacances. D’ailleurs F. Rasmussen emploie quasiment mot pour mot les arguments de tous les dirigeants engagés dans ce conflit depuis huit ans, à savoir que : « Nous devons l’emporter, pour les Afghans, pour la communauté internationale, pour la sécurité et pour l’Otan ». Lui aussi n’hésite donc pas à dire qu’il veut absolument faire le bonheur des Afghans malgré eux. Et ajoute-t-il : « L’Otan ne se prépare pas à partir. Nous soutiendrons le peuple afghan aussi longtemps que nécessaire ». Encourageant avec ça !
Si l’on comprend bien, les soldats engagés là-bas, Français compris, ne sont pas prêts de quitter le pays, malgré ce que disait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, n’hésitant pas à affirmer que la France n’avait « pas vocation à rester en Afghanistan ». Mais que n’a-t-il pas dit pendant cette campagne ! Par parenthèse, il est quand même amusant d’entendre dire à tout propos « qu’il s’agit d’une promesse du candidat Sarkozy », mais pourquoi ne parle-t-on jamais de toutes celles qui n’ont pas été tenues ? Fermons la parenthèse, car là je suis en train de faire du mauvais esprit, et revenons au problème afghan pour noter que parmi les soldats, sans doute beaucoup plus nombreux qu'on ne l'imagine, il y en a qui pensent que « la guerre en Afghanistan ne réduit pas le risque terroriste et, loin d’améliorer la vie des Afghans, sème la mort et la désolation dans tout le pays ».
Certes on va me rétorquer que je veux parler, entre autres, d’un soldat britannique qui a préféré déserter plutôt que retourner se battre en Afghanistan après un premier séjour. En revanche Joe Glenton (c’est son nom), fait partie de ceux qui ont été sur le terrain et non pas de ceux qui font la guerre confortablement assis sur le canapé de leur salon. En outre cette désertion va lui coûter quelques mois ou quelques années de prison, donc il sait ce qu’il fait et ce qu’il dit, notamment quand il affirme que ses camarades soldats ne sont « qu’un instrument de la politique américaine ».
A ce propos j’observe que Forgh Rasmussen est beaucoup moins belliqueux vis-à-vis de la Russie que de l’Afghanistan, du moins de tous ceux qui sont opposés au pouvoir mis en place par la coalition de l’OTAN. Au contraire il souhaite s’entendre avec les Russes, notamment sur « les questions d’intérêt commun » telles que la lutte contre le terrorisme ou la piraterie. D’ailleurs ajoute F. Rasmussen, « même si la guerre entre la Russie et la Géorgie d’août 2008 a eu un impact très négatif sur la relation entre la Russie et l’Otan", il ne la considère pas comme un ennemi.
Evidemment, la Russie est la deuxième puissance nucléaire dans le monde, et il est beaucoup plus facile de s’immiscer dans la politique intérieure de l’Afghanistan que vouloir chasser les Russes des pays appartenant à sa zone d’influence. En outre si l’Afghanistan est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est sans doute que les Russes et les Américains y ont largement leur part de responsabilité. Personne ne peut le nier. Raison de plus pour que les dirigeants de notre pays comprennent, une fois pour toutes, que la France n’a vraiment pas vocation à rester en Afghanistan, car les soldats français qui meurent là-bas ne meurent ni pour leur pays, ni même pour l’Afghanistan.
Michel Escatafal
12:09 Publié dans politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politqiue, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
30.06.2009
Une crise inévitable? Oui, mais...
Avec une crise comme celle que nous connaissons chacun y va de son couplet pour l’expliquer, et ensuite pour faire en sorte qu’elle dure le moins longtemps possible. Bien entendu les mêmes qui ne l’ont pas vu venir sont parmi les premiers à expliquer doctement que cette crise était inévitable, et que tout concourait à faire en sorte qu’elle se développe comme une pandémie de grippe à l’échelle mondiale. Certains y voient une absence de régulation aux échelons nationaux ou internationaux. D’autres estiment qu’en fait cette crise, comme celle de 1929, est surtout le fait d’erreurs humaines ce qui explique leur réticence à vouloir changer le système capitaliste. Et puis il y en a quelques uns qui pensent que tout ceci ne serait pas arrivé, si ceux qui sont aux manettes de la finance internationale ne s’étaient pas comportés de manière aussi irresponsable.
Pour être franc, je crois sans risque de me tromper qu’il y a un peu de tout cela, et que manifestement c’est la faute d’abord des apprentis sorciers qui dirigeaient le monde. Parmi ceux-ci bien évidemment figurent l’ancien président (Alan Greenspan) de la Réserve Fédérale américaine, celle qui gère la principale monnaie de réserve du monde, et bien entendu l’ancien président (Georges W. Bush) de la première puissance économique dans le monde. En 1929 cela avait été à peu près le même scénario, à ceci près que le monde n’était pas tout à fait régi de la même manière, On était en effet dans un monde moins unipolaire que celui que l’on a connu dans les années 1990, et même au début de la décennie 2000.
La France comme la Grande-Bretagne, qui venaient de vaincre l’Empire allemand, étaient encore considérés comme des grandes puissances, ne serait-ce que par leur empire colonial. En plus les Etats-Unis avaient à leur tête un président qui n’a laissé que le souvenir d’un homme peu porté sur les grandes décisions, Herbert Hoover. Cela dit, qu’il s’agisse des leaders politiques ou des banquiers centraux, tous avaient pour caractéristiques de n’être pas de grands hommes d’action…ce qui signifie que le pouvoir économique, concentré dans les mains des grandes entreprises multinationales, avait primauté sur le pouvoir politique ou de régulation.
On était donc bien dans la même situation que ces dernières années, où les pouvoirs politiques et financiers suivaient aveuglément les desiderata des multinationales de l’économie et de la finance. Et le jour où le système s’est grippé il n’y avait bien sûr personne pour prendre la mesure de ce désastre financier , parce que personne dans le monde politique n’était capable de prendre les décisions qui s’imposaient, pour faire en sorte que les banques continuent à jouer leur rôle. On a même laissé mettre en faillite la banque Lehman Brothers, ce qui aurait pu avoir des conséquences encore plus dramatiques si les banques centrales n’avaient pas pris la mesure de leurs responsabilités.
A ce sujet, et n’en déplaise à Nicolas Sarkozy et à tous ceux qui crient sans connaître le sujet, on ne peut que souligner le rôle extrêmement positif joué par la Banque Centrale Européenne, qui a largement contribué à éviter une catastrophe plus importante encore. Et je dirais qu’heureusement, et sous l’impulsion de la BCE, les banquiers centraux ont pallié en partie les carences des décideurs politiques qui, aux dires de nombreux observateurs, n’ont pas su gérer la situation. C’est facile de vouloir refonder le capitalisme, mais c’est plus difficile de prendre les décisions qui permettent de redonner confiance aux investisseurs et plus encore aux citoyens, les uns et les autres ayant cru (les naïfs) que l’argent pouvait éternellement rester démesurément bas sans engendrer une spéculation effrénée, ce que Messieurs Greenspan et Bush n’avaient pas su ou voulu admettre.
On comprend mieux pourquoi un Nicolas Sarkozy n'a pas réalisé la portée de ses paroles quand il encourageait les Français à s’endetter, ou quand il considère que l’endettement public est un mal nécessaire.En tout cas sur ce plan c’est réussi, puisque selon le FMI la dette publique dans les 10 pays les plus riches du monde dépasse 78%. La France figure bien dans ce peloton et elle va même y figurer en très bonne place dès cette année et plus encore en 2010 et les années suivantes. Jamais en temps de paix notre pays n’a connu une telle situation, comme jamais depuis la deuxième guerre mondiale la France n’a perdu autant d’argent en si peu de temps. Dans ces conditions comment allons-nous pouvoir financer le traitement du chômage, le paiement des retraites, le déficit de la sécurité sociale, mais aussi l’effort de recherche et d’investissement, sans lequel notre système productif restera toujours à la traîne par rapport à nos voisins allemands pour ne citer qu’eux ?
Voilà une bonne question à se poser, au lieu de disserter sur la manière dont on va dépenser les 80 ou 100 milliards que va rapporter le grand emprunt national décidé par Nicolas Sarkozy. En fait, pas besoin de se poser la question puisque chacun sait que ces 100 milliards vont servir à préparer l’élection de 2012, puisqu’il est interdit d’évoquer toute augmentation des impôts pour les plus riches, comme il est proscrit d’employer le mot rigueur notamment pour financer les dépenses inutiles. Cela étant il faudra bien un jour ou l’autre payer l’addition, ne serait-ce que vis-à- vis de Bruxelles, et là ce sera très douloureux. Et si c’est Nicolas Sarkozy qui doit mettre en œuvre des mesures douloureuses, chacun sait bien qui paiera. Raison de plus pour affiner très vite nos propositions, en n’oubliant pas que la situation sera pire que ce que nous l’imaginons aujourd’hui.
Michel Escatafal
19:31 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
23.06.2009
Versailles n'est pas Valmy...
"Rien ne sera jamais plus comme avant." Voilà comment Nicolas Sarkozy a débuté son discours hier à Versailles en évoquant la crise économique qui a frappé le monde. C’est pour le moins imprudent de parler ainsi dans la mesure où chacun sait bien, hélas, que dès que la reprise sera au rendez-vous les spéculations de toutes sortes reprendront leur cours habituel. On n’apprend jamais vraiment d’une crise, sinon il n’y aurait pas de crise. En revanche sur le plan de la politique, il faut espérer que l’on pourra opérer un retour en arrière quand l’heure de l’alternance sera venue. J’espère surtout qu’à ce moment-là notre pays pourra retrouver un fonctionnement davantage parlementaire de nos institutions. J’espère aussi que le remplaçant de Nicolas Sarkozy sera un homme courageux qui, par exemple, bannira tout déficit public dans un délai de 10 ans.
En disant cela je ne fais que reprendre une information donnée par le Financial Times d’hier…concernant l’Allemagne. Le gouvernement de coalition de ce pays vient en effet d’introduire un dispositif interdisant que le déficit public dépasse 0,35% à partir de 2016, et qu’il soit prohibé à partir de 2020. Et pour que ce dispositif soit gravé dans le marbre, seule une majorité des 2/3 des parlementaires pourra éventuellement revenir sur cette nouvelle loi budgétaire. Pour mémoire je rappelle que cela ressemble beaucoup à ce que proposait François Bayrou pendant sa dernière campagne présidentielle, qui voulait interdire que le déficit budgétaire résulte des dépenses de fonctionnement, ce qui était un premier pas vers l’objectif d’un budget en équilibre...qui ne l’a plus été depuis bientôt 30 ans. D’ailleurs cette proposition de notre leader n’a rien de nouveau si on se rappelle qu’en 1774, Turgot conseillait à Louis XVI de « réduire la dépense au niveau de la recette » sous peine de courir à la banqueroute.
Si je fais ce rappel c’est parce que tous ces derniers jours on n’a pas cessé de nous rabâcher que le discours d’hier après-midi à Versailles était historique. En effet c’était la première fois depuis Adolphe Thiers, en 1873, qu’un président de la République parlait devant députés et sénateurs réunis en congrès à Versailles. Comme aujourd’hui dans les faits sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Adolphe Thiers était à la fois président de la République et chef du gouvernement. Cela dit personne ne se rappellera dans quelques années, quelques mois ou quelques jours, ce qu’a dit le président de la République tellement son intervention a ressemblé à un pétard mouillé. En fait elle s’est limitée à esquisser quelques promesses à caractère électoraliste, auxquelles s’ajoutent l’annonce d’un remaniement ministériel et le lancement d’un emprunt national, sans oublier l’inévitable tirade sur le port de la burqa qui n’est pas « la bienvenue sur le territoire de la République française », question dont le Parlement va se saisir pour organiser un débat. Comme si cela avait une importance capitale !
Bref, on aurait presque envie de crier : « Tout cela pour ça » ! Pour ma part, comme a très bien fait de le souligner François Bayrou, j’ai surtout retenu que l’on allait creuser un peu plus une dette qui devient abyssale. Au passage j’en profite pour dire que j’ai trouvé heureux que le leader du Modem évoque ce sujet, preuve si besoin en était qu’il a compris le message que lui ont adressé les électeurs et les militants. En tout cas il n’a pas mâché ses mots sur un sujet ô combien important pour l’avenir. Et quoiqu'en disent les amis du président, ce délabrement accéléré de nos finances publiques ne peut qu'hypothéquer pour de longues années le développement de notre pays. Cela dit si l’emprunt national est ouvert à tous, donc avec des taux d'intérêts plus élevés, cela permettra au moins aux plus riches de s’enrichir encore davantage, alors que le remboursement sera assuré par tous les Français. Il y a au moins un point sur lequel la logique présidentielle est sans faille !
Pour revenir sur le remaniement ministériel j’ai découvert dans les colonnes du Figaro, sur le web, l’angoisse…des ministres. Il paraît qu’à la fin du discours du président « c’était même leur sujet de conversation numéro un ». On s’en serait douté, mais ils n’y mettent même pas la forme ! En attendant la fin de ce suspens insoutenable pour certains, il y en a au moins un qui est tranquille, à savoir Frédéric Mitterrand qui va prendre la place de Christine Albanel. Du coup il va falloir trouver quelqu’un pour le remplacer à la Villa Médicis, à moins que ce ne soit Albanel Christine si j’en crois certaines rumeurs. Il eut mieux valu qu’on y pensât avant, cela aurait coûté moins cher. Cela étant, que peuvent représenter quelques dizaines de milliers d’euros quand on accumule autant de milliards de déficit ? En tout cas si c’est cela l’ouverture à gauche, comme je l’ai entendu ce matin, cela va faire sourire dans les chaumières…à moins que ce ne soit de l’humour. Pauvre France, pourquoi as-tu mis tes destinées à la discrétion d’un seul homme, sachant que cela ne donne jamais rien de bon ?
Michel Escatafal
18:35 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
13.07.2008
L'économie mondiale échappe de plus en plus à l'Occident
Alors que tous les médias en France ne parlent que de l’Union pour la Méditerranée et du rassemblement à Paris de plus de 40 chefs d’Etat ou de gouvernement, il n’est peut-être pas trop tard pour revenir sur les conclusions du G8 de Toyako qui ont révélé, une nouvelle fois, l’impuissance des pays dits les plus riches du monde. Celui-ci en effet a bien changé depuis 1975, époque où le président Giscard d’Estaing avait conçu le G6, devenu aujourd’hui G8, pour répondre au choc pétrolier de 1973. Il a tellement changé que les pays appartenant à ce club fermé sont aujourd’hui dans la plus totale incapacité de peser sur les cours des matières premières, par exemple le pétrole, ni même d’imposer leur loi dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Extraordinaire retournement de l’histoire, de nos jours ce sont les économies émergentes qui ont pratiquement la clé de l’évolution économique sur notre planète. Mieux même, les dirigeants de ces pays n’hésitent pas à faire remarquer aux dirigeants occidentaux que les « fondamentaux sont déterminés par les marchés »… ce qui est le concept même du capitalisme tel que nous l’avons appliqué et enseigné un peu partout. On continuera donc entre dirigeants des pays les plus industrialisés à regretter la faiblesse du dollar, notamment par rapport à l’euro, mais aussi la sous-évaluation du yuan chinois, sans que personne n’essaie de modifier quoi que ce soit, ce que d’ailleurs on ne pourrait pas faire, sauf à mettre le feu aux taux de change.
Cette impuissance se retrouve aussi dans l’impossibilité pour les pays du G8 à respecter leurs engagements en matière d’aide économique, comme je l’indiquais hier ici même. Par exemple le Japon a diminué son aide de 30% en 2007, mais la France elle-même n’est guère en meilleure posture puisqu’elle a diminué la sienne de presque 16%, ce qui n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de promettre d’allouer 2,5 milliards d’euros sur cinq ans au secteur privé africain. Toujours des promesses de la part de notre président…
Une autre preuve de l’impuissance des pays riches à peser sur l’évolution du monde en a été donné par ce qu’a dit Georges Bush au sommet du G8, à propos des efforts que les Etats-Unis étaient prêts à consentir dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Les Etats-Unis lient le sort des discussions (sur le réchauffement climatique) à l’attitude de l’Inde et la Chine ». C’est clair et net, et j’ajoute compréhensible, dans la mesure où les deux géants asiatiques pèsent de plus en plus lourd dans le bilan des affaires du monde. Rappelons que la Chine est aujourd’hui la 4è puissance économique du monde derrière l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon, mais tous les experts pensent qu’en 2035, quel que soit le mode de calcul retenu pour l’évaluation du PIB, la Chine aura rattrapé l’Union Européenne et les Etats-Unis. Quant à l’Inde, elle se situe déjà presque à un niveau équivalent à celui de l’Italie, mais son rythme d’expansion est tel qu’elle va se rapprocher très rapidement de pays comme la France ou la Grande-Bretagne.
Toujours à propos de la Chine, il faut aussi redire que son influence est de plus en plus importante en Afrique, sur un continent extrêmement riche en matières premières, dont une bonne part n’est pas encore exploitée. Mais la Chine n’est pas la seule puissance émergente à se positionner sur le continent africain. Il ne faut surtout pas oublier la Russie, riche des ses immenses réserves de gaz qui lui donnent de nouveau le sentiment qu’elle est une grande puissance. Gazprom, le géant gazier sous contrôle étroit du Kremlin, veut en effet se porter acquéreur de toutes les quantités disponibles et futures de gaz et de pétrole en Lybie. Et ce n’est sans doute qu’un début, ce qui signifie que l’Europe sera en fait de plus en plus dépendante du bon vouloir de Gazprom qui, non content de contrôler et d’exploiter la quasi-totalité du gaz russe, va également exploiter une grande partie des réserves africaines, en attendant sans doute de se positionner sur les champs gaziers iraniens , les Russes étant comme chacun sait parmi les rares pays qui soutiennent l’Iran dans son bras de fer avec l’Occident.
Comme on le voit, nous sommes effectivement à la fin d’une époque, et il semble que le déclin de l’Occident soit désormais irréversible, et ce ne sont pas les gesticulations diplomatiques de Nicolas Sarkozy qui vont beaucoup peser sur les affaires du monde autour de la Méditerranée et ailleurs. J’ai toujours dit que l’état dans lequel se trouve l’Occident (Europe, Amérique du Nord) de nos jours, me fait penser à celui de la fin de la période des Antonins (180 après J.C.) à l’époque de l’Empire romain. J’espère qu’en disant cela je ne suis pas trop optimiste.
On le voit, les défis qui nous attendent sont à la fois nombreux et variés (sociaux, climatiques, alimentaires etc.). Il faudra donc mettre en place de nouveaux équilibres où les Etats-Unis et l’Europe devront composer avec la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et, sans doute, proposer des valeurs différentes ce celles que nous proposons depuis si longtemps, par exemple réconcilier de nouveau l’économie et la morale ? Certains vont me dire que je rêve, mais rêver c’est aussi espérer. C’est d’ailleurs pour cela que je suis militant du Mouvement Démocrate.
Michel Escatafal
11:25 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
17.05.2008
Comment on devient président de la République
Aujourd’hui nous allons une nouvelle fois parler de Nicolas Sarkozy, une fois de plus, mais pour souligner ce qui pose problème chez lui, et nous en profiterons pour nous projeter sur l’avenir de notre mouvement. Nous n’évoquerons pas ses résultats économiques, ni les autres parce qu’il y aurait beaucoup à dire et nous avons déjà beaucoup écrit là-dessus. Quand on soutient une femme ou un homme politique, on ne sera jamais d’accord avec celui qui n’a pas voté pour la personne en question, et ne votera jamais pour elle. En revanche, ce qui est plus intéressant ce sont les motivations qui animent les électeurs au moment du vote.
Ici même, j’ai souvent parlé du peu de goût qu’ont les électeurs quand on leur parle d’économie. Le commerce extérieur, la réduction de la dette n’ont jamais été des sujets électoralement porteurs pour les Français. Ces milliards d‘euros que véhiculent ces sujets sont sans doute trop importants pour que cela puisse être un argument électoral. D’ailleurs si cela avait été le cas, jamais Valéry Giscard d’Estaing n’aurait été battu en 1981 et Raymond Barre aurait été élu président de la République en 1988. Non le ressort de ceux qui votent est bien différent : ils ont un besoin irrépressible de croire aux promesses et aux bonnes paroles qui leur sont délivrées.
Prenons le cas du premier président de la République élu au suffrage universel, Louis-Napoléon Bonaparte. Il savait certes que le nom qu’il portait pouvait l’aider, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est davantage, c’est ce que sa mère (la reine Hortense), experte dans la méthode qu’il faut suivre pour tromper une nation, n’a cessé de lui inculquer : elle évoquait notamment «un art des princes consistant à faire miroiter des phrases de manière à ce que par un phénomène d’optique elles fassent voir aux peuples tout ce qui lui plaît ». Elle ajoutait ensuite : « Tous les moyens de régner sont bons. Aux yeux des hommes qui sont crédules, on est grand en n’avouant aucune faute et en rejetant, comme le faisait Napoléon, ses torts sur autrui ».
Des principes aussi immoraux permettent effectivement à un homme (ou une femme) politique ambitieux de poursuivre avec opiniâtreté la réalisation de ses espérances et cet individu, totalement indifférent au choix des moyens, ne regardera que le but offert à ses convoitises. Cela donnera des phrases de ce style : « Je resterai toujours fidèle aux devoirs que m’imposeront vos suffrages ». « Quand on a l’honneur d’être à la tête du peuple français, il y a un moyen infaillible de faire le bien : c’est de le vouloir ». « Soyons les hommes d’un pays, non les hommes d’un parti » etc.
Tout cela était signé Louis-Napoléon Bonaparte, mais ces quelques phrases ne diffèrent en rien de ce que promettait le candidat Sarkozy. Quant à ses actes, ils sont dans la lignée de ce que la reine Hortense enseignait à son fils. Il suffit de voir la manière qu’a le président de la République de livrer en pâture à l’opinion tous ceux qui s’opposent à sa politique ou qui refusent ses réformes. Cela va d’une certaine presse aux titulaires des régimes spéciaux, l’injustice la plus criante aux yeux du président et de son Premier ministre, ou aux enseignants qui n’acceptent pas de voir leurs effectifs réduits de 45000 personnes en trois ans. Il faut effectivement toujours rejeter ses torts sur autrui. D’ailleurs, hier, c’est tout juste si le président de la République n’a pas dit que les déficits de la France sont créés par Bruxelles.
Cela étant, même si les Français sont déçus, même s’ils sont convaincus qu’on leur a menti, qu’on a fait des promesses intenables, rien ne dit que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu en 2012. Je ne le souhaite évidemment pas, mais il y a trop d’exemples prouvant que les électeurs ont la mémoire courte. Sans remonter cette fois jusqu’à Louis-Napoléon Bonaparte, car l’opinion avait pour excuse d’être peu ou pas informée, il suffit quand même de se rappeler que Jacques Chirac avait été deux fois Premier ministre, avec chaque fois un bilan peu convaincant, avant d’être élu deux fois président de la République. Nicolas Sarkozy lui-même n’avait rien d’un homme neuf l’année dernière, et pourtant il a réussi comme François Mitterrand en 1981 à incarner la nouveauté.
A l’étranger on n’est pas en reste. Tony Blair aux dernières élections britanniques, bien qu’impopulaire à cause de son engagement dans la guerre en Irak, a réussi à l’emporter pour la troisième fois. Idem pour Silvio Berlusconi en Italie et pourtant l’Italie n’a pas à se féliciter de son action passée. Enfin aux Etats-Unis, combien d’Américains ont dit très rapidement à propos de Georges Bush « plus que quatre ans », et il a été réélu malgré un bilan catastrophique à tout point de vue...qui n’a fait que s’aggraver. Pour autant qui pourrait affirmer avec certitude que Georges Bush, par l’intermédiaire de Mac Cain, ne fera pas un troisième mandat ?
C’est pour cela que nous, militants du Mouvement Démocrate, devons impérativement réfléchir sur ce que nous allons faire au cours des prochains mois. De grâce, ne passons pas trop de temps à nous occuper de l’organisation du parti, même si c'est important, car ce temps est précieux avec l’année prochaine les élections européennes. Faisons en sorte que nous présentions des candidats neufs, prêts à porter sans ambiguïté les couleurs du MoDem. Cela vaut aussi pour les élections régionales qui vont suivre. Il y en a assez de voir des gens proposés au suffrage des électeurs parce qu’ils ont fait une carrière à la télévision ou dans l’armée. Il faut que François Bayrou s’entoure de gens qui ont des convictions et qui sont prêts à le suivre dans sa conquête du pouvoir, même si elle devait s’avérer difficile et gageons qu’elle le sera, car nous ne savons pas faire dans la démagogie.
N’oublions pas que si François Bayrou avait été élu président de la République, il y aurait au gouvernement une grande partie des élus qui l’ont quitté dès le soir du second tour de l’élection présidentielle. Et il est probable que parmi ceux qui se sont dévoués pour porter les couleurs du MoDem aux élections législatives de juin 2007, bien peu aurait eu l’investiture du parti. Alors que François Bayrou et son bureau politique réfléchisse bien à cette question des investitures, sous peine d’ajouter un peu plus à la confusion des électeurs qui ont voté pour lui. S’ils lui ont apporté leurs suffrages c’est pour faire de la politique autrement, et non pour mettre ou remettre en place des politiciens qui, comme le disait le général de Gaulle, devraient être au rencart.
Michel Escatafal
11:32 Publié dans histoire politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société


