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08/08/2013

C’est l’été, et la canicule a sévi…

Pour être franc, je ne sais pas trop ce que je vais dire aujourd’hui, d’autant que je n’avais pas envisagé d’écrire sur la politique pendant quelque temps. D’ailleurs si je le fais, c’est parce que plusieurs de mes fidèles lecteurs m’ont fait remarquer que je n’avais rien écrit depuis un certain temps. Cela dit, il y a pourtant de quoi évoquer de nombreux sujets concernant notre pays et le reste du monde.

Commençons donc par la France, avec une nouvelle (très peu importante) qui date de quelques jours, relative à la situation financière de l’UMP. A ce propos j’ai lu que le président de la région Languedoc-Roussillon, donc socialiste, avait décidé d’envoyer un chèque de 150 euros pour aider le parti de N. Sarkozy et J.F. Copé à se sortir des difficultés dans lesquelles il se débat, avec encore plus d’acuité depuis le rejet des comptes de campagne de N. Sarkozy. Je ne sais pas exactement quelles étaient les motivations de cet élu, mais, pour ma part, j’aurais préféré qu’il envoie cet argent au Secours Populaire, aux Restos du Cœur ou au Secours Catholique.

Et puisque je viens d’évoquer l’UMP, je suis stupéfait de voir les réactions de ce parti suite à une erreur juridique, datant de 2004 (gouvernement Raffarin), qui pourrait faire libérer un nombre plus ou moins important de détenus. Une perspective qui est soulignée avec force par des représentants de l’UMP, toujours prompts à critiquer les juges, alors que ce dysfonctionnement a été créé par un gouvernement…UMP. Incroyable, mais vrai! Décidément je suis content de ne pas avoir fait de la politique mon métier!

Parlons à présent de choses plus sérieuses, d’économie si vous préférez, pour noter que le FMI, jamais avare de conseils, souhaite que la France soutienne davantage la reprise qui se dessine. Sur ce sujet on observera que la Banque de France a prédit une nouvelle progression du PIB au troisième trimestre de 0.1%, favorisée par une légère évolution positive du commerce extérieur et de la production industrielle. C’est peu certes, mais c’est mieux que la récession.  Cela prouve aussi à quel point les baisses massives d’impôts ordonnancées par l’UMP et N. Sarkozy pendant son triste quinquennat, ont été préjudiciables à l’économie française, laquelle a souffert des hausses d’impôts imposées par une situation budgétaire rien moins que catastrophique, laissée par l’ancien président et son gouvernement.

Au passage on soulignera que le très libéral FMI a salué cet effort de consolidation des finances publiques du pays, comme il a salué aussi le début des réformes structurelles engagées par F. Hollande et son gouvernement, même si l’institution mondiale regrette que l’on ne soit pas allé assez loin. Cela étant, si le FMI a noté les mesures prises en termes de compétitivité par la France, il ne pouvait guère en être autrement dans la mesure où, depuis cinq ans, quasiment rien n’avait été fait dans ce domaine. Et cela était d’autant plus fâcheux que l’Europe dans son ensemble vivait, et vit encore, une période où la croissance est très faible pour ne pas dire totalement absente. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne faut plus, dans un contexte de reprise encore incertain, augmenter impôts et taxes, sous peine de tuer dans l’œuf les possibilités de reprise évoquées précédemment.

Comme je l’ai souvent souligné sur ce site, la France dispose d’atouts suffisants pour profiter pleinement de la reprise qui s’annonce. En effet, les conditions de crédit demeurent très favorables, et l’endettement des ménages reste à un niveau acceptable, ce qui laisse à penser que la consommation peut repartir assez vite, pour peu que la confiance s’installe. Et elle s’installera très vite si la croissance s’amplifie et que la courbe du chômage s’inverse. Pour autant, tout n’est pas gagné et les zones d’incertitude continuent d’assombrir le paysage économique mondial.

Si l’économie japonaise va mieux, avec des exportations qui se redressent et des investissements qui reprennent à la fois en provenance du privé et plus encore du public, la croissance aux Etats-Unis n’est pas celle qu’on espérait, et, pour ne rien arranger, les diverses aides de soutien à l’économie pourraient s’amenuiser dans les mois à venir, alors qu’on est encore loin du niveau d’emploi (moins deux millions de personnes au travail) que l’on connaissait avant le début de la crise de 2007.

Et que dire de la Chine, dont l’excédent commercial s’est de nouveau replié en juin (-14%), évolution due à la fois à une demande intérieure qui s’essouffle et à une économie mondiale encore en convalescence, pour paraître optimiste, ce qui plombe les exportations du géant asiatique. Et cette tendance ne semble pas prête de s’arrêter, puisqu’on parle d’une hausse du PIB de 7.5% pour l’année en cours. Or chacun sait que la limite « acceptable » pour l’économie chinoise est de 7%, ce qui signifie que la Chine pourrait être en proie à de graves difficultés si cette borne était franchie, même si l’Etat chinois dispose de ressources importantes pour relancer sa machine.

Un dernier mot enfin : certains pourraient se réjouir de cette chute de l’activité en Chine, en se disant que ce pays est loin d’être l’Eldorado annoncé dans les années 90, ce qui a largement contribué à diminuer le poids de l’industrie dans le PIB de nombre de pays européens. Pour autant, qu’on ne se réjouisse pas trop vite : si les Chinois consomment moins, cela signifie que nos exportations vont en pâtir…et dans le contexte actuel, ce ne serait pas une bonne chose pour les économies européennes. Bref, la mondialisation fait que les économies sont interdépendantes les unes des autres, et que pour faire partie du peloton de tête et profiter de cette mondialisation, il faut absolument être compétitif. C’est ce que semble avoir compris F. Hollande, même si les résultats tardent à venir.

Michel Escatafal

29/11/2012

Les problèmes à l'UMP : une chance pour le gouvernement

Sur le site du Figaro d’hier, j’ai lu que Barack Obama avait invité à déjeuner son rival républicain pour l’élection présidentielle, Mitt Romney. Bel exemple de démocratie qui vient d’un pays qui pourtant n’est pas toujours exemplaire. Cela étant, il y a le respect des hommes entre candidats, chacun essayant d’éviter les petites phrases assassines, lesquelles rendent très difficiles le dialogue avec l’opposition. En employant ce mot, je me rends compte combien est différente la conception en France de l’opposition telle qu’on la connaît dans les pays anglo-saxons, et aussi le plus souvent ailleurs. Il est vrai que dans notre pays, les querelles d’égo dans les partis politiques sont particulièrement aigues, surtout si l’on doit en prendre le contrôle. Tout le monde se rappelle les affrontements au Parti socialiste lors de la désignation du ou plutôt de la Première secrétaire en 2008, lors du fameux congrès de Reims, sans toutefois atteindre les sommets d’absurdité que nous connaissons aujourd’hui à l’UMP.

Je dis absurdité parce que, paraît-il à l’initiative de N. Sarkozy, on a été jusqu’à proposer l’organisation d’un référendum pour savoir s’il faut organiser une nouvelle élection. Il fallait y penser !  Voter pour savoir si l’on revote, c’est une idée qui se tient, surtout si l’on vote d’abord pour savoir si l’on doit voter pour revoter. Bref, il faut avoir exercé les plus hautes fonctions pour avoir de pareilles solutions à proposer aux militants…que je ne plains pas, parce que je suis persuadé qu’il y avait un meilleur choix à l’élection présidentielle que voter et s’engager pour N. Sarkozy. Par exemple voter pour F. Hollande, dont chacun savait bien qu’il n’appliquerait pas le programme sur lequel il a été élu, ou encore pour F. Bayrou en sachant que le MoDem était une force de gouvernement ou d’opposition autrement plus crédible que l’UMP traversée par tellement de courants contradictoires. Au moins au MoDem, on était d’accord sur la limite à ne pas franchir au plan des valeurs, contrairement à l’UMP où on trouve tout et son contraire. A titre d’exemple, j’ai toujours eu du mal à comprendre comment F. Baroin,  B. Lemaire ou Nathalie Kosciusko-Morizet pouvaient cohabiter avec des gens comme Eric Ciotti ou Lionel Lucas. Ah la politique !

En tout cas les gens qui, comme moi, ne sont pas fans de l’élection du président de la République au suffrage universel, auront un argument de plus pour regretter ce culte du chef qui fait partie des principes de la Cinquième République. Certes, avec tous ses courants le Parti socialiste paraît quelque peu préservé de ce syndrome, mais F. Hollande a vite endossé les habits du chef de l’Etat irresponsable, évidemment au sens juridique du terme, qui est une constante dans notre pays. Pour ceux qui aiment l’histoire, je rappellerais que la première constitution française écrite, celle de 1791, établissait un régime présidentiel  prévoyant que « la personne du roi est inviolable et sacrée ». Et cela n’a pas changé avec le régime parlementaire républicain, puisque dans la Constitution de 1958 le président de la République n’est pas politiquement responsable devant le Parlement. On comprend aisément que, dans ces conditions, un parti bonapartiste comme l’UMP puisse se déchirer pour désigner son leader…quand celui-ci n’est pas président. Ce fut le cas du temps de l’époque Giscard-Chirac, puis ensuite de Chirac-Balladur, voire même Sarkozy-de Villepin sachant que J. Chirac ne se représenterait pas en 2007.  

Passons à présent à tout autre chose, à savoir comment le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel va s’y prendre pour répartir le temps de parole entre l’opposition et la majorité. Si j’écris pareille chose, c’est parce que je trouve stupide qu’on se croit obligé dans notre pays de répartir le temps de parole pour les partis de la majorité ou de l’opposition. Entre donner exclusivement ou presque la parole à un parti et presque rien à l’autre, il y a quand même une marge ! Et si c’était le cas, les téléspectateurs se chargeraient de manifester leur réprobation et de délaisser les chaînes qui se livreraient à ce type d’action. Cela dit, force est de reconnaître qu’il y a des moments où l’actualité commande, par exemple lors des primaires du Parti socialiste où il était tout à fait normal qu’on parle d’abord des socialistes, dans la mesure où chacun pressentait que le vainqueur de ces primaires avait de fortes chances de devenir président de la République. Aujourd’hui, il est tout aussi normal, même si le spectacle est affligeant, que l’on parle beaucoup de ce qui se passe à l’UMP, parce que c’est le principal parti d’opposition, et qu’il a dirigé notre pays ces dix dernières années. Et je pourrais ajouter, qu’avec tous les problèmes qui assaillent le gouvernement (montée du chômage, aéroport N.D. des Landes…), le Parti socialiste ne peut qu’être très satisfait que la presse radiotélévisée (comme l’autre) consacre la plupart de ses unes à la guerre picrocholine entre F. Fillon et J.F. Copé.

Fermons cette parenthèse pour évoquer un sujet beaucoup plus important, l’implantation de nos entreprises en Chine, où il est de plus en plus difficile d’y travailler. J’en discutais dernièrement avec un patron de PME, qui m’avouait que les temps ont bien changé dans ce pays depuis 15 ou 20 ans. A cette époque, en effet, les salaires étaient tellement faibles que la rentabilité était assurée pour les entreprises qui délocalisaient leur production, quels que soient les obstacles qu’elles rencontraient. Tel n’est plus le cas de nos jours, car le coût du travail a considérablement progressé en Chine au cours des dernières années, ce qui signifie que seules les plus grandes entreprises ou leurs filiales ont un certain avenir dans le pays. Comme le souligne la présidente du Medef, il faut avoir de grosses capacités financières pour « pouvoir gagner de l’argent en Chine », c’est-à-dire pour pouvoir rentabiliser des investissements de plus en plus lourds.

Certes le marché potentiel chinois est considérable, d’autant que la croissance du pays est assurée pour les prochaines années, sauf changement de régime évidemment. Mais s’il s’agit de produire à perte durablement, il est préférable d’investir dans son pays…afin de produire mieux et bien, ce qui signifie faire de gros efforts dans la recherche et l’innovation. L’industrie automobile allemande a-t-elle besoin de délocaliser sa production hors d’Europe pour vendre sur le marché chinois ? La réponse est non, et cela est valable pour nombre de fabrications industrielles. J’observe à ce propos que l’industrie italienne, pour ne citer qu’elle, a déjà compris que la délocalisation n’est pas la panacée. Tant mieux si la France le comprend aussi !

Michel Escatafal