23.07.2008
Jack Lang et les radicaux dits de gauche au secours de Nicolas Sarkozy !
Je savais hélas que j’avais raison quand je disais que la réforme constitutionnelle serait adoptée. Oh certes, ce fut loin d’être un plébiscite pour le président de la République, mais le résultat est là : cinquante ans tout juste après la naissance de la 5è République, la nouvelle Constitution entrera en vigueur dans quelques mois. Cela permettra à Nicolas Sarkozy de venir à Versailles s’exprimer solennellement devant les députés et les sénateurs, et de devenir officiellement le seul patron de la majorité parlementaire et de l’exécutif ce qui, dans les faits, était déjà le cas depuis son arrivée à l’Elysée. A ce propos, puisque le Premier Ministre n’a plus aucun rôle, que se passerait-il en cas de cohabitation ?
Bien sûr, on va me faire remarquer que depuis l’adoption du quinquennat cela relève presque de l’utopie, mais le cas peut quand même se présenter. Cela dit, Nicolas Sarkozy a eu ce qu’il voulait et c’est bien là l’essentiel pour lui. Il a gagné d’une voix certes, mais il a gagné grâce à l’apport de quelques voix venues de ce que l’on appelle la gauche. Passe encore que des gens comme Bernard Debré et quelques fidèles de Dominique de Villepin, hostiles au texte, se soient laissé convaincre par le président de la République au motif fallacieux de ne pas vouloir prendre le risque d’une crise politique. Mais que dire des radicaux dits de gauche ou de Jack Lang, dont les voix ont été déterminantes pour l’adoption de ce texte ?
Il est vrai que ce n’est une surprise pour personne de voir ces parlementaires s’affranchir des consignes de leur parti ou de leur groupe, dans la mesure où cela fait déjà un certain temps qu’ils flirtent avec la majorité UMP. Simplement, par rapport à d’autres (Besson, Kouchner…) ils franchissent le Rubicon à petits pas. Ils se hâtent lentement, mais ils avancent. Vers quoi ? Sans doute vers quelques postes ministériels ou présidences au contenu qu’ils jugeraient suffisamment prestigieux pour leur auguste personne. On parle pour Jack Lang du poste de « défenseur des droits des citoyens ». A mon avis, je ne pense pas qu’il postule pour un tel poste, trop peu médiatisé, mais il y en a tellement d’autres…
En tout cas Jack Lang aura prouvé définitivement qu’il n’a aucune conviction, ce que pour ma part j’ai toujours pensé. C’est le type même de l’opportuniste qui a fait carrière parce qu’il a été socialiste au bon moment. Il doit pourtant beaucoup à ce parti, car n’oublions pas qu’outre ses fonctions ministérielles, il a été député dans plusieurs circonscriptions par la volonté du P.S. y compris dans des endroits où il n’avait sans doute jamais mis les pieds. Que serait-il allé faire à Boulogne sur Mer, lui qui est beaucoup plus un homme du Trocadéro ou des Champs-Elysées. Enfin, il y a chez les socialistes de telles incongruités (Strauss-Kahn élu de Sarcelles) qu’on n’est pas à une près. Et puis c’est aussi aux électeurs à donner leur opinion en refusant de voter pour « un parachuté » qui n’habite pas dans le département.
Quant aux radicaux de gauche, il y a longtemps que je pense comme Krivine (cela peut m’arriver), à savoir « qu’ils n’ont rien à voir avec la classe ouvrière ». Quelle différence y-a-t’il en effet entre des gens comme Baylet et Borloo ? Aucune, et ils ont le même appétit de pouvoir. D’ailleurs certains disent que Tapie, de nouveau riche, pourrait être le fédérateur aux élections européennes de ce qui reste d’un parti, aujourd’hui séparé en deux groupuscules, qui a compté dans ses rangs des gens comme Gambetta ou Herriot. Je dis cela en ayant conscience du caractère outrageant pour ces deux hommes d’évoquer leur nom à côté de Tapie, Baylet ou Borloo.
A côté de ces gens sans foi qui n’ont pas hésité à voter contre leur camp, car n’oublions pas qu’ils ont été élus contre des candidats de la majorité UMP aux dernières élections législatives, il en est d’autres qui ont respecté les consignes de leur parti, mais qui regrettent que ce dernier (le Parti Socialiste) ait donné une consigne de vote. Ceux-là aussi nous les connaissons, notamment Manuel Valls le député-maire d’Evry, car déjà l’an passé ils se posaient des questions quant à franchir le pas qui les mènerait à rejoindre Nicolas Sarkozy. Ils ont résisté l’an passé et ils ont continué encore lors de ce congrès, mais à quel prix. Ils ont été jusqu’à dire qu’ils ont presque été obligés (les pauvres) à voter contre un texte qu’ils jugeaient à peu près acceptable. Ils en ont même rajouté une couche en parlant, à propos du PS « d’incapacité à s’abstraire d’une forme d’antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République ».
Mais pourquoi Manuel Valls n’a-t-il pas soutenu François Bayrou l’an passé, seul candidat à regretter ce clivage bloqué droite-gauche ? En fait en agissant ainsi, ces parlementaires ont pensé assurer leurs arrières pour 2012. Soit Nicolas Sarkozy est réélu et leurs chances seront grandes d’avoir un poste ministériel très important, soit c’est le candidat socialiste et ils se sentiront fort pour exiger le même poste compte tenu du fait qu’ils auront dit non à une certaine époque au tentateur de l’Elysée. Et si c’est François Bayrou qui est élu ? J’espère dans ce cas que ce dernier saura choisir avant tout des hommes qui seront là d’abord pour servir le pays. Je n’en dirais pas davantage. Cela dit, ces misérables sentiments me font penser à ce qui s’est passé en 1869, quand Clément Duvernois et Emile Ollivier se mirent en tête de rallier leur cause à celle de l’Empire.
Michel Escatafal
12:03 Publié dans institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
21.07.2008
Sur l'Afghanistan...
Pendant que notre président de la République s’active sur tous les fronts, notamment en Irlande où il va essayer de réparer une de ses multiples bourdes diplomatiques, mais aussi à propos de la réforme des institutions qui va donner aux Français une nouvelle occasion de voir jusqu’où peut aller la duplicité de leurs élus, il y a dans le monde des évènements autrement plus importants dans lesquels nous sommes impliqués. Je veux parler bien évidemment de ce qui se passe en Afghanistan qui a fait la une de nombreux titres, surtout à l’étranger, en raison de la visite de Barack Obama dans le pays.
Avant d’aborder ce sujet, revenons toutefois un instant sur la réforme des institutions qui sera entérinée ce jour en fin de soirée, car n’en doutons pas le vote sera positif. Entre des gens comme Jack Lang ou les Radicaux dits de gauche qui n’aspirent qu’à récupérer un maroquin, et les parlementaires UMP à qui l’on peut tout demander, tellement ils ont peur de perdre les faveurs du pouvoirs et des investitures qui vont avec, gageons qu’il manquera quelques voix pour infliger au président de la République un sévère camouflet. En tout cas, si on ne le savait pas jusque-là, les Français sont édifiés quant au courage politique du Premier ministre. Quelque soit le résultat du vote, il ne démissionnera pas. Courageux, pais pas téméraire notre Premier ministre !
En ce qui concerne l’Afghanistan, la situation n’évolue pas dans le bon sens et tout le monde a l’impression que l’on nous cache la vérité, comme en témoignent les fortes paroles du candidat démocrate à la Maison Blanche qui estime qu’il faut renforcer les troupes « maintenant ». Cela confirme ce que nous lisons çà et là sur un conflit qui a commencé fin 2001, et qui n’en finit pas de susciter des interrogations. On a beau nous dire que les talibans ont été défaits militairement en quelques semaines, il n’en reste pas moins que ceux-ci se sentent de plus en plus forts et de plus en plus sûrs d’eux. Cela signifie une nouvelle fois ce que j’ai toujours dit, à savoir qu’on ne peut pas gagner une guerre quand on a tout un pays contre soi.
L’histoire est là pour démontrer qu’il est impossible d’asservir tout un peuple quels que soient les moyens employés. On va remporter quelques batailles, mais in fine l’envahisseur finit par partir. Annibal, considéré comme le plus grand capitaine de l’Antiquité écrasa les Romains au Lac Trasimène en -217, puis à Cannes en Apulie en- 216, mais il ne put prendre Rome et finit par être vaincu à Zama en -202. Plus près de nous, c’est bel et bien en Espagne que l’Empire de Napoléon commença à s’effondrer à partir de 1808, les Espagnols faisant ce que d’autres n’avaient pas fait, à savoir résister à celui qui voulait leur imposer ses volontés. Plus près de nous, les Américains ont découvert au Vietnam et en Irak, l’impossibilité de lutter contre un peuple qui refuse l’asservissement à une nation qui veut lui imposer son système économique et politique. Il est curieux que Georges Bush et ses « va-t-en-guerre » n’y aient pas pensé.
En Afghanistan, tous les observateurs avisés savent bien que cette guerre est sans issue, et que les Américains et leurs alliés, dont la France, ne contrôlent réellement que les pourtours de Kaboul. Après 7 ans de guerre cela fait peu, surtout avec un corps expéditionnaire qui approche les 70 000 hommes. De plus, pour couronner le tout, les bavures se multiplient avec des épisodes meurtriers qui frappent les populations civiles (64 civils tués par deux frappes aériennes mal ciblées dans le Nord-Est en début de mois), ce qui ne contribue pas à rendre populaire l’action des alliés. La semaine dernière encore, dans la province de Farah, des policiers d’une part et des soldats afghans et des forces de l’OTAN d’autre part, se sont pris réciproquement pour des talibans. On imagine hélas le décor, mais cela illustre aussi le défaut de coordination évident entre des troupes appartenant à 37 pays.
Et pendant ce temps, les talibans se permettent de lancer des insurrections meurtrières contre lesquelles apparemment la coalition ne peut pas faire grand-chose, sauf tuer un certain nombre de personnes prises pour des terroristes. A ce propos, on observera que notre ministre de la Défense, l’ineffable et nullissime Hervé Morin, en visite lui aussi ce week-end en Afghanistan (sans faire aucune ombre à Barack Obama !) a affirmé que « l’essentiel des forces rebelles provient des pays voisins, notamment du Pakistan ». Dans ces conditions on comprendra que le conflit soit loin d’être terminé, et qu’il serait mieux que la France ne participe plus à cette guerre dont les médias canadiens ont affirmé, dès 2006, que « c’était une intervention de type colonial ».
Il en est même qui disent que les militaires sont engagés dans une opération « visant à terroriser une population hostile à la présence d’une force d’occupation étrangère dans leur pays pour occuper une position géostratégique importante ». Sans aller aussi loin, le 26 avril 2007, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas dit sur France 2 « qu’il était certainement utile qu’on les envoie (les troupes) dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit ne me semble pas décisive ». Encore une fois Nicolas Sarkozy a menti aux Français… .
Michel Escatafal
11:09 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
19.07.2008
Angela, l'anti Nicolas
L’été si l’on veut s’informer réellement de ce qui se passe, il faut chercher un peu, comme on le fait dans les vieilles librairies. Et en cherchant bien, on trouve une masse d’informations qui passent inaperçues au plus grand nombre. Evidemment, évoquer la misère dans le monde est moins croustillant pour les médias français que dire que Carla Bruni-Sarkozy a vendu en deux jours 14000 exemplaires de son nouvel album ce qui, par parenthèse, n’est pas beaucoup compte tenu du matraquage publicitaire qui a accompagné son lancement. Et puis sans être méchant, je suis sûr que sur ces 14000 fans, il y a de nombreux cadres ou militants UMP.
En parlant de l’UMP, je suis impatient d’être à lundi pour avoir les résultats du vote du Congrès réuni à Versailles. Théoriquement, la révision de la Constitution à la mouture Sarkozy ne devrait pas avoir l’ombre d’une chance de passer, ce qui serait un nouvel échec du président de la République. Il serait d’ailleurs ressenti d’autant plus fort qu’il aurait l’impression que cette fois, ce sont les politiques qui le condamnent. Quand c’est le peuple qui réclame sur le pouvoir d’achat, il s’en moque. Quand ce sont les syndicalistes, c’est la même chose comme en témoigne sa tirade sur le fait que dans notre pays « quand il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit ». Mais quand ce sont des gens comme lui qui vivent par, pour et avec la politique, ce serait à coup sûr différent.
Alors, compte tenu du fait que le Parti Socialiste devrait (théoriquement) voter comme un seul homme ou femme contre la réforme, que François Bayrou et les amis qui lui sont restés fidèles devraient faire de même, que les Verts et les Communistes y sont opposés, plus quelques gaullistes fidèles à l’esprit qui a présidé à la mise en œuvre de la Constitution de la 5è République, sans oublier ceux qui sont en colère parce qu’on leur a supprimé le tribunal, l’hôpital ou la caserne, cela fait quand même peu de chance de voir 3/5 des parlementaires aider Nicolas Sarkozy à se sortir de ce mauvais pas. Cela dit, ce n’est pas moi qui vais le plaindre d’autant que dans notre pays il y a des problèmes beaucoup plus urgents à résoudre qu’une modification de la Constitution.
En tout cas, compte tenu du bruit que font ces messieurs pour empêcher le départ du régiment de Dieuze, je suppose que le député Alain Marty et le sénateur Philippe Leroy vont voter contre la révision de la Constitution en guise de représailles. Si je dis cela, c’est parce qu’avec le maire de cette ville, lui aussi UMP, ils ne cessent de dire qu’on les prend pour des idiots. Cela étant, je ne me fais pas beaucoup d’illusions et il ne faut pas que les habitants de Dieuze s’en fassent eux aussi, car je suis persuadé que ces messieurs, comme d’autres dans le même cas, ne penseront qu’à leur avenir politique et qu’ils ne sanctionneront pas Nicolas Sarkozy. Mieux même, ils diront qu’il ne faut pas tout confondre, la révision de la Constitution étant une chose et le départ du régiment une autre. Pour mémoire, rappelons que Dieuze a voté au second tour de l’élection présidentielle à 63% pour Nicolas Sarkozy.
Et voilà je continue de parler de Nicolas Sarkozy, ce que je me reproche parfois, car après-tout ce n’est pas lui le maître du monde, même s’il se comporte parfois comme tel. Il suffit de voir la posture qu’il prend vis-à-vis des Irlandais en tant que président du Conseil européen pour s’en rendre compte. « Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l’Union) tant qu’il n’y aura pas de nouvelles institutions ». Cette phrase extrêmement maladroite a eu pour principal effet de provoquer la colère des partisans du « non », et de mettre dans l’embarras le gouvernement irlandais. Mais Nicolas Sarkozy n’a cure de ces considérations, dans la mesure où il confond constamment l’UMP avec la France ou l’Union Européenne.
Quel contraste avec Angela Merkel qui, pourtant, peut se targuer de résultats économiques ou diplomatiques autrement meilleurs que ceux de Nicolas Sarkozy. La chancelière, malgré des prises de position fermes sur des sujets touchant notamment aux droits de l’homme, s’attire la sympathie ou la considération de tous les grands de ce monde. Au mieux, on l’apprécie beaucoup, et au pire, on la respecte. Notre président peut-il en dire autant ? Et pourtant que d’efforts déployés en vain, y compris auprès de quelques uns des dictateurs les plus décriés de la planète pour en arriver toujours… à un constat d’impuissance.
Angela Merkel, sans faire de bruit, sans accolades chaleureuses, sans coup de menton, est toujours saluée comme une dirigeante de tout premier plan. Il suffit de voir la manière dont elle a été reçue cette semaine par le président algérien Bouteflika, pour s’apercevoir que lui comme les autres apprécient la rigueur et la méthode dont sait faire preuve en toutes circonstances la chancelière allemande. Cela permet à l’Allemagne de signer dans la discrétion, « comme si de rien n’était », de nombreux accords de partenariat pour le plus grand bonheur des PME allemandes. Et pendant ce temps, en France…
Michel Escatafal
10:45 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.07.2008
Des infos qui n'en sont pas et d'autres sur lesquelles on passe trop vite
De quoi allons-nous parler aujourd’hui, alors que la presse fait ses unes avec un flot d’informations, dont il faut bien admettre que beaucoup d'entre elles ne présentent guère d’intérêt. Il est vrai que nous sommes le 16 juillet, et la période est peu propice aux lourdes réflexions. Alors, après être très vite passé sur la révision à la baisse de la croissance pour 2008, on parle beaucoup des millions que va toucher Bernard Tapie, certains disent 20, d’autres 40, ce qui dans les deux cas représente beaucoup d’argent. Tous les surendettés ne sont pas traités de cette manière.
D’autres nous reparlent de la révision constitutionnelle et des réticences des gaullistes à voter pour un texte qui détricote la 5è République, sans pour autant corriger la seule chose qui devrait l’être, à savoir l’introduction d’une dose significative de proportionnelle pour les élections législatives. Certains se risquent à se demander ce qui se passe avec le Premier ministre. De quoi souffre-t-il ? En a-t-il assez d’être maltraité ? Enfin, comme je l’ai entendu ce matin sur France Info, on parle d’une information qui n’en est pas une, à savoir une exposition à Madrid d’un peintre totalement inconnu, mais qui porte le nom de son fils : Monsieur Sarkozy père, dont j’ai oublié le prénom.
Cela fait déjà pas mal de sujets, auxquels il faut en ajouter un beaucoup plus inquiétant et dramatique pour ceux qui vont en être les victimes : les 400 licenciements programmés pour septembre chez Goodyear Amiens, soi-disant par la faute de la CGT qui a refusé une révision des accords sur le temps de travail. Je ne suis pas là pour défendre la CGT, mais dans cette affaire elle devient un excellent alibi pour faire sans ménagement ce que Goodyear avait décidé depuis longtemps.
Enfin, comment ne pas dire un mot sur la demande de cessation de paiement du promoteur…espagnol Martinsa-Fadesa dont la dette se monte à 5,2 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien. Comme quoi la crise immobilière ne touche pas que les Etats-Unis, et donne raison, hélas, à ceux qui comme moi affirmaient depuis longtemps que la croissance espagnole avait quelque chose de malsain, voire même d’artificiel. Certains, n’en doutons pas, commencent à penser aux bonnes affaires qu’ils vont réaliser dans les mois à venir. Il est vrai qu’acheter 400 000 euros un appartement, fut-il de bon standing, à Gérone relevait quelque part de la folie douce. Combien cela vaudra-t-il à la revente quand les acquéreurs ne pourront plus payer les échéances ?
Tout cela fait déjà une actualité conséquente, mais pour moi une des informations les plus importantes de la journée, c’est l’assemblée qui va entériner la fusion entre Suez et Gaz de France car cela ne sera pas, évidemment, sans conséquence pour nous consommateurs de base et ce, quoique puissent en dire les initiateurs du projet. Rappelons à ce propos qu’au départ, celui-ci a été conçu dans le seul et unique but d’éviter que Suez, entreprise essentiellement française, ne soit rachetée par l’entreprise italienne Enel. C’était dans une autre époque, avec Jacques Chirac comme président de la République et Dominique de Villepin comme Premier ministre, mais aussi Nicolas Sarkozy numéro 2 du gouvernement, cela pour dire que sur ce plan il n’y a pas rupture.
Pour résumer l’opération, disons que le nouvel ensemble Suez-GDF aura comme premier actionnaire l’Etat français, à hauteur de 37,5%, ce qui fait dire à certains que Suez va passer sous contrôle de l’Etat français, parce que ce mariage entre Suez et GDF ne peut se faire que si les actionnaires de GDF donnent leur feu vert à ce mariage. Or GDF est (encore) détenu à 80% par l’Etat français avant sa mise en bourse le 22 juillet.
Cette opération qui a quand même nécessité deux ans de négociations pour être effective, a pour don de mécontenter beaucoup de monde et de susciter les plus vives inquiétudes. Passons sur le fait que certains reprochent à l’Etat français d’avoir refusé une absorption à l’échelle européenne entre le géant de l’énergie italien Enel et Suez, sous prétexte qu’il y a un grand marché européen et que cela va dans le sens de l’histoire. En revanche, plus justifiées sont les peurs engendrées par cette fusion que nombre d’observateurs qualifient « de véritable spoliation des actifs publics » de GDF « au profit des intérêts privés de Suez ». Tout cela évidemment avec pour conséquence principale, comme je l'ai déjà souligné, le montant de la facture de gaz pour les consommateurs.
Bien sûr, la main sur le cœur, on va nous dire que la concurrence est faible dans le domaine énergétique et que ce sont plutôt les fluctuations du cours mondial du gaz qui détermineront notre facture. Ce sont là les arguments des partisans de la fusion. Ce qu’ils oublient de nous dire en revanche, c’est que la solution de bon sens défendue en 2006 par François Bayrou, à savoir constituer un grand pôle public EDF-GDF, garanti par un pays tout entier, aurait permis à la France d’être mieux armée en face des risques d’instabilité du marché. Ils auraient aussi laissé aux pouvoirs publics la maîtrise des tarifs offerts aux entreprises et aux usagers. Et par les temps qui courent, cela n’aurait pas été un luxe !
Michel Escatafal17:03 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
14.07.2008
Freddie et Fannie, ces jolis noms…
Décidément le capitalisme à l’occidentale vit de mauvais moments et, comme toujours, par la faute de ses propres turpitudes. Il y a encore quelques semaines, sans doute pour rassurer les marchés, on nous disait que la crise financière liée aux crédits hypothécaires américains était derrière nous. Et de fait, il n’y avait que quelques observateurs un peu plus avisés, ou un peu moins niais, qui se risquaient à dire et écrire qu’en faisant de telles affirmations on se trompait lourdement. En tout cas ceux-là ne se trompaient pas, car cette fois la crise touche « du lourd, voire même du très lourd » avec Freddie et Fannie, les deux géants américains du refinancement hypothécaire qui sont quasiment en faillite.
En effet, depuis le début de la crise des crédits hypothécaires américains, les deux titres ont perdu 90% de leur valeur en Bourse, et les 10% restants ne tiennent qu’à un fil…tenu par l’Etat américain. Rappelons que ces deux organismes ont pour mission de racheter aux établissements de crédit leurs créances hypothécaires, ce qui permet aux banques de dégager des fonds propres et d’accorder de nouveaux prêts…destinés à entretenir la bonne santé du marché immobilier américain. En apparence tout cela apparaît réglé comme du papier à musique et, de fait, cela a semblé le cas pendant de nombreuses années, au point que Fannie Mae et Freddie Mac détiennent aujourd’hui 40% des prêts immobiliers consentis aux Etats-Unis. Et pour donner un ordre de grandeur encore plus précis, cela représente 5200 milliards de dollars soit 38% du PNB global des Etats-Unis, ou si l’on préfère la quasi-totalité de celui de la France et de l’Allemagne réunies. Ce n’est pas rien !
Bien entendu ces chiffres font peur à tout le monde, à commencer par le gouvernement fédéral américain. Et celui-ci faisant fi de ses idées libérales est intervenu afin « de soutenir Fannie et Freddie dans leur forme actuelle ». Cela signifie que, pour le moment, on écarte l’hypothèse d’une nationalisation, terme honni et banni du vocabulaire aux Etats-Unis…parce que dans ce cas les actionnaires perdraient tout. En outre, cela aurait pour conséquence un doublement de la dette pour les Etats-Unis. On comprend dans ces conditions les inquiétudes des marchés financiers.
Et cela nous amène à évoquer, une fois de plus, les folies ayant engendré cette situation qui paraît sans solution tellement le ver est dans le fruit. Rappelons-nous ce que disait Ronald Reagan à l’époque où il venait d’être élu président des Etats-Unis en 1981 : « L’Etat n’est pas la solution, mais le problème ». Combien de fois depuis cette époque n’avons-nous pas entendu cette sentence, au point qu’elle est même devenue le credo de certains dirigeants socialistes. Certes, comme je le dis très souvent ici ou ailleurs, je ne suis pas de ceux qui pensent que l’Etat a vocation à tout faire. Comme le disait si justement François Bayrou pendant la campagne présidentielle, citant Durckheim : « si l’Etat est partout, l’Etat est nulle part ».
L’Etat n’a certes pas vocation à tout diriger, mais ne doit pas non plus laisser tout faire et s’abandonner complètement aux forces du marché avec tout ce que cela comporte, à savoir le recul social et des inégalités insupportables se creusant de plus en plus. Il suffit de voir ce qui se passe dans notre pays, depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, lui-même représentant de ce que les médias appellent bêtement « la droite décomplexée ». L’ennui pour cette droite dite décomplexée, c’est qu’elle n’avait pas vu venir la crise financière, et qu’elle est dans la plus totale incapacité de tenir les promesses que son candidat s’était cru autorisé à faire, par exemple sur le pouvoir d’achat.
Près de 30 ans après la devise reaganienne ou thatchérienne en Europe, vient l’heure des bilans. La finance et les marchés de capitaux dérégulés ont déclenché une crise sans précédent depuis des décennies à l’échelle de la planète, mondialisation oblige, dont l’ampleur oblige les contempteurs de l’Etat à revoir complètement leur position sur le dogme de l’ultralibéralisme. En réalité, je devrais dire à faire appel à l’Etat pour sauver ce qui peut l’être pour eux. Ils oublient simplement que le stock de dettes « pourries », qui a servi de support à la gabegie financière de ces dernières années, est tel qu’aucune institution publique n’est capable de reprendre à son compte cette dette, quand bien même elle le voudrait. Ah l’ultralibéralisme, ah la droite décomplexée !
Il paraît que cela fait démodé de dire que l’argent doit servir d’abord à soutenir des projets industriels, à investir dans la recherche et à créer de la richesse. En tout cas c’est toujours mieux que de vouloir créer des richesses pour générer de nouvelles richesses pour le seul profit des actionnaires. Pire même, certains parmi les plus petits de ces actionnaires se prêtent au jeu des plus gros. Outre le fait qu’ils contribuent eux aussi à ne plus rien produire, ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils sont délestés du peu qu’ils ont pu investir parce que dans les jeux boursiers, l’argent des perdants sert à rémunérer les gagnants. Et les petits porteurs sont toujours du côté des perdants.
Michel Escatafal
11:31 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
13.07.2008
L'économie mondiale échappe de plus en plus à l'Occident
Alors que tous les médias en France ne parlent que de l’Union pour la Méditerranée et du rassemblement à Paris de plus de 40 chefs d’Etat ou de gouvernement, il n’est peut-être pas trop tard pour revenir sur les conclusions du G8 de Toyako qui ont révélé, une nouvelle fois, l’impuissance des pays dits les plus riches du monde. Celui-ci en effet a bien changé depuis 1975, époque où le président Giscard d’Estaing avait conçu le G6, devenu aujourd’hui G8, pour répondre au choc pétrolier de 1973. Il a tellement changé que les pays appartenant à ce club fermé sont aujourd’hui dans la plus totale incapacité de peser sur les cours des matières premières, par exemple le pétrole, ni même d’imposer leur loi dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Extraordinaire retournement de l’histoire, de nos jours ce sont les économies émergentes qui ont pratiquement la clé de l’évolution économique sur notre planète. Mieux même, les dirigeants de ces pays n’hésitent pas à faire remarquer aux dirigeants occidentaux que les « fondamentaux sont déterminés par les marchés »… ce qui est le concept même du capitalisme tel que nous l’avons appliqué et enseigné un peu partout. On continuera donc entre dirigeants des pays les plus industrialisés à regretter la faiblesse du dollar, notamment par rapport à l’euro, mais aussi la sous-évaluation du yuan chinois, sans que personne n’essaie de modifier quoi que ce soit, ce que d’ailleurs on ne pourrait pas faire, sauf à mettre le feu aux taux de change.
Cette impuissance se retrouve aussi dans l’impossibilité pour les pays du G8 à respecter leurs engagements en matière d’aide économique, comme je l’indiquais hier ici même. Par exemple le Japon a diminué son aide de 30% en 2007, mais la France elle-même n’est guère en meilleure posture puisqu’elle a diminué la sienne de presque 16%, ce qui n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de promettre d’allouer 2,5 milliards d’euros sur cinq ans au secteur privé africain. Toujours des promesses de la part de notre président…
Une autre preuve de l’impuissance des pays riches à peser sur l’évolution du monde en a été donné par ce qu’a dit Georges Bush au sommet du G8, à propos des efforts que les Etats-Unis étaient prêts à consentir dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Les Etats-Unis lient le sort des discussions (sur le réchauffement climatique) à l’attitude de l’Inde et la Chine ». C’est clair et net, et j’ajoute compréhensible, dans la mesure où les deux géants asiatiques pèsent de plus en plus lourd dans le bilan des affaires du monde. Rappelons que la Chine est aujourd’hui la 4è puissance économique du monde derrière l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon, mais tous les experts pensent qu’en 2035, quel que soit le mode de calcul retenu pour l’évaluation du PIB, la Chine aura rattrapé l’Union Européenne et les Etats-Unis. Quant à l’Inde, elle se situe déjà presque à un niveau équivalent à celui de l’Italie, mais son rythme d’expansion est tel qu’elle va se rapprocher très rapidement de pays comme la France ou la Grande-Bretagne.
Toujours à propos de la Chine, il faut aussi redire que son influence est de plus en plus importante en Afrique, sur un continent extrêmement riche en matières premières, dont une bonne part n’est pas encore exploitée. Mais la Chine n’est pas la seule puissance émergente à se positionner sur le continent africain. Il ne faut surtout pas oublier la Russie, riche des ses immenses réserves de gaz qui lui donnent de nouveau le sentiment qu’elle est une grande puissance. Gazprom, le géant gazier sous contrôle étroit du Kremlin, veut en effet se porter acquéreur de toutes les quantités disponibles et futures de gaz et de pétrole en Lybie. Et ce n’est sans doute qu’un début, ce qui signifie que l’Europe sera en fait de plus en plus dépendante du bon vouloir de Gazprom qui, non content de contrôler et d’exploiter la quasi-totalité du gaz russe, va également exploiter une grande partie des réserves africaines, en attendant sans doute de se positionner sur les champs gaziers iraniens , les Russes étant comme chacun sait parmi les rares pays qui soutiennent l’Iran dans son bras de fer avec l’Occident.
Comme on le voit, nous sommes effectivement à la fin d’une époque, et il semble que le déclin de l’Occident soit désormais irréversible, et ce ne sont pas les gesticulations diplomatiques de Nicolas Sarkozy qui vont beaucoup peser sur les affaires du monde autour de la Méditerranée et ailleurs. J’ai toujours dit que l’état dans lequel se trouve l’Occident (Europe, Amérique du Nord) de nos jours, me fait penser à celui de la fin de la période des Antonins (180 après J.C.) à l’époque de l’Empire romain. J’espère qu’en disant cela je ne suis pas trop optimiste.
On le voit, les défis qui nous attendent sont à la fois nombreux et variés (sociaux, climatiques, alimentaires etc.). Il faudra donc mettre en place de nouveaux équilibres où les Etats-Unis et l’Europe devront composer avec la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et, sans doute, proposer des valeurs différentes ce celles que nous proposons depuis si longtemps, par exemple réconcilier de nouveau l’économie et la morale ? Certains vont me dire que je rêve, mais rêver c’est aussi espérer. C’est d’ailleurs pour cela que je suis militant du Mouvement Démocrate.
Michel Escatafal
11:25 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
12.07.2008
A propos du respect des engagements internationaux...
Pendant que Nicolas Sarkozy prépare son rassemblement de personnalités diverses à Paris, dont certaines très controversées comme le président syrien, Bachar El Assad, à l’occasion du lancement de l’Union pour la Méditerranée, l’Espagne se rappelle au bon souvenir de tout le monde en annonçant officiellement, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qu’elle souhaite voir Barcelone abriter le siège du Secrétariat général de cette nouvelle institution méditerranéenne. C’est aussi pour le gouvernement espagnol une façon de rappeler que c’est à Barcelone qu’est né le processus de l’Union pour la Méditerranée en 1995, mais aussi peut-être de récupérer la nouvelle version du projet, revu et corrigé par Angela Merkel et la Commission Européenne… au grand dam de Nicolas Sarkozy.
Il est vrai que l’Espagne est de plus en plus un interlocuteur crédible tant sur le pourtour méditerranéen qu’en Afrique, d’autant que sa proximité avec le continent noir est avérée en raison d’une part de ses liens historiques avec certains pays (anciennes colonies), mais aussi parce que l’Espagne reste par son implantation géographique en Afrique (Canaries, Ceuta et Mellila) ou à l’extrême sud de l’Europe, la terre favorite de milliers de migrants essayant de gagner l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure ce qui, par les temps qui courent, n’est pas forcément le cas. Cette situation particulière a autorisé Jose Luis Zapatero à pousser cette semaine ce qu’on appelle vulgairement « un coup de gueule », qui va faire plus pour son autorité morale que tous les sommets de Paris ou d’ailleurs, parce qu’on touche à la réalité du monde tel que nous le vivons. Et ce monde là n’est pas beau du tout.
Mais qu’a donc dit de si important le président du Gouvernement espagnol ? Tout simplement, il a exhorté jeudi dernier les pays riches à tenir leurs engagements contre la pauvreté en Afrique, seul moyen à ses yeux de freiner l’immigration clandestine qui, chaque année, entraîne la mort de milliers de personnes, sans que cela interpelle beaucoup les consciences des pays riches. Jose Luis Zapatero a aussi qualifié de « tragédie insupportable pour l’esprit humain » la mort de quinze clandestins, dont neuf enfants âgés de 12 mois à 4 ans, au large de l’Espagne annoncée en début de semaine, survenant deux jours après le chavirement d’une embarcation au Sud de l’Espagne qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes.
Il a même profité d’un déplacement en Grèce, autre pays où l’immigration clandestine est importante, pour affirmer : « nous sommes dans un situation alarmante. Ou nous aidons l’Afrique à lutter contre l’extrême pauvreté, ou notre Etat de solidarité, notre Etat social sera en danger ». C’est exactement ce que disait François Bayrou pendant sa campagne présidentielle qui, comme Jose Luis Zapatero, regrettait qu’au moment où l’extrême pauvreté augmente en Afrique, l’aide au développement continue de baisser. A ce propos, le chef du gouvernement espagnol a rappelé dans son intervention à Athènes que les pays riches s’étaient engagés à consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement et que cet engagement, y compris celui de l'Espagne, était loin d’être tenu. Cependant, l’Espagne compte tenir cet engagement d’ici la fin du mandat de Jose Luis Zapatero en 2012, sa contribution se situant actuellement à 0,5% ce qui représente environ 5 milliards d’euros.
La France pour sa part est très loin du compte, comme je le soulignais ici même il y a quelques semaines. Théoriquement, sa contribution devrait être de presque 13 milliards d’euros, et si elle donnait en comparaison de la contribution actuelle de l’Espagne cela représenterait environ 9 milliards d’euros. Or en 2007, l’aide publique française s’est élevée à 7 milliards d’euros…soit une baisse de 15,9% par rapport à l’année précédente. A ce propos, il faut noter que c’était la première fois depuis 2000 que l’aide publique française était en baisse, ce qui signifie clairement que Nicolas Sarkozy tourne le dos à l’engagement de la France à consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement. Décidément, pour Nicolas Sarkozy, il y a un monde entre les paroles et les actes. Mais qui s’en étonne ?
En tout cas, ce n’est pas avec des dirigeants comme lui que nous allons apporter un début de solution aux problèmes que pose l’immigration clandestine. En France, en effet, nous en sommes encore à essayer de nous enfermer, comme le répète sans cesse François Bayrou, « dans une forteresse qui aurait vocation, comme toutes les forteresses, à être assiégée ». Et ce n’est pas l’immigration choisie, ni les quotas d’expulsion chers à Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, qui vont apporter la solution aux problèmes que pose l’immigration clandestine. Cela étant, établir des quotas d’expulsion pour les étrangers en situation irrégulière est beaucoup plus facile que respecter ses engagements internationaux. Pauvre France…
Michel Escatafal
10:27 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
11.07.2008
Un nouveau fiasco diplomatique retentissant...
Depuis quelques jours, et malheureusement c’est ce que je craignais, on voit Nicolas Sarkozy sur tous les fronts à la fois européens et français. Il est partout et, j’oserais dire, nulle part à la fois. Hier par exemple, il a fait un discours de trois heures au Parlement Européen, dans le plus pur style de ses campagnes électorales, ce qui a beaucoup plu à nombre de députés européens, mais a-t-il fait avancer pour cela la cause européenne ? Certainement pas, car au-delà du catalogue énoncé sur ce qu’il fera dans les six mois à venir personne n’est dupe, sachant très bien qu’il ne s’agit que d’un catalogue, et nous Français sommes payés pour savoir ce que cela vaut.
En tout cas, avec la question d’assister ou non à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, nous avons l’exemple même de ce qu’il ne fallait surtout pas faire et de ce qu’aucun des prédécesseurs de Nicolas Sarkozy n’aurait fait. En fait si notre président de la République donne l’image d’un homme actif et déterminé, il n’est réellement ni l’un ni l’autre. Comme toujours avec lui on est dans l’illusion, dans le virtuel, et toujours à contre temps. Au moment où nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement s’indignaient de la répression au Tibet (en mars dernier), Nicolas Sarkozy était muet…parce qu’il y avait au même moment des discussions entre la Chine et des entreprises françaises sur des contrats de vente d’avions, de TGV ou de matériel nucléaire.
Notre président de la République, se croyant plus malin que les autres, s’imaginait qu’en ne réagissant pas à ces atteintes aux droits de l’homme sur le territoire chinois, il emporterait plus facilement la mise sur ces contrats. Funeste erreur, indiquant bien que Nicolas Sarkozy est un pur amateur en termes de diplomatie, car non seulement les Chinois n’en ont pas voulu aux dirigeants allemands, britanniques ou espagnols de leurs prises de position sévères sur les évènements au Tibet, mais en plus ils ont fait de la France leur bouc-émissaire quand Nicolas Sarkozy a agité la menace d’un boycottage de la cérémonie d’ouverture, si le gouvernement de Pékin ne revenait pas à de meilleurs sentiments vis-à-vis du Tibet.
Résultat final de toute cette agitation à la fois stérile et pusillanime, les autorités chinoises sont très en colère vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, et en plus sa venue à Pékin pour l’ouverture des Jeux Olympiques n’était pas du tout souhaitée comme je l’indiquais sur ce site il y a quelques jours. Pire même, nous avons eu droit aux menaces des dirigeants chinois (représailles économiques) si Nicolas Sarkozy s’avise de recevoir le dalaï-lama. C’est le fiasco politique le plus total et, sans doute, le plus retentissant depuis des décennies. Quelle humiliation pour notre diplomatie !
Bien entendu, Nicolas Sarkozy a joué (un peu) les fiers à bras en disant que personne ne pouvait l’empêcher de recevoir un Prix Nobel de la paix. Il n’empêche, cela faisait bien longtemps que la France n’avait subi l’humiliation de voir une puissance étrangère s’immiscer dans ses affaires intérieures. Et dire qu’il y a moins de cinq ans, elle avait suffisamment d’influence dans le monde pour empêcher les Etats-Unis d’obtenir un vote favorable à l’ONU pour déclencher la guerre en Irak ! Plus généralement, comme le soulignent de nombreux observateurs, tous les présidents de la 5è République jusqu’en 2007, ont permis que notre pays soit respecté dans le monde. La rupture dont nous a tellement parlé Nicolas Sarkozy est là, et elle est cruelle pour lui, ce qui n’a aucune importance, mais surtout pour la France, ce qui est beaucoup plus grave.
Voilà où nous en sommes après 15 mois de présidence Sarkozy. Nous savions que ce dernier n’avait pas les capacités pour être président de la République, mais nous imaginions qu’il s’efforcerait d’être dans la cadre de sa politique étrangère sur une ligne voisine de celle de ses prédécesseurs, dont tout le monde en France, dans l’Union Européenne et dans le monde, soulignait la cohérence dans le droit fil de la ligne imposée il y a une cinquantaine d’années par le général de Gaulle.
Hélas, nous avons élu un président qui confond l’UMP, son parti, avec les grands de ce monde. Il s’imagine que quelques coups de menton, quelques haussements d’épaules, quelques tapes amicales, suffisent à bâtir une politique étrangère digne de ce nom. Comment s’étonner dans ces conditions que nous ne soyons pas pris au sérieux. Décidément, les Français n’ont pas fini de payer l’erreur historique qu’ils ont faite en élisant un personnage aussi factice à la tête du pays. En fait les seules personnes à qui Nicolas Sarkozy puisse faire peur dans le monde sont les habitants de son propre pays, avec ses lois sur l’immigration, sur le droit du travail, sur l’aménagement du territoire, et plus généralement sur sa politique économique et sociale. Quant aux dirigeants chinois, russes, vénézuéliens…il y a longtemps qu’ils savent à qui ils ont à faire avec Nicolas Sarkozy.
Michel Escatafal
10:51 Publié dans politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
10.07.2008
La France n'est décidément plus ce qu'elle était (suite)
Pendant que tous les journaux français parlent de plus en plus abondamment de la sortie du CD de Carla Bruni, comme si c’était une information de la première importance, il y a d’autres nouvelles qui attirent l’attention et qui sont beaucoup plus inquiétantes. Il y a quelques jours, lors de la vive attaque de Nicolas Sarkozy contre la Banque Centrale européenne, je disais ici même sur ce site, que cela annonçait quelque mauvaise nouvelle sur le plan économique. Hélas je ne me suis pas trompé puisqu’on est en train de réévaluer négativement la croissance et, par voie de conséquence, le déficit public de la France pour 2008. Et qui dit déficit public en hausse, dit aussi augmentation de la dette.
Dans le même ordre d’idées, j’ai aussi lu dans les journaux que Jean Arthuis, l’ancien ministre des Finances, estimait (à juste titre) que la France ne pouvait pas se permettre des baisses de TVA dans certains secteurs compte tenu des pertes fiscales que cela entraînerait. Bien vu, cher ami, donc je suppose que vous allez quitter définitivement les "mirages sarkozyiens" pour retrouver votre famille d’origine, la vôtre, la nôtre. Le moment venu nous aurons besoin de gens sérieux comme vous l’êtes pour remplacer les apprentis-sorciers qui nous gouvernent depuis bientôt un an et demi.
Jean Arthuis, comme beaucoup d’autres, aura pu constater que prendre sans cesse à témoin l’opinion chaque fois que les choses ne tournent pas dans le sens que l’on souhaite, qui plus est en dressant les Français les uns contre les autres, n’est pas une bonne conduite de la part d’un responsable politique, surtout quand il s’agit du président de la République, même s'il a fait de l’inégalité économique et sociale un credo politique. Il y a aussi un autre domaine où la terminologie gouvernementale fait beaucoup de mal, l’Europe. Jean Arthuis, européen convaincu, sait très bien qu’à force de critiquer l’Europe et ses institutions, cela finit par engendrer un euroscepticisme ambiant…qui fait qu’on vote NON à un référendum sur la Constitution européenne censé protéger ses citoyens.
Ce que les observateurs ne disent pas également, c’est que l'euroscepticisme que Nicolas Sarkozy a largement contribué à installer et à entretenir, va peser tout au long de la présidence française et va participer à l’affaiblissement des projets qu’il serait susceptible de porter. Aujourd’hui il est de bon ton, dans la foulée de ce qu’on entend à la radio et à la télévision et de la bouche même de nos gouvernants, d’attribuer tous nos malheurs à l’Europe. Dans ces conditions, on peut comprendre l'ire des citoyens quand ils s'aperçoivent que certaines aides ne peuvent être accordées, parce que contraire aux décisions prises par la Commission européenne...que le président de la République a lui-même signé quelques jours auparavant à Bruxelles. C’est à la fois de la duplicité et de l’inconséquence.
Du coup, les salves de Nicolas Sarkozy contre les institutions européennes font que dans notre pays, mais aussi ailleurs dans l’Union, nombre de Français et d’Européens estiment que l’Europe est davantage un problème qu’une solution, et ne voient plus l’Europe comme un projet d’avenir. Cela étant, certains vont me dire que Nicolas Sarkozy en se faisant le chantre d’une « Europe qui protège », veut réconcilier les Français et les citoyens des autres pays de l’Union avec le projet européen. A ceux-là, je répondrais que justement c’est ce qu’il ne faut pas faire, car cela confirme que l’Europe ajoute à nos problèmes et nous dépouille de tous nos acquis, ce qui n'est pas vrai même si certaines des décisions qui sont prises sont contestables. En clair, cela signifie que Nicolas Sarkozy répond en politicien à un problème trop sérieux pour avoir une réponse politicienne.
J’en veux pour preuve, et je le redis pour la énième fois, que la seule parmi les institutions européennes qui fonctionne au mieux des intérêts des citoyens est celle qui est indépendante du pouvoir politique, à savoir la BCE. Cela n’empêchera pas Nicolas Sarkozy de continuer à marteler auprès des Français et des Européens les thèmes populistes qui lui sont chers sur la préférence communautaire, sur la baisse des taux d’intérêt de la BCE, sur le plafonnement des taxes des produits pétroliers etc. Et tout cela bien entendu sera rejeté par les responsables européens qui, manifestement, ont de plus en plus de difficultés à comprendre la pensée du petit homme qui dirige notre pays.
Rappelons simplement que le ministre allemand de l’Economie a qualifié de « meli-mélo sans queue ni tête » les propositions de la Commission européenne sur la fixation de taux réduits de TVA dans des secteurs comme la restauration, propositions faites sur l’insistance de la France. Pour mémoire et pour mieux comprendre la réaction allemande, rappelons que la France se situe à l’avant dernière place en ce qui concerne le solde des finances publiques en Zone euro fin 2007, juste devant la Grèce !
Bien évidemment tout cela ne peut qu’affaiblir la position française dans les débats européens et sur le plan international. Notre président de la République a beau s’agiter, taper sur l’épaule des uns et des autres, il n’est pas crédible. Et ce qui est le plus grave, c’est qu’à travers lui c’est la France qui est jugée. La France pour les autres pays, c’est une nation en déclin, qui n’a pas les moyens de ses ambitions, qui n’a pas su prendre le virage de la mondialisation, qui laisse filer ses déficits et …qui bientôt n’aura même plus à faire valoir son modèle de société que beaucoup, il y a peu encore, lui enviaient. Nicolas Sarkozy va réussir en quelques années à ramener la France à un niveau qu’elle n’a peut-être jamais connu dans son histoire. En tout cas l’érosion de l’influence intellectuelle et politique de la France est aujourd’hui clairement confirmée. Heureusement, il y a l’album de Carla Bruni- Sarkozy…
Michel Escatafal
09:18 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
08.07.2008
La France est en train de perdre ce qui lui restait de grandeur
Je vais commencer aujourd’hui mon billet en citant le président du Mouvement Démocrate qui, je crois, a bien résumé la situation après les propos pour le moins déplacés de Nicolas Sarkozy sur les grèves en France, eux-mêmes survenant après des dérapages incontrôlés indignes d’un président de la République : « quand on a humilié dans la même semaine l’armée, la télévision publique et les organisations syndicales, ça fait beaucoup pour quelqu’un dont la mission est de rassembler son peuple ». Et le leader du MoDem d’ajouter : « Quand on ne rassemble pas les Français et qu’on est président de la République, on n’accomplit pas son travail ».
Le pire dans tout cela est que ces dérapages sont tellement devenus habituels qu’on ne les souligne pas avec la vigueur que cela mériterait. J’ai même entendu hier matin un journaliste de la station de radio RTL, J.M. Aphatie, presque reprocher à Julien Dray d’avoir répliqué « rira bien qui rira le dernier » aux propos de Nicolas Sarkozy, en faisant semblant de prendre cette phrase pour une menace. C’est vraiment n’importe quoi, et cela démontre une fois encore que s’il y a bien un homme politique dans notre pays qui n’a vraiment pas à se plaindre des médias, c’est bien le président de la République lui-même.
Pour revenir sur les propos ignominieux du chef de l’Etat relatifs aux grèves dans notre pays, je dirais pour ma part que cela ne devrait être une surprise pour personne venant d’un personnage capable de dire tout et son contraire sur n’importe quel sujet. Cependant il est quand même étonnant, pour ne pas dire désolant, que des parlementaires, fussent-ils UMP, aient pu rire bruyamment quand ils ont entendu la phrase de Nicolas Sarkozy sur les grèves « dont personne ne s’aperçoit ». Enfin passons, comme disait mon institutrice quand nous faisions ou disions des bêtises. En tout cas, cela fait beaucoup parler à l’étranger, les observateurs se demandant jusqu’où ira notre président pour se faire remarquer ou, plus perfidement, pour masquer les échecs de sa politique. Il est vrai que sur ce plan il y a effectivement de quoi dire et ce, dans tous les domaines.
Certaine presse étrangère n’hésite pas comparer Nicolas Sarkozy à un autre grand stratège tout aussi inopérant que lui, à savoir Donald Runsfeld, l’homme qui se moquait « de la vieille Europe » au moment du déclenchement de la guerre en Irak. On a vu ce que sa politique a pu obtenir comme succès, en Irak mais aussi en Afghanistan. D’autres n’hésitent pas à le comparer à Silvio Berlusconi. J’en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce site, mais c’est vrai que sur bien des points les deux hommes se ressemblent y compris sur les soi-disant fines plaisanteries. En tout cas l’un comme l’autre ont en commun de n’avoir pas hésité à emprunter des idées à l’extrême- droite, notamment sur les questions liées à l’immigration.
Quelques uns enfin pensent que les Français, après avoir eu comme président le général de Gaulle, « qui se faisait une certaine idée de la France », avait besoin d’un chef plus proche d’eux quitte à gérer notre pays à la petite semaine. Ce n’est pas faux car le moins que l’on puisse dire est que Nicolas Sarkozy n’a aucune vision à long terme pour notre pays. D’ailleurs s’il en avait une, il aurait déjà essayé de maintenir voire de réduire la dette qui a déjà atteint des sommets, mais c’était trop demander à un homme qui, jusqu’à présent, a toujours démontré que son principal souci était de gouverner en s’attachant essentiellement à plaire à ses amis qui, en contre partie, ne lui ménagent pas leur appui.
La comparaison avec Georges Bush est quand même celle qui est la plus courante. En fait il y a deux raisons qui font que l’un est assimilé à l’autre : la première est l’américanophilie de Nicolas Sarkozy qui, comme chacun le sait, aime passionnément l’argent. La seconde est moins glorieuse parce que la comparaison se fait sur les bilans qui pourraient être aussi désastreux l’un que l’autre. Force est de constater, en effet, que ni Georges Bush, ni Nicolas Sarkozy, souvent avec les mêmes recettes et les mêmes mensonges, n’ont amélioré la vie de leurs concitoyens, bien au contraire. Le seul avantage qu’on trouve au président américain est qu’il quittera le pouvoir dans cinq mois, alors que Nicolas Sarkozy est encore là pour presque quatre ans. Pauvres Français !
Cela étant, pour être juste, il y en a qui trouvent « que si l’action de notre président de la République n’a pas apporté de réel progrès par rapport au passé, en revanche il veut une France travailleuse et non une France assistée ». Si c’est comme cela que l’on interprète les propos de notre président, ce n’est quand même pas une image très glorieuse qu’il fait donner de notre pays. De toute manière, la situation va changer avec les mesures votées en première lecture cette nuit par l’Assemblée, puisque de l’aveu même de la CFE-CGC (syndicat des cadres) désormais le 14 juillet ou le 11 novembre ne seront plus considérés comme jours fériés.
Et ce n’est qu’un début car le dispositif ne tardera pas à s’appliquer à tout le monde. Le MEDEF en rêvait, Nicolas Sarkozy le fait ! Certes, il n’avait jamais dit qu’il irait jusque là dans ce domaine comme dans bien d’autres, notamment le « casse » des services publics, mais le connaissant chacun savait bien que la rupture dont il parlait concernait essentiellement notre modèle social français. Celui-ci a peut-être des défauts, mais il se révèle infiniment moins nocif que celui en vigueur dans les pays que le président de la République nous cite en exemple. L’actualité, hélas, en témoigne avec ce qui se passe en ce moment en Grande-Bretagne où la criminalité explose d’année en année. Cela étant, pour Nicolas Sarkozy la Grande-Bretagne c’est la City !
Michel Escatafal
10:13 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, mouvement démocrate, bayrou, débats de société


