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03/12/2014

Espérons que l’histoire ne soit pas un éternel recommencement !

Avant de commencer mon propos je voudrais évoquer deux choses qui concernent…le sport et aussi la politique. Tout d’abord le nouveau dérapage, après celui de Sagnol, d’un footballeur, en l’occurrence Emmanuel Petit, qui a osé dire ceci à je ne sais quel média : « Parfois, je me dis qu’en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd’hui. » Rien que ça ! Voilà ce que c’est pour un footballeur de vouloir parler de politique…alors qu’on ne lui a jamais demandé autre chose que de taper dans un ballon, lequel a du lui faire très mal à la tête pour en arriver à écrire pareille stupidité. Plus grave encore, beaucoup plus grave, car l’analyse politique d’un « footeux » ne vaut rien,  tellement cela relève de l’inculture et de l’imbécilité, je vais parler de ce que l’on appelle volontiers le mal français, à savoir cette extraordinaire difficulté qu’on a dans notre pays à construire ou réaliser quelque infrastructure. Entre les écologistes, la paperasserie sans fin, les atermoiements des politiques, on n’avance pas. Et comme on n’avance pas, les investisseurs finissent par en avoir assez et on finit par se détourner du premier projet, pour se rabattre sur un autre moins ambitieux en France ou en le faisant carrément à l’étranger. Si j’écris cela c’est parce que le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaifi, est en train de réaliser à quel point la France est un pays compliqué pour tout personne ou entité qui veut investir sur notre sol.

En effet, alors que le patron du PSG espérait pouvoir disposer, à partir de 2015, d’un centre d’entraînement pour son équipe digne des plus grands clubs de la planète sur un terrain de 100 hectares à Saint-Germain en Laye, nous apprenons que cela n’est pas du tout sûr que cela se fasse avant 2017…si cela se fait sur ledit terrain. Et tout cela parce que le PSG n’arrive pas à obtenir l’accord de l’Etat pour l’achat de ce terrain. A croire que l’on fait tout pour éviter d’être attractif et même compétitif ! La preuve : la simplification voulue par le gouvernement de Manuel Valls, au moment où l’on impose le compte pénibilité qui a le don de susciter l’ire des petits, moyens et grands patrons. Comment a-t-on pu inventer pareille usine à gaz ? Et cette invention ne date pas d’aujourd’hui puisqu’elle a été abordée pour la première fois lors de la réforme des retraites initiée par F. Fillon en …2003. Résultat, personne n’est content, on n’avance pas dans la simplification, bien au contraire, et surtout on dépense beaucoup d’énergie sur le sujet, contrairement à ce qui se passe ailleurs, aucun pays étranger n’ayant mis en place une mesure similaire. Voilà, on nage en plein délire, ce qui ne peut que faire dire à Marine Le Pen, qu’entre l’UMP et le PS, il n’y a quasiment aucune différence…ce qui est (presque) vrai.

Mais le pire est que ce sujet ne préoccupe la presse que moyennement, du moins ces derniers jours, car on ne parle que de N. Sarkozy. A croire que dans ce pays, il n’y a pas de sujets plus sérieux que ce retour dans l’arène politique…que n’a jamais réellement quitté l’ex-président. En effet, alors qu’il avait promis qu’il quitterait la politique s’il était battu en 2012 à l’élection présidentielle, il vient d’être élu président de l’UMP. On observera à ce propos la différence avec un certain L. Jospin, lequel a effectivement abandonné  la politique depuis sa défaite à la présidentielle de 2002. Fermons la parenthèse, pour noter en premier lieu combien ce retour complique la vie de la droite républicaine, au point même de redonner de l’espoir aux socialistes, ces derniers se disant que si des résultats économiques apparaissent fin 2015 ou courant 2016, tout espoir de garder le pouvoir n’est pas perdu. Et oui, c’est cela le paradoxe de l’UMP, formation qui, sans N. Sarkozy, a remporté haut la main les élections municipales en 2014, et quasiment toutes les élections partielles depuis 2012. Une formation qui, après des primaires ouvertes comme tout le monde semblait d’accord pour les organiser en 2016, avait 99 chances sur 100 de remporter les élections présidentielles et législatives de 2017, quelque soit le candidat…sauf si ce dernier s’appelle Sarkozy.

La preuve de la véracité de mes dires, c’est qu’à peine élu, le nouveau président de l’UMP a déjà écarté la possibilité d’ouvrir ces primaires au MoDem et à tout ce qui n’est pas UMP ou à la rigueur UDI. N. Sarkozy veut bien être un rassembleur, mais autour de sa seule personne et à ses conditions. Bref, N. Sarkozy va essayer par tous les moyens d’éviter l’exercice démocratique mis en œuvre par le PS en 2011, et que souhaitent tous ses potentiels concurrents, à savoir une élection où pourraient voter tous ceux qui partagent les valeurs de la démocratie. Pour N. Sarkozy, une élection ne peut pas être complètement ouverte…parce que trop périlleuse pour lui. Problème, et c’est essentiel dans la perspective de 2017, ses concurrents ne semblent pas vouloir se laisser faire. Et même ceux qui ne le sont pas, comme J.C. Lagarde le président de l’UDI, ne veulent pas que cette élection primaire soit limitée à l’UMP et l’UDI. J.C. Lagarde a en effet souligné que le MoDem était bien évidemment concerné par cette désignation du candidat de la droite parlementaire à l’élection présidentielle de 2017.

En fait, et c’est sans doute le plus rassurant, le fait que la victoire de N. Sarkozy ait été étriquée pour une élection de ce type (moins de 65% des voix), lui a enlevé une bonne partie de sa crédibilité en vue d’un retour à l’Elysée. Moins de 65% des 158.000 votants cela ne fait pas la majorité des adhérents ! Si j’écris cela, c’est en pensant à certains de ses collaborateurs ou fans qui ne cessent d’affirmer que F. Hollande n’a pas été élu par plus de 50% des votants à l’élection présidentielle de 2012, oubliant que là c’est bien pire. Cela étant N. Sarkozy et ses fans ne sont pas à ça près, comme on a pu le constater tout au long de cette campagne, où il a bénéficié d’une couverture des médias infiniment supérieure à celle de ses concurrents…ce qui n’a pas empêché B. Le Maire de réaliser un score de presque 30%. A propos de B. Le Maire, j’espère qu’il ne fera comme D. de Villepin, et qu’il ne se ralliera pas sans gloire à l’ancien président de la République.

Pour ma part je n’y crois pas, car ce serait pour lui une manière d’insulter l’avenir, et il en a sans doute beaucoup plus qu’on ne l’imaginait avant cette élection, plus sans doute que Xavier Bertrand et que les potentiels rivaux sarkozystes de sa génération, tels Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez ou François Baroin, à propos duquel je m’interroge dans la mesure où j’ai du mal à comprendre son soutien à N. Sarkozy…sauf à avoir surestimé la réelle force de ce dernier dans l’opinion. Car, qu’il le veuille ou non, N. Sarkozy peut très bien être battu en 2017, même s’il est désigné  candidat UMP à l’issue de primaires assez fermées. D’abord parce qu’il aura fatalement un autre candidat de droite ou du centre face à lui, ce qui ne lui garantirait pas le second tour. Ensuite, parce que Marine Le Pen pourrait l’emporter dans le cadre d’un second tour entre elle et N. Sarkozy. Qui peut affirmer que la gauche ferait ce qu’elle a fait en 2002 avec J. Chirac ? Personne, parce que J. Chirac était infiniment moins clivant que N. Sarkozy, et parce qu’il sortait d’une cohabitation certes difficile pour lui, mais pas meurtrière avec  L. Jospin. Enfin, face à J. Chirac il y avait J.M. Le Pen, lequel avait une image que n’a pas sa fille.

Si N. Sarkozy est face à Marine Le Pen dans le cadre d’un second tour présidentiel en 2017, la candidate du Front National retrouvera au second tour toutes ses voix du premier tour, plus celles des souverainistes de droite, plus peut-être celles de candidats se situant à l’extrême gauche. Après tout, nombre d’anciens communistes votent aujourd’hui pour le Front National, comme c’est le cas pour des ouvriers et des petits paysans. En revanche je doute que N. Sarkozy puisse espérer avoir les voix des socialistes, sur lesquels il a tellement vociféré, ou même des centristes du MoDem qu’il veut évincer des primaires. Et tout cela fait du monde. Au contraire, A. Juppé, mais aussi F. Filloin, B. Le Maire ou X. Bertrand, pour ne citer qu’eux, ne pourraient que triompher facilement face à Marine Le Pen, le réflexe républicain jouant à fond dans ce cas de figure. Quand j’écris que N. Sarkozy est le plus vulnérable des candidats de la droite républicaine, n’ai-je pas raison ? Si, bien évidemment, et c’est d’une logique implacable, d’autant qu’il n’a vraiment pas changé depuis 2012…et je suis gentil. Avec lui tout rassemblement des Français pour mettre en œuvre les réformes dont le pays aurait besoin est une vue de l’esprit. Est-ce qu’un authentique rassembleur aurait accepté les sifflets de ses fans à Bordeaux, alors qu’il tenait meeting dans la ville du fondateur de l’UMP ? Poser la question, c’est y répondre.

Michel Escatafal

26/06/2013

Les Français respectent davantage Jalabert que les politiciens

"Alain Néri, membre de la commission d’enquête sénatoriale sur la lutte contre le dopage, a jugé que Laurent Jalabert, accusé d’avoir pris de l’EPO lors du Tour de France 1998, avait "parjuré" lors de son audition le 15 mai dernier. "Il avait l'occasion de dire la vérité devant la commission. Je regrette qu'il ne l'ait pas dit" (interview de mardi sur Europe1). Voilà ce que j’ai lu sur Eurosport ce matin, ce qui pour moi est une des perles de la semaine ! Comment ce sénateur peut-il employer des mots aussi définitifs pour une affaire qui concerne le…Tour de France et le cyclisme. Et Monsieur Cahuzac alors ? Et tant d’autres choses dites par les femmes et hommes politiques de tous bords ? Ah oui, c’est vrai, les sportifs et plus particulièrement les cyclistes, ces pelés, ces galeux qui se dopent, sont des menteurs…parce qu’ils ne reconnaissent pas qu’ils ont gagné en étant quelque peu aidés par la pharmacopée.

Certes, mais eux au moins, dopés ou pas, ont parcouru des milliers de kilomètres sur leur vélo, et cela personne ne peut leur contester. Autre chose, dopés ou pas, ces gens font rêver des milliers de spectateurs au bord des routes du Tour, du Giro, de la Vuelta ou sur les grandes classiques du calendrier, et des millions de téléspectateurs devant leur petit écran. Et s’ils attirent autant de monde, c’est parce que leurs efforts sont bien réels, chacun se rendant bien compte, même en n’ayant jamais fait de vélo en compétition ou en cyclotouriste, que grimper dans la même étape l’Aubisque, le Tourmalet, Aspin et Peyresourde, est en soi une performance exceptionnelle. Et nombre des coureurs ne gagnent pas autant qu’un sénateur ou un député.

C’est la raison pour laquelle je trouve indécent qu’on accable encore un peu plus Laurent Jalabert pour des faits qui remontent à 15 ans…et dont la quasi-totalité des gens se moquent comme de leur premiere bicyclette. Et je voudrais aussi dire à Alain Néri (que je ne connais pas), député presque sans interruption depuis 1988 et sénateur depuis 2011 alors qu’il avait presque 70 ans, que si le Front National est en progression partout, au point de frôler la majorité à chaque élection partielle, ce n’est pas la faute de Jalabert. Les Français en effet, considèreront toujours comme anecdotique que les coureurs cyclistes affirment qu’ils font le Tour ou le Giro à l’eau claire, même si ce n’est pas le cas, mais ils ne supportent pas en revanche que les femmes et hommes politiques leur disent avant les élections qu’ils vont prendre des mesures pour changer la vie de leurs compatriotes…et qu’ils ne le fassent pas ou si peu. Même une loi sur la transparence promise par F. Hollande, après l’horrible mensonge de J. Cahuzac, a été édulcorée par les députés !

Cette année encore, comme je l’évoquais précédemment, je suis certain qu’ils seront des centaines de milliers sur les pentes de l’Alpe d’Huez pendant le Tour de France, qu’ils seront aussi plus de dix millions devant leur écran à regarder les exploits de Contador, Froome, Rodriguez ou Thibaut Pinot, alors qu’à chaque élection partielle plus de la moitié des inscrits ne se déplacent pas pour voter. Est-ce de la faute des coureurs si on en est là ? Non, alors que les politiciens fassent leur travail, et qu’ils arrêtent de porter des jugements de valeur sur des gens qui, contrairement à eux, nous font rêver…sans doute parce que leur métier est un des plus durs et des plus dangereux qui soient, et qu’il n’est pas rémunéré comme il devrait l’être sauf pour quelques vedettes.

Un dernier mot enfin : nombre d’entre nous pourraient faire aussi bien que Monsieur Néri si les circonstances avaient voulu que l’on soit élu député ou sénateur, mais chacun d’entre nous sait qu’il ne pourra jamais monter le Tourmalet en 50 minutes par son versant Ouest. Pour l’avoir grimpé à plusieurs reprises en mettant deux fois plus de temps, je puis confirmer que c’est un exercice très difficile, même s’il est très gratifiant d’être arrivé en haut. En tout cas, la première fois que je l’ai fait, j’étais plus fier que si j’avais été élu député ou sénateur.

Michel Escatafal

07/05/2011

Je préfère que Blanc soit un bon sélectionneur plutôt qu’un bon communicant.

Plusieurs de mes amis m’ont demandé pourquoi je n’avais pas écrit sur la fameuse histoire des quotas dans le football. Et bien je réponds que, jusqu’à preuve du contraire, il y a certainement des choses plus graves dans notre pays que cette affaire, qui touche certes le sport le plus populaire  dans le monde, mais qui n’occulte en aucun cas les multiples difficultés dans lesquelles se débat notre pays depuis quelques années. Par exemple, j’ai appris hier  matin que le déficit de l’Etat s’est creusé fin mars à 33.6 milliards d’euros contre 28.9 milliards un an plus tôt. Voilà une mauvaise nouvelle, autrement plus importante que celle concernant les quotas du football. En effet, un tel déficit ne peut que laisser sceptique sur les évolutions à venir, même si l’on nous dit que les recettes fiscales sont en nette amélioration. Je veux bien, mais il serait étonnant que l’on n’arrive pas à un déficit fin 2011 de l’ordre de 100 milliards, qui va augmenter encore davantage une dette publique qui va de records en records (1.734,4 milliards d’euros).

Cela étant, je veux bien admettre que ce qui se passe dans le football français depuis quelques jours prouve à quel point la société française n'en finit plus de se désunir. Celle-ci, en effet, souffre depuis plusieurs années de cette surenchère permanente organisée par le pouvoir…pour essayer de récupérer coûte que coûte les électeurs du Front National. Problème, si le Front National gagne des voix à ce jeu morbide, N. Sarkozy continue de dégringoler dans tous les sondages d’opinion. Si cette dégringolade du chef de l'Etat est loin de m’attrister, en revanche je suis beaucoup plus inquiet de voir cette division du peuple français se creuser de plus en plus, entre les riches et les pauvres, fruit d’une politique terriblement inégalitaire, entre les fonctionnaires et les employés du privé, résultante des manœuvres du gouvernement pour faire passer ses réformes de retraite y compris celle des régimes spéciaux, et enfin entre immigrés et ceux qui ne le sont pas. C’est cette dernière fracture qui est en train de prendre des proportions inouïes, à travers le problème des quotas dans le football pour la formation des jeunes dans les clubs.

La première remarque que l’on puisse faire à ce sujet  est qu’on fait jouer au football un rôle autrefois dévolu à  l’école,  pour que les jeunes les plus défavorisés puissent bénéficier de l’ascenseur social.  A ce propos, il faut quand même noter que cet ascenseur là est infiniment moins prolifique que celui qu’offrait l’école de la République. En travaillant,  dans les années 50 ou 60, les boursiers avaient toutes les chances de réussir de bonnes études, et de pouvoir passer les concours nationaux avec de réelles chances de succès…ce qui est loin d’être le cas des jeunes footballeurs admis dans les centres de formation. La réussite  y est extrêmement faible, même si c’est quelque chose qu’on ne souligne jamais. En effet, pour le commun des mortels, on ne voit que la réussite de quelques joueurs emblématiques…parce qu’on ne parle jamais de ceux qui échouent, sans d’ailleurs qu’on se préoccupe outre mesure de ce qu’ils vont devenir, s’ils ne trouvent pas de débouchés dans les clubs professionnels. Cela est valable non seulement pour les jeunes joueurs issus des banlieues, mais aussi pour les jeunes Africains qui viennent tenter leur chance dans notre pays.

La France étant par essence une terre d’immigration, et ayant eu un grand empire colonial dont l’essentiel se trouvait en Afrique, il est normal que le nombre de gens de couleur susceptibles de porter le maillot de notre équipe nationale soit très important. Il est normal aussi, comme je l’ai dit précédemment, que le désoeuvrement de nombre de jeunes des banlieues les conduise au football dans les centres de formation. Et le phénomène s’amplifiant, on arrive à avoir davantage de jeunes gens issus de l’immigration dans ces écoles de football,  que ceux dont les parents ou les grands parents ont toujours vécu dans le pays. On a d’ailleurs connu ce phénomène dans les années 40, 50 ou 60 avec les Polonais, les Italiens ou les Espagnols, avec la différence que ces jeunes qui venaient au football pour prendre l’ascenseur social avaient déjà un travail, et leur père aussi.

Les Polonais dans le Nord ou les Italiens dans l’Est travaillaient le plus souvent dans les mines de charbon ou de fer, et ils jouaient au football le dimanche…pour se faire remarquer par un grand club. Kopa, le plus doué et le plus brillant des footballeurs français des années 50,  a perdu deux doigts de sa main gauche à la mine. On voit donc que la situation est aujourd’hui très différente de celle qui prévalait autrefois, les jeunes entrant de nos jours dans un centre de formation étant essentiellement joueur de football dès leur plus jeune âge. Par ailleurs, il n’y avait pas de problème de double-nationalité, dans la mesure où les joueurs qui n’étaient pas français le devenaient par naturalisation. Ce fut le cas de Kopa qui ne put jouer en équipe de France qu’après être devenu français.

Kopa est évidemment l’élément emblématique de ces joueurs d’origine étrangère, mais il y en eut beaucoup d’autres en France, avec Glovacki, Bieganski, Ruminski, Cisowski, Rodzik, Wisniewski etc, pour les joueurs d’origine polonaise, ou encore Ujlaki qui était d’origine hongroise, sans oublier Gianessi ou Piantoni qui étaient d’origine italienne, tout comme Michel Platini, qui deviendra le meilleur joueur  du monde une vingtaine d’années plus tard. Autre particularité de l’époque, les joueurs africains, notamment algériens ou marocains, jouaient d’office pour l’équipe de France, parce que leur pays faisait partie de l’Empire français. Les plus connus parmi ces joueurs s’appelaient Raoul Diagne (Sénégal) dans les années 40, Ben Barek, Mahjoub (Maroc) ou encore Ben Tifour, Brahimi, Mekloufi et Zitouni (Algérie), un peu plus tard.

Tout cela pour dire que notre pays a toujours eu de très nombreux joueurs d’origine étrangère dans son équipe nationale de football. Il y a eu même à un certain moment des bi-nationaux que l’on appelait les Franco-Argentins, Combin, Rambert, et de Bourgoing, ce dernier ayant joué précédemment dans l’équipe d’Argentine. La remarque vaut aussi pour l’athlétisme, à un degré moindre toutefois. La différence avec ce qui se passe aujourd’hui est que les joueurs qui ont la double nationalité peuvent choisir leur pays tant qu’ils n’ont pas joué un match officiel avec l’équipe de France. Et cela m’amène à dire qu’en fait, si on regarde bien, l’équipe de France n’a pas laissé filer beaucoup de joueurs qu’elle a formés, originaires de nos anciennes colonies d’Afrique noire ou du Magrheb. A titre personnel, je n’en vois qu’un qui aurait été un titulaire indiscutable de l’équipe de France, Didier Drogba. On peut aussi peut-être ajouter Frédéric Kanouté qui, après avoir joué à l’Olympique Lyonnais, deviendra une vedette au F.C. Séville.

L’un et l’autre ont été formés en France et auraient pu jouer pour notre pays…s’ils avaient été sélectionnés avant que le pays de leurs ancêtres ne les convoque. En contrepartie la France a récupéré Trezeguet, qui allait devenir un des meilleurs joueurs de l’époque 1998-2006. Et avec un sélectionneur plus malin, le joueur du Real, Higuain, aurait pu porter le maillot bleu si on l’avait sélectionné très jeune pour un match de Coupe du Monde. Le fils de Rambert aurait aussi pu jouer pour notre pays, puisque son père était français. Tout cela montre bien que les binationaux ne sont pas un problème, car Benzema, Nasri, Rami, Sagna ou les deux Diarra (Alou et Lassana) jouent pour l’équipe de France, tout comme Mandanda dont le frère a opté pour l’équipe du Congo…parce qu’il n’avait quasiment aucune chance d’intégrer l’équipe de France, comme tous les joueurs qui ont décidé de représenter leur pays d’origine, après avoir porté le maillot français dans les équipes de jeunes.

Et puisque je parle de Nasri et Alou Diarra, ils ont été capitaines de l’équipe de France avec Laurent Blanc, preuve que notre sélectionneur actuel se moque complètement de l’origine de ses joueurs pour les sélectionner ou les nommer capitaine. Et si je fais cette remarque, c’est pour bien montrer que les prises de position de Thuram ou Viera vis-à-vis de leur ancien coéquipier sont exagérées, même s’ils reconnaissent que Laurent Blanc n’est pas raciste. En revanche il est regrettable que cette misérable affaire ait montré que l’unité de l’équipe de 1998 n’était peut-être pas gravée dans le marbre comme certains l’imaginaient. Mais n’est-ce pas normal que dans un groupe de 23 joueurs, il y ait des affinités et des inimitiés, comme dans toute collectivité. En outre, pourquoi sans cesse écouter comme parole d’Evangile ce que disent ces gens qui n’ont jamais fait rien d’autre que taper dans un ballon. On ne va quand même pas leur demander de commenter l’Enéide ! J’ai lu quelque part qu’Emmanuel Petit demandait à Zidane de s’exprimer « pour calmer les tensions », comme si Zidane pouvait être l’oracle dans ce dossier, lui qui s’exprimait tellement bien avec ses pieds, mais qui n’a strictement rien à dire quand on lui demande son opinion sur des sujets qui ne concernent pas le football sur le plan technique.

En résumé,  ce qui me choque dans tout ce malstrom, c’est qu’on ait pu parler de quotas en fonction des origines des joueurs et de leurs caractéristiques supposées, comme cela a pu être dit. C’est quelque chose que je ne supporte pas, étant contre toute forme de discrimination, fut-elle positive. Pour le reste, après avoir recadré une fois pour toutes le débat  sur ces quotas, ce qu’on aurait dû faire avec calme et sérénité y compris au niveau ministériel, on s’apercevra  que ce n’était pas la peine de donner à toutes ces intrigues footballistiques une publicité qui ne peut profiter qu’au Front National. Oui, je regrette que ce dossier fasse la une des journaux depuis quelques jours, en répétant que notre pays a beaucoup d’autres problèmes à régler. Je suis sûr que dans un mois plus personne n’en parlera, comme plus personne ne parle de la Libye alors que la guerre n’est pas finie, en espérant que Laurent Blanc sera toujours sélectionneur. Pour moi, à présent, c’est la seule chose qui m’importe en tant qu’amateur de football, même si je n’y ai jamais joué en club. L’équipe de France gagne de nouveau et fait du jeu, ce qui n’était pas le cas ces dernières années. Je préfère de beaucoup que Blanc soit un bon sélectionneur qu’un bon communicant.

Michel Escatafal

02/12/2010

La France est aussi malade de son sport

Passionné de sport en général et de cyclisme en particulier (voir mon blog sport), je viens de découvrir avec stupéfaction qu’en raison du rapprochement annoncé entre la Gendarmerie et la Police, les organisateurs français de courses à étapes vont avoir à faire face à une extraordinaire augmentation de leurs frais d’organisation. Pourquoi ? Tout simplement  parce que le prix des prestations offertes par la Gendarmerie devrait être multiplié par six à partir du prochain mois de juillet. Or tous ceux qui suivent les courses cyclistes, ou qui y ont participé, savent évidemment qu’il est de la plus haute importance d’avoir pour ce type de manifestation un minimum de service d’ordre tout au long du parcours.

Ainsi le tarif du taux horaire d’un gendarme sera de 12.27 euros contre…2.40 euros actuellement. Compte tenu du fait qu’il faut au minimum 500 gendarmes pour assurer la sécurité d’une épreuve régionale, et que cela arrive jusqu’à 14.000 pour le Tour de France, on voit le coût exorbitant qui sera demandé pour assurer la sécurité sur ces épreuves. Ahurissant !!! Et si j’emploie ce mot c’est parce que notre président de la République essaie de nous convaincre qu’il aime le sport, et plus particulièrement le cyclisme. Il l’aime tellement que chaque année il se rend sur une des étapes reines du Tour, généralement en montagne, et qu’à l’arrivée il assure à lui seul ou presque le spectacle, dans la mesure où les caméras de télévision en oublient une grande partie des coureurs qui en terminent avec leur parcours…pour céder la place à Gérard Holtz interviewant le président.

Voilà où nous en sommes dans notre beau pays ! Et tout cela pour faire l’économie globale de quelques centaines de milliers d’euros, alors que la sécurité des coureurs et des spectateurs devraient être la priorité des priorités. J’ajoute en outre, que chacune des épreuves concernées par ces augmentations de coût apporte à l’économie locale des retombées pour les commerçants, comme pour l’Etat via la TVA, qui sont loin d’être négligeables. Je précise enfin que les courses cyclistes sont le seul sport où le spectacle est gratuit. A ce propos, je suis persuadé que certaines mauvaises langues vont penser que tout cela est fait exprès…afin de faire payer les spectateurs sur le bord des routes.

Il est vrai qu’en plein mois de juillet on frise les 500.000 personnes sur les pentes du Mont Ventoux ou de l’Alpe d’Huez, ce qui a de quoi faire réfléchir ceux qui ne voient le sport qu’à travers l’argent qu’il peut rapporter. Et dans ce cas l’argent est avant tout un fléau, comme en témoignent les multiples affaires qui se multiplient dans le monde du sport, avec des « violations du code éthique » pour parler un langage correct, autrement plus graves que de confondre un coureur avec un contrôle antidopage positif. Cela dit, chacun pourra remarquer qu’on parle beaucoup plus des affaires de dopage dans le cyclisme que des paris truqués dans le football. Et pourtant, que pèse la quantité infinitésimale de produit interdit trouvé dans l’urine de Contador lors de l’étape de repos du Tour de France, à côté des scandales liés aux paris truqués qui se multiplient en Europe, si j’en crois la lecture du Monde ces derniers jours ?

Poser la question c’est y répondre car, quelle que soit sa popularité ou sa notoriété, Contador n’est qu’un pion sur l’échiquier du sport mondial. Il est simplement le meilleur coureur cycliste actuel et, qu’il soit suspendu ou non, cela n’empêchera nullement les machines à faire du fric dans le sport de tourner. La preuve, si l’on regarde les gros titres des médias (sportifs ou non) on ne voit le cyclisme qu’à travers le dopage, comme si c’était le seul sport touché par ce fléau. En outre les coureurs cyclistes professionnels deviennent de véritables esclaves, puisqu’on se permet de les réveiller de très bon matin (certains voudraient même que cela se fasse en pleine nuit !) pour leur prélever un peu de sang pendant une course à étapes, afin de vérifier qu’ils ne font pas usage de produits inscrits sur la liste des produits dopants. Certes se doper n’est pas dans l’éthique du sport, mais je reste persuadé que l’éthique est beaucoup plus bafouée à travers l’argent qui est dépensé ou qui circule dans les milieux du sport.

En attendant, avec la mesure qui vient d’être prise par les pouvoirs publics, il est vraisemblable que nombre d’épreuves cyclistes, y compris certaines au passé prestigieux, vont disparaître tôt ou tard du calendrier.  L’organisateur des « 4 Jours de Dunkerque ») appelle ça « une catastrophe ». « Où voulez-vous que je trouve une rallonge de 80 000 euros ? », s'interroge-t-il, en rappelant que l'étape Menin - Ypres, cette année, avait coûté « zéro centime, puisque la police et la gendarmerie belges offrent un service gratuit ».

Et après on s’étonnera de n’avoir aucun coureur français capable de gagner le Tour de France. Il est vrai qu’on aura une bonne excuse, en disant que si les Espagnols ou les Italiens gagnent le Tour, le Giro ou la Vuelta, c’est parce qu’ils sont dopés. Pauvre France ! Décidément nous sommes tombés bien bas…y compris dans le sport et le vélo, alors que notre pays était jusqu’à ces dernières années une des places fortes du cyclisme professionnel. Au fait, qu’a pu dire N. Sarkozy aux coureurs français qu’il a reçus à l’Elysée en août, après le Tour de France ? Heureusement qu’il aime le cyclisme !

Michel Escatafal

08/06/2010

Une bourde de trop pour un membre du gouvernement!

Dix morts hier, dont un soldat français plus deux blessés dont un grave, deux morts supplémentaires encore ce matin, c’est la guerre en Afghanistan comme on essaie de nous le faire oublier. D’ailleurs il suffit de lire les dépêches des agences de presse ou des journaux pour s’apercevoir qu’on parle toujours de l’Afghanistan et jamais de la guerre en Afghanistan. Il est vrai que si nous sommes là-bas, c’est pour y exporter nos valeurs ! Avec un tel argument qu’est-ce qu’on peut dire de plus ? En attendant nos jeunes soldats meurent, et s’ils se sont engagés ce n’était pas pour aller se faire tuer pour des gens qui ne veulent ni de nous, ni de notre civilisation, ce qui est bien leur droit. A noter qu’à la fin de l’été le prix Nobel de la Paix, Barack Obama, aura fait passer le nombre de soldats étrangers de 130.000 à 150.000 hommes, ce qui n’empêche pas de voir les pertes augmenter. Je suis désolé de me répéter, mais cette guerre qui ne dit pas son nom, je ne la supporte pas, et je ne comprends pas qu’on n’en parle pas davantage dans les journaux…mais aussi dans les formations politiques, en dehors bien sûr de l’UMP qui n’a pas voix au chapitre.

Revenons à présent en France, et essayons de voir quel est le ministre le plus incompétent du gouvernement de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Disons tout de suite que c’est une tâche très difficile, tellement les membres de ce gouvernement nous ont habitués à toutes sortes de bourdes, y compris les plus inimaginables. Lequel pourrait ressembler à l’image que l’on se fait d’un ministre responsable ? Peut-être le ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire, bien qu’il soit né à des années-lumière de la campagne, mais qui a pour lui une bonne approche des affaires européennes. Avant il y avait Martin Hirsch, mais il est parti de lui-même semble-t-il. Il est vrai que ceux qui l’ont connu se demandait bien ce qu’il pouvait « faire dans cette galère » pour parler comme Molière. Et après je n’en vois pas d’autre, à part peut-être Nathalie Kosciusko-Morizet. C’est peu il faut l’avouer, surtout quand on pense à « la dream team » qu’on nous avait promis qui en fait est plutôt une « nightmare team ».

En tout cas Rama Yade ne dépare pas dans cette équipe, puisque même sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, a été obligée de la recadrer, comme on dit dans les radios et à la télévision. Se faire rappeler à l’ordre par Roselyne Bachelot, il faut le faire ! Il est vrai que Rama Yade s’est attaquée à ce que les Français considèrent comme « une vache sacrée », l’équipe de France de football. Sa sortie sur le luxe de l’hôtel dans lequel se trouvent les joueurs français pour préparer et disputer la Coupe du Monde à partir de vendredi, était d’autant moins bienvenue que personne jusque-là ne s’en était préoccupé. D’ailleurs même les plus acharnés des supporters ne connaissaient pas le nom de cette résidence…parce qu’ils s’en moquent. Les supporters, comme ceux qui le sont moins, ne demandent qu’une chose aux joueurs de l’équipe de France, aller le plus loin possible dans la compétition. Tout le reste ce ne sont pour eux que billevesées !

Cela dit, le plus grave dans cette affaire est que la secrétaire d’Etat aux Sports s’est ridiculisée et à brocardé sa fonction ministérielle. En outre le fait qu’elle ait souligné le clinquant de l’hôtel des Bleus fait plutôt rire,  au moment où plusieurs ministres se sont fait épingler récemment pour utilisation abusive de jets privés, sans parler des affaires de logements de certains ministres mises à jour par le Canard Enchaîné. A ce propos, Martin Hirsch comme Marie-Anne Montchamp, n’ont jamais utilisé cette possibilité, ce qui donne encore plus de crédit à leurs remarques indiquant qu’à part les fonctions régaliennes (Matignon, Intérieur et Défense), il n’y a aucune justification aux logements de fonction des ministres.

Tout cela a autorisé certains joueurs ou dirigeants de la Fédération Française de Football d’ironiser sur la remarque de la secrétaire d’Etat aux Sports, sans parler de la presse étrangère dans laquelle on a pu lire qu’il y avait « populisme déplacé et opportunisme politique » de la part de Rama Yade. Cela étant, au vu des réactions un peu partout en France, l’opportunisme politique s’est transformé en Bérézina pour Rama Yade, laquelle au lieu d’essayer d’adopter profil bas en attendant que le soufflet retombe, en a rajouté une couche en invitant « à la sérénité »…alors que c’est elle précisément qui en a manqué. Manifestement elle ne comprend pas grand-chose au sport de haute compétition, ce qu’elle n’avait pas besoin de démontrer.

En tout cas à quelque chose malheur est bon! Voilà les Bleus déchargés bien involontairement d’un peu de pression. S’ils sont éliminés prématurément ils pourront toujours invoquer cette polémique, et s’ils vont loin dans la compétition tout le monde se félicitera du choix des dirigeants de notre football. Dans tous les cas de figure, c’est Rama Yade qui aura eu tout faux ! Un dernier mot enfin, et pour une fois je serais d’accord avec Marie-Georges Buffet, ancienne ministre des sports communiste, qui estime à juste raison « qu’on ne peut pas d’un côté donner plus de pouvoir à l’argent dans le sport et puis ensuite, naïvement, s’étonner que le l’équipe de France soit dans un cinq étoiles ».  Sa remarque rejoint celle du porte-parole socialiste Benoît Hamon, lequel fait remarquer à Rama Yade qu’elle est la secrétaire d’Etat qui a permis, entre autres, la libéralisation des paris en ligne. Que de contradictions de la part de Rama Yade, mais aussi de ce gouvernement qui ne cesse de dire et de faire à longueur de temps tout et son contraire. En tout cas ce n’est pas en Italie, en Espagne ou en Allemagne que pareille polémique aurait été déclenchée. Il est vrai que monter les Français les uns contre les autres est devenu un sport national.

Michel Escatafal