12.05.2008

Ah les réformes...!

341772881.jpgCette semaine devrait être une semaine sociale agitée avec plusieurs grèves touchant la fonction publique et notamment l’enseignement. Cela va nous valoir d’entendre parler pour la énième fois du mot « réforme ». Nos gouvernants, au pouvoir depuis un an, n’ont que ce mot à la bouche en essayant de nous convaincre ou de se convaincre que les Français souhaitent « que l’on continue les réformes ». Ils ont même été jusqu’à dire que la défaite aux élections municipales était due au fait que « les réformes n’allaient pas assez vite ».

Nous n’allons pas revenir sur ces élections qui sont déjà rangées au rang des oubliettes pour le gouvernement, mais plutôt voir ce que signifient  réellement les  mots réforme et réformer. Réformer, cela veut dire changer, corriger, innover, modifier ou transformer. Avec des réformes, effectivement, on peut transformer la société. Et si celle-ci doit être transformée, cela doit se faire au bénéfice de tous, et non à celui de quelques uns. C’est ce qu’on a essayé de faire entre 1976 et 1981, mais aussi entre 1981 et 1983. On ne s’y est peut-être pas toujours pris comme il eut fallu qu’on le fît, notamment entre 1981 et 1983, mais on a essayé de faire bouger les choses pour que ceux qui travaillent bénéficient en partie des fruits de leur travail.

Aujourd’hui, tel n’est pas le cas. Tout est fait pour que cette transformation de la société se fasse au profit exclusif de quelques uns, comme en Angleterre  ou aux Etats-Unis, au point même que des grands capitalistes comme Claude Bébéar s’inquiètent de voir la recherche de profits sans rapport avec la réalité économique, « tuer le capitalisme ». La formule est exagérée et Claude Bébéar le sait bien, car le capitalisme est encore loin de sa mort, mais si un grand patron manifeste cette inquiétude c’est qu’au fond de lui-même il sent bien que les excès du capitalisme sont ses pires ennemis. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui commencent à se poser des questions sur les énormes profits réalisés par de nombreuses firmes multinationales, avec les non moins énormes salaires de leurs dirigeants et ce d’autant plus, que la rigueur salariale est le maître mot de ces dirigeants.

Comment en effet est-il possible pour ces derniers de s’attribuer une rémunération de 7, 8 ou 10 millions d’euros par an, alors que le salarié moyen va toucher entre 15 et 20000 euros. Et encore avec 20000 euros annuels, beaucoup diront que cette personne est bien payée.  Il y a peu encore, entre le salaire d’un PDG d’une grande entreprise et le salaire d’un secrétaire-comptable  il y avait un rapport allant de 1 à 20, et c’était loin d’être le cas dans toutes les grandes sociétés, car c’était souvent moins. De nos jours, ce rapport est passé de 1 à 500 voire même plus ce qui est tout simplement scandaleux, pour ne pas dire honteux pour ceux qui en bénéficient. Cependant, ce sont ces gens-là qui bénéficient plus que tous autres  des réformes mises en œuvre par Nicolas Sarkozy et ses amis.

Cela étant, comment pourrait-il en être autrement avec un président de la République qui admire et envie les riches, ne pense qu’à travers l’argent ? La soirée du Fouquet’s, l’escapade à Malte sur le yacht de Vincent Bolloré, ont été les exemples emblématiques de cette frénésie de vivre et de paraître riche. Certains à sa place pourraient avoir ce type de sentiments, mais refuseraient de le montrer comme le font souvent les vrais riches, c’est-à-dire ceux qui ont toujours vécu de cette manière. Nicolas Sarkozy au contraire, n’ayant jamais gagné beaucoup d’argent par lui-même, assume ce désir d’accumulation échevelée de numéraires. Ainsi il pourra se payer les plus belles voitures, les plus belles montres… C’est quand même une première dans l’histoire de notre République !

Cela dit, revenons  à mon propos initial sur les mots réforme ou réformer. Nous avons vu que réformer c’est transformer, mais c’est aussi  corriger. Hélas, cette correction se fait toujours dans le même sens. Là se situe le problème quand on ne fait pas partie des quelques privilégiés qui bénéficient par exemple du bouclier fiscal, ce qui va leur permettre de payer moins d’impôt sur la fortune. L’ennui c’est que ceux-là sont une infime minorité de la population, alors que tous les autres vont au contraire payer davantage… pour des prestations inférieures. Si seulement il fallait donner plus pour avoir plus, ce serait un moindre mal. Non, c’est donner  plus pour avoir toujours moins, alors que les milliers de privilégiés dont je parlais donnent moins pour avoir beaucoup plus. Les réformes en cours, je le répète, c’est cela et rien d’autre.

Comment s’étonner dans ces conditions que ce que l’on appelait autrefois la classe moyenne se réduise chaque année, chaque mois, un peu plus. Cette classe sociale était jusqu’au début des années 90  une force de cohésion pour le pays. Elle n’était pas riche au vrai sens du terme, mais elle vivait convenablement et elle pouvait aider ses enfants à s’élever dans la société en leur permettant de faire de longues études. Elle pouvait compter aussi sur le soutien de l’Etat pour l’aider. Les organismes sociaux et les fonds qui leur étaient attribués participaient de cet effort. Bref, la société toute entière était mobilisée et l’ascenseur social fonctionnait tant bien que mal.

De nos jours ce n’est plus le cas. Toutes les soi-disant réformes de Nicolas Sarkozy vont dans le sens d’une solidarité réduite à néant. Si on veut se soigner, il faut payer davantage. Si on veut voir ses enfants faire des études, il faut se débrouiller pour trouver les ressources nécessaires avec pour solution faire un prêt auprès d’une banque pour financer ces études, à condition toutefois que la banque accorde le prêt. Tout cela débouchant sur un emploi, vers l’âge de 25 ans, le plus souvent sous-payé et sans grandes perspectives de promotion. Enfin plus que tout, il y a la précarité institutionnalisée pour le plus grand plaisir du patronat. Le gouvernement veut libérer l’emploi, mais au seul profit des entreprises,  et non pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés. On s’en serait douté !

L’emploi libéré c’est aussi pour un employé, un technicien, un ingénieur l’obligation d’être souple, d’accepter de faire des heures supplémentaires si, et seulement si,  l’entreprise l’estime nécessaire, d’être sans cesse dans l’obligation de se remettre en question pour…voir souvent cette même entreprise délocaliser ou restructurer ses activités. Bien évidemment en disant cela je mets à part les petites PME, dont les dirigeants sont souvent les premières victimes de cette transformation de la société. Eux se battent pour maintenir l’emploi dans leur village ou leur petite ville mais eux, personne ne les écoute parce qu’ils n’ont ni puissance, ni richesse.

Il n’y a pas si longtemps, un peu plus d’une vingtaine d’années, la majorité des Français ne se faisait aucun souci pour son avenir professionnel, ni même pour l’avenir de ses enfants. Aujourd’hui, tout le monde (ou presque) s’inquiète car tout ce qui était garanti ou acquis plus ou moins formellement est en train de se réduire à néant, au nom de la modernité et du réalisme économique. Les caisses de l’Etat sont vides disent en cœur nos gouvernants, mais qui les a vidées ? Et pourtant depuis quelques années, l’Etat n’a jamais été aussi peu présent là où le besoin s’en fait sentir, et en plus cette tendance va s’accentuer avec les réformes.

Ah réformer !  Quelle hypocrisie pour faire avaler aux Français la lente décomposition de leur modèle social avec les effets pervers que cela engendre pour les chômeurs, les retraités, les salariés, les malades etc. Espérons que les Français comprendront, le moment venu, vers quels abîmes les conduit cette politique ô combien inégalitaire. Espérons aussi qu’ils réaliseront que le Mouvement Démocrate est sans aucun doute la seule formation politique capable avec son projet d’allier croissance et solidarité.

Michel Escatafal

08.05.2008

Il devient pathétique !

1895814530.jpgCe matin en écoutant la radio,  j’ai entendu qu'hier  Nicolas Sarkozy s’en était  pris  violemment  à Jacques Chirac au cours d’une réunion avec les députés UMP. Cela devient obsessionnel,  et s’il continue notre minuscule président va finir par faire regretter Chirac qui, reconnaissons-le, avait au moins maintenu une certaine indépendance de la France en matière de politique étrangère. Mais Jacques Chirac n’a pas été le seul à subir les foudres du président de la République. Celui-ci  s’en est pris aussi à Dominique de Villepin, il fallait s’en douter, et … à plusieurs journaux qui ont l’outrecuidance de ne pas applaudir béatement  à toutes ses décisions politiques. Toutefois, certains font toujours preuve de la même complaisance à l’égard de Nicolas Sarkozy, Paris-Match par exemple, puisqu’il  paraît que sa nouvelle épouse  a été partie prenante du reportage marquant le premier anniversaire de l’arrivée à l’Elysée de notre président. On croit rêver !

Le malheur, c’est que nous ne rêvons pas. C’est bien Nicolas Sarkozy qui est  président de la République pour quatre ans encore et, comme je le dis souvent ici-même, il y a de quoi être inquiet,  pour ne pas dire plus, quant aux résultats de sa politique à horizon 2012. D’ailleurs nous ne sommes pas les seuls à l’être, car la Commission européenne l’est autant que nous en ce qui concerne notamment les finances publiques.  A ce propos, en réponse à plusieurs courriels m’accusant de faire de l’antisarkozysme primaire, je voudrais préciser que je ne me réjouis nullement d’avoir eu raison dès le mois de juin à propos des méfaits de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy car ce sont les Français, et les plus vulnérables d’entre eux en premier, qui en subissent les conséquences.

Dans tous les domaines le fiasco est total. Encore hier le ministre des Affaires étrangères, ce pauvre Bernard Kouchner, s’est fait surprendre en flagrant délit d’ignorance sur France Inter quand il a dit : « il y a un gros livre de (l’organisation de défense des droits de l’Homme) Human Rights Watch qui paraît tous les ans pour faire l’état des droits de l’Homme dans le monde : la Tunisie n’y figure même plus ». Or la Tunisie figure bien encore dans ce livre. L’ennui, c’est que ce type de couac est monnaie courante avec ce gouvernement qui, à quelques exceptions près (Nathalie Kociusko-Morizet, Alain Joyandet),  est composé de gens pour le moins incompétents dans les fonctions qu’ils occupent.

Dans ces conditions, il n’est pas  étonnant que certains organes de presse aient envisagé pour François Fillon une reconversion à la tête... de la Fédération Internationale Automobile, quand il aura quitté ses fonctions de Premier ministre. C’était bien sûr une plaisanterie ou un simple fantasme de notre Premier ministre,  car en tant qu’amateur de sport automobile, je ne veux surtout pas voir Monsieur Fillon président de la FIA. Cela dit, quitte à avoir un poste, il le vaudrait mieux là qu’à Matignon car les responsabilités ne sont pas tout à fait les mêmes. Malgré tout, je pense quand même à la sécurité des pilotes, à celle des spectateurs etc.

Trêve de plaisanterie, on aura quand même tout vu en très peu de temps avec Nicolas Sarkozy au pouvoir. Pour une rupture, c’en est une même si ce n’est pas celle  que nous souhaitions. Il y a un an, nous entendions des phrases du genre : « Je serai le président du pouvoir d’achat », « je serai le président des droits de l’homme », « je nommerai les plus compétents » etc. Tout cela aujourd’hui appartient au passé, mais pas pour tout le monde et c’est pour cela que contrairement à ce que pensent de nombreux observateurs, Nicolas Sarkozy ne peut pas rebondir.

Rappelons-nous ce qui s’est passé avec Jacques Chirac et sa fameuse « fracture sociale ». Elle l’a aidé à être président de la République, mais elle a plombé tout le reste de son temps à l’Elysée. Et il n’y aura pas à chaque élection un épouvantail nommé Le Pen pour faire illusion quelque temps encore. Nicolas  Sarkozy a tellement promis qu’il a suscité de l’espoir jusque dans les pays africains. Les démocrates africains  comptaient beaucoup sur lui pour faire avancer les droits de l’homme dans des pays traditionnellement très proches de la France.  Ils espéraient, naïvement, qu’il resterait quelque chose des fortes paroles prononcées par un homme à qui rien ne semblait résister. Ils espéraient…

A présent, comme la grande majorité des Français, ils sont déçus et se sentent floués, trahis par un homme qui s’est servi d’eux pour arriver au pouvoir.  C’est ce qui explique l’ampleur du rejet que suscite toute action ou initiative prise par Nicolas Sarkozy. Il y a, au mieux  de la méfiance dans tout ce qu’il entreprend,  et cela se ressent aussi dans les relations internationales. Heureusement que notre pays est protégé par son appartenance à l’Union Européenne et à la Zone euro, ce qui limite les dégâts d’une politique aussi désastreuse.  Quelle merveilleuse idée ont eu les pères fondateurs de l’Europe, et que ne l’ont-ils eu auparavant ?

Michel Escatafal

27.04.2008

On ne peut pas les comparer...

135458605.jpgMis à part la presse anglaise qui fait nettement la différence, la plupart des médias européens ont à mon avis la fâcheuse habitude de comparer Valéry Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy. C’est outrancier car ils sont quand même très différents. Certes, quand il est devenu président de la République, VGE a largement utilisé les médias à son avantage, créant même plusieurs chaînes de télévision concurrentes à la place de l’ORTF (TF1 et Antenne2 notamment), mais il leur a laissé plus d’autonomie qu’elles n’en avaient jamais eu jusque là. On se rappelle à ce propos la formule de Georges Pompidou, « l’ORTF c’est la voix de la France !».  Aujourd’hui les quelques journalistes qui restent de cette époque doivent se dire que cette autonomie a en grande partie disparu, comme en témoigne la dernière intervention télévisée de Nicolas Sarkozy cette semaine.

Certes aussi  Valéry Giscard d’Estaing, à l’époque très jeune président de la République, affichait constamment son besoin de plaire,  et semblait avoir atteint avec cette accession à la magistrature suprême à une forme d’extase. Il avait également, dans ce contexte, le désir de vouloir faire toutes « les réformations » possibles, comme on disait à l’époque de Louis XIV, pour laisser une trace indélébile dans l’histoire. De fait, rien qu’avec la loi sur l’IVG de Simone Veil, tout le monde lui accorde le label de réformateur. De plus, après deux années très difficiles avec Jacques Chirac comme Premier ministre, notamment sur le plan économique, il aura le génie et le mérite de confier les rênes du gouvernement à Raymond Barre qui fut celui qui transforma le plus et le mieux la société française au cours des 50 dernières années.

Nicolas Sarkozy, lui aussi élu jeune à la présidence de la République, a commencé son quinquennat sur les mêmes bases que VGE. Les médias étaient quasiment tous avec lui et derrière lui et, après 12 ans de présidence Chirac, le peuple avait l’irrépressible envie de voir bouger la société française. Alors, après une campagne menée tambour battant où le candidat Sarkozy promettait tout pour tous,  l’attente était considérable. Elle l’était d’autant plus que des promesses avaient été faites sur des sujets très sensibles, par exemple le pouvoir d’achat. Le nouveau président avait aussi promis la rupture partout,  au point que beaucoup s’imaginaient que le fonctionnement de l’Etat et de notre société allaient en être changé profondément.

Le problème c’est que Nicolas Sarkozy avait mal évalué la situation, celle-ci étant de surcroît très mouvante dès l’été 2007. Comme à l’époque de l’arrivée au pouvoir de VGE, les difficultés économiques à l’échelle planétaire se faisaient sentir avec de plus en plus d’insistance. Le prix du pétrole augmentait dans des proportions inquiétantes, la crise des crédits hypothécaires américains commençait à exercer ses ravages, et le dollar s’affaiblissait face aux principales monnaies. Malgré tous ces avertissements, le président de la République faisant fi de la contrainte extérieure décidait de mettre en place immédiatement le paquet fiscal. Funeste erreur qui n’est pas sans nous rappeler celle que le couple Giscard-Chirac avait faite en 1974 en faisant une relance par le déficit. Les plus anciens se souviennent des résultats désastreux de cette politique.

Mais la comparaison s’arrête là entre les deux hommes, ce qui explique que le rejet de VGE ait été moins brutal que celui de Nicolas Sarkozy aujourd’hui. Tout d’abord même si VGE s’est autorisé quelques mises en scène démagogiques, comme s’inviter à diner chez des Français lambda, il n’a jamais exposé sa vie privée comme l’a fait l’actuel président. De plus Anne-Aymone Giscard d’Estaing, son épouse, est une grande dame  et jugée comme telle par tout le monde. Ensuite VGE savait s’entourer et savait déléguer si le besoin s’en faisait sentir, comme il l’a démontré dans son mode de fonctionnement avec Raymond Barre. Hélas pour lui, Nicolas Sarkozy n’a pas de Raymond Barre dans son entourage et même s’il en avait un, nul doute qu’il ne le nommerait pas Premier ministre. Enfin, Valéry Giscard d’Estaing avait su, avec Raymond Barre, se construire une majorité sur mesure malgré l’opposition de Chirac et du RPR à partir de 1976.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy semble beaucoup plus que Giscard entre 1976 et 1981, à l’abri d’une fronde parlementaire, ne serait-ce que parce qu’il était le président de l’UMP, mais ce n’est qu’une apparence. En effet, s’il a réussi à s’emparer  aussi facilement  du parti gouvernemental au détriment de Chirac, c’est parce que ce parti n’est pas d’une fidélité exemplaire. C’est aussi parce que ce parti est très à droite, pour beaucoup de députés à la lisière du Front National. C’est grâce à eux qu’il a réduit presque à néant l’influence électorale de l’extrême-droite, et récupéré des voix des déçus de la gauche qui avait fini par voter Le Pen. Cependant cet électorat n’est pas une « assurance tout risque » pour le président de la République, comme il a pu le constater aux élections municipales. Il l’est d’autant moins que ces gens sont loin d’être des nantis.

Or jusqu’à présent, et contrairement à Valéry Giscard D’Estaing pendant son septennat, Nicolas Sarkozy n’a gouverné (et réformé comme il le dit sans arrêt) qu’au profit exclusif des couches les plus favorisées de la population, au point que ce sont toujours les plus démunis qui font les frais de chaque réforme. Qu’arrivera-t-il le jour où il devra faire des choix de justice sociale parce que la situation l’exigera ? Et bien, ce qui est arrivé à Jacques Chirac quand il a voulu imposer certaines réformes jugées nécessaires : les parlementaires et élus UMP le quitteront pour se jeter dans les bras de quelqu’un d’autre, pourquoi pas un Juppé ou un de Villepin surtout s’ils retrouvent la popularité qui sied si bien à ceux qui ont quitté le pouvoir depuis un certain temps. En politique, tant qu’on est vivant, on ne meurt jamais, et ce que je dis là n’est pas une lapalissade.

Voilà pourquoi, en tant qu’adhérent et militant du Mouvement démocrate, je garde l’espoir pour l’avenir. Si dans notre mouvement nous savons clarifier les choses, si nous restons nous-mêmes sur une ligne à la fois réaliste et réformatrice, si nous dépassons les inévitables querelles de personnes, si François Bayrou fait confiance à ceux qui sont prêts à se battre pour lui, et non à ceux qui espèrent obtenir les faveurs d’un mandat électif, alors notre discours deviendra très rapidement audible. Après tout le programme présidentiel de notre leader est plus que jamais d’actualité, avec comme priorité le rétablissement des équilibres budgétaires et la diminution de la dette, mais aussi l’aide aux PME créatrices d’emplois, des mesures pour l’école afin de vaincre l’échec scolaire, assurer une protection efficace contre les grands risques et les aléas de la vie, et prendre en compte les impératifs écologiques. Tout le contraire de ce que propose Nicolas Sarkozy.

Michel Escatafal

25.04.2008

Il a parlé, mais pour dire quoi?

1114332789.jpgAprès un tintamarre sans précédent au cours des derniers jours afin que les téléspectateurs regardent l’émission consacrée à Nicolas Sarkozy, ce dernier a parlé. Il a même parlé plus que prévu puisqu’il a dépassé l’horaire initial. Mais qu’a-t-il dit ? Rien que nous ne sachions déjà. Il a fait un nouveau catalogue de promesses, il a fait un semblant d’autocritique, et il a redit qu’avant lui ses prédécesseurs n’avaient rien fait ou presque. Il a continué à utiliser le JE, pour bien montrer qu'il était le patron, après avoir fait preuve de faiblesse au moment des couacs gouvernementaux. Enfin il a, comme à son habitude, posé à la fois les questions et les réponses chaque fois qu’il était un peu en difficulté. Voilà le résumé de l’émission tel que l’a ressenti un Français lambda.

A ce propos, je ne suis pas sûr que tous les téléspectateurs soient allés au bout de cette interminable interview, dont on nous disait encore une fois qu’elle renouvelait le genre parce qu’ils étaient cinq à interroger le président de la République. En fait elle ne renouvelait pas grand-chose, sauf à dire que jamais on était allé aussi loin dans le culte de la personnalité, y compris à l’époque de l’ORTF. Jamais en effet, un président n’avait mobilisé à la fois les deux plus grandes chaînes de télévision pour… autocélébrer l’anniversaire de son arrivée au pouvoir. Cela aurait pu se comprendre si la situation internationale l’exigeait, mais là…

Je ne vais bien sûr pas faire l’inventaire, ni le résumé, de ce qu’a dit Nicolas Sarkozy car les radios, télés et journaux s’en chargent allègrement. Simplement, je veux souligner que ce n’est pas avec ce qu’il a dit et répété hier soir que les Français retrouveront le moral, même si ceux qui l’interrogeaient ont tout fait pour l’aider à se mettre en valeur. A ce propos, j’ai trouvé très étonnant d’entendre ce matin des commentateurs dire que «le président avait bien bossé son sujet », comme si ce n’était pas la moindre des choses. Il n’a fait que ce que font tous ceux qui doivent « plancher » devant un auditoire, avec le risque supplémentaire d’avoir une question embarrassante de la part d’un interlocuteur content de mettre en difficulté le conférencier, ce qui ne risquait pas d’arriver au président de la République.

Mais au fait quels sont les principaux sujets sur lesquels les Français attendaient de voir Nicolas Sarkozy fixer un cap, à la fois clair et lisible, pour la suite du quinquennat ? Tout d’abord les réformes dont on nous rebat sans arrêt les oreilles, et  à propos desquelles les chiffres varient considérablement d’un observateur à l’autre, voire même à l’intérieur de la majorité. Pour l’UMP, 39 réformes ont été mises en œuvre  depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Pour les membres du gouvernement et pour Nicolas Sarkozy lui-même, ce n’est pas 39 mais 55. Mais pour d’autres, en comptant celles en cours de réalisation, c’est le chiffre de 98 qui est le bon. Bref, on navigue à vue…sans boussole.

Une chose est sûre en tout cas : les Français sont « malcontents », pour parler comme à l’époque du règne de Louis XIV. Pourquoi ? Si l’on en croit le président de la République, c’est tout simplement parce que des erreurs de communication ont été commises. Les Français n’étant pas assez grands ou assez intelligents pour comprendre l’ampleur des réformes, il a fallu leur expliquer et on n'a pas su le faire. Cela concerne aussi les députés UMP, dont certains estiment « que des choses importantes ont été faites, mais que la ligne de force n’arrive pas à se dégager ». Pour d’autres proches du président le constat est encore plus accablant, parce que les gens savent qu’il y a des réformes, mais ils ont l’impression que la situation non seulement ne s’améliore pas, mais qu’elle devient chaque jour plus difficile. Ceux-là n’ont vraiment rien compris !

En fait, et là c’est moi qui parle, les Français à qui l’on avait dit que tout était possible s’aperçoivent qu’on leur a menti, et que l’on revient sur tout ou presque de ce qui devait être fait. Un exemple significatif : pendant toute sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’a cessé de vilipender les 35h, et il a d’ailleurs recommencé hier soir. Mais pourquoi ne les abroge-t-il pas puisqu’elles sont la source de tous les maux de l’économie française ? Idem pour le code du travail qui devait être réformé pour aboutir à un contrat unique. Sur tous ces sujets les Français sentent bien  qu’au-delà des slogans ou des incantations, le président de la République ne peut masquer son impuissance et la vacuité de son discours.

On a l’impression que tout est fait dans l’improvisation, sans vraie priorité, ni ligne idéologique claire qu’il s’agisse de la santé avec la réforme des hôpitaux, l’éducation, le logement, la constitution, la défense, l’agriculture et la pêche etc. Dès qu’un problème surgit quelque part, le président court avec à ses trousses toutes les chaînes de télévision, et il promet de régler le problème sans trop savoir réellement de quoi il s’agit. On l’a vu pour l’usine Arcelor-Mittal de Gandrange, mais aussi pour les revendications des pêcheurs bretons sur les prix du carburant avec, chaque fois, une déception exacerbée par des annonces irresponsables parce qu’impossibles à tenir.

Personne ne s’étonnera après cela de voir des gens sérieux verser dans la crainte de voir notre pays aller vers une catastrophe majeure, notamment sur les plans économique, budgétaire et social. En tout cas, tous les ingrédients sont réunis pour qu’il en soit ainsi. Qui va payer les pots cassés ? Tous ceux qui ont de plus en plus de mal à vivre ou à survivre,  frappés de plein fouet  par la hausse des prix sur les produits alimentaires de base, mais aussi sur les carburants, le gaz etc. De plus, si on met en place un dispositif censé  aider les gens à mieux faire face aux difficultés de la vie, c’est aussitôt pour mieux supprimer un avantage  obtenu quelques années auparavant. Les exemples ne manquent pas en ce moment. Dans ces conditions, ce ne sont pas les belles paroles distillées dans une émission télévisée qui vont calmer les inquiétudes. Nicolas Sarkozy ferait bien d’y prendre garde.

Michel Escatafal

16.04.2008

Quand l’abject le dispute à la honte…

1928625534.jpgAu moment où le président de la République soutient fermement les athlètes français dans leur démarche de porter le badge sur lequel est inscrit « pour un monde meilleur », au point de leur proposer un déjeuner à l’Elysée, la France est en train de se couvrir de honte dans sa chasse aux étrangers en situation irrégulière. Il est d’ailleurs extrêmement curieux, pour ne pas dire symptomatique, de voir à quel point la plupart des médias se désintéressent de la chose. Il est vrai que, pour eux, les Français ont d’autres préoccupations en ce moment, notamment l’augmentation des prix qui diminue leur pouvoir d’achat.

Pourtant ce traitement infligé à des gens dont le seul défaut est d’avoir fui leur pays, parce que celui-ci ne pouvait plus leur permettre de survivre, est tout simplement scandaleux et indigne de notre histoire. Outre le fait que nos gouvernants devraient se poser la question de savoir pourquoi ces pays sont incapables de garder leurs ressortissants, ils devraient surtout se rappeler que la France est le pays des droits de l’Homme.

C’est quand même l’Assemblée nationale constituante qui a résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, le 26 août 1789 avec  comme article 1er : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Mais l’article 12 est également  très clair, même si certains vont me dire que j’en fais une interprétation personnelle : « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique. Cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ».

Or que constate-t-on dans les misérables dispositifs mis en place par Nicolas Sarkozy, appliqués aujourd’hui par Brice Hortefeux, et votés par l’Assemblée Nationale ? Que la force publique n’est pas au service de tous, et qu’elle sert essentiellement à ceux à qui elle est confiée. Dit autrement, elle permet à ceux qui nous gouvernent depuis le 6 mai dernier, d’afficher des résultats qui  montrent qu’on tient les promesses que l’on avait faites, faute de tenir celles concernant le pouvoir d’achat, le droit au logement, l’enseignement ou la recherche. Comme s’il était glorieux d’atteindre des objectifs d’expulsion d’étrangers assimilés à du gibier !

Après avoir chassé sur les terres du Front National, on applique ce qui a si longtemps été préconisé par ce parti xénophobe et populiste. Pour cela on utilise les pires procédés mis à disposition par une majorité veule et avachie, à savoir tendre un piège à des étrangers en situation irrégulière pour mieux les interpeller et les expulser dans la foulée. C’est abject et j’ai honte pour mon pays, car cela faisait bien longtemps qu’on n’était pas allé aussi loin dans l’ignominie.

Mais le plus dramatique peut-être, c’est de voir que ce type de comportement ne suscite quasiment pas de réactions dans la population,  mis à part quelques militants d’associations ou de partis politiques d’opposition, même si l’on n’entend pas  beaucoup le Parti Socialiste sur le sujet. Quand on pense à tout ce qu’on peut dire en ce moment  sur les droits de l’homme  non respectés en Chine et au Tibet, ce qui au demeurant est  tout à fait vrai ! Cela étant, il est tellement plus facile de dénoncer ce qui se passe ailleurs, en refusant de voir la réalité  chez nous.  

Michel Escatafal

14.04.2008

Où va le Modem?

212736568.jpgDécidément le président de la République ne sent pas très serein en ce moment. En effet entre autres occupations, au milieu de la cacophonie générale qui habite son gouvernement, il est en train de manœuvrer en coulisses pour abattre définitivement le Mouvement Démocrate et son leader François Bayrou. Celui-ci est assailli de toutes parts après les résultats très mitigés que le MoDem a enregistrés lors des élections municipales. Il l’est d’autant plus que les derniers amis qui lui restaient s’en vont les uns après les autres, ou s’en prennent à lui pour mieux pouvoir le quitter le moment venu.

Triste constat qui n’est que la résultante de ce qui s’est passé aux dernières élections avec ces alliances impossibles que l’on a infligé à nos électeurs et à nos adhérents. J’ai toujours dit, ici même, que si François Bayrou devait avoir une chance de remporter l’élection présidentielle de 2012, ce serait au prix d’une union sans faille de son parti derrière lui. Or cette union n’existe pas au niveau des instances dirigeantes, pas davantage au niveau des élus, et elle est en train de voler en éclats chez les adhérents. Même les militants s’y mettent avec des groupes de francs-tireurs qui se croient soudain investis d’une mission, sans d’ailleurs savoir laquelle.

Mon goût pour l’histoire me fait penser à ce qui s’est passé en février 1793, quand tous les pays d’Europe se sont attaqués à la Révolution française, notamment l’Angleterre, la Hollande, l’Autriche et l’Espagne. Comme si la République risquait de mettre les rois des autres pays en danger ! Mais en plus, tous ces pays comptaient parmi leurs alliés des Français, les Vendéens. Qu’a fait la République pour lutter et résister à ce double ennemi, celui qui attaquait de l’extérieur et celui qui nous rongeait  de l’intérieur ? Et bien elle a organisé un gouvernement uni et déterminé à faire la guerre, et elle comptait sur les patriotes du faubourg Saint-Antoine qu’on allait appeler les « sans-culottes ».

Si je fais ce rappel historique que certains vont trouver exagéré, c’est pour bien montrer que François Bayrou n’a plus besoin de ces élus de toutes sortes qui ne pensent qu’à le quitter, parce qu’il ne peut pas leur apporter pour le moment les honneurs et les portefeuilles qu’ils attendent. Il n’a pas besoin non plus de gens de la société civile ou militaire fraîchement retraités, qui se disent que le MoDem est un bon strapontin pour faire une nouvelle carrière. Franchement j’enrage quand je pense que François Bayrou a fait de J.M. Cavada ou du général Morillon des députés européens. Je me dis qu’il y avait au sein de son mouvement (à l’époque l’UDF) des militants qui méritaient beaucoup plus cet honneur.

Il faut donc que notre leader s’appuie sur ceux qui le suivent, sans penser à une quelconque gratification électorale, sur ceux qui se sont battus pour lui au moment des dernières élections législatives ou municipales en sachant parfaitement qu’ils n’avaient aucune chance d’être élus, mais heureux de porter fièrement le drapeau orange de notre mouvement. Ce sont eux, et eux seuls, ces nouveaux « sans-culotte »  qui doivent être le levain qui permettra à François Bayrou de lutter à armes égales au moment de l’échéance présidentielle.

C’est sur ces gens là, et non sur des alliés de circonstance,  que François Bayrou doit s’appuyer lors des prochaines élections européennes et régionales pour remonter la pente, et augmenter significativement le nombre de nos élus. C’est avec eux qu’il élaborera sa stratégie électorale,  et c’est eux qui se battront pour remporter enfin une victoire significative comme les troupes de Jourdan le firent le 25 vendémiaire an II (16 octobre 1793) à Wattignies, ou celles de Marceau quand elles écrasèrent les Vendéens au Mans le 22 frimaire an II (12 décembre 1793). Qu’on ne s’y trompe pas,  je ne me prends pas pour Fouquier-Tinville, mais en revanche je veux bien être de ceux qui réclament la levée en masse de tous ceux qui veulent se mobiliser, pour amener un jour au pouvoir notre mouvement et son leader, car la France a, et aura de plus en plus besoin d’eux.

Je pense donc, plus que jamais, que le MoDem doit s’organiser en ordre de bataille autour de François Bayrou et éliminer tous ceux qui ont des arrière-pensées électoralistes. Franchement qu’est ce qu’un Cavada a pu apporter à l’UDF et au Mouvement Démocrate ? Rien de positif parce que d’une part il n’était ni adhérent, ni militant, et  parce que beaucoup d’entre nous (je n’étais pas le seul) savaient que  son apparentement était un tremplin pour être  propulsé à un poste important. D’ailleurs, dès qu’il a senti qu’il fallait attendre au minimum quatre ans il est parti rejoindre l’UMP, sans grande réussite au demeurant. Mais beaucoup d’autres ont fait ou sont prêts à faire de même.

Il faut donc créer une sorte de Comité de salut public, et décider que tous ceux qui se ne sentent pas bien dans le mouvement le quittent. Nous  n’avons pas besoin d’eux et ils sèment le trouble. Je suis sûr qu’il y en a encore beaucoup, notamment autour des instances dirigeantes, comme ceux qui veulent  que leur groupuscule continue d'exister. Cap 21, c’est combien de divisions en état de marche ? Si elles existent, elles ne font peur à personne. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre comment certains ont pu parler à propos du mode de fonctionnement du MoDem de « déficit démocratique », alors que précisément c’est un excès de démocratie qui permet à certains d’exister,  et de jouer un jeu pour le moins ambigu vis-à-vis de notre leader.

En conclusion, je demande instamment à François Bayrou de se pencher très rapidement sur la création de ce Comité,  que j’appellerais celui de la dernière chance, car le terme est moins révolutionnaire. Que ceux, élus et militants, qui n’accepteraient pas les directives de ce comité, aillent chercher ailleurs les honneurs et la reconnaissance que peuvent leur donner un Nicolas Sarkozy ou un François Hollande. A propos, que sont devenus les anciens centristes ralliés à l’UMP ? Quel est leur poids dans l’UMP ? Pour parodier Rouget de Lisle, je dirais que ces hordes étrangères ne font pas la loi dans leur nouveau foyer. Elles n’y font que de la figuration. Ce n’est pas moi qui les plaindrais.

Michel Escatafal

10.04.2008

Lettre à Nathalie Kociusko-Morizet

1137655979.jpgNathalie,         

Permettez que je vous appelle ainsi par votre prénom, même si nous ne nous connaissons pas. En tout cas je sais que vous appartenez à une famille qui a donné à la France plusieurs hommes politiques, dont certains appartiennent à l’histoire grâce à un passé de résistant qui honore notre pays. Et je comprends que tout naturellement vous ayez été atteinte du virus de la politique, même si votre remarquable cursus universitaire aurait pu, et dû,  vous amener à embrasser une carrière autre que la politique.

Personnellement j’ai toujours regretté que des universitaires brillants fassent don de leur personne  à la vie politique, parce que les services qu’ils peuvent y rendre sont infiniment inférieurs à ceux qu’ils pourraient offrir  à la société civile. Vous, par exemple, je suis persuadé que vous auriez fait merveille dans la recherche ou comme ingénieur du génie. Vous aviez le profil pour réaliser de grandes et belles choses,  ce qui vous aurait évité de vous perdre dans la vie de parlementaire, et aujourd’hui de ministre,  que vous avez choisie.

Au fait, pourquoi avez vous décidé d’imiter vos parents et grands-parents en entrant en politique ? Le goût du pouvoir ? Vous saviez bien que vous n’aviez qu’une chance infime de l’exercer réellement. En politique, ceux qui réussissent à avoir le pouvoir et donc à décider sont très peu nombreux, et vous êtes payée pour le savoir. D’ailleurs même votre patron, le président de la République ne l’a pas réellement ce pouvoir, sinon il n’aurait pas mis en place le paquet fiscal qui fait tant de mal à nos finances publiques. De même le Grenelle de l’environnement aurait débouché sur des décisions sans commune mesure, pour l’avenir de la planète,  avec celles que vous essayez d’imposer.

Cela m’amène évidemment à évoquer l’affaire qui vous concerne,  et qui confirme pleinement ce que je disais auparavant. Vous n’avez pas la plus petite once d’autorité  dans ce gouvernement qui, pour reprendre vos propos, est « une armée de lâches », alors que vous auriez pu dans des activités de  recherche ou industrielles être responsable de haut niveau dans une grande entreprise. Là vous auriez pu exercer vos talents qui, j’en suis sûr, sont grands. Le problème c’est que manifestement vous n’en aviez ni le goût, ni l’envie.

C’est une chose de lancer un appel dans un grand journal comme le Monde, mais cela en est une autre de diriger une entreprise ou un établissement car, dans ce cas, il faut réellement prendre ses responsabilités. Pour ma part j’ai aimé votre cri de colère contre le cumulard Jean-François Copé, qui a tellement d’activités annexes qu’il ne peut pas s’occuper sérieusement de son travail au Parlement, ou contre ce dilettante de Jean-Louis Borloo qui n’a aucun goût pour l’étude des dossiers liés à l’environnement. Comme vous le dites si bien, il se contente d’assurer le minimum et son minimum est plus que minime, j’en suis certain.

Mais si j’ai apprécié votre courroux face à ces politiciens professionnels,  j’ai en revanche beaucoup regretté la suite et plus encore la chute finale. Tout d’abord, je n’ai jamais apprécié que les femmes ou hommes politiques n’assument pas les propos qu’ils ont tenus, en affirmant qu’ils ne reflètent pas leur  pensée ou qu’ils ont été détournés de leur contexte. Dans le cas qui nous intéresse, il est évident qu’ayant pris à cœur votre mission, vous ne pouviez que manifester votre colère contre Jean-François Copé ou Jean-Louis Borloo. Cela signifie que le journaliste du Monde a fait son travail.

Ensuite, compte tenu de l’investissement qui a été le votre sur ce projet de loi sur les OGM, je trouve inacceptable que vous puissiez continuer à siéger au gouvernement avec votre ministre de tutelle, sous l’autorité d’un Premier ministre qui n’a pas hésité à vous rabrouer publiquement, et même à vous humilier en vous infligeant la punition suprême, apparemment, à savoir ne pas l’accompagner au Japon.  Et bien au contraire, vous devriez être fière de ne pas y aller comme vous devriez l’être de l’action que vous avez menée et des propos que vous avez tenus. Et vous devriez démissionner avec fracas, quitte à ce que votre carrière politique en souffre quelque peu.

Au fait pourquoi n’avez-vous pas démissionné ? Dans votre cas je ne pense pas que vous ayez besoin des émoluments de votre secrétariat d’Etat pour vivre. Ensuite, une femme aussi intelligente  que vous ne peut pas, et ne pouvait pas imaginer que Nicolas Sarkozy allait faire de la politique autrement, comme nous disons au Mouvement Démocrate. Alors je ne vois que l’attrait du pouvoir, mais du pouvoir vous avez la preuve que vous n’en avez pas. Malgré tout, compte tenu de ce que vous avez osé faire dans un premier temps, je ne vous en veux pas trop, d’autant que cela a dû être une épreuve très difficile de présenter des excuses à Jean-François Copé, plus éprouvante encore que de ne pas aller au Japon.

Veuillez croire, Nathalie, à l’expression de ma considération distinguée.

Michel Escatafal

09.04.2008

Grandeur et décadence, jusqu'où?

387746326.jpgIl y a peu la France était encore considérée comme une grande puissance, même si ce terme paraissait quelque peu pompeux compte tenu des nouvelles donnes internationales. En tout cas sa voix portait, comme nous avons pu le constater au moment de la guerre en Irak en 2003, au point même que certains se sont demandé  si Jacques Chirac n’avait pas été dépassé par l’ampleur de sa résistance à Georges Bush. Cela étant, la France n’avait fait que poursuivre sur la voie inaugurée par le général de Gaulle, avec une action diplomatique basée sur  l’affirmation par notre pays d’une volonté d’indépendance nationale.

Cela a permis à notre pays, pendant toutes ces années (1958-2007), d’être à l’origine de quelques institutions essentielles de l’Europe. La France comptait moins dans le monde qu’au début du 20è siècle, mais elle comptait encore suffisamment pour entraîner avec elle nombre de pays qui refusaient les diktats de Washington. Aujourd’hui qu’en est-il ? Et bien la voix de la France semble éteinte et chaque fois qu’on l’entend l’image est brouillée. Elle l’est d’autant plus que le changement dans nos relations extérieures a été à la fois profond et très rapide.

En quelques mois la France est devenue un pays dont le destin semble soudain lié à celui des Etats-Unis, pour le meilleur et surtout pour le pire et ce, au moment où les Etats-Unis achèvent la première partie d’une campagne électorale qui va durer jusqu’en novembre, avec les incertitudes que l’on connaît. Mais la France, quoiqu’en pense Nicolas Sarkozy et quoi qu’il puisse faire, ne sera jamais l’interlocuteur privilégié des Américains au même titre que la Grande-Bretagne, allié docile et traditionnel depuis plus d’un siècle. Tout au plus, Nicolas Sarkozy sera considéré par Washington comme un interlocuteur taillable et corvéable à merci, prêt à accomplir les sales besognes pour avoir les faveurs du grand frère protecteur.

Nous l’avons vu récemment à propos des renforts à envoyer en Afghanistan, liée à  la réintégration de la France dans les instances de l’OTAN. A ce propos, j’en profite pour dire mon désaccord avec François Bayrou sur le fait qu’il ait refusé de censurer le gouvernement. C’est bien de savoir voter oui quand cela va dans le bon sens, c’est bien de n’être pas un opposant systématique, mais c’est mieux de dire non quand tout indique que le gouvernement actuel est en train de « vassaliser » la France, ce qu’elle a rarement été dans sa longue histoire. J'espère que nous aurons une explication de la part du leader de notre mouvement, même si l'on peut penser qu'il a de bonnes raisons pour motiver ce choix pour le moins contestable.

Pour ce qui les concerne, les députés UMP (à l’instar des ministres) n’ont vraiment aucun libre-arbitre ou manquent tout simplement de courage. Combien de députés UMP ont  voté la censure et mélangé leurs voix avec celles de l’opposition, malgré leur désaccord avec cette nouvelle politique extérieure?  Un seul, le député souverainiste Dupont-Aignan qui est resté fidèle à lui-même, au contraire de certains autres qui se veulent contestataires, comme un certain Lucca que l’on voit partout en ce moment,  y compris dans les manifestations liées aux Jeux Olympiques et aux évènements du Tibet, mais qui est bien incapable de manifester son indépendance vis-à-vis de son parti, préférant se réfugier derrière le fait que c’est le PS  qui a déposé la motion de censure. Mais qui donc aurait pu déposer une motion de censure en dehors du PS ? Ce Lucca prend ses électeurs et les Français pour des imbéciles.

A propos des Jeux Olympiques et des problèmes inhérents au parcours de la flamme, et pour revenir à notre sujet initial, la démonstration est faite que la France a tout faux dans sa nouvelle approche diplomatique.  J’ai même lu dans le journal l’Equipe une déclaration d’un homme d’affaires franco-chinois qui affirmait que « paradoxalement, l’Allemagne qui a une position bien plus dure sur les droits de l’homme, est davantage respectée pour cette fermeté, mais aussi parce qu’elle ne change pas de position ». D’ailleurs quelle va être l’attitude de Nicolas Sarkozy si, comme je l’ai entendu ce matin, Georges Bush ne participe pas à la cérémonie d’ouverture des J. O. le 8 août ? Si le sujet n’était pas aussi sérieux, j’aurais tendance à dire que tout cela en devient comique.

Alors je vais redire une nouvelle fois que la France a élu à la présidence de la République un illusionniste et un bateleur d’estrade. Il ne fait rien de ce qu’il a dit et il fait quasiment tout ce qu’il n’avait pas dit, même s’il essaie de faire croire le contraire. Où tout cela nous mènera t-il ? Nul ne peut le dire, même si nous savons bien que l’état de la France se dégrade à une vitesse vertigineuse. Entre les dépenses publiques qui dérapent, la diplomatie qui oscille au gré des vents atlantistes, les droits de l’homme qui sont de moins en moins respectés notamment vis-à-vis des étrangers, c’est toute notre démocratie et plus généralement notre système de valeurs qui est mis à mal. Et ce n’est pas fini,  car maintenant  le gouvernement  s’en prend  à la politique sociale, jugée en partie responsable des déficits et de la dette aux yeux de Nicolas Sarkozy. S’il le pense, pourquoi ne l’a-t-il pas dit plus tôt ?

Michel Escatafal

07.04.2008

"Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin"

Le Mouvement Démocrate est un jeune parti,  mais je ne voudrais pas qu’il se comporte comme une vieille formation politique. De plus en plus de militants qui ont participé aux élections municipales et cantonales ont des difficultés dans leur département,  parce que ce parti a un défaut majeur : ceux qui votent pour lui sont majoritairement des gens de droite, et ceux qui font entendre leur voix le plus fort sont des gens de gauche. En fait les seuls vrais centristes sont ceux qui l’ont toujours été, mais manifestement ils ne sont pas les plus nombreux et c’est infiniment regrettable.

Quand on regarde de près les résultats des dernières élections, on s’aperçoit aisément que c’est dans les départements qui votent à droite que nous avons le plus d’élus, mais là où ça bouillonne le plus au niveau des instances départementales c’est là où les gens  venant de la gauche sont nombreux. Donc ma conclusion est qu’il faut avant tout garder sa ligne, ni droite, ni gauche, et s’y tenir. Pour ma part je n’ai pas accepté, sauf circonstances très particulières, que l’on s’allie tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche pour avoir des élus. Nous en aurions eu autant, sans doute même plus, si nous étions restés nous-mêmes.

Faisons un peu d’histoire et demandons-nous quand le Centre a le mieux réussi sur le plan électoral ? Réponse quand il n’était pas inféodé à un parti. Rappelons-nous ce qui s’est passé en 1978 aux élections législatives qui étaient, soi-disant, perdues d’avance. Et bien l’UDF qui venait d’être créée et qui était aux affaires, avec Valéry Giscard d’Estaing comme président de la République et Raymond Barre comme Premier ministre, avait remporté 130 sièges soit presque autant que le RPR qui en avait obtenu 153. L’UDF qui gouvernait au centre, et qui gouvernait bien, avait réalisé un score remarquable qui devait certes beaucoup au slogan « Barre confiance », mais aussi au fait que les Français avaient une véritable alternative entre la gauche socialo-communiste et le RPR.

Cette victoire allait être suivie un an après par une autre encore plus retentissante en termes de résultats,  à l’occasion des premières élections européennes au suffrage universel. La liste UDF obtint 27,5% des voix tandis que la liste RPR n’en obtenait que 16,2%. Là aussi les bons résultats économiques avaient largement favorisé cette victoire, mais les électeurs savaient gré au président de la République  et au gouvernement de défendre une ligne européenne cohérente, contrairement à la gauche et au RPR tiraillés entre les pro-européens et les anti-européens. A noter d’ailleurs que le clivage existe toujours de nos jours, surtout à gauche, mais personne ne me fera dire que le président de la République est sur une ligne européenne comme nous souhaiterions qu’il y soit.

Ces deux grandes victoires resteront sans lendemain parce que l’UDF s’est inféodée au RPR jusqu’en 2002, date à laquelle François Bayrou a fait acte de résistance lors de la création de l'UMP. Cela lui a bien réussi puisqu’il a fait 18,6% à l’élection présidentielle, et s’il a réalisé ce score tout à fait excellent c’est parce qu’il a offert une autre voie aux électeurs que le sempiternel affrontement droite-gauche. Malheureusement l’essai n’a pas été transformé,  parce que chacun dans notre mouvement tire à hue et à dia. Et le bouquet final en fut les alliances contre nature dans lesquelles les uns et les autres se sont fourvoyés,  au lieu de rester sur la ligne définie par le Mouvement Démocrate depuis sa création, et même avant. Ne nous faisons pas d’illusions : pour les socialistes nous ne serons jamais qu’un appoint au même titre que nous l’avons été  pour le RPR et l’UMP.

Certes je sais bien que pour certains il vaut mieux la soumission et l’esclavage, paradoxe que La Fontaine a si bien relevé dans une de ses fables Le Loup et le Chien : « flatter ceux du logis, à son maître complaire ; moyennant quoi votre salaire sera force reliefs de toutes les façons : os de poulets, os de pigeons, sans parler de maintes caresses ». Certains effectivement se forgent une félicité qui les fait pleurer de tendresse, mais je ne pense pas que ce soit la solution pour qui veut exister en politique. En tout cas, pour ce qui me concerne je ne veux point de ces félicités, et je regrette que certains d’entre nous s’y soient laissés aller avec tellement d’avidité. Comme maître loup dans la fable,  je préfère courir encor.

Enfin, je voudrais terminer en posant une question : de quoi est malade notre société ? De son affairisme assumé par la droite comme la gauche. Les systèmes inhumains qu’ils soient socialistes ou capitalistes ne me conviennent pas,  car les gens n’y sont vus que comme des numéros au service du système,  car lui seul compte. Cela signifie que dans notre société l’homme passe au second plan, et cela est inacceptable.

C’est aussi ce message que les gens avaient entendu pendant la campagne présidentielle de François Bayrou,  et qu’ils n’entendent plus parce qu’ils ont l’impression qu’à peine partis, beaucoup retournent  à leurs attaches. Ils préfèrent le collier de droite ou de gauche même si leur col doit être pelé pour parler comme la Fontaine. Et bien moi je veux que l’être humain soit au centre des préoccupations de ceux qui nous gouvernent,  parce qu’il doit y avoir un autre choix qu’être misérable ou vivre enchaîné, pour rester dans le ton de notre génial poète.

Michel Escatafal

06.04.2008

A propos de restriction de dépenses publiques…

1372652813.jpgParce qu’il a été élu président de la République en ayant beaucoup menti aux Français, Nicolas Sarkozy se croit tout permis y compris faire passer pour une réforme un tour de vis qui se veut général  sur les dépenses de l’Etat. Mais de quelles dépenses s’agit-il ?  Tout simplement de dépenses auxquelles, a priori, il est difficile de toucher qu’il s’agisse de la diminution du nombre de fonctionnaires dans certains secteurs clé, ou des minima sociaux et autres allocations aux chômeurs de longue durée. Ces deux ou trois mesures sont, dirions-nous, les plus emblématiques parmi les 166 (pas une de moins !) qui doivent faire économiser 7 milliards à l’Etat sur trois ans, si l’on en croit Nicolas Sarkozy.

La première question que l’on peut se poser est la suivante : cela sera-t-il suffisant pour permettre à la France de restaurer ses équilibres budgétaires ? La réponse est non, donc cela signifie qu’il faudra d’autres mesures pour arriver à tenir l’objectif d’un déficit zéro en 2012, comme la France s’y est engagée auprès de Bruxelles. S’il faut d’autres mesures, on peut supposer que l’on aura recours aux privatisations et ne nos leurrons pas, il faudra nécessairement que les Français, notamment les classes moyennes, mettent la main à la poche d’une manière ou d’une autre.

Le président de la République nous dit aussi que ce ne sont pas les économies qui font la réforme, mais la réforme qui permettra de faire des économies. Mais qu’entend-il par le mot réforme ?  Je crois deviner : casser le service public ou ce qu’il en reste. A la limite il n’y a qu’à supprimer beaucoup plus de fonctionnaires encore, dans l’Education Nationale (au moins 20000 postes sont considérés comme inutiles selon le gouvernement), dans la Police, dans les hôpitaux et le compte finira par y être. Privatisons à tour de bras tout ce qui peut l’être, cessons de garder les services de proximité qui génèrent fatalement des dépenses importantes, et l’affaire sera faite. Ce qui est dommage c’est que tout cela n’ait pas été dit pendant la campagne présidentielle, ni d’ailleurs après.

En effet, ce que le président de la République ne dit jamais, c’est que si le nombre de fonctionnaires est plus élevé en France qu’ailleurs, c’est parce que dans notre pays il y a dans certains secteurs, par exemple les hôpitaux, un nombre très élevé de gens qui travaillent dans des établissements publics. En ce qui concerne l’Education Nationale, son secteur public est très important même si le secteur privé, au demeurant largement financé par l’Etat, est en constant développement. Et il le sera de plus en plus, au fur et à mesure que l’on supprimera des postes d’enseignants publics…pour faire des économies. Idem pour les hôpitaux ou cliniques, ce qui ne veut nullement dire qu’à prestations égales on fera beaucoup d’économies sur le budget de l’Etat.

J’ai bien dit à prestations égales, car nous doutons fort que les cliniques privées assurent les mêmes prestations que le public, ne serait-ce qu’à cause du coût engendré par ces prestations. Qui n’a pas été victime d’un petit accident nécessitant un passage « aux urgences », mais surtout qui n’a pas apprécié le fait d’être soigné et traité dans les quelques heures qui ont suivi l’accident? Personne bien sûr, et c’est pour cela que je demande aux Français qui disent qu’il y a trop de fonctionnaires dans notre pays de bien faire attention. Si Nicolas ou Carla Sarkozy, ou encore François Fillon et son épouse (j’ai oublié son prénom), sont victimes d’un accident de santé, ils ne souffriront nullement  de ces restrictions budgétaires. En revanche si c’est un Français lambda qui a ce problème dans une petite ville de 10000 habitants qui n’a plus d’hôpital public et pas davantage de clinique, alors que se passera-t-il ?

Dans mon dernier billet j’évoquais un sondage dans lequel les Français disaient à 79% qu’ils étaient d’accord pour diminuer les dépenses publiques, et je posais la question de savoir lesquelles. En fait les Français veulent la diminution de dépenses telles que celles de la présidence de la République, du fonctionnement des deux assemblées, des frais de représentation dans les ministères etc., mais aucun j’en suis sûr ne trouve qu’il y a trop d’infirmières en France, ou qu’il y a trop d’enseignants dans les quartiers de nombreuses banlieues.

Enfin, si vraiment ces économies ne représentent que 7 milliards d’euros sur trois ans et si cette somme permet de régler tous les problèmes, comme a semblé le dire Nicolas Sarkozy, pourquoi ne pas revenir sur le paquet fiscal qui va coûter cette année 8 à 9 milliards d’euros et à partir de l’année prochaine 14 à 15 milliards. Parmi ces mesures, certaines sont plus coûteuses que d’autres et ne servent à rien, par exemple celle liée au bouclier fiscal à 50%, censé dissuader les plus riches de s’expatrier. En fait grâce à ce bouclier fiscal, nombre de ménages échappent de facto à l’impôt sur la fortune.

En tout cas, ce que nous devons retenir c’est que le président de la République et son gouvernement se sont tirés une énorme balle dans le pied avec ce paquet fiscal, car à supposer qu’il apporte un surplus de croissance, ce qui n’est pas du tout avéré, il est bien loin de compenser son coût qui s’avère démesuré, et qui correspond à la somme qu’il faudrait économiser pour être à l’équilibre dans quatre ans, selon Charles de Courson, député du Nouveau Centre. On le voit bien, réformer l’Etat n’est pas aussi simple que semble le faire croire Nicolas Sarkozy.

Avec lui tout paraît facile, sauf que les résultats ne sont pas là. Avec lui aussi, il n’y a pas de vraie priorité et tout le monde doit apporter sa contribution à la diminution des dépenses. Mais ce qu’il oublie, c’est qu’il ya certains domaines où l’effort de l’Etat doit être accru, par exemple pour la recherche scientifique. Toute réforme sérieuse de l’Etat doit l’inclure comme la priorité des priorités. Est-ce en supprimant des milliers d’enseignants qu’on relèvera le défi ? Dans le même ordre d’idées, au moment où plus que jamais notre pays doit être ouvert sur l’extérieur, est-ce bien rationnel de supprimer l’apprentissage de langues comme le russe ou l’italien ? Poser la question, c’est y répondre.

En attendant par une cruelle ironie, j’ai découvert dans je ne sais plus quel  journal, qu’après le discours de Nicolas Sarkozy sur la nécessaire réduction des dépenses publiques, l’assistance a eu droit à un buffet géant avec champagne, bouchées au crabe et petits gâteaux, ces denrées venant d’un des endroits les plus chers de Paris. Apparemment les restrictions ne concernent pas le président de la République et ses invités. Mais qui en doutait ?

Michel Escatafal

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