13/05/2013
N’est pas Mirabeau qui veut !
La politique a ceci de particulier que c’est un domaine où il y a peu d’évolutions à travers le temps. Je m'en faisais la réflexion il y a quelques jours, en lisant un morceau relatif aux Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française, une des œuvres majeures de Madame de Staël, dont je rappelle qu’elle était la fille du célèbre ministre de Louis XVI, Necker. Dans ce morceau il y avait un passage consacré aux « trois ordres » en 1789, où l'auteure décrivait à sa manière l’ouverture des Etats généraux, avec les mille cent quatre vingt seize députés se rendant en procession à l’église de Versailles pour entendre la messe (4 mai 1789). Une procession que le public, nombreux, s’efforçait de suivre comme on regarde le Tour de France le long des routes. Et oui, à cette époque il n’y avait pas la télévision et les chaînes d’information continue pour permettre au plus grand nombre de voir ce type d’évènement.
Si je parle de cela, c’est parce qu’aujourd’hui on a l’impression que l’on retrouve beaucoup d’éléments qui ressemblent à ce qui se passait à cette époque. Certes il n’y a plus à proprement parler trois ordres comme le 4 mai 1789, en rappelant que ces trois ordres étaient représentés de manière très inégale, puisque l’on comptait 290 députés représentant la noblesse, 308 députés du clergé, et 598 le tiers état dont 450 hommes de loi. Cela signifie déjà que le peuple, le petit peuple devrais-je dire, dont tout le monde se réclamait déjà à cette époque, n’était pas plus représenté que de nos jours…ce que nombre de gens n’imaginent pas. Il est vrai qu’on apprend un peu l’inverse à l’école quand on évoque le sujet, mais la réalité est bien là : la Révolution de 1789 fut une révolution bourgeoise, où le petit peuple ne servit que de faire-valoir ou de chair à canon, ce qui était nouveau d’une certaine manière.
Pourquoi nouveau ? Parce que la mobilisation de la Nation, avec la levée en masse de 300.000 Français devant partir à la guerre, décrétée par la Convention le 24 février 1793, était une première dans l’histoire de notre pays, dont je rappellerais qu’il avait déclaré la guerre le 1er février 1793 à l’Angleterre et à la Hollande, ce qui mettait la France en conflit avec tous les grands pays européens, peu de temps avant que ne commence la grande insurrection vendéenne conduite par des hommes comme La Rochejacquelein et Stofflet, pour ne citer que les principaux. Bref, pendant la Révolution, il ne restait plus que le peuple pour sauver la patrie, la République et la Révolution, comme de nos jours on compte surtout sur les travailleurs et une partie de la classe dite moyenne, pour permettre à notre pays d’assurer son redressement.
Fermons la parenthèse et revenons aux trois ordres de 1789, pour noter tout d’abord que le haut clergé avait perdu une bonne partie de la déférence qu’on lui accordait, parce que les prélats s’étaient beaucoup trop occupés des affaires politiques, avec tous les abus et excès inhérents à ces activités. A ce propos, je suis de ceux qui condamnent formellement les prises de position de l’Eglise de France sur le mariage pour tous, ou plutôt le fait que ces prises de position se fassent en dehors des prêches du dimanche à la messe. Cela dit, on ne peut en rien comparer l’action des évêques en 2013, avec celle encore prépondérante jusqu’en 1789…et après, alors qu’aujourd’hui les évêques ne sont écoutés que par un pourcentage infime de la population.
Et la noblesse me direz-vous ? Le seul problème pour elle était qu’elle ne bénéficiait plus de la gloire militaire qui lui conférait sa raison d’être. A cela une première raison : en 1789, la France sortait d’une longue période de paix, en fait depuis la fin de la guerre dite de « Sept ans » et le traité de Paris en 1763, et les nobles de la période de la fin des années 1780 étaient quasiment tous d’obscurs seigneurs, ce qui était logique vu que les gentilshommes ne pouvaient faire carrière que dans les armes. C’est d’ailleurs pour cela que certains ne supportaient pas de les voir placés au premier ordre de l’Etat, avec le privilège exorbitant de ne pas payer d’impôts. Ils n’avaient pas besoin de mettre leur argent dans des paradis fiscaux, ni d’avoir des conseillers fiscaux pour gérer au mieux leur fortune! En contrepartie, ils n’avaient aucun droit sur le plan politique, mais l’essentiel pour eux était ailleurs.
Tout cela conférait aux députés du tiers état une importance qui allait croissant, en premier lieu parce que c’étaient les seuls des trois grands ordres à réellement travailler ou avoir travaillé. Ils étaient, comme dit Madame de Staël, « des hommes de lettres, des négociants, un grand nombre d’avocats…quelques nobles qui s’étaient fait nommer députés du tiers ». Reconnaissons que cela ressemble beaucoup à l’Assemblée et au Sénat d’aujourd’hui, avec moins de négociants, mais avec beaucoup de professeurs que l’on peut assimiler de nos jours aux hommes de lettres de l’époque. Tout cela signifiant que le Parlement en 2013 est quasi exclusivement composé par ce que l’on appelait le « tiers état », avec ou sans majuscule. Et on comprend aussi l’incompréhension entre ces députés ou sénateurs…et le peuple, parce que celui-ci n’est que très peu représenté parmi les parlementaires. De plus, ces derniers se sont créés des petits fiefs dans leur ville ou circonscription, parfois les deux, dont il est très difficile pour ne pas dire impossible de les déloger.
C’est la raison pour laquelle à chaque alternance politique les changements se font à la marge, les moins courageux de nos dirigeants ne faisant quasiment rien du travail qui leur est demandé, ou faisant semblant de le faire sans tromper grand-monde, cas de l’UMP entre 2002 et 2012. Quant à ceux qui ont un peu plus de courage pour affronter les difficultés, ils ne vont jamais franchement au bout de leurs idées, même s’ils font quelques pas en avant pour améliorer les choses…par peur d’être battus à l’élection suivante. N’oublions pas qu’aux dernières élections législatives, nombre de députés élus au second tour avec 50 à 52% des voix seront battus en cas de changement de président de la République en 2017. Cependant ils n’ont pas vraiment à s’inquiéter pour leur avenir, car la démocratie est bonne fille, ceux ayant été battus par moins de 2% des voix ont, en effet, une bonne chance de retrouver un mandat à l’occasion des multiples élections qui jalonnent la vie politique (élections municipales, cantonales, régionales et européennes), Du coup, même J.L. Mélenchon, même les Verts, ont une chance d’être reconduits dans un mandat, parce qu’ils finiront bien par trouver une élection intermédiaire qui leur assure la survie politique.
En citant J.L. Mélenchon, on pourrait presque s’imaginer que ce député européen est une sorte de nouveau Mirabeau, à cette différence qu’il ne laissera aucune trace dans l’histoire, contrairement à celui qu’on avait appelé en son temps le « tribun du peuple ». Celui qui aussi, le 23 juin 1789, au cours d’une séance des Etats généraux, à répondu au marquis de Dreux-Brézet, grand maître des cérémonies du roi, qui voulait faire sortir le Tiers-Etat de la salle du Jeu de Paume : « Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». En ce temps-là la notoriété ne se gagnait pas facilement, tant il est vrai, comme je l'écrivais précédemment, qu’il n’y avait pas les chaînes de télévision en mal de sensationnel ou de petite phrase pour transformer un homme politique en star du petit écran. En ce qui concerne Mirabeau, il avait son talent pur, comme le décrivait Madame de Staël dans ses Considérations, soulignant que « la nature l’avait bien servi, en lui donnant les défauts et les avantages qui agissent sur une assemblée populaire : de l’amertume, de la plaisanterie, de la force et de l’originalité », voire même ses passions parfois violentes, Madame de Staël ajoutant un peu plus loin que, « chose bizarre dans un pays tel que la France, cette conduite ne le déconsidérait pas ; elle ne faisait pas même suspecter son courage. Il y avait quelque chose de si martial dans son esprit, de si hardi dans ses manières, qu’on ne pouvait accuser un tel homme d’aucune peur ».
Un beau portrait du comte de Mirabeau, devenu député du Tiers, qui ressemble un peu ( un tout petit peu!) à celui que l’on pourrait faire de J.L. Mélenchon, ancien hiérarque socialiste, ancien ministre de Lionel Jospin, devenu aujourd’hui le meilleur ennemi de son ancien parti, à ceci près que ce qu’il dénonce à présent lui a beaucoup servi jusqu’à son départ du Parti socialiste et même après. En revanche Mirabeau, né d’un père illustre et noble (il était comte), s’est au contraire attiré beaucoup d’ennuis pour avoir combattu le système qui prévalait avant la Révolution, ce qui lui a valu la prison pendant trois ans (1777 à 1780), en faisant publier en 1776 son Essai sur le despotisme, où il dénonçait l’arbitraire du pouvoir royal. Et oui, Mirabeau n’était pas un joyeux démagogue, mais simplement un orateur qui voulait, non pas se faire admirer, mais convaincre…ce qui est infiniment plus difficile.
Michel Escatafal
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10/05/2013
10 mai 1981 et 6 mai 2012 : deux évènements si lointains et si proches à la fois
En déplacement à Tokyo, au Japon, François Fillon a assuré qu'il serait candidat à la présidentielle de 2017 « quoi qu'il arrive ». Voilà ce que l’on a pu lire un peu partout sur les sites web, avant que, s’apercevant sans doute de son erreur, l’ancien Premier ministre de N. Sarkozy fasse un pas en arrière, en ajoutant que ce « quoi qu’il arrive » concernait la primaire…ce qui n’a dupé personne. Cette fois, à quatre ans de la prochaine élection présidentielle, la guerre à l’UMP est bel et bien déclarée entre N. Sarkozy, F. Fillon et J.F. Copé, voire même quelques autres dont l’ambitieuse Nathalie Kosciusko-Morizet. Et cette guerre va fatalement faire des ravages dans les rangs de l’électorat UMP, parce que d’une part ce parti et ses têtes d’affiche n’arrivent pas à accepter la défaite de l’an passé, et d’autre part parce que tous ces gens sont tellement déterminés à devenir le candidat UMP à la présidentielle de 2017, que les joutes entre ces candidats seront sanglantes. La droite a connu cela du temps de l’affrontement Giscard-Chirac, et quelque chose me dit que cet affrontement sera encore plus sévère, parce que si F. Fillon ou NKM font figure de modérés, les deux autres, J.F. Copé et N. Sarkozy, ne feront pas dans la dentelle.
En évoquant Giscard et Chirac, cela nous ramène 32 ans en arrière, c’est-à-dire au 10 mai 1981, date où la gauche, écartée du pouvoir depuis 1958, l’avait repris grâce à l’élection de F. Mitterrand à l’élection présidentielle. Une victoire qui n’est pas sans rappeler celle de l’an passé, les outrances des vainqueurs en moins. En écrivant cela je pense notamment à cette phrase, ô combien stupide de Jack Lang, déclarant que « la France était passé de l’ombre à la lumière ». Elle était d’autant plus stupide que la situation que laissait le couple Giscard-Barre était loin d’être aussi mauvaise que le prétendaient leurs opposants. Au contraire, elle était même tout à fait convenable sur le plan économique et financier, et c’est la politique menée pendant deux ans par le nouveau pouvoir qui allait l’aggraver, au point que la fuite des capitaux qu’entraîna cette politique allait aboutir aux dévaluations du franc en octobre 1981 et juin 1982, notre monnaie perdant près de 20% de sa valeur par rapport au mark.
Qu’auraient dit J. Lang et ses amis de la situation dont a hérité F. Hollande en mai-juin 2012, tout-à-fait catastrophique cette fois, puisque si la crise a alourdi la dette d’un peu plus de 100 milliards d’euros, le reste (520 milliards) est en grande partie imputable aux décisions prises par N. Sarkozy et son gouvernement, en abaissant les recettes et en grevant le budget au moment où il aurait fallu au contraire essayer de gérer le plus finement possible les finances publiques du pays. Résultat, la France s’est retrouvée en mai 2012 dans une situation insupportable, avec une dette publique astronomique pour un pays comme le nôtre, et une activité en berne. Et dire que l’UMP ose critiquer la gestion de l’actuel président, alors que ce dernier s’efforce de freiner au maximum cette dérive !
Cela étant, même s’il y a de grandes différences entre le début du quinquennat de F. Hollande et le début du septennat de F. Mitterrand, il y a quand même quelques similitudes, et d’abord une certaine improvisation, au demeurant très compréhensible après de nombreuses années d’opposition (23 ans dans un cas et 10 ans dans l’autre). Et même si quelques membres du gouvernement Ayrault avaient exercé précédemment des responsabilités gouvernementales, notamment Laurent Fabius, ce qui n’était quasiment pas le cas en 1981, il n’en reste pas moins que la plupart d’entre eux n’avaient aucune pratique du pouvoir de l’appareil d’Etat. La preuve, si J. Cahuzac avait eu cette pratique, il aurait compris qu’un jour ou l’autre son compte à l’étranger aurait fini par resurgir. Fermons la parenthèse pour noter que cette inexpérience a beaucoup pesé dans les critiques entourant l’action du président et de son équipe gouvernementale, inexpérience qui apparaît notamment à travers les petites phrases contradictoires distillées par plusieurs ministres. On comprend mieux pourquoi les médias se régalent de cette cacophonie, tolérable au niveau municipal mais désastreuse sur le plan national.
Doit-on pour cela condamner dès aujourd’hui l’action du président Hollande, comme on le fit aussi dès 1983 de l’action de F. Mitterrand ? Sans doute pas, car c’est prématuré, comme je ne cesse de le répéter. A ce propos, je rappellerais quand même que si le pouvoir socialiste a certainement pris de mauvaises décisions entre 1981 et 1983, il a aussi réussi à casser la spirale hausse des prix et hausse des salaires qui nourrissait l’inflation depuis une dizaine d’années, grâce à un virage comme seuls les socialistes savent en prendre. La preuve, F. Hollande est en train d'en prendre un à sa façon, ce qui lui vaut la vindicte de ceux qui l’ont élu et de ses opposants. Cela étant, notre président connaissant bien l’histoire politique de notre pays, sait que rien n’est perdu pour lui à l’horizon 2017, car d’une part il est vraisemblable que la situation économique et financière du pays se sera améliorée, et d’autre part la guerre entre présidentiables UMP aura fait des victimes dans les rangs de ce parti. Pour mémoire, en 1983, nombreux étaient ceux qui pensaient que F. Mitterrand ne finirait pas son septennat. Il en a fait deux…ce qui est unique dans la Cinquième République !
Michel Escatafal
09:52 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : miterrand, f. hollande, fillon, copé, sarkozy, nkm, ump, 10 mai 1981
07/05/2013
Un an de pouvoir, c’est beaucoup trop court pour faire un bilan
Avant-hier je voulais écrire un billet, mais, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, je suis las de la politique et de la manière dont on en parle. J’observe aussi que les Français sont extrêmement changeants dans leur attitude, aujourd’hui comme autrefois. En disant cela je pense au 5 mai 1821, en rappelant qu'avant-hier c’était la date anniversaire de la mort de Napoléon 1er, lequel après avoir ruiné son pays et avoir mis le feu à toute l’Europe, au point que la France était revenue en 1815 à ses frontières d’avant la Révolution, perdant toutes les conquêtes de la République plus Landau, Philippeville et Mariembourg qui lui appartenaient avant 1789, commençait déjà à susciter des regrets dans une bonne partie de la population. Ces regrets n’ont d’ailleurs fait que s’amplifier avec le temps, puisque 27 ans après la mort de Napoléon 1er, c’est son neveu Louis-Napoléon Bonaparte qui deviendra le premier président de la République, après avoir été condamné à la détention perpétuelle par la Haute Cour et incarcéré au Fort de Ham en Picardie. La révolution de février 1848 lui ayant rendu le libre accès à son pays, il se fera élire, sous son seul nom, député à l’Assemblée constituante en septembre, puis ensuite (le 10 décembre) président de la République au suffrage universel (hommes seulement) avec près de 75% des voix. Quel triomphe ! Et il aurait été réélu si la loi électorale de 1850 avait été modifiée conformément à ses souhaits pour qu’il puisse se représenter. On connaît la suite avec le coup d’Etat du 2 décembre 1851.
Ou est le rapport, me direz-vous, avec l’anniversaire hier de l’élection de F. Hollande l’an passé ? Tout simplement dans le fait que F. Hollande sait très bien que, d’ici 2017, il a largement le temps de se refaire une santé dans l’opinion, surtout s’il accomplit les réformes, toujours différées depuis des décennies, réformes qui pourraient porter leurs fruits en 2016-2017. Vous voyez ce que je veux dire…Et c’est bien cela qui rend fou ses opposants, d'autant que finalement F. Hollande n’a pas grand-chose à craindre pour le moment de la part de ses diverses oppositions. Au fait, qui sont-ils ses opposants ? L’UMP d’abord, qui n’en finit pas de panser ses plaies et qui n’arrive pas à se trouver un chef crédible entre N. Sarkozy, F. Fillon et J.F. Copé, sans oublier Nathalie Kosciusko-Morizet qui, le moment venu, essaiera de doubler tout le monde pour être la candidate de la droite parlementaire. Ensuite le Front de gauche et son leader « aboyeur », pour prendre un terme usité dans le sport, J.L. Mélenchon, qui a rassemblé avant-hier entre 30.000 et 180.000 personnes pour un meeting à Paris (ah, les chiffres !), mais qui est tout à fait incapable de se faire élire à une quelconque élection, surtout s’il affronte Marine Le Pen.
En fait, c’est elle la seule opposante crédible à F. Hollande, et à la limite elle n’a pas beaucoup à s’employer pour l’être, puisque l’UMP et son amnésie quant à ses responsabilités dans les problèmes que rencontre notre pays aujourd’hui, et J. L. Mélenchon avec ses outrances et ses foucades, lui facilitent la tâche de manière inespérée. A trop vouloir démontrer que ce que fait F. Hollande est nul, les opposants en arrivent à se déconsidérer. La preuve, quand l’UMP affirme que F. Hollande est incapable de gouverner le pays, le Medef répond que plusieurs mesures prises depuis l’arrivée au pouvoir de F. Hollande vont dans le bon sens. Et elles vont tellement dans le bon sens, que F. Hollande est aussi approuvé par la Commission européenne, au point que cette dernière estime logique de relâcher le carcan de la rigueur en France et en Europe…comme l’a toujours demandé et soutenu F. Hollande. En d’autres temps, les délais accordés à divers pays pour que ceux-ci respectent les 3% de déficit auraient été considérés comme une victoire du président de la République. Aujourd’hui c’est impossible, puisque le sport national est la critique tous azimuts du chef de l’Etat.
En revanche j’observe que la presse étrangère est beaucoup moins sévère que la presse française, soulignant que cela ne fait qu’un an que F. Hollande a été élu, ce qui signifie qu’un an (et même dix mois si l’on tient compte des élections législatives) c’est peu à côté des dix ans de gouvernement UMP entre 2002 et 2012. Cette même presse reconnaît aussi que si les réformes qui ont été engagées vont changer le visage de la France, pour parler comme F. Hollande, elles demandent du temps pour donner leur pleine mesure. Il en va de même pour les investissements dans des secteurs stratégiques, notamment le très haut débit ou la santé, qui seront réalisés grâce aux ventes de participations de l’Etat dans plusieurs grandes sociétés. Cela dit, tout n'est pas rose pour autant, même si F. Hollande peut considérer que son action a permis de faire avancer l’Union sur la supervision bancaire, sur la taxation des activités financières ou sur le pacte de croissance, car, en revanche, il n’a pas encore pu convaincre l'Allemagne et quelques autres pays du Nord de mettre fin à la saignée de certains pays du Sud. Cela étant, il vient de recevoir un renfort de poids en la personne du nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta, lequel réclame aussi plus de détermination pour combattre le cauchemar du chômage et avancer sur le processus politique de l’Europe. Les deux chefs d’Etat et de gouvernement plaideront également, aidés par l’Espagne, pour débloquer les crédits de 60 milliards d’euros de la Banque Européenne d’Investissement approuvés…en juin dernier, pour stimuler la demande européenne. Que faisait N. Sarkozy face à Angela Merkel, sauf à avaliser tous les desiderata de la chancelière ? Curieux que personne ne parle de cela !
Et le Front de Gauche que réclame-t-il au juste ? D’abord il y a deux composantes dans ce Front de Gauche qui ne sont pas vraiment d’accord, le Parti communiste dont la survie dépend entièrement du Parti socialiste, et J.L. Mélenchon et son Parti de gauche, dont le seul but est de faire suffisamment parler d’eux pour obtenir quelques députés…aux élections européennes, puisque ce sont les seules où ils peuvent avoir des élus. Pour quelqu’un qui veut donner un coup de balai et changer de république c’est un peu court ! Pauvre J.L. Mélenchon qui essaie d’exister par tous les moyens…et qui n’y arrive pas. Mais comment pourrait-il y arriver avec un programme et des slogans qui sentent bon l’époque où le PCF voulait renverser le capitalisme ? En outre, avec le programme de J.L. Mélenchon, combien aurions-nous de chômeurs en plus, et à quel taux emprunterions-nous ?
Cela dit, il reste à espérer que cette évolution bruxelloise ne se traduise pas par une inflexion des engagements du président quant à la lutte contre les déficits. Pour ma part, je n’imagine pas une seconde qu’il en soit ainsi, après avoir imposé tous ces efforts au pays, et avoir subi autant d’attaques pour éviter que les déficits ne dépassent des limites raisonnables. Non, retomber dans les errements du passé est quelque chose d'impensable, tellement ce serait désastreux pour l'image du chef de l'Etat. Pire même pour lui, jamais il ne pourrait s’en remettre, parce que ce serait irresponsable, et surtout parce que nous ne pourrions pas tenir l’engagement de Bruxelles, ni celui du redressement du pays, tout cela étant en outre sanctionné par les marchés…dont nous ne saurions nous passer. Bref, si les Copé, Fillon, Borloo et autres Mélenchon ou Marine Le Pen, espèrent que le bruit des oppositions fera fléchir F. Hollande, ils se trompent lourdement. Le « capitaine de pédalo » dont parlait J.L. Mélenchon est beaucoup plus endurant qu’ils ne le croient, et sans doute plus déterminé que jamais à poursuivre sur la voie choisie, parce qu’il a brûlé tous ses vaisseaux et qu’il n’a plus rien à perdre. D’ailleurs les opposants au mariage pour tous ont pu s’apercevoir que le projet est allé jusqu’au bout, malgré des manifestations parfois de grande ampleur.
En résumé, avec l’appui de Bruxelles et un peu contre l’avis de l’Allemagne, du moins jusqu’aux élections de septembre, F. Hollande dispose à présent du temps nécessaire pour réaliser les réformes nécessaires au redressement du pays, plus particulièrement la réforme des retraites et celle des dépenses administratives, sans oublier celle commencée mais non achevée sur le marché du travail. Beaucoup de choses qui n’ont pas été faites jusque-là, et qui ressemblent un peu à ce qui a été accompli par Gerhardt Schroeder en Allemagne, dont profite Angela Merkel aujourd’hui, sauf que F. Hollande n’est pas obligé d’aller aussi loin que l’Allemagne, pour la simple raison que cela n’est pas nécessaire et encore moins souhaitable. L’austérité a peut-être des vertus aux yeux de certains Allemands, mais ceux qui en souffrent le plus, de plus en plus nombreux, endurent des souffrances bien supérieures à celles des plus démunis chez nous. Raison de plus pour retrouver une certaine compétitivité sur les marchés étrangers, ce qui donnera très vite des marges de manœuvre…perdues depuis 2002. Cela il ne faut pas l’oublier !
Cependant il serait prétentieux de croire que tout cela se fera dans la facilité. Au contraire, il faudra résister aux diverses oppositions, lesquelles sauront s’entendre a minima pour « pourrir » la vie de F. Hollande et son gouvernement. Mais la Cinquième République a cette vertu d’empêcher les crises de régime grâce à la majorité que les urnes donnent au président, même si l’on peut regretter que deux partis seulement puissent gouverner le pays. Pour autant ce sera très dur quand même, et les élections municipales et européennes s’annoncent très périlleuses pour le parti du président, mais si la conjoncture s’améliore, et les finances publiques avec, la victoire en 2017 sera tout à fait possible, n’en déplaise à ceux qui passent leur temps à critiquer le président. Que F. Hollande se rappelle qu’avec un mois de plus de campagne, G. Schroeder aurait été chancelier une troisième fois en 2005, et s'il n'avait provoqué d'élections anticipées, il aurait été reconduit à la Chancellerie. Gageons que F. Hollande ne fera pas la même erreur, ce qui lui laisse un calendrier moins serré que celui que s'est imposé l’ancien chancelier social-démocrate. Espérons qu’il sache profiter de cette chance…pour la France, et pas seulement pour lui.
Michel Escatafal
09:27 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, f. hollande, fillon, sarkozy, copé, mélenchon, marine le pen, enrico letta, angela merkel, front de gauche
30/04/2013
A propos de la capacité de gouverner le pays...
J.F. Copé : "Hollande est-il vraiment capable de gouverner la France"? Voilà en effet une bonne question, mais s’il y en a bien un qui ne devrait pas se la poser c’est bien J.F. Copé, lui qui a déjà tellement de mal à gouverner…l’UMP. Alors on imagine ce que cela donnerait s’il on lui confiait la gestion de notre pays ! Finalement J.F. Copé est un humoriste qui s’ignore…à condition de savoir apprécier cet humour très spécial. Passons, et revenons à des choses a priori plus sérieuses, même si elles ne le sont pas vraiment, à savoir la possibilité de voir notre pays gouverné par un gouvernement de coalition. C’est le vieux rêve de F. Bayrou, qui d’ailleurs se verrait bien diriger ce gouvernement qu’il appelle de ses vœux depuis bien longtemps.
A ce propos, la première question à se poser serait d’abord de savoir si un tel gouvernement serait viable. La réponse est NON. Pourquoi ? Parce que la constitution de la Cinquième République l’interdit, non pas sur le plan institutionnel, mais dans les faits. En effet, suite à l’élection présidentielle, il y a automatiquement une majorité parlementaire qui est donné au président de la République, afin qu’il puisse exprimer sa volonté sans partage pour gouverner le pays. En fait le Premier ministre est, comme le disait Georges Pompidou, « le premier responsable national », ce qui signifie qu’il laisse au chef de l’Etat « la primauté ». Et le phénomène est encore plus accentué depuis 2002 et l’instauration du quinquennat, avec l’élection législative qui intervient immédiatement après l’élection présidentielle. Quelle serait par exemple la légitimité d’un Premier ministre et de son gouvernement en cas de gouvernement d’union ? Et plus encore, quelle serait la légitimité d’un F. Bayrou, Premier ministre, s’il venait à être appelé à Matignon, lui qui n’est pas élu et dont le parti (MoDem) n’a que deux ou trois députés ?
Certes on nous dit que 78% des Français plébiscitent ce type de gouvernement, d’après un récent sondage. Mais franchement, qui peut croire que les Français interrogés se sont posés toutes les questions que je viens d’évoquer pour répondre à ce sondage ? Personne de censé, ce qui signifie que cette question n’a aucun intérêt. Pire encore, ce sont les électeurs de droite qui sont les plus nombreux à plébisciter un tel gouvernement…parce qu’ils pensent que c’est l’intérêt de leurs partis, et que ce serait une sorte de revanche sur la gauche qui est censé diriger le pays. J’emploie le mot « censé », parce qu’il y a longtemps que F. Hollande n’est plus de gauche…si tant est qu’il l’ait été un jour, à moins de considérer la social-démocratie comme une idéologie de gauche, ce qui n’est pas le cas. J’irais même plus loin, en affirmant que F. Hollande va finir par mener une politique que N. Sarkozy et l’UMP de Copé et Fillon n’ont jamais osé mettre en œuvre pendant les dix ans qu’ils ont eu le pouvoir, avec les résultats que l’on connaît.
La preuve, ce matin j’ai entendu plusieurs chefs d’entreprise (PME) affirmer que les mesures en faveur des entrepreneurs décidées par F. Hollande allaient dans le bon sens, confirmant ainsi ce qu’avait déjà affirmé Laurence Parisot en début d’année, lors de l’accord entre les syndicats et le patronat sur la « flexi-sécurité », sans oublier les accords d’entreprises du type de celui signé chez Renault, auxquels on a accordé une large publicité…dans l’espoir d’en voir beaucoup d’autres voir le jour. Et c’est justement ce que les Copé et autres Borloo ou Fillon ne pardonnent pas à F. Hollande, lequel assume pleinement ses choix en attendant l’embellie de conjoncture qui ne manquera pas d’arriver, en espérant qu’elle intervienne en 2015 ou 2016 au plus tard. Cela lui permettrait de se refaire à grande vitesse une popularité, certes perdue depuis un an, mais qui ne l’est nullement sur le long terme, les électeurs étant très changeants. On l’a vu récemment avec Barack Obama aux Etats-Unis, que beaucoup donnaient battus pour sa réélection, et qui fut réélu sans problème, malgré des résultats mitigés après quatre ans de pouvoir, et après que son parti ait perdu les élections de mi-mandat.
Je pourrais même ajouter que c’est cela la grande crainte des gens de l’UMP, car, dans ce cas, c’en serait sans doute fini de leur parti, dont les différentes composantes se déchirent déjà, leur seul accord résidant dans la critique stérile sur F. Hollande et dans le fait de se réjouir de la montée du chômage…alors qu’ils en sont en grande partie responsables. N’importe quel individu, un tant soit peu informé, sait bien que des mesures destinées à lutter contre le chômage ne peuvent donner leurs effets qu’après une période allant de un à deux ans. Restaurer la compétitivité des entreprises et reprendre des parts de marché à l’exportation ne se fait pas en quelques mois.
En revanche, tout cela ne s’améliorera pas si l’on ne fait rien ou presque, comme l’a démontré l’UMP entre 2002 et 2012 et, plus encore entre 2007 et 2012. Qu’a fait N. Sarkozy pendant cette période ? Rien, sauf donner des cadeaux fiscaux à certains sans contrepartie, financés à crédit. Ce sera ma conclusion, en espérant que ce qui est fait depuis quelques mois finira par porter ses fruits quand la reprise sera là, une reprise d’autant plus nécessaire que la récession s’installe peu ou prou partout en Europe. Même l’Allemagne annonce une croissance très faible, mais pour que l’Allemagne consente à changer de politique il faudra attendre les élections de septembre, qu’une coalition SPD-Verts peut remporter malgré la popularité d’Angela Merkel. Après tout en 2002, Lionel Jospin était populaire, ce qui n’a pas empêché le résultat que l’on connaît.
Michel Escatafal
13:16 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, copé, sarkozy, ump, constitution de la cinquième république, bayrou
23/04/2013
Le plaisir de la critique ôte celui de parler de ce qui va bien
La vie politique et économique amène à des phénomènes de plus en plus curieux, au point que l’on n’a pas envie d’écouter ou lire ce qui se dit sur le sujet. Pourquoi ? Parce que sans s’en rendre compte, les commentateurs sont en train de faire en sorte que les Français continuent à faire des économies, pour ceux qui le peuvent, et à décourager un peu plus les autres. Le « Hollande bashing » est à présent devenu un sport national, et il est de bon ton de « frapper » le président y compris sur des sujets qui n’ont rien à voir avec la politique ou l’économie. Ayant été de ceux qui ont beaucoup milité pour faire battre N. Sarkozy, je n’en suis que plus à l’aise pour me vanter de ne l’avoir jamais critiqué sur un tout autre sujet que la politique ou l’économie. Et je pense que les opposants à F. Hollande devraient avoir la même attitude républicaine ou démocratique que celle que je viens de décrire, parce que tout cela commence à devenir malsain.
Après tout, je comprends parfaitement que ceux qui n’ont pas voté pour lui soient vent debout contre sa politique, même si elle s’apparente sur de nombreux points à une politique libérale que son prédécesseur a voulu initier…sans y être parvenu. Je comprends aussi que ceux qui ont voté naïvement pour l’actuel président, en pensant que le seul fait d’être débarrassé de N. Sarkozy allait permettre à notre pays de retrouver le chemin de la croissance et de mettre fin au déficit de notre commerce extérieur, soient déçus parce que les résultats se font attendre. Au passage ceux-là oublient, ou ne comprennent pas, que la croissance répond à un ensemble de critères que l’on ne peut pas imposer d’un simple claquement de doigt. Il faut s’appeler J.L. Mélenchon pour essayer de le faire croire ! Je comprends tout cela, mais je n’arrive pas à concevoir une telle haine pour un président, dont on rappellera qu’il a hérité de la pire situation qu’ait connue un nouvel entrant à l’Elysée depuis le général de Gaulle.
En fait, je pense tout simplement que tous ces gens ne supportent pas que F. Hollande essaie de redresser le pays. Si j’écris pareille chose, c’est parce que j’ai toujours appris qu’il fallait en passer par le retour à certains équilibres, notamment budgétaire, pour que la situation s’améliore. On ne peut pas vivre constamment avec des déficits publics dépassant les 4% de la richesse produite, comme on ne peut pas supporter de voir la dette publique continuer à évoluer à la hausse. Et pour cela il faut prendre des mesures, certes pas toutes populaires, mais sans doute nécessaires. Parmi celles-ci il y a les hausses d’impôts et la diminution de la dépense publique. Pour le moment le gouvernement a surtout insisté sur les hausses d’impôts, mais le reste va obligatoirement venir dans les prochains mois, y compris sur des sujets comme les retraites, après une réforme a minima en 2010 qui n’a rien réglé. Tout cela sera-t-il suffisant pour que, dès le retour de la croissance, nous puissions être prêts pour en profiter pleinement ? Là est toute la question, et pour le moment, personne n’en est tout à fait certain.
Toutefois ce n’est pas en ayant la même attitude que certains députés socialistes, réclamant à cor et à cri un changement de politique, que le gouvernement pourra travailler sereinement. Il est vrai qu’ils pensent à leur siège de député en 2017 ou, plus près de nous, à leur réélection comme maire l’an prochain. Et c’est vrai qu’ils vont souffrir, parce que le peuple est par essence versatile, quitte à faire réélire ceux qu’il a chassé quelques années auparavant. Mais ce n’est pas en critiquant sans cesse le gouvernement qu’ils sont censés soutenir que cela améliorera la situation de ces élus peureux. Au contraire, ils vont passer pour des girouettes ou des gens de peu de foi, prêts à tout pour conserver leurs mandats. D’ailleurs, on n’a pas besoin d’être féru d’histoire politique pour savoir qu’à chaque alternance, ceux qui ont été élus avec une majorité de 1 ou 2% des voix risquent fort d’être battus aux élections suivantes…sauf si le président est réélu. Et pour que ce dernier le soit, il faut l’aider et non participer à sa démolition dans l’opinion.
Quant à l’UMP, elle profite ou plutôt essaie de profiter des protestations qui viennent de toutes parts pour faire diversion de ses propres difficultés et de sa guerre des chefs. Plus grave encore pour ce parti, ce n’est pas lui qui tire le plus de bénéfices de toutes ces oppositions, mais plutôt le Front National. En fait le parti de Marine Le Pen est même le seul à pouvoir se vanter de progresser réellement dans l’opinion, après des épisodes aussi peu glorieux que l’affaire Cahuzac ou les débordements sur le mariage pour tous, dont je rappellerai qu’il est déjà légal dans huit pays de l’Union Européenne, et dont l’idée commence à se généraliser un peu partout dans les pays occidentaux, y compris aux Etats-Unis. En parlant de débordements, je pense que les députés de droite, du moins la plupart d’entre eux, n’ont pas réalisé à quel point ils ont tort de s’arc-bouter sur ce sujet…comme ils l’avaient fait sur la contraception, l’avortement ou encore le PACS, sans parler de la peine de mort, autant de sujets de société dont aujourd’hui on ne parle plus ou quasiment plus. Et le pire est qu’au moment où on essaie d’inculquer un peu plus de morale ou de savoir-vivre aux jeunes qui en manquent, on voit des parlementaires qui s’insultent, s’invectivent, voire presque en viennent aux mains dans l’hémicycle à propos d’un sujet sociétal, ce qui est une curieuse manière de donner l’exemple.
Un dernier mot enfin, pour noter combien tout cela est nuisible, alors que la récession semble se préciser, fruit d’une rigueur sans doute trop exacerbée en Europe. Quel dommage qu’au moment où le président de la Commission européenne, J.M. Barroso, n’hésite pas à dire que la politique d’austérité « a atteint ses limites », le discours de F. Hollande soit devenu inaudible, alors qu’il fut le premier à avoir dit la même chose que J.M. Barroso, ce qui lui avait valu les foudres de l’UMP, du Front National et de nombreux centristes. Il est vrai que s’il est à ce point inaudible, c’est aussi sans doute parce que son discours a manqué de fermeté à certains moments, mais surtout parce que sur sa gauche il y a des trublions qui ne savent pas ou plus où ils habitent, notamment certains députés PS, comme je l’ai écrit précédemment, dont le poids est inversement proportionnel au bruit qu’ils font, mais qui est suffisant pour finir de saper l’autorité morale du chef de l’Etat.
Malgré tout, au milieu de cet océan d’incompréhensions de toutes sortes, il y a les marchés financiers qui eux restent imperturbables, et qui continuent de considérer la France comme un pays sûr à propos de sa dette souveraine. La preuve, le taux à dix ans est tombé hier à 1.77%, chiffre remarquablement bas. Curieux que personne ne parle jamais de cela. Ah j’oubliais : pour la presse et les divers commentateurs, c’est un sujet qui n’est pas croustillant. C’est vrai, entendre J.L. Mélenchon, Gilbert Collard ou certains députés UMP ou PS refaire le monde est plus amusant. Pauvre France !
Michel Escatafal
14:07 Publié dans économie, politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, ump, parti socialiste, mélenchon, mariage pour tous


