31.12.2009
Un grave échec pour le pouvoir, même si nous ne perdons rien pour attendre !
Décidément l’année 2009 aura été pour Nicolas Sarkozy celle de tous les échecs. Outre le fait que jamais dans l’histoire de notre république les finances du pays avaient été aussi mal en point, que jamais sans doute un gouvernement n’avait autant légiféré pour ne rien véritablement réformer, voilà que le Conseil Constitutionnel, saisi le 22 décembre par les parlementaires socialistes sur le projet de budget 2010 instituant une nouvelle taxe verte, vient d’infliger au pouvoir et donc plus particulièrement au président de la République un nouveau camouflet, estimant que la taxe carbone était « contraire à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique » et créait une inégalité face à l’impôt. Ils auraient pu dire une énième inégalité, sans que cela ne choque personne tellement c’est une évidence.
Il est vrai que, comme je l’ai déjà dit sur ce site, seuls les carburants et les produits de chauffage étaient concernés par cette taxe alors que 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant, ne l’étaient pas. Cela étant que l’on ne se réjouisse pas trop vite, l’idée n’est pas abandonnée pour autant puisque les services du Premier ministre ont annoncé qu’un nouveau dispositif serait présenté le 20 janvier en conseil des ministres. Normal disent certaines mauvaises langues, dans la mesure où avec un déficit budgétaire avoisinant les 150 milliards d’euros et une dette qui va se situer à plus de 1500 milliards d’euros, notre pays n’a guère d’autre choix que de pomper l’argent de ceux qui peuvent encore payer des impôts, en tout cas de ceux qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal. Et puis pour ceux qui seraient tentés de voter pour les Verts, il ne faut pas oublier que cette contribution carbone a été faite pour, par, et avec eux. D’ailleurs leur première réaction a été de demander au gouvernement de ne pas céder sur ce dossier, comme expliqué hier sur Europe 1 par la secrétaire nationale, Cécile Duflot. Et dire que certains voudraient que le MoDem fasse alliance avec ces gens-là pour les élections régionales !
En revanche le Conseil Constitutionnel n’a pas censuré la suppression de la taxe professionnelle, ce qui va énormément profiter aux grandes entreprises… et un peu aux plus petites, et va engendrer une hausse des impôts locaux pour la plupart des particuliers. Et oui, le bon peuple ne peut pas gagner sur tout ! Il est vrai que tout bien pesé il ne gagne pas souvent, pour ne pas dire presque jamais. En outre même si le Conseil Constitutionnel arrive à retoquer un texte, le pouvoir s’arrange toujours pour avoir le dernier mot, comme en témoigne la « loi Hadopi » sur le téléchargement qui a été finalement voté par l’Assemblée après avoir été légèrement remaniée.
Les « sages » n’ont pas censuré non plus l’imposition des indemnités journalières pour les accidents du travail. Ils n’avaient d’ailleurs aucune possibilité de le faire sur le plan constitutionnel. Après tout sur un strict plan légal, c’était une faveur accordée depuis des lustres à ces contribuables. Trop injuste toutefois pour Nicolas Sarkozy et l’UMP, ce qui n’est pas une surprise venant de la part de gens considérant que dans notre pays «les régimes spéciaux étaient l’inégalité la plus criante », plus que les niches fiscales, plus que le bouclier fiscal, plus que…De tout cela il faudra quand même que les Français se rappellent le moment venu, à commencer à l’occasion des prochaines élections régionales dans trois mois ! En tout cas c’est l’espoir que je formule. Et puisque je suis dans les vœux, je voudrais souhaiter à tous mes lecteurs, plus nombreux chaque année, mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2010.
Michel Escatafal
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23.12.2009
Si elle était présidente…
Si Ségolène Royal avait été élue à la dernière élection présidentielle, et que notre pays vive dans la même pagaille qu’aujourd’hui, je suis sûr et certain que tous les médias, et autres cercles politiques de toutes sortes, se déchaîneraient d’une manière qu’on n’imagine même pas. Il suffit de voir comment elle fut traitée à partir du moment où la probabilité fut grande de la voir au second tour de l’élection présidentielle contre Nicolas Sarkozy. Que n’a-t-on pas dit sur sa supposée incompétence, sur ses remarques que l’on assimilait immédiatement à des bourdes ou des gaffes, bref la dame avait tous les défauts, et Nicolas Sarkozy de son côté était paré de toutes les vertus ou presque. Nous connaissons la suite.
Et aujourd’hui, plus peut-être qu’hier, on utilise les mêmes ficelles pour démontrer que notre pays est gouverné, alors qu’il donne tous les jours l’impression de ne plus l’être. Certes il y a la crise, mais jamais sans doute depuis des années un gouvernement n’a semblé manifester une telle impuissance à régler les problèmes économiques et sociaux. Et pourtant en haut lieu, comme dans les médias complaisants, on fait comme si tout allait bien ou presque.
En outre toutes les initiatives prises par ce pouvoir aux abois semblent produire l’effet inverse de ce qui est recherché. Plus personne n’y croit, et ce n’est pas en copiant les autres, parfois aussi mal en point que nous, que nous ferons sortir notre pays des difficultés dans lesquelles il s’enfonce un peu plus chaque jour. En disant cela je pense à la taxation des bonus sur le modèle britannique, dont je parlerai dans un prochain billet, et que l’on nous présente comme une avancée importante dans la moralisation du capitalisme financier.
Tout aussi grave est la perte d’’influence de notre pays sur le plan international, peut-être même comme jamais depuis des décennies. Oubliés le discours de Phnom-Penh du général de Gaulle en 1966 ou celui à l’ONU de Dominique de Villepin en 2003, juste avant la guerre en Irak. Au moins à ces époques la voix de la France était écoutée, à défaut d’être toujours entendue, « cette vieille nation » n’étant plus une superpuissance comme à certaines périodes de son histoire. Malgré tout cette voix avait la résonance particulière d’un pays qui était considéré comme celui des droits de l’homme.
De nos jours on a l’impression que tout cela est bien lointain. Mais comment a-t-on pu en arriver là en si peu de temps ? Tout simplement parce que, comme je l’ai souvent dit ici même sur ce site, nous n’avons pas de ligne diplomatique bien définie, celle-ci variant au gré des vents ou de l’intérêt national de notre président de la République. Qui ne s’est pas rendu compte du jeu personnel de Nicolas Sarkozy, ces dernières semaines, à propos du sommet sur le réchauffement diplomatique, privilégiant notamment l’entente avec le président brésilien Lula…au lieu de chercher d’abord le consensus avec les autres pays de l’Union Européenne. N’importe quel président français aurait agi dans ce sens, surtout sur un sujet comme celui-là où les intérêts des pays composant l’Union sont très divergents.
Résultat de tout cela, nous avons eu à Copenhague un accord a minima et non contraignant…comme le souhaitaient les Etats-Unis, la Chine et l’Inde, l’Union Européenne et à plus forte raison la France se situant hors du cœur décisionnel. Il est vrai que les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil représentent à eux seuls un peu plus de la moitié de la population de la planète…contre un pour cent pour notre pays. Vu sous cet angle, notre président devrait faire preuve d’un minimum de modestie, ce qui en apparence est au dessus de ses moyens. En outre, compte tenu de l’état dans lequel se trouvent notre économie et nos finances publiques, même sur ce plan nous ne pouvons plus faire la leçon, comme nous aurions été autorisés à le faire à d’autres moments de notre histoire récente, par exemple au moment du second choc pétrolier. Aujourd’hui nous en sommes à user d’artifices pour masquer l’ampleur de nos déficits.
Alors ce « don quichottisme » de notre diplomate en chef apparaît quelque peu pathétique, et ressemble effectivement à une bataille contre les moulins à vent. Après tout pourquoi les autres européens devraient-ils supporter les rodomontades et les perpétuelles leçons de notre président de la République, et à plus forte raison les Américains, les Chinois ou les Indiens ? Nicolas Sarkozy confondrait-il les sommets de chefs d’Etat avec les réunions UMP ? Sans doute pas, mais dans son souci de paraître pour ce qu’il n’est pas, il en donne parfois l’impression aux yeux de ses compatriotes…et de ceux qui ne le sont pas. N’est pas Talleyrand ou Aristide Briand qui veut ! Pour toutes ces raisons je pense sincèrement, qu’à défaut de François Bayrou, il eut mieux valu que Ségolène Royal fût élue à la place de Nicolas Sarkozy.
Michel Escatafal
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17.12.2009
Des diversions qui n'impressionnent plus guère...
« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers ». Voilà ce qu’a déclaré ces derniers jours la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, interrogée sur la compatibilité de l'islam avec la République lors d'un débat dans les Vosges sur l’identité nationale…qui à présent est entièrement focalisé sur l’immigration et l’islam. Certes Madame Morano nous dit que cette phrase, reprise un peu partout sur le web ou dans les médias, a été sortie de son contexte, ce que je veux bien admettre, mais le fait est là, à savoir que ce débat est de plus en plus nauséabond et qu’il faut l’arrêter tout de suite.
En disant cela je ne fais que répéter ce que disent à l’unisson des gens comme Dominique de Villepin, qui estime que « ce débat n’a pas de sens », et que « dans une période de crise on a autre chose à faire qu’à se diviser sur un sujet aussi important que celui-ci », ou encore comme François Hollande qui estime que « s’il y a un débat sur la France, son projet, son histoire, c’est lors de l’élection présidentielle » que cela se traite. Et au passage, l’ex-Premier secrétaire du P.S. en profite pour rappeler qu’il y a mieux à faire que légiférer sur le port de la burqa. C’est bien mon avis, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur ce site. Il est vrai qu’avec Nicolas Sarkozy on ne cesse de faire et refaire des lois qui existent déjà !
Et puisque je parle du président de la République, j’observe au passage que ce débat sur l’identité nationale lui appartient totalement, contrairement à ce que j’entends parfois où on essaye d’en faire porter la responsabilité principale à Eric Besson, lequel ne fait qu’appliquer avec le zèle des convertis les ordres de son nouveau maître. Enfin, quand je dis nouveau maître j’exagère un peu, comme l’a rappelé hier Nicolas Sarkozy face aux critiques de certains membres de sa majorité. Et parmi ceux-ci figuraient l’ineffable Hervé Morin…qui finalement a mis un peu plus de temps à trahir son camp qu’Eric Besson. Et c’est vrai que son ardeur était grande pendant la campagne présidentielle de François Bayrou, surtout au moment où les sondages du représentant de l’UDF (qui n’était pas encore MoDem) étaient très favorables. Pauvre Morin obligé de recevoir ce type de critique, et de se voir infliger une leçon de « sarkozysme » de la part du président de la République !
A ce propos, j’ai presque moins d’antipathie pour Besson que pour Morin, car le ministre de l’Immigration a au moins le mérite d’assumer pleinement son changement de camp, alors que l’ancien ami de Bayrou, promis aux plus hautes destinées gouvernementales si ce dernier avait été élu, ne cesse de faire semblant de se démarquer chaque fois que l’on aborde des sujets qui font de grosses polémiques. Décidément ces gens du Nouveau Centre, qui voudraient de nouveau qu’on les considère comme UDF, ne sont vraiment pas fiables ! Mais au fond qui en doutait réellement ? Pas moi en tout cas, et j’en connais beaucoup d’autres qui ont participé comme moi aux campagnes présidentielles et législatives de 2007. D’ailleurs, après les sévères remontrances de Nicolas Sarkozy, je suis persuadé que Morin et les députés du Nouveau Centre rentreront gentiment dans le rang…comme d’habitude.
Une autre qui sait également faire preuve d’allégeance, c’est Fadela Amara. Celle-ci en effet semble tout particulièrement tenir à son secrétariat d’Etat à la Ville. Pas une seule remarque sur le fait que dans les dépenses liées au grand emprunt les banlieues soient complètement oubliées. En outre, à l’instar de sa camarade du gouvernement Rama Yade, chaque fois qu’elle ose timidement émettre une critique, comme par exemple sur les expulsions d’Afghans, c’est aussitôt pour faire remarquer qu’elle n’a aucune info sur le sujet…ce qui relativise énormément la portée de ses propos. Elle aussi semble avoir déjà tout compris de la politique !
Heureusement « la France d’en bas », comme l’appelait J.P. Raffarin, ne mord plus guère à ces discours à l’emporte-pièce où l’on mélange allègrement l’identité nationale ou l’insécurité à l’immigration, parce qu’elle sait bien que ces diversions ne la sortiront pas du marasme économique et social dans lequel se trouve notre pays. Ce n’est pas parce qu’on va discourir sur les minorités étrangères, quelles que soient les tenues qu’elles portent ou que leur casquette soient à l’endroit ou à l’envers, que notre dette va diminuer ! Notre pays semble-t-il est en train de réaliser que la France a plus besoin d’espoir et de solidarité que de haine ou de peur. En tout cas c’est le vœu que je formule en écoutant ce qui se dit çà et là, et qui pourrait bien se traduire dans les urnes lors des élections régionales.
Et si cela devait être le cas, je ne bouderais pas mon plaisir même si, hélas, mon parti n’en tire pas tous les avantages que je souhaiterais. Peut-être qu’au lieu d’essayer de créer des clubs improbables, il serait mieux qu’on nous entende davantage sur les sujets que je viens d’évoquer. Après tout pourquoi François Bayrou a-t-il obtenu plus de 18% des voix aux élections présidentielles ? Parce qu’il incarnait une forme d’espoir. Et force est de constater que sur ce plan nos électeurs ont été déçus. Alors quand aurons-nous compris que l’élection présidentielle a lieu dans un peu plus de deux ans, et que nous avons déjà pris du retard dans la préparation de cette échéance ?
Michel Escatafal
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10.12.2009
Un débat nauséabond pour cacher la faillite d'une politique
Décidément je n’arrive pas à me faire à l’idée que l’on puisse débattre un peu partout en France sur l’identité nationale…comme on essaie de nous le faire croire. Certes je ne nie pas qu’il y ait nombre de réunions qui soient organisées sur le sujet, avec à chaque fois un minimum de personnes censées réfléchir sur ce que signifie de nos jours être français. Et là est tout le problème, car outre le fait que ce débat sent à mille lieues les arrières pensées électoralistes, être français signifie tout simplement être fidèle le plus possible à ces trois mots qui sont le fondement de notre république, à savoir liberté, égalité et fraternité. A partir de là point n’est besoin de discourir sur le sujet, d’autant que les débats tournent vite aux idées nauséabondes…contraires à notre tradition républicaine, avec par exemple un maire UMP s’en prenant ces derniers jours publiquement « aux 10 millions d’immigrés payés à rien foutre ».
Alors au lieu de discourir dans le vide, ou d’essayer de faire plaisir à un électorat très droitier qui veut retourner d’où il vient, je crois que Nicolas Sarkozy devrait surtout veiller à ce que tous les Français puissent jouir pleinement de leurs libertés fondamentales, par exemple faire en sorte que la presse soit le plus possible pluraliste. Je n’ai pas besoin d’en rajouter sur un dossier dont j’ai souvent parlé ici-même, tellement le traitement infligé aux divers candidats dans les élections peut s’avérer inégal, y compris et surtout au moment de l’élection présidentielle. Mais il n’y a pas égalité non plus dans de nombreux domaines de notre société…de plus en plus injuste. Est-il normal que les plus riches des Français bénéficient d’un bouclier fiscal solide comme une armure de Philippe-Auguste ou une fortification de Vauban, alors que la quasi-totalité des citoyens croule sous les taxes de toutes sortes.
Et puisque je suis sur le triptyque qui compose la devise de la République, j’ajouterai que la fraternité est, par définition, le lien de solidarité qui unit les membres d’une société. Or jamais ce lien n’a paru plus distendu qu’aujourd’hui, et pas seulement à cause de « la résurgence de certains communautarismes », pour parler comme Nicolas Sarkozy. Quand le chef de l’Etat met à l’index certaines catégories de Français parce qu’ils manifestent leur mauvaise humeur par un mouvement social, ou quand le Premier ministre affirmait, le plus sérieusement du monde, que les régimes spéciaux étaient « l’inégalité la plus criante dans notre pays », je dis que tout simplement on essaie de monter les Français les uns contre les autres ce qui va, évidemment, à l’encontre de la nécessaire fraternité devant unir un peuple.
Heureusement, les Français ne semblent pas dupes de toutes ces basses manœuvres purement politiciennes. Ils le sont d’autant moins que ce gouvernement ne cesse de dire et de faire tout et son contraire, comme en témoigne l’affirmation qu’il faut respecter la Marseillaise, et même la chanter, qu’il faut assister aux cérémonies patriotiques comme le 8 mai ou le 11 novembre…pour sentir le poids de l’histoire, alors que l’on veut supprimer cette discipline pour 50% des élèves de terminales scientifiques. Encore une fois les mots sont plutôt des maux quand on les compare à la réalité de l’action qui est menée. Cela étant cela permet de parler d’autre chose que du chômage qui va atteindre des taux records, des déficits sans précédent du commerce extérieur, du budget de l’Etat (cinq fois supérieur à celui de 2006) et de la dette qui explosent, bref de la faillite complète de la politique qui est menée depuis mai 2007.
Heureusement ce débat auquel les Français n’adhèrent pas, ce qui est déjà rassurant en soi, risque de faire une victime toute désignée…surtout si l’UMP subit une lourde défaite aux prochaines élections régionales, à savoir Eric Besson. Celui-ci en effet, après avoir assumé pleinement sa rupture de ban avec les socialistes, à propos desquels il n’a pas de mots assez durs, au point de devenir un haut cadre du parti présidentiel, avait jusque là réalisé un parcours sans faute aux yeux de Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’il y a mis du sien en avalant toutes les couleuvres, pour ne pas dire les anacondas, dans un ministère dont on ne retient que le renvoi des clandestins ou la lutte contre les mariages gris. En outre il est une cible privilégiée de l’opposition, comme en témoignent ces propos de François Hollande qui n’hésite pas à affirmer « qu’on utilise Besson parce qu’il a l’ardeur du néophyte, le zèle du traître, une forme d’intelligence, et que ça ennuie le PS».
Avec un tel portrait, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’avait pas droit à l’erreur, et il va sans doute apprendre à ses dépens que la détermination personnelle ne suffit pas aux yeux de Nicolas Sarkozy, y compris quand on se voit confier un ministère délicat, à coup sûr le plus difficile du gouvernement. A la limite il vaut mieux n’avoir aucun pouvoir, comme par exemple le Premier ministre ! Cela étant, n’est-ce pas Eric Besson qui a affirmé que le « le débat sur l’identité nationale est un talisman pour quiconque a des ambitions présidentielles » ? Alors j’ai envie de dire qu’il a joué et perdu…et que cela me réjouit beaucoup.
Michel Escatafal
08:37 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
26.11.2009
L'intérêt général en politique devrait toujours passer avant l'intérêt particulier
Ce qu’il y a d’étonnant avec Rama Yade c’est sa capacité à faire semblant de se rebeller…pour mieux arriver à ses fins. En cela cette jeune femme, tout juste trentenaire, a déjà tout compris du jeu politicien. Et justement c’est cela qui me gêne chez elle. Pas étonnant que les Guignols la brocardent sur ses pas en avant et en arrière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, cette manie de la dame de faire semblant de s’opposer au pouvoir, en l’occurrence à Nicolas Sarkozy, juste assez pour que ce dernier se pose une question à son propos, mais en évitant d’aller trop loin…pour ne pas s’attirer durablement les foudres du chef de l’Etat. C’est habile reconnaissons-le, d’autant que Nicolas Sarkozy a autant besoin d’elle qu’elle a besoin de lui.
Certes il y a quelque chose d’agaçant avec ces perpétuels pas de danse que Rama Yade nous inflige chaque mois ou chaque semaine, pour finalement rentrer gentiment dans le rang…quand elle a obtenu ce qu’elle voulait. Ainsi on apprend aujourd’hui qu’elle a écrit au président de la République, avec l’aval du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, pour lui dire qu’elle ne veut pas « être une éternelle rebelle ». Du coup le chef de l’Etat, qui est aussi le patron de l’UMP, a accepté de l’investir dans les Hauts-de-Seine comme elle le souhaitait…mais aussi dans l’intérêt de l’UMP, car elle est la seule personnalité du gouvernement à être populaire, du moins si l’on en croit les sondages, ce qui va théoriquement donner du poids à la liste UMP dans ce département du 92 à coté de ce pauvre Santini. En tout cas, cela montre bien que la compétence n’est pas nécessairement le premier critère pour désigner les candidats à l’UMP…et ailleurs.
Cela dit j’aimerais bien que Rama Yade se serve de sa popularité, et de son côté incontournable vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, pour essayer de peser sur les décisions de celui-ci sur des sujets touchant à l’intérêt du pays. Par exemple sur la continuelle augmentation des dépenses et de la dette. Ce serait quand même plus utile que de penser uniquement à son propre intérêt. Or sur les déficits et la dette il y a urgence, et ce n’est pas le soi-disant grand emprunt qui va améliorer la situation, d’autant que les priorités énoncées pour ce grand emprunt ressemblent beaucoup à des dépenses qu’il aurait fallu de toute façon engager.
L’heure est d’autant plus grave, que nous nous précipitons à grande vitesse vers une dette publique qui va représenter 100% du PIB, ce que nous sommes nombreux à prédire depuis quelque temps. En tout cas si certains jugeaient ce chiffre exagéré, ce n’est pas le cas de l’OCDE, laquelle prévoit pour 2010 un déficit de 9% de la richesse nationale, et une dette représentant 90%. On n’est donc, hélas, pas si loin de mes funestes prévisions, et ce ne sont pas quelques coupes dans les dépenses courantes qui seront suffisantes pour enrayer la machine à faire des déficits. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement avec un gouvernement qui se refuse obstinément à revenir sur certaines mesures fiscales, dont on sait pourtant aujourd’hui qu’elles sont aussi inefficaces qu’inutiles. En outre, malheureusement pour nous, notre pays est constamment en période électorale, ce qui est rarement le moment pour prendre des mesures courageuses.
Pourtant ces questions on se les pose dans les pays voisins, ce qui ne nous rassure pas sur notre compétitivité dans la décennie à venir. Même les conservateurs britanniques semblent convaincus de la nécessité de mettre fin à la dérive de leurs finances publiques. Ils le sont tellement qu’ils balayent d’un revers de main l’argument selon lequel la réduction des déficits serait fatal à un retour de la croissance. Cet argument c’est surtout celui des travaillistes, même si dans le programme électoral de Gordon Brown, le Premier ministre sortant, il y a la promesse de réduire de moitié le déficit en quatre ans. Certes cela ne mange pas de pain de faire ce type de promesse, mais au moins cela figure dans le programme de la législature.
Gageons que le moment venu (en 2012), comme on peut déjà le constater avant l’ouverture de la campagne pour les prochaines élections régionales, les thèmes privilégiées de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy porteront davantage sur la sécurité, l’immigration ou l’identité nationale, que sur l’assainissement de nos finances publiques. Espérons simplement que les Français désigneront à ce moment, pour la conduite de leur pays, un de ceux pour qui cette situation est devenue intolérable, avec pour corollaire la mise en œuvre d’une politique infiniment plus courageuse que celle qui nous est infligée depuis bientôt trois ans. Je dis espérons, parce que je n’oublie pas que Georges Bush, par exemple, a été réélu en 2004 aux Etats-Unis. Et quand on voit dans quel état il a laissé le pays à son successeur cela fait froid dans le dos si, d’aventure, la France cédait de nouveau aux sirènes du sarkozysme.
Michel Escatafal
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24.11.2009
Il faut, il n'y a qu'à...
La France est gouvernée, et tous les moyens sont mis en œuvre pour que nous le sachions. Alors on envoie au feu les ministres, en ce moment celui de l’Education nationale (Luc Chatel) et celle de la Santé (Roselyne Bachelot). Bien entendu le chef de l’Etat et du gouvernement, ministre de tous les ministères, Nicolas Sarkozy, prend sa part et même plus encore dans cette communication tous azimuts. Ainsi aujourd’hui le président de la République sera à Epinay-sur-Seine où il va, nous dit-on, évoquer dans un commissariat les problèmes liés à la sécurité, domaine dans lequel là aussi le pouvoir est en train de subir un échec cuisant. Pourtant avec les mesures que le ministre de l’Intérieur, Sarkozy Nicolas, avait prises dès 2002, on devait faire beaucoup mieux en termes de résultats que le gouvernement Jospin. On sait à présent que globalement il n’en est rien, preuve que le « faut qu’on, y a qu’à » et la communication à outrance ne sont pas suffisants.
En attendant on apprend ce matin que nombre d’enseignants de l’Education nationale sont en grève, parce qu’ils n’en peuvent plus de toutes les diminutions de poste dont cette administration est affectée, au point qu’on en est réduit à passer des petites annonces pour recruter en CDD des gens titulaires d’une licence…pour pallier au manque de professeurs. Au nom de quoi tous ces postes sont supprimés ? Réponse, pour faire des économies budgétaires. Dans le même ordre d’idées, pourquoi a-t-on créé les Pôles Emplois avec tous les problèmes que cela pose dans un contexte de chômage accéléré? Réponse, pour rationaliser et in fine pour faire des économies. Bref, on fait soi-disant des économies partout, dans l’enseignement, dans la police, dans la justice etc., et malgré tout jamais notre pays n’a atteint de tels niveaux de déficit et d’endettement public depuis la première guerre mondiale. Cherchez l’erreur !
Cela paraît simpliste, mais c’est une réalité incontournable, et je ne suis pas seul à le dire. D’ailleurs il suffit d’entendre certains sénateurs proches de la majorité pour en être convaincus, notamment ceux qui regrettent qu’on ait accordé une TVA à 5,5% aux restaurateurs, privant ainsi l’Etat de 2,5 à 3 milliards d’euros. Mais qui, à part Nicolas Sarkozy, pensait que cette profession créerait 40.000 emplois et que les prix des repas baisseraient significativement ? Le type même d’une mesure absurde sur le plan financier, mal préparée, et purement démagogique. En étant un peu méchant, je dirais que nous sommes dans la droite ligne de ce qu’a toujours fait Nicolas Sarkozy, et de ce qu’il fait plus encore depuis qu’il est président de la République.
Cependant en termes de démagogie, ce pauvre François Fillon ne le cède en rien à son chef. Et si je dis cela, c’est après l’avoir entendu affirmer qu’il y avait trop de gardes à vue, et surtout s’interroger sur leur utilité. Là François Fillon touche le fond, car il semble oublier qu’il est (théoriquement) le chef du gouvernement et que nous sommes passés, entre 2002 et 2008, de 300.000 à 600.000 gardes à vue. Effectivement avec des chiffres pareils les Français ont le droit de se poser la question de leur utilité, mais pas le Premier ministre…à moins qu’il ne considère être responsable de rien dans le pouvoir. Après tout pourquoi pas ?
Parmi les autres nouvelles lues et entendues un peu partout dans les médias, la décision des autorités britanniques de rouvrir le dossier irakien, avec en filigrane le fait de savoir pourquoi Tony Blair a décidé d’engager son pays dans la guerre en 2003. Pauvres britanniques qui manifestement accumulent les avatars depuis quelques années, après avoir servi de modèle à tellement de dirigeants européens, à commencer par Nicolas Sarkozy. Rappelons simplement que la Grande-Bretagne fait encore plus mal que la France sur le plan des finances publiques (c’est dire !) avec un déficit dépassant 12% du PIB. La situation est tellement grave que l’association patronale britannique CBI, qui se veut apolitique mais qui a plus ou moins toujours soutenu le gouvernement travailliste, est en train de changer de camp c’est-à-dire de se jeter dans les bras des conservateurs…qui vont gagner presque à coup sûr les élections du printemps prochain.
En tout cas le directeur général du CBI, Richard Lambert, a appelé à une réduction rapide des déficits de l’Etat, considérant qu’à partir d’un certain niveau les déficits sont assimilés à du laxisme financier. En outre Richard Lambert ajoute que le prochain gouvernement aura des décisions très difficiles à prendre, pour « placer la Grande-Bretagne sur un chemin crédible pour rééquilibrer les finances publiques ». Et pour enfoncer encore un peu plus le clou, ce dirigeant patronal à qui on faisait remarquer que cette décision risquait d’étouffer la reprise a répondu : « C’est vrai, mais nous pensons que le risque de réduire le déficit trop tard est encore plus important ». Au fait qu’en pense Nicolas Sarkozy ? En tout cas Richard Lambert ne fait qu’affirmer, dans les propos que je viens de rapporter, ce que nous sommes nombreux à dire et écrire depuis que notre pays est engagé dans les graves dérives que l’on connaît en termes de finances publiques.
Michel Escatafal
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22.11.2009
On ne gouverne pas le pays, parce qu’on ne se préoccupe que des élections à venir
Au moment où le président de la République fait resurgir le débat sur l’identité nationale, dont tout le monde reconnaît le caractère grossièrement électoraliste, on nous présente comme indispensable une réforme territoriale qui inquiète tout le monde, des élus jusqu’aux citoyens. Pourquoi d’ailleurs se lancer dans cette énième réforme, surtout dans la période de crise que nous vivons ? Difficile de répondre à cette question, sauf à admettre encore une fois que le pouvoir cherche à brouiller les cartes du paysage politique, et à détourner l’attention sur les multiples échecs de sa politique intérieure et extérieure. Pour durer et pouvoir se présenter avec des chances de succès à la prochaine élection présidentielle, il faut absolument que le pouvoir fasse diversion sur les problèmes qui affectent les Français. Alors tout est bon pour cela quitte à prendre quelques risques politiques, notamment la grogne des élus y compris ceux de son camp.
Certes les élus UMP sont, pour le moment, assez dociles, mais la contagion pourrait être forte assez rapidement, notamment quand la nécessité se fera sentir d’augmenter les impôts locaux…s’ils ne veulent pas tailler dans leurs budgets d’investissements ou sociaux. C’est surtout à ce niveau que les plus réfractaires à la réforme se feront le plus facilement entendre, et cela le président de la République ne devrait pas l’oublier. Evidemment, ayant été lui-même l’élu d’une ville et d’un département qui croule sous la richesse, certaines préoccupations de maires ou conseillers généraux de contrées pauvres doivent lui paraître bien lointaines, mais justement n’est-ce pas le rôle des élus que transmettre au « monarque républicain » les doléances des Français n’habitant pas les cités ou pullulent les grosses fortunes, d’autant que celles-ci sont de loin les moins nombreuses.
Le problème hélas de ces élus est qu’ils ne pensent qu’à leur réélection, et ce d’autant plus qu’ils ont plusieurs mandats. Je veux bien qu’ils se battent pour leur commune, pour leur canton, mais chacun sait bien qu’arrivés à un certain stade on se bat d’abord pour soi. C’est tout le problème du cumul des mandats…parce qu’à partir d’un certain niveau d’implication, on devient un professionnel de la politique. Comment dans ces conditions avoir le courage de dénoncer les décisions prises par un président de la République, sur le nom de qui on s’est fait élire quelques mois ou quelques années auparavant ? En fait le courage de ces élus ne se manifeste qu’à partir du moment où ils sentent clairement que leur leader ne représente plus pour eux l’avenir. Il suffit de voir les hésitations des élus UMP au moment où Dominique de Villepin devenait un candidat crédible à l’investiture présidentielle, et leur revirement total quand celui-ci n’avait plus aucune chance dès que Nicolas Sarkozy a réussi à reprendre le dessus.
Cela étant, et pour les raisons que je viens d’exposer, si Nicolas Sarkozy s’imagine que ces réformes destinées à assoir son pouvoir passeront comme une lettre à la poste, il risque de se tromper lourdement. Rappelons que la taxe professionnelle fournit plus de la moitié des revenus fiscaux des communes et des départements, et que sa suppression, dès l’an prochain, risque de plonger leurs finances dans le rouge. A ce propos, si l’on en croit le député socialiste Arnaud de Montebourg, de 25 à 40 départements seront dans l’incapacité de boucler leur budget en 2010 et 2011. Et il aurait pu ajouter que nombre de communes déjà surendettées auront énormément de mal à assurer le seul paiement de leurs intérêts sur emprunt. Et ce n’est pas la promesse de l’Etat de compenser la taxe professionnelle par de nouveaux impôts, sur les antennes de téléphones portables ou les transformateurs électriques par exemple, qui va rassurer les élus. On sait hélas ce que vaut ce type de promesse, d’autant que le pouvoir est lui-même confronté à des déficits abyssaux, lesquels ne peuvent que s’amplifier dans les années à venir…sauf à changer radicalement de politique, ce qui n’est pas envisageable avant 2012.
En revanche je serais un peu plus mesuré dans mes critiques sur la fusion entre les assemblées départementales et régionales. Certes les prérogatives ne sont pas les mêmes, mais avec des élus ne se consacrant qu’à leur mandat (toujours la nécessité d’un non-cumul), peut-être pourrions-nous réaliser certaines économies d’échelle intéressantes…au profit exclusif de ces collectivités. En revanche je suis farouchement hostile au mode de scrutin prévu pour désigner les élus territoriaux de cette nouvelle structure. Il est prévu en effet un seul tour, et celui qui arrive premier est élu, mode de scrutin qui favoriserait énormément le parti présidentiel, l’UMP. On comprend aisément dans ces conditions, l’hostilité de tous les autres partis à cette réforme qui, par parenthèse, montre à travers ce mode d’élection son caractère purement électoraliste.
Décidément avec Nicolas Sarkozy on est toujours dans le même schéma. On ne gouverne pas le pays, on ne se préoccupe pas des déficits et de la dette…mais on prépare sans cesse les prochaines élections. En outre toutes ces réformes qui privent les collectivités de ressources propres ne font que contribuer à ce que l’Etat continue à intervenir dans tous les domaines qu’il a pourtant délégués aux administrations régionales et locales. En outre c’est aussi le meilleur moyen de déconsidérer aux yeux des citoyens ceux qui seront obligés d’augmenter les impôts pour boucler leur budget, surtout s’ils veulent s’occuper du développement économique de leur collectivité. Or justement nombre de ces collectivités sont dirigées par l'opposition. C'est ce qui s'appelle penser à l'intérêt du pays!
Michel Escatafal
16:17 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.11.2009
Devoir de réserve ou de résistance ?
La lauréate du Prix Goncourt 2009, Marie N’Diaye, n’y est pas allée par quatre chemins pour expliquer pourquoi elle a quitté la France pour s’installer à Berlin. Elle a en effet déclaré sans ambages que son départ était dû essentiellement à son dégoût de la France de Nicolas Sarkozy. Et cela a entraîné le courroux du député UMP Eric Raoult, lequel a cru bon d’affirmer que les écrivains qui ont obtenu le prix Goncourt étaient soumis… à un « devoir de réserve ». Apparemment ce député, de surcroît ancien ministre, ne sait manifestement pas en quoi consiste le devoir de réserve, car je ne vois pas à quel titre un écrivain y serait soumis, fut-il le lauréat du plus prestigieux de nos prix littéraires.
Certes Marie N’Diaye a fait fort dans sa critique de la politique de Nicolas Sarkozy touchant à l’immigration, mettant dans le même sac les ministres Besson et Hortefeux…qu’elle « trouve monstrueux », comme elle trouve « détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité » à propos de la France s’aujourd’hui. Je lui laisse la responsabilité de ses propos, sur lesquels elle est d’ailleurs un peu revenue, mais je ne vois pas comment dans un pays qui se veut démocratique on pourrait lui reprocher de les avoir tenus. Après tout elle n’a pas appelé au meurtre, ni à la révolution. Par ailleurs est-ce plus choquant de dire les choses de cette manière que parler de « nettoyage au karcher » dans les cités ? En tout cas une nouvelle fois notre pays est montré du doigt à l’étranger, et notamment en Afrique, où cette sortie d’Eric Raoult a beaucoup choqué.
Vouloir limiter la liberté des écrivains est quand même assez singulier de la part du pays des droits de l’homme. Plus grave encore, j’ai entendu peu de voix dans le parti gouvernemental pour condamner Eric Raoult, ce qui signifie qu’à l’UMP on est globalement d’accord avec lui, et avec celui qui a prononcé ces paroles désormais tristement célèbres et définitives : « La France on l’aime ou on la quitte » ! Cela étant, quand Marie N’Diaye tient les propos qu’elle a tenus, n’est-ce une manière d’affirmer avec force qu’elle aime son pays. En outre, pourquoi et au nom de quel principe devrait-on penser comme Eric Raoult…ou se taire, si l’on a eu le prix Goncourt ? Désolé Monsieur le Député, mais la liberté de parler et de penser ne se marchande pas, et dans ce cas ce n’est plus de devoir de réserve qu’il faut parler, mais de devoir de résistance.
De résistance on pourrait parler aussi à propos de notre mouvement, le MoDem, même si le sujet paraît infiniment moins sérieux. Mais résister à quoi me direz-vous ? Tout simplement à tous ces courants ou initiatives qui déroutent complètement les militants…et les électeurs. La preuve, nous n’arrivons pas à décoller sur le plan électoral, et la raison en est que nous n’avons plus de ligne directrice bien définie. A présent c’est la vice-présidente du MoDem et député européen, Corinne Lepage, qui lance son club citoyen « Terre démocrate », dont l’ambition est de bâtir « un projet de société ». Rien que ça !
Il paraît qu’ils étaient 250 à 300 pour assister au baptême de ce nouveau club. Il y avait nous dit-on des gens du MoDem, d’Europe Ecologie, des Verts, des socialistes, et même Christophe Ginisty qui vient de claquer la porte du MoDem pour le motif qu’il était en désaccord avec la politique de François Bayrou. Tout cela est d’autant plus désolant que je croyais, à tort apparemment, qu’il n’y aurait pas de courants au Mouvement Démocrate, comme autrefois à l’UDF et aujourd’hui plus que jamais au Parti Socialiste. A ce propos il y a tellement de courants au P.S. qu’il y a même des sous-courants, comme en témoignent les divers rassemblements organisés par les cadres du parti.
Et ceux-ci sont tellement nombreux qu’ils ont tous la tentation de réunir leurs maigres troupes dans des mouvements improbables, où se retrouvent les mêmes mouvances que lors du rassemblement organisé par Corinne Lepage pour son « machin », donc avec des responsables du MoDem (le plus souvent Marielle de Sarnez et Benhamias). Du coup on voit à chaque occasion ces socialistes se déchirer, comme hier Ségolène Royal et Vincent Peillon, au point que ce pauvre Jack Lang s’est cru obligé de faire la leçon…alors qu’il a déjà un pied et demi dans la majorité présidentielle. Et bien non, je ne veux pas que mon parti participe à ce spectacle consternant, et se comporte en supplétif des courants socialistes et écologistes. J’ai beaucoup plus d’ambition pour lui, la même qui a permis à François Bayrou d’obtenir 18,5% des voix à la présidentielle de 2007.
Michel Escatafal
11:59 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
02.11.2009
Notre pays perd tous ses principes et tous ses repères
Notre pays est en train de devenir une véritable pétaudière, où tout est fait en dépit du bon sens et où il est permis de dire n’importe quoi sans que personne ne s’en offusque. Et si on trouve que j’exagère, je me contenterais de citer cette déclaration de l’Elysée qui vaut son pesant d’hypocrisie : « Il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Je suis le président de la République, successeur de Jacques Chirac. S'il y a bien quelqu'un qui ne peut présenter le moindre commentaire, c'est moi. Quels que soient les sentiments que j'ai pu avoir à l'endroit de Jacques Chirac, je ne peux faire aucun commentaire ». Bravo à notre président de la République de rappeler qu’il y a séparation des pouvoirs dans notre république, mais alors pourquoi parler devant des millions de téléspectateurs de « coupables » à propos des prévenus du procès Clearstream ? Plus c’est gros, plus c’est passe, comme dirait l’autre !
Cela étant je comprends que Nicolas Sarkozy puisse avoir de tels trous de mémoire dans la mesure où dans notre pays tout va de mal en pis. Et même la presse complaisante n’arrive plus à trouver des justificatifs à un pouvoir qui n’arrive plus à se justifier. Et comme toujours, quand les choses vont dans le mauvais sens, chacun dans la majorité essaie de faire semblant de se démarquer…pour essayer de préserver son avenir électoral. Quel dur métier d’être godillot ! Même Jean-Pierre Raffarin s’y met, avec ce qu’on appelle avec exagération « la fronde des sénateurs ».
D’autres vont même jusqu’à parler de révolte de « la droite cassoulet », tout cela à propos de la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales d’une bonne partie de leurs ressources fiscales. Or, compte tenu des déficits publics abyssaux qui affectent le budget de l’Etat, chacun sait bien que celui-ci ne compensera pas le manque à gagner provoqué par la suppression de la T.P., comme l’a souligné Alain Juppé en disant que « proposer cela, c’est se foutre du monde ». En fait, députés et sénateurs ont peur qu’on leur reproche un jour de ne pas avoir réagi sur ce problème…surtout si à cause de cela les impôts locaux doivent augmenter. Certains vont finir par croire que ce n’est pas une sinécure d’être politicien ou « politicard » professionnel !
En revanche on n’a pas encore entendu la « droite cassoulet » sur le fait que la France va devoir importer de grandes quantités d’électricité cet hiver. On nous parle même de l’équivalent de production de quatre centrales nucléaires. Qu’est-ce que cela signifie ? Que l’on n’investit plus assez dans la production d’électricité, malgré les augmentations constantes des tarifs de l’électricité payé par les particuliers et les entreprises. Et si tout cela était la conséquence d’investissements douteux sur le plan technique et financier ? Au fait la vocation d’EDF n’était-elle pas d’abord d’assurer la suffisance en énergie de notre pays ? Bref, là encore les gens ne se rendaient pas compte de la chance extraordinaire d’avoir des entreprises nationales comme EDF ou GDF pour assurer notre approvisionnement électrique.
Hélas, malgré les promesses réitérées de Nicolas Sarkozy sur la non-privatisation de GDF, celle-ci est à présent effective. Quant à l’ouverture aux capitaux privés d’EDF, tout le monde sait bien que cela signifie à très court terme la privatisation pure et simple. Voilà les Français prévenus : l’électricité va augmenter dans les mois et les années à venir, et sans doute de manière significative. Il ne restera plus à certains qu’à s’éclairer à la bougie. Et dire que François Bayrou a été quasiment le seul à se battre pour éviter que l’on n’en arrive là, en proposant une grande entreprise publique EDF-GDF, au motif que c’était « l’effort des Français qui avait permis de construire le réseau jusqu’au plus petit village » ! Personne semble-t-il ne s’en rappelle, et c’est bien dommage.
En tout cas notre leader a bien fait de souligner ces derniers jours, qu’il était scandaleux que le nouveau PDG d’EDF ait pour projet de faire d’EDF, entreprise (encore) publique, le premier actionnaire de Véolia, son ancienne entreprise…dont il conserve la présidence du conseil d’administration. Pour François Bayrou, « on va mettre à la charge du consommateur d'électricité français le désendettement d'une entreprise privée », ajoutant que « ceci est absolument le contraire des principes qui jusqu'à maintenant avaient inspiré l'action de l'Etat dans ce domaine si sensible de l'électricité ». C’est sans doute cela aussi la fameuse « droite décomplexée » dont parlaient les thuriféraires de Nicolas Sarkozy. Décidément la France est en train de perdre tous ses principes et tous ses repères !
Michel Escatafal
10:03 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
30.10.2009
Tout cela donne le tournis...
La présidence belge de l’Union Européenne, qui va commencer le 1er juillet 2010, va disposer pour ses six mois d’activité d’un budget de 100 millions d’euros, ce qui paraît beaucoup. Toutefois cela ne représente qu’environ 58% des dépenses de la présidence française l’an passé. D’ailleurs le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes belge, Olivier Chastel, ne se prive pas de dire, à ceux qui trouvent la note salée dans le royaume, qu’avec 100 millions ce sera « une présidence sobre et ambitieuse. Et d’ajouter perfidement : « On est largement en dessous de la France, qui avait dépensé 171 millions ».
Décidément dès qu’il s’agit de dépenses liées à l’activité de notre président, qui est aussi Premier ministre et ministre de tous les ministères, la France se situe toujours en tête du peloton. D’ailleurs le tarif moyen pour une présidence européenne se situe entre 70 et 80 millions d’euros, sauf pour l’Allemagne qui avait dépensé 180 millions au premier semestre 2007. Evidemment nous ne pouvions pas faire moins que notre voisin allemand, sauf que notre pays connaissait déjà l’an passé une explosion des déficits qui allait nous amener à la dramatique situation dans laquelle nous nous trouvons, et aujourd’hui moins que demain. Cela dit, j’ai noté la relative gentillesse de la Cour des Comptes qui par la voix de son président, Philippe Seguin, parle d’opérations « mal programmées » avec en outre « un certain nombre de dérives et un certain nombre d’erreurs ». Qu'en termes choisis ces choses-là sont dites!
Néanmoins, au Quai d’Orsay, on a trouvé immédiatement la parade pour expliquer ce que la Cour des Comptes appelle des « dérives », en affirmant péremptoirement que « l’on attend davantage d’une présidence française ». On aurait pu ajouter surtout quand celui qui assure la présidence française s’appelle Nicolas Sarkozy, le dirigeant que le monde entier nous envie…et que les Français dans leur grande majorité ne savent pas apprécier. Et comme si son pouvoir n'était pas suffisant, notre président de la République s’était mis dans l’idée de ressusciter l’empire romain en essayant, au demeurant sans grand succès, de revitaliser l’Union pour la Méditerranée...dans l'espoir évidemment d'en avoir le leadership.
Résultat, le 13 juillet 2008, Nicolas Sarkozy a réuni à Paris un sommet pour cette U.P.M.avec à la clé un dîner pour les 43 chefs d’Etat présents qui a coûté plus d'un million d'euros, soit 5050 euros par personne. Et pour l’anecdote, on apprend qu’une douche (entre autres aménagements de locaux avec sanitaires) a été installée pour l'occasion à l'endroit où se tenait le sommet, le coût global depassant 245.000 euros. Au total cette réunion aurait coûté 16,6 millions d’euros. On comprend pourquoi la Cour des Comptes parle d’un « épisode pas très glorieux du point de vue des finances publiques ». Cela étant quand on atteint 150 milliards d’euros de déficit budgétaire, on n’est plus à quelques millions d’euros près. Malgré tout 245.000 euros pour l’installation d’une douche et quelques aménagements de locaux avec sanitaires c’est quand même beaucoup, à moins que la douche ne soit dorée à l’or fin. Et le pire est qu’elle n’aurait même pas servie!
Et pendant ce temps le contribuable français souffre de plus en plus, sauf ceux qui sont protégés par le bouclier fiscal auquel il est absolument interdit de toucher. Entre le décompte final des impôts, les taxes d’habitation ou foncières très souvent en hausse significative, sans oublier les assurances, l’eau, le fuel pour le chauffage avant l’hiver, les charges de l’immeuble, bref chaque fois qu’il va chercher son courrier c’est la peur qui envahit notre contribuable. Elle l’envahit d’autant plus qu’il a comme chaque mois ses crédits à rembourser, sachant que son banquier ne lui fera pas de cadeau s’il dépasse son découvert…alors que ses impôts ont permis à l’Etat de consentir des prêts a sa banque comme aux autres, il y a quelques mois.
Tout cela sur fond d'une dette publique qui devient de plus en plus abyssale, au point que l'impôt sur le revenu payé par les Français est nettement insuffisant pour en payer les intérêts, je dis bien les intérêts, alors qu'en 1980 un tiers seulement de cet impôt suffisait malgré des taux infiniments plus élevés. Cela les Français commencent à le réaliser, et c'est ce qui me fait dire que les mois à venir pourraient être difficiles pour le pouvoir. Les Français ont compris que le temps des illusions est passé, et ils savent à présent que l’addition à payer sera très sévère et va concerner plusieurs générations. Et ce n’est pas la résurgence des débats surannés sur l’identité nationale qui va détourner leur attention, car désormais une bonne majorité des Français ne fait plus confiance à Nicolas Sarkozy pour résoudre leurs problèmes.
Au contraire ils ont le sentiment d’avoir été floués par un homme qui leur promettait tout et le reste, sans en prévoir le financement. Notre président de la République ne sait pas compter, surtout quand il s’agit du budget de la France, sinon comment expliquer une telle explosion de nos déficits. Espérons simplement que les Français auront conscience de l’impasse dans laquelle les conduit un président qui s'est attribué tous les pouvoirs. Espérons aussi qu'ils se rappelleront que chaque fois que notre pays s'est trouvé dans pareille situation le prix à payer en a été démesuré.
Michel Escatafal
08:51 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


