04.08.2009

Un va-t-en guerre à la tête de l'OTAN !

« Empêcher l’Afghanistan de redevenir une plaque tournante du terrorisme international », tel est l’objectif du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen, qui est partisan  d’un engagement fort dans ce pays en « ces années cruciales ». Ce MF. Rasmussen.jpgonsieur n’est pas un inconnu pour qui s’intéresse un peu à la politique étrangère, car en tant que chef du gouvernement danois il fut parmi les premiers à engager son pays en Irak, mettant fin à près d’un siècle de non-engagement militaire du Danemark.

Alors avoir élu à la tête de l’OTAN un pareil va-t-en-guerre ne peut que susciter des inquiétudes, notamment pour la suite des opérations du corps expéditionnaire en Afghanistan. Déjà il va falloir que Fogh Rasmussen arrive à convaincre les diplomates qu’il n’est pas installé à ce poste pour mener une croisade contre le monde musulman, ni pour faire de l’Alliance Atlantique le gendarme du monde. A ce propos si on en est à se poser ce type de question, il faut déjà s’interroger sur le bien-fondé de sa nomination à un poste aussi important, même si les vrais patrons de l’OTAN sont les militaires américains.

En tout cas ce Fogh Rasmussen semble vouloir se convaincre que l’OTAN réussira à l’emporter dans cette guerre en Afghanistan, comme il l’a souligné dans sa première conférence de presse. Voilà qui a dû faire plaisir à Nicolas Sarkozy depuis son lieu de vacances. D’ailleurs F. Rasmussen emploie quasiment mot pour mot les arguments de tous les dirigeants engagés dans ce conflit depuis huit ans, à savoir que : « Nous devons l’emporter, pour les Afghans, pour la communauté internationale, pour la sécurité et pour l’Otan ». Lui aussi n’hésite donc pas à dire qu’il veut absolument faire le bonheur des Afghans malgré eux. Et ajoute-t-il : « L’Otan ne se prépare pas à partir. Nous soutiendrons le peuple afghan aussi longtemps que nécessaire ». Encourageant avec ça !

Si l’on comprend bien, les soldats engagés là-bas, Français compris, ne sont pas prêts de quitter le pays, malgré ce que disait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, n’hésitant pas à affirmer que la France n’avait « pas vocation à rester en Afghanistan ». Mais que n’a-t-il pas dit pendant cette campagne ! Par parenthèse, il est quand même amusant d’entendre dire à tout propos « qu’il s’agit d’une promesse du candidat Sarkozy », mais pourquoi ne parle-t-on jamais de toutes celles qui n’ont pas été tenues ? Fermons la parenthèse, car là je suis en train de faire du mauvais esprit, et revenons au problème afghan pour noter que parmi les soldats, sans doute beaucoup plus nombreux qu'on ne l'imagine, il y en a qui pensent que « la guerre en Afghanistan ne réduit pas le risque terroriste et, loin d’améliorer la vie des Afghans, sème la mort et la désolation dans tout le pays ».

Certes on va me rétorquer que je veux parler, entre autres, d’un soldat britannique qui a préféré déserter plutôt que retourner se battre en Afghanistan après un premier séjour. En revanche Joe Glenton (c’est son nom), fait partie de ceux qui ont été sur le terrain et non pas de ceux qui font la guerre confortablement assis sur le canapé de leur salon. En outre cette désertion va lui coûter quelques mois ou quelques années de prison, donc il sait ce qu’il fait et ce qu’il dit, notamment quand il affirme que ses camarades soldats ne sont « qu’un instrument de la politique américaine ».

A ce propos j’observe que Forgh Rasmussen est beaucoup moins belliqueux vis-à-vis de la Russie que de l’Afghanistan, du moins de tous ceux qui sont opposés au pouvoir mis en place par la coalition de l’OTAN. Au contraire il souhaite s’entendre avec les Russes, notamment sur « les questions d’intérêt commun »  telles que la lutte contre le terrorisme ou la piraterie. D’ailleurs ajoute F. Rasmussen, « même si la guerre entre la Russie et la Géorgie d’août 2008 a eu un impact très négatif sur la relation entre la Russie et l’Otan", il ne la considère pas comme un ennemi.

Evidemment, la Russie est la deuxième puissance nucléaire dans le monde, et il est beaucoup plus facile de s’immiscer dans la politique intérieure de l’Afghanistan que vouloir chasser les Russes des pays appartenant à sa zone d’influence. En outre si l’Afghanistan est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est sans doute que les Russes et les Américains y ont largement leur part de responsabilité. Personne ne peut le nier. Raison de plus pour que les dirigeants de notre pays comprennent, une fois pour toutes, que la France n’a vraiment pas vocation à rester en Afghanistan, car les soldats français qui meurent là-bas ne meurent ni pour leur pays, ni même pour l’Afghanistan.

Michel Escatafal

05.04.2009

Une diplomatie en zigzag

sarkozy et hu jintao.jpgJ’ai toujours pensé que Nicolas Sarkozy n’avait pas de ligne diplomatique définie et que dans ce domaine bien particulier, comme dans tous les autres, il gérait selon ses considérations du moment avec évidemment toutes les contradictions que cela implique. Manifestement l’hôte de l’Elysée n’a pas compris qu’avoir un vrai ministre des Affaires étrangères peut s’avérer d’une aide précieuse, surtout quand on veut être présent partout sur la scène internationale. Il lui manquera toujours en effet un Couve de Murville, comme du temps du général de Gaulle, ou encore quelqu’un comme Dominique de Villepin avec Jacques Chirac. La preuve, quoiqu’en pense Nicolas Sarkozy, la seule vraie réussite de Jacques Chirac, celle que l’histoire retiendra de lui…reste le discours de Dominique de Villepin à l’ONU avant la guerre en Irak.

 

Cela dit il faut un minimum de bon sens pour confier la diplomatie à un diplomate, et donc pour confier à celui-ci la mise en œuvre de ses idées sur le plan de la politique étrangère. Apparemment c’est au dessus des forces de notre président de la République qui, au contraire, veut s’occuper de tout, ses ministres y compris le premier d’entre eux ne servant qu’à se promener avec lui. Cela n’empêche pas ces derniers d’apprécier la situation, comme en témoigne le contentement affirmé d’un Bernard Kouchner ou d’un Hervé Morin chaque fois que la presse daigne s’intéresser à eux. Et pourtant Bernard Kouchner n’a même pas accompagné le président de la République pendant son périple africain de la semaine dernière, celui-ci ayant préféré amener dans ses bagages Brice Hortefeux et Rama Yade. Comprenne qui pourra !

 

Un vrai diplomate comme ministre des Affaires étrangères, aurait pu lui permettre d’éviter nombre d’erreurs qu’il a faites ces derniers temps. Déjà presque tous lui auraient conseillé de ne pas diviser les Français sur un sujet comme celui de l’OTAN, qui représente pour eux le symbole de l’indépendance de notre pays…depuis 43 ans. Pour une rupture en effet, en voilà une ! Peut-être aussi un authentique diplomate aurait pu le conseiller dans ses relations avec la Chine, qui a fini par focaliser sur la France toute sa rancœur vis à vis de l’Occident à propos de la question tibétaine…alors que la France a manifesté un soutien très mesuré au Dalaï Lama, contrairement par exemple à l’Allemagne et aux Etats-Unis.

 

Cela étant il semble que l’entrevue entre Hu Jintao et Nicolas Sarkozy, qui ont fini par se rencontrer, ait levé quelques ambigüités même si, manifestement, les Chinois semblent avoir une lecture différente de celle des Français à propos de la déclaration commune faite après ce sommet improvisé. Il est vrai que pour Nicolas Sarkozy, qui se veut aussi le premier VRP de son pays, il faut coûte que coûte préserver les relations commerciales avec la Chine quitte à se déjuger une fois de plus vis-à-vis du Tibet. Notre président n’est pas à un revirement près, témoignage si besoin en est d’un manque flagrant de ligne directrice vis à vis de la politique à mener avec un des deux super-grands.

 

Certes il n’est pas le premier chef de l’Etat français à faire preuve d’un certain amateurisme dans ses relations avec les dirigeants chinois, mais ce n’est pas une excuse. Si je dis cela c’est parce que quand nous parlons des relations avec les Chinois, au demeurant toujours assez compliquées depuis la reconnaissance par le général de Gaulle de la Chine communiste en 1964, nous pensons immédiatement à l’affaire de frégates vendues à Taïwan qui suscite toujours des vagues dans notre pays presque 30 ans après. Mais même si François Mitterrand n’a pas été très bon sur ce coup, il n’était pas nécessaire pour Nicolas Sarkozy d’accumuler les erreurs comme il l’a fait depuis bientôt deux ans qu’il est à l’Elysée.

 

Tout d’abord il apparaît surprenant que son correspondant vis-à-vis de Pékin soit…Jean-Pierre Raffarin, dont on se demande bien à quel titre il peut se prévaloir d’être le négociateur en chef dans nos relations avec la Chine. Certes, pendant qu’il était Premier ministre en 2003, il n’a pas hésité « à faire don de sa personne » en pleine crise du SRAS en Chine, ce qui avait beaucoup plus aux dirigeants chinois à l’époque, mais est-ce suffisant pour jouer au diplomate ? Cette parenthèse refermée, Jean-Pierre Raffarin devrait se rappeler qu’il était Premier ministre quand Jacques Chirac parlait de « partenariat global stratégique franco-chinois ». Cela disait bien ce que cela voulait dire, à savoir qu’on ne se préoccupait pas, au-delà des mots, de ce qui se passait au Tibet. Au moins c’était clair, à défaut d’être une position tout à fait en rapport avec « le pays des droits de l’homme ».

 

En tout cas là aussi il y a rupture, car plus personne ne se retrouve dans les méandres de la stratégie, si l’on ose dire, de Nicolas Sarkozy, capable d’assister sans sourciller à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin, mais aussi d’affirmer qu’il « est libre de son agenda » donc qu’il reçoit qui il veut là où il veut, y compris rencontrer le Dalaï Lama à Varsovie…ce qui lui sera désormais interdit d’après l’interprétation que font les Chinois de la déclaration commune faite par Hu Jintao et Nicolas Sarkozy après leur entretien. Pour les Chinois, le fait de signer un document où il est écrit que « la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit », signifie que la France s’interdit dorénavant de se mêler des affaires du Tibet.

 

Qu’en termes diplomatiques ces choses-là sont dites, et surtout quelle humiliation pour notre pays, comme n’ont pas manqué de le rappeler nombre d’observateurs de tous horizons politiques, qui n’ont pas compris que Nicolas Sarkozy ait pu se montrer heureux de voir levés de cette manière les malentendus à propos des relations franco-chinoises. Cela dit, pourquoi notre président de la République se met-il perpétuellement en position de faiblesse…dans son désir constant de se mettre en avant ? Si je dis cela c’est parce que tout le monde savait par avance qu’il ne rencontrerait pas le Dalaï Lama à Paris avant les Jeux Olympiques, mais aussi qu’il assisterait à la cérémonie d’ouverture de ces Jeux. Tout le monde enfin sait bien qu’il ne veut en aucun cas faire de peine au plus gros client nucléaire d’Areva. Alors pourquoi vouloir nous prendre pour des idiots ?

 

Michel Escatafal

 

07.03.2009

Un grand voyageur pressé

En lisant Jeune Afrique ce matin j’ai découvert que Nicolas Sarkozy est un grand voyageur, ce que nous savions déjà depuis longtemps, mais qu’il « aime bien rentrer à la maison pour dormir ». Ainsi, le 26 mars, il partira tôt le matin pour Kinshasa (République Démocratique du Congo), puis ira ensuite à Brazzaville tout près (République du Congo) où il dormira, parce que ce serait trop fatigant sans doute de retourner à Paris le soir même, pour repartir vers Niamey (au Niger) où il doit se rendre le 27 mars. Il aura donc fait 12.000 km en 36 h pour visiter trois pays et n’aura découché qu’une nuit. Dans un précédent article je parlais de frénésie de voyages mais, plus que cela encore, que signifient ces voyages éclairs aux yeux des pays qui reçoivent notre président ?

Certes ce n’est pas son ami de toujours selon Jeune Afrique, Denis Sassou Nguesso le président de la République du Congo, qui lui reprochera de ne passer que quelques heures dans son pays, mais force est de constater que tout cela ne fait pas très sérieux pour un pays comme la France, qui a quand même des liens très profonds avec l’Afrique francophone. Cela dit, toujours selon Jeune Afrique, notre président de la République est coutumier du fait, comme en témoigne une visite qu’il avait faite le 27 juillet 2007 à Libreville (Gabon). Ce soir là en effet, trouvant que le dîner officiel traînait un peu trop, notre président avait pris un micro pour dire : « Malheureusement le temps presse. Nous avons un avion à prendre pour Paris ». Le moins que l’on puisse dire est que cela avait jeté un froid auprès des centaines de convives invités à ce repas.

On reconnaît là un homme comme Nicolas Sarkozy qui manifestement, et je le redis encore une fois, n’a pas la stature d’un président de la République française. Personne n’aurait imaginé le général de Gaulle ou aucun autre de ses prédécesseurs ou successeurs se comporter ainsi dans un voyage officiel, et j’ajoute aucun de ceux qui pourraient être aujourd’hui à sa place à l'Elysée. Cela étant que va-t-il faire là-bas ? Selon Jeune Afrique, c’est un voyage non dénué de risques pour notre chef de l’Etat en termes de diplomatie, à un moment où la France est quelque peu brocardée de toutes parts. Aujourd’hui Nicolas Sarkozy n’assure plus la présidence de l’Union Européenne, où il s’est donné beaucoup plus d’importance qu’il n’en a en réalité, et Barack Obama est à présent le président des Etats-Unis.

Et cela se voit, car même s’il ne voyage pas beaucoup (contrairement à d’autres), il envoie des émissaires un peu partout dans le monde  pour préparer le terrain avec sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, à un retour en force de la diplomatie américaine. En quelques semaines, le nouveau président américain a déjà fait beaucoup sur le plan de la politique extérieure, que ce soit au Moyen-Orient y compris en Irak et vis-à-vis de l’Iran, où il a réussi l’exploit de diviser la classe politique de ce pays, ou encore en Asie où les Etats-Unis sont en train de restaurer l’influence américaine largement mise à mal par son nullissime prédécesseur, sans oublier une normalisation des relations avec Moscou. Tout cela se fait évidemment sous les yeux d’une Europe qui n’en finit plus de se diviser, sur fond de crise économique qui creuse encore davantage le fossé entre la vieille Europe, disons celle des 15, et la nouvelle issue des débris du communisme. Et puis il y a notre petit président qui est bien obligé de constater que plus personne ne fait attention à ses gesticulations.

Pire même, ceux que Nicolas Sarkozy avait si maladroitement snobés à la fin de sa présidence de l’UE, les Tchèques, nous rendent la pareille au point de donner des leçons d'Europe à notre président, au grand plaisir des dirigeants allemands ou hollandais que l’activisme forcené de Nicolas Sarkozy avait particulièrement agacé. Ils ont d’autant plus le droit d'être ironiques que la France de Nicolas Sarkozy croule sous les déficits et une dette qui deviennent chaque mois plus gigantesques, alors qu’eux s’inquiètent du risque de dépasser temporairement les critères de Maastricht.

Ceci dit  revenons à ce voyage en Afrique qui a sans doute plus d’importance que les médias français vont en accorder, surtout s’il n’y a pas Carla, parce que d’abord il y a des élections en juillet au Congo-Brazzaville et, selon Jeune Afrique, dans ce pays pétrolier « le discours que le chef de l’État français prononcera sur la transparence et la bonne gouvernance ne manquera pas d’intérêt ». Pour Nicolas Sarkozy, tout l’art sera d’essayer de convaincre qu’il n’est pas en campagne pour son ami Sassou NGuesso ». Ce n’est pas gagné d’avance !

Mais le risque est beaucoup plus important encore quand il ira dans l’autre Congo, celui de Joseph Kabila, qui n’a pas reçu la visite d’un président français depuis… François Mitterrand en 1984. Pourquoi le risque est-il si  important dans ce pays ? Tout simplement parce que le 16 janvier dernier lors des vœux au corps diplomatique, le président français a proposé « un partage de l’espace et des richesses » entre le Rwanda , pays ayant une faible superficie et la République du Congo au territoire infiniment plus grand, ce qui a fait se déchaîner la presse congolaise disant que « Nicolas Sarkozy veut dépecer la RDC », et appelant ce dernier « Sarko le Rwandais ». Personne n’aurait imaginé un Valéry Giscard d’Estaing ou un Mitterrand faire pareille erreur. Passons…

S’apercevant de sa bourde diplomatique, et pour se rattraper,  le président français a accordé une interview à  cinq journaux de Kinshasa…mais sans même prendre le temps de recevoir les journalistes, ce qui a été considéré comme une forme d’humiliation vis-à-vis des journalistes congolais. Décidément il n’en rate pas une ! L’interview s’est donc résumée à des questions écrites où le président de la République  a affirmé avec force tout le contraire de ce qu’il avait dit le 16 janvier, à savoir que « la souveraineté de la RDC et l’intangibilité de ses frontières sont des principes sacrés », ajoutant sans vergogne: « Mais pourquoi me parlez-vous de démembrement? Ai-je jamais dit une telle chose, si contraire aux positions constantes de la France? » Tout Nicolas Sarkozy est dans cette remarque !

Enfin au Niger où l’étape sera a priori plus tranquille, il est prévu que notre président y  plaide pour un nouveau partenariat avec l’Afrique sur fond, comme j’en ai souvent parlé ici même, de  farouche compétition entre les entreprises chinoises et françaises. Mais là aussi rien n’est définitivement gagné, même si pour le moment la France reste bien présente au Niger. A ce propos il faut rappeler qu’Areva, qui exploite là-bas les mines d’uranium, vient de recevoir début janvier l’autorisation d’exploiter le gisement d’Imouraren, gigantesque projet industriel qui va permettre au Niger de se hisser au 2è rang mondial pour la production d’uranium…et assurer dans la durée nos approvisionnements en cette matière première tellement importante pour l'industrie nucléaire française.

Michel Escatafal

02.02.2009

Les mille et un travaux de F. Fillon

F.Fillon et N.Sarkozy.jpgAujourd’hui l’actualité politique et sociale est assez fournie pour que nous fassions un petit tour d’horizon des problèmes qui affectent notre pays, et le moins que l’on puisse dire est que malheureusement il y a l’embarras du choix. Tout d’abord je vais reprendre ce que j’ai entendu dire ce matin sur France Inter, à savoir que la chancellerie a demandé que la sanction soit très lourde pour le juge Burgaud (affaire Outreau). Comme chacun sait, et plus encore depuis la mise à l’écart de Rachida Dati, le vrai ministre de la Justice est le président de la République lui-même…qui justement vient de programmer la fin prochaine des juges d’instruction, l’affaire devant être confiée au Parquet selon son projet. Alors quel meilleur exemple que le cas du juge Burgaud pour démontrer l’inutilité de la fonction de juge d’instruction. Il fallait y penser, mais la ficelle est un peu grosse !

Ensuite on apprend que François Fillon, en théorie Premier ministre, a entrepris 1000 travaux. Pourquoi 1000 et pas 900 ou 1500 ? Personne ne le sait apparemment, et sans doute pas lui-même. Il s’agit bien évidemment des travaux initiés dans le cadre du plan de relance, soi-disant à 26 milliards d’euros, que tous les responsables politiques sérieux du pays trouvent largement insuffisants. Cela signifie qu’il y aura nécessairement un autre plan d’ici un mois ou deux, mais chacun sait que ce pouvoir n’avouera jamais ses erreurs à la fois par dogmatisme, et par fierté mal placée en temps de crise.

En parlant d’erreurs, mais ce n’en est pas une car il s’agit d’un mensonge avéré, le gouvernement s’apprête à réviser sa prévision de croissance pour 2009, « afin de tenir compte de l’aggravation de la situation économique ». Ouf, il s’est enfin aperçu que la crise allait affecter la croissance ! Gageons tout de même que cette nouvelle prévision sera faite a minima, donc avec des chiffres encore largement sous-estimés. C’est la méthode de notre gouvernement, pour qui annoncer une mauvaise nouvelle est se déconsidérer, alors que dans les pays voisins on n’a pas hésité depuis plusieurs mois à dire la vérité aux gens sur l’ampleur de la récession à venir. Même l’Italie de Silvio Berlusconi, c’est dire !

En tout cas ce soir, après bien des circonvolutions, on va enfin nous livrer les chiffres du chômage pour le mois de décembre et, hélas, ils seront une nouvelle fois très mauvais…même si comme toujours ils ne reflèteront pas l’état exact de la situation. Nous avons donc terminé l’année avec 2.110.000 chômeurs reconnus officiellement. On ne va pas faire de démagogie sur un sujet aussi sérieux, mais on ne peut pas s’empêcher de penser que le dispositif relatif aux heures supplémentaires n’est pas totalement étranger à ces mauvais chiffres. Pour mémoire, ce dispositif inclus dans le paquet fiscal (TEPA) avait été lancé alors que les premiers signes de la crise venant des Etats-Unis étaient bien réels.

Quelle imprévoyance de la part de nos gouvernants qui pourtant disposent, à commencer par le président de la République, d’un nombre de conseillers sans précédent ! En plus, cette mesure relative aux heures supplémentaires, traduction du slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, a un coût démesuré au regard des résultats obtenus. Il n’y a que Nadine Morano pour ne pas le savoir. D’après le Figaro, journal pourtant entièrement au service de Nicolas Sarkozy, le coût pour les finances publiques serait en année pleine de 4,4 milliards d’euros.

Enfin, et c’était prévisible, les entreprises qui utilisent le plus le dispositif sont essentiellement les plus grandes, et cela Nicolas Sarkozy devait bien le savoir. De fait, à peine un tiers des entreprises comptant 10 salariés ou moins ont profité de la loi TEPA sur les heures supplémentaires, contre 80% pour les entreprises de plus de 2000 salariés car, ne l’oublions pas, les heures supplémentaires sont devenues moins chères pour les employeurs. Et dire qu’il y a autant de gens qui ont pu croire à la bonne foi du président de la République pendant sa campagne électorale! Plus je vais et plus je me dis que, jamais depuis 1848, le peuple n’a été trompé de cette manière.

Un dernier mot enfin : comment se fait-il que Nicolas Sarkozy ne soit pas allé voir ce qui se passe en ce moment en Guadeloupe, département français en proie à une grève générale paralysante pour le commerce, l’industrie, l’agriculture et le tourisme. Certes il a envoyé en mission un des ses collaborateurs, le ministre Jégo, qui à peine arrivé a affirmé qu’après 15 jours de blocage… il faut apporter des solutions. Ensuite il a fait,  à l’image de son maître, un peu de démagogie en disant qu’il allait s’installer sur place le temps qu’il faudra…ce qui bien sûr ne l’empêchera pas de gérer son ministère. On s’en serait douté !

Voilà de belles paroles qui vont rassurer les Guadeloupéens, dont on rappellera simplement que les problèmes que l’on fait semblant de découvrir ne sont pourtant pas nouveaux. Ce n’est pas pour rien si dans ce département le nombre de RMistes dépasse le chiffre de 170.000 pour une population de 460.000 habitants, et si le taux de chômage y est de 27%. Enfin comment ne pas s’étonner, au moment où la crise sur la banane est devenue récurrente, que l’Etat ne fasse pas un effort particulier sur les grands travaux d’infrastructure qui profiteraient à tous, à commencer par le secteur du tourisme. N’oublions pas que dans ce pays il y a de gros besoins en matière d’électricité, et que les efforts que l’on pourrait faire pour développer les énergies alternatives (le photovoltaïque, la géothermie…) seraient immédiatement payants. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de développement possible. Mais la Guadeloupe est si loin !  Au fait j’espère au moins qu’elle figure parmi les 1000 travaux de François Fillon.

Michel Escatafal

20.01.2009

Barack Obama : des attentes sans doute exagérées

barack obama.jpgDe quoi allons-nous parler ce matin, ou plutôt de qui ? Barack Obama bien sûr, mais pas pour décrire sa vie ni celle de sa famille ce qui est abondamment commenté dans toutes les gazettes. En revanche il est quand même intéressant de voir comment cet homme, inconnu il y a quelques années y compris dans son pays, a pu s’imposer contre toute attente au point de devenir président des Etats-Unis. D’habitude quand un homme arrive au pouvoir ce n’est pas une énorme surprise, parce que rares sont ceux qui y parviennent par surprise. En France, les six présidents de la cinquième République qui ont été élus étaient programmés pour cela, soit pour des raisons historiques, soit parce qu’ils étaient ou avaient été déjà au pouvoir, soit parce qu’ils appartenaient au premier parti du pays.

Aux Etats-Unis, le système étant beaucoup plus compliqué, il faut arriver à s’imposer et parfois c’est cela le plus difficile surtout si a priori on n’appartient pas au sérail. Cela dit nombre de présidents y ont réussi plus facilement qu’en France. Et la plus grande réussite est bien évidemment celle de Barack Obama. Si tous les médias ont fini peu ou prou par le soutenir, ou en tout cas par ne pas le desservir, c’est sans doute qu’il avait quelque chose en plus que tous ses concurrents. Il ne doit pas son élection à la peur ou à l’insécurité comme Jacques Chirac en 2002, ou au dénigrement par les médias des autres candidats comme Nicolas Sarkozy en 2007. Non, il doit son élection d’abord et avant tout à lui-même, ce qui va sans doute constituer son meilleur atout dans les temps difficiles qu’il va devoir affronter.

Tout le monde a souligné son charisme, un charisme presque irréel qui n’appartient qu’à une minorité d’individus et qui est capable non seulement de mettre en transes une foule d’admirateurs, ce qui est relativement facile, mais aussi de susciter l’admiration de ses détracteurs, ce qui l'est infiniment moins. On a aussi beaucoup parlé de ses compétences qui lui ont permis de faire un sans-faute pendant sa campagne électorale. Quel contraste entre le minutieux professionnalisme d’un Barack Obama, et l’amateurisme avéré des deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle française en 2007. Rappelons-nous leurs multiples approximations lors du face à face télévisé avant l'élection.

Refermons la parenthèse et revenons à Barack Obama pour noter aussi qu’il a eu la chance d’être américain, ce qui signifie que pour lui et sa famille l’ascenseur social a joué à fond. Mais plus que tout peut-être, ce qui a séduit les Américains…et les autres c’est son discours rassembleur. Quel contraste là aussi avec le président de la République française qui ne cesse d'opposer les Français les uns aux autres, mais aussi de dénigrer ses contradicteurs...et même ceux qui l’ont aidé dans sa marche pour le pouvoir. Barack Obama veut que l’Amérique soit unie derrière lui et il fait tout pour que ce soit le cas, ce qui suscite le respect admiratif de ses détracteurs. J’ai pour ma part bien aimé la manière dont il a parlé de son prédécesseur qui, pourtant, lui laisse une situation catastrophique tant sur le plan intérieur qu’extérieur, en lui reconnaissant le souci d’avoir travaillé pour son pays, même si sur le plan politique certaines décisions n’étaient pas les bonnes. Qu’en termes choisis ces choses là sont dites.

Avec un langage pareil il est évident qu’il est plus facile de rassembler et d’avoir ses compatriotes derrière soi, surtout en période de crise. Cela lui a permis aussi de dépasser toutes les discriminations, y compris positives. Les Etats-Unis n’ont d’ailleurs pas attendu Barack Obama pour commencer à le faire, et si Colin Powell ou Condoleezza Rice sont parvenus aux plus hautes fonctions c’est uniquement sur leurs mérites, et non au titre d’une quelconque discrimination positive. Il est vraisemblable qu’avec l’accession à la Maison Blanche de Barack Obama le phénomène va s’amplifier à grande vitesse, car aux yeux de ceux qui ont soutenu Barack Obama la discrimination positive est malsaine dans la mesure où on essaie de « réparer une injustice par une autre injustice ».

Pour autant, et c’est sans doute le plus grand danger pour le nouveau président américain, il ne faut pas trop attendre de lui quels que soient ses atouts. Il ne faut surtout pas imaginer que les problèmes économiques que rencontrent en ce moment les Etats-Unis, et par voie de conséquences le reste du monde, vont s’envoler en quelques semaines ou quelques mois grâce à Barack Obama et au plan de sauvetage massif (banques, industries, mesures fiscales, aides diverses…) qu’il va initier dès son arrivée aux affaires. L’injection de centaines de milliards de dollars ne va pas empêcher l’annonce de pertes records pour les banques et les entreprises, ni rendre les consommateurs américains beaucoup plus riches.

Cela étant sa volonté d’action affichée maintes et maintes fois ne fait aucun doute, y compris en prenant des décisions allant de le sens de ce qui avait été décidé…par l’administration Bush et que prévoyait le premier plan Paulson, par exemple la création d’une banque publique chargée de racheter les titres toxiques, plutôt qu’une prise de participation directe de l’Etat dans les banques. Ce retour en arrière lui sera évidemment reproché si le climat des affaires ne s’améliore pas, l’argent des contribuables n’étant pas destiné à soutenir indéfiniment les banques ou les grandes entreprises qui ont largement participé au déclenchement de cette crise, mais plutôt les activités porteuses.

Il ne faut pas attendre non plus de révolution de la part de la nouvelle administration sur le plan international qu’il s’agisse du Moyen-Orient, des relations avec l’Iran, la Chine et le reste du monde. Malgré tout là aussi l’espoir est fort car Barack Obama, à la différence de Georges Bush, a une connaissance avérée du monde développé et en voie de développement. Il connaît en effet particulièrement bien l’Asie, ayant vécu dans sa jeunesse en Indonésie dont il parle la langue. Il a enfin une volonté non feinte de mettre un terme à l’image actuelle des Etats-Unis, pays jugé guerrier et honni d’une bonne partie de la planète. Pour autant sur tous ces sujets la déception sera proportionnelle aux attentes…qui ne seront pas toutes satisfaites. Néanmoins, même si Barack Obama n’est sans doute pas le sauveur attendu, il aura déjà eu le mérite de redonner espoir à beaucoup de gens en Amérique et ailleurs. Rien que pour cela nous devons nous réjouir de son élection.

Michel Escatafal

09.09.2008

Tout le monde est ou fait semblant d'être content...

sarko et med.jpgVive Nicolas Sarkozy, l’homme qui a fait plier Poutine, Medvedev et la Russie ! Voilà ce qu’on entend depuis hier sur toutes les radios et télévisions…françaises. Tout cela va bien évidemment permettre à IPSOS et CSA, les instituts de sondage appartenant à Laurence Parisot et à Vincent Bolloré, d’afficher une remontée en flèche de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy. C’est ce qui s’appelle orienter les Français qui, à la fin de leur journée de travail (quand ils en ont), n’ont pas le temps ni l’envie de se poser d’autres questions que celles qu’on leur délivre sur les petits écrans.

Cela étant, pour revenir à mon propos initial, le président français a bien négocié hier un calendrier de retrait des troupes russes qui exclut, toutefois, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Cela signifie en clair que pour la Russie, la reconnaissance de l’indépendance de ces républiques séparatistes est irréversible. Certes, il y aura bien une rencontre au niveau international sur le sujet à Genève le 15 octobre prochain, mais elle ne servira à rien puisque l’indépendance de ces républiques est un fait acquis. Cela a le mérite d’être clair. D’ailleurs, sitôt Nicolas Sarkozy et la délégation européenne partie pour Tbilissi, la Russie annonçait que Moscou allait établir des relations diplomatiques avec Tskhinvali et Soukhoumi, les capitales respectives de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.

Bien entendu les thuriféraires de Nicolas Sarkozy n’ont retenu que l’accord obtenu du retrait des troupes russes, lui-même s’auto congratulant en estimant « que ce qui a été résolu est assez considérable ». Pourquoi seulement assez ? En revanche, comme je l’évoquais précédemment, c’est à peine si l’on a souligné comme l’a rappelé en conférence de presse le président russe Medvedev, que ce retrait concernait uniquement «le territoire géorgien proprement dit », donc sans les provinces séparatistes. C’est une nuance tellement importante, que même la correspondante du Figaro dans la région s’est crue obligée de le dire dans une émission télévisée hier soir.

Et comme pour enfoncer le clou de cette nouvelle victoire diplomatique des Russes, le président français qui assure jusqu’en décembre la présidence du Conseil européen, a annoncé que les négociations sur « le partenariat stratégique » entre Bruxelles et Moscou allait reprendre dès le mois d’octobre. Bref, tout le monde était content, les dirigeants russes en premier, Nicolas Sarkozy ensuite qui avait sauvé la face, et…même le président géorgien, Saakachvilli, qui faisait semblant de se réjouir d’un accord qui entérine l’amputation d’une bonne partie de son territoire.  Ce doit être cela la grande diplomatie, même si l’essentiel est que les armes se taisent. Après tout si Nicolas Sarkozy y est pour quelque chose, donnant lui en crédit.

Michel Escatafal

30.08.2008

Tout est bon pour gagner une élection

mc cain et palin.jpgAlors que l’on peut lire un peu partout que la guerre est toujours une réalité entre les Ossètes et les Géorgiens, ces derniers bénéficiant au minimum de la complicité russe, nous venons d’apprendre que l’Union Européenne, qui se réunit en sommet extraordinaire lundi à Bruxelles, vient de décider qu’en aucun cas il ne sera question de mesures de rétorsion contre Moscou.  Cette nouvelle est d’autant plus surprenante que Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires étrangères, avait fait ces derniers jours une déclaration tonitruante indiquant que la Russie s’exposait à des sanctions de la part de l’Union Européenne.

Manifestement  Bernard Kouchner, comme son mentor Nicolas Sarkozy, ont « un poids qui n’est pas lourd » au sein de l’U.E., pour parler comme le général de Gaulle. Mais chacun sait que le couple Sarkozy-Kouchner aime beaucoup jouer les matamores avant de rentrer gentiment dans le rang. D’ailleurs, dans cette affaire comment aurait-il pu en être autrement, quand on sait que sur les 9,5 millions de barils importés chaque jour par les pays européens de l’OCDE en 2007, 3,6 millions venaient de Russie.

Une consolation pour les Européens, les Américains n’ont guère davantage de pouvoirs de rétorsion vis-à-vis de la Russie, qui se moque totalement des rodomontades du presque feu président Georges Bush. Il est vrai que les Etats-Unis sont déjà dans l’après Bush, puisque l’élection à la présidence aura lieu dans deux mois. C’est donc pour eux la dernière ligne droite, chaque candidat affutant ses armes et annonçant ses promesses. Et tout est bon pour essayer de convaincre les électeurs car, in fine, c’est eux qui vont décider en votant.

Quand je dis tout est bon, c’est en pensant au choix du candidat républicain John Mc Cain de désigner comme colistière, quelques jours après le discours d’investiture très réussi de son adversaire démocrate Barack Obama, une jeune femme au parcours atypique et fulgurant, Sarah Palin. Pour une surprise, c’en est une, d’autant que personne ne pensait à elle pour occuper ce poste tellement important …en cas de vacance du pouvoir. Cela signifie que si Mc Cain était élu et qu’il lui arrive malheur, les Etats-Unis auraient pour la première fois une femme installée dans le bureau ovale de la Maison Blanche.

Ce n’est pas cela d’ailleurs qui inquiéte  les observateurs américains, ni le fait qu’elle ne soit âgée  que de  44 ans (trois de moins qu’Obama) ce qui, par parenthèse, fait contre poids avec les 72 ans de McCain. C’est plutôt sa presque totale inexpérience en politique à ce niveau qui inquièterait (gouverneure de l’Alaska depuis deux ans seulement), même  si les dirigeants de son parti affirment que c’est « une dirigeante solide qui a démontré au cours de son mandat qu’elle est prête à être présidente ». Après tout, pourquoi pas?

Plus inquiétantes  en revanche  sont ses idées pour le moins ultraconservatrices, qui laissent penser qu’avec le ticket Mc Cain-Palin, c’est plutôt le changement dans la continuité qui prévaut. Ce n’est pas pour rien qu’elle appartient à l’aile conservatrice du parti, au point que Mc Cain passerait presque pour un gauchiste à côté d’elle. Cette dame en effet est farouchement hostile à l’avortement (même dans le cas de viol), elle est membre de la National Rifle Association (NRA) qui est le puissant lobby des armes à feu, et elle plaide pour la construction dans son Etat, l’Alaska, d’un pipeline pour transporter le gaz naturel.  Et pour faire bonne mesure, elle défend avec ardeur l’idée d’ouvrir la réserve naturelle arctique aux forages pétroliers, reprenant là une idée chère à Georges Bush et à Mc Cain.

Bref, ce dernier a pris pour colistière une dame bien plus conservatrice encore que lui aux yeux des Républicains, ce qui n’est pas vraiment rassurant ni pour les Américains, ni pour le reste du monde, si par malheur  « ce ticket » était élu. A ce propos, je pense que les démocrates doivent jubiler en leur for intérieur, d’autant que Sarah Palin avouait il y a quelques semaines ignorer totalement à quoi servait une vice-présidence aux Etats-Unis. Cela dit, ils auraient tort de trop se réjouir à l’avance car une élection est une élection,  et les électeurs ont des comportements pas toujours rationnels.

La démagogie pèse très lourd dans ce type de consultation…et le conservatisme aussi. Qui aurait pensé, il y a quatre ans comme aujourd’hui,  que Georges Bush serait réélu sans difficulté contre John Kerry. Et puis nous Français, comme les Italiens, sommes bien placés avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, pour savoir que « les faiseurs de miracle » prennent souvent le pas sur les candidats s’appuyant sur des convictions profondes (Bayrou, Prodi…).

Michel Escatafal

26.08.2008

Moscou et Bruxelles : le nécessaire rapprochement

Encore une fois je vais commencer mon propos en faisant de l’antisarkozysme, mais c’est l’actualité qui le commande. Deux faits qui n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre suffisent à démontrer que notre pays est véritablement en train de sombrer. Le premier, tout à fait anecdotique, touche aux médias et nous informe d’un coup de fil passé par Barack Obama à Nicolas Sarkozy...pour bénéficier de ses conseils en matière de politique internationale. Oui, on ne rêve pas, c’est une information donnée sur RMC qui, elle-même, l’aurait relevée dans le Parisien. Pour être honnête, en écoutant les infos de France Culture à 7h, je n’ai pas entendu parler de cette ineptie. Cela rassure sur la qualité du service public !

Le second, beaucoup plus grave, nous apprend que désormais le handicap ne suffit plus pour accéder à une bourse d’études, ce qui est jugé à la fois scandaleux et aberrant par les associations. Et tout cela bien sûr pour faire des économies sur le budget de l’Etat, comme si  les aides aux handicapés  dont tout le monde souligne les insuffisances, représentaient une part significative du budget de notre pays.  Cela étant, il est évidemment  plus facile pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement de s’attaquer aux populations les plus en difficulté, plutôt que d’imposer quoi que ce soit au patronat et d’augmenter les impôts des plus fortunés.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui après 16 mois de pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et dire que les Français ont pu se laisser endormir par un homme qui n’a cessé durant toute sa carrière politique de leur mentir  et,  plus encore,  qui a échoué jusque là dans toutes les fonctions gouvernementales qui lui ont été confiées. A la place de Barack Obama je me méfierais, car si le candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis a besoin de conseils, il vaudrait mieux qu’il s’adresse à des dirigeants qui ont obtenu des résultats, plutôt qu’à ceux qui ont plongé leur pays dans des difficultés sans nom. C’est évidemment une plaisanterie, car Barack Obama comme les autres dirigeants de la planète savent mieux que quiconque que notre président est surtout à l’aise dans ses débats …avec l’UMP.

Il est vrai qu’il est plus aisé d’obtenir un consensus ou une unanimité dans un congrès de l’UMP, qu’auprès de l’Union Européenne sur la politique russe dans les anciennes républiques de l’Union Soviétique, sujet sur lequel on pourrait penser a priori que l’UE puisse rester unie,  d’autant que celle-ci n’a rien à gagner d’une Russie redevenue impérialiste et belliqueuse. Pourtant, tous les observateurs s’accordent à reconnaître que c’est peut-être un des sujets sur lequel les dirigeants européens  s’accordent avec le plus de difficultés. Il faut dire que sur ce plan, quoiqu’on puisse lire dans la presse française, Nicolas Sarkozy y a mis du sien en négociant  à la va-vite, comme d’habitude, un cessez-le-feu dans la crise géorgienne tout à l’avantage de Moscou.

Cette négociation mal ficelée,  et décidée apparemment sans concertation avec les autres responsables de l’UE,  a été l’objet de nombreuses critiques notamment en provenance des dirigeants des pays Baltes et de la Pologne, pour qui Moscou demeure le premier danger pour leur pays.  En fait ces pays, comme la Russie, réagissent avec les vieux réflexes d’autrefois. Raison de plus pour affirmer qu’avant de mener en solo une négociation fatalement compliquée, il eut mieux valu que Nicolas Sarkozy se concertât avec ses partenaires européens. Mais chacun sait que ce type de réflexion n’est pas compatible avec le côté « m’as-tu-vu » de notre président de la République.

Voyant son erreur, ce dernier décide donc de convoquer un sommet  communautaire, le 1er septembre, pour faire en sorte que l’Union puisse parler ( a minima) d’une même voix avec  Vladimir Poutine. Celui-ci, en effet, sait trop bien que l’Europe a plus que jamais besoin de la Russie et de ses énormes ressources énergétiques, ce qui signifie que la marge de manœuvre européenne est très faible, pour ne pas dire inexistante.  Cela dit  la Russie elle-même n’a pas intérêt à une confrontation, même diplomatique, avec l’Union Européenne quelle que soit la faiblesse de cette dernière sur ce plan, car l’U.E.  est ne l’oublions pas la 1ère puissance économique dans le monde. Or si l’Europe n’a pas beaucoup de divisions à opposer aux troupes russes, en revanche son pouvoir d’attraction pour des pays comme l’Ukraine ou la Moldavie, voire même à terme la Biélorussie, est tout à fait gigantesque,  ce qu’au demeurant on ne souligne jamais assez.

En résumé, et au risque de me répéter, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire que nous fassions une Europe beaucoup plus intégrée qu’elle ne l’est  sur le plan politique, seule condition pour qu’elle puisse peser sur les affaires du monde et parler d’égal à égal avec les Américains, les Chinois et les Russes, qui sont les trois grandes puissances politiques dans le monde. L’Union Européenne  est beaucoup trop divisée, comme en témoigne son engagement dans les conflits qui inondent le monde. Certains de ses pays sont en Irak, d’autres non et c’est la même chose pour l’Afghanistan.

De plus jusqu’à présent la France, pour ne citer qu’elle, avait une politique assez indépendante vis-à-vis des Etats-Unis, qui pouvait servir d'exemple. On sait à présent que ce n’est plus le cas. Tout cela permet aux Russes de dire que le front occidental s’est reconstitué comme dans les années  40 et 50. Si l’on continue comme cela, pour eux,  l’U.E.  et  l’OTAN ce sera la même chose, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.  Or  Européens et Russes ont un intérêt commun à s’entendre pour la stabilité du continent tant sur le plan économique que sur celui de la sécurité. N’oublions pas que, contrairement aux Américains, l’Europe et la Russie ont une histoire commune, certes compliquée, mais bien réelle. Raison de plus pour que les deux acteurs finissent par se rapprocher durablement, sans pour cela perdre leur âme.

Michel Escatafal

11.07.2008

Un nouveau fiasco diplomatique retentissant...

sarko HU.jpgDepuis quelques jours, et malheureusement c’est ce que je craignais, on voit Nicolas Sarkozy sur tous les fronts à la fois européens et français. Il est partout et, j’oserais dire, nulle part à la fois. Hier par exemple, il a fait un discours de trois heures au Parlement Européen, dans le plus pur style de ses campagnes électorales, ce qui a beaucoup plu à nombre de députés européens, mais a-t-il fait avancer pour cela la cause européenne ? Certainement pas, car au-delà du catalogue énoncé sur ce qu’il fera dans les six mois à venir personne n’est dupe, sachant très bien qu’il ne s’agit que d’un catalogue, et nous Français sommes payés pour savoir ce que cela vaut.

En tout cas, avec la question d’assister ou non à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, nous avons l’exemple même de ce qu’il ne fallait surtout pas faire et de ce qu’aucun des prédécesseurs de Nicolas Sarkozy n’aurait fait. En fait si notre président de la République donne l’image d’un homme actif et déterminé, il n’est réellement ni l’un ni l’autre. Comme toujours avec lui on est dans l’illusion, dans le virtuel, et toujours à contre temps. Au moment où nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement s’indignaient de la répression au Tibet (en mars dernier), Nicolas Sarkozy était muet…parce qu’il y avait au même moment  des discussions entre la Chine et des entreprises françaises  sur des contrats de vente d’avions, de TGV ou de matériel nucléaire.

Notre président de la République, se croyant plus malin que les autres,  s’imaginait qu’en ne réagissant pas à ces atteintes aux  droits de l’homme sur le territoire chinois, il emporterait plus facilement la mise sur ces contrats. Funeste erreur, indiquant bien que Nicolas Sarkozy est un pur amateur en termes de diplomatie, car non seulement les Chinois n’en ont pas voulu aux dirigeants allemands, britanniques ou espagnols de leurs prises de position sévères sur les évènements au Tibet, mais en plus ils ont fait de la France leur bouc-émissaire quand Nicolas Sarkozy a agité la menace d’un boycottage de la cérémonie d’ouverture,  si  le gouvernement de Pékin ne revenait pas à de meilleurs sentiments vis-à-vis du Tibet.

Résultat final de toute cette agitation à la fois stérile et pusillanime, les autorités chinoises sont très en colère vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, et  en plus sa venue à Pékin pour l’ouverture des Jeux Olympiques n’était pas du tout souhaitée comme je l’indiquais sur ce site il y a quelques jours. Pire même, nous avons eu droit aux menaces des dirigeants chinois (représailles économiques) si Nicolas Sarkozy s’avise de recevoir le dalaï-lama. C’est le fiasco politique le plus total et, sans doute, le plus retentissant depuis des décennies. Quelle humiliation pour notre diplomatie !

Bien entendu, Nicolas Sarkozy a joué (un peu) les fiers à bras en disant que personne ne pouvait l’empêcher de recevoir un Prix Nobel de la paix. Il n’empêche,  cela faisait bien longtemps que la France n’avait subi l’humiliation de voir une  puissance étrangère s’immiscer dans ses affaires intérieures. Et dire qu’il y a moins de cinq ans, elle avait suffisamment d’influence dans le monde pour empêcher les Etats-Unis d’obtenir un vote favorable à l’ONU pour déclencher la guerre en Irak !  Plus généralement, comme le soulignent  de nombreux observateurs, tous les  présidents  de la 5è République jusqu’en 2007, ont permis que notre pays soit respecté dans le monde. La rupture dont nous a tellement parlé Nicolas Sarkozy est là, et elle est cruelle pour lui, ce qui n’a aucune importance, mais surtout pour la France, ce qui est beaucoup plus grave.

Voilà où nous en sommes après 15 mois de présidence Sarkozy. Nous savions que ce dernier n’avait pas les capacités pour être président de la République, mais nous imaginions qu’il s’efforcerait d’être dans la cadre de sa politique étrangère sur une ligne voisine de celle de ses prédécesseurs, dont tout le monde en France, dans l’Union Européenne et  dans le monde,  soulignait la cohérence dans le droit fil de la ligne imposée il y a une cinquantaine d’années par le général de Gaulle.

Hélas, nous avons élu un président qui confond l’UMP, son parti,  avec les grands de ce monde. Il s’imagine que quelques coups de menton, quelques haussements d’épaules, quelques tapes amicales,  suffisent à bâtir une politique étrangère digne de ce nom. Comment s’étonner dans ces conditions que nous ne soyons pas pris au sérieux. Décidément, les Français n’ont pas fini de payer l’erreur historique qu’ils ont faite en élisant un personnage aussi factice  à la tête du pays. En fait les seules personnes  à qui Nicolas Sarkozy puisse faire peur dans le monde sont les habitants de son propre  pays, avec ses lois sur l’immigration, sur le droit du travail, sur l’aménagement du territoire, et plus généralement sur sa politique économique et sociale. Quant aux dirigeants chinois, russes, vénézuéliens…il y a longtemps qu’ils savent à qui ils ont à faire avec Nicolas Sarkozy.

Michel Escatafal

04.07.2008

Tous plus amateurs les uns que les autres...

fillon.jpgDécidément la diplomatie française ne va pas fort en ce moment.  Oh certes, je ne vais pas polémiquer sur ce qu’a dit Ségolène Royal  au Québec à propos de la libération d’Ingrid Betancourt et des autres otages, même si effectivement cette libération est totalement colombienne et ne doit rien à l’action de Nicolas Sarkozy. Non,  je  vais plutôt parler une nouvelle fois de l’amateurisme français en matière de diplomatie. On peut faire des erreurs, cela arrive à tout le monde, mais quand on les fait dans le cadre d’un discours officiel c’est beaucoup plus grave.

C’est ce qui s’est passé avec François Fillon cette semaine dans le cadre du 400è anniversaire de la fondation de Québec par l’explorateur français Samuel Champlain. Le Premier ministre français a commencé par rappeler aux Québécois qu’il y a « quarante ans une voix historique l’a tiré de son hivernement ». Les deux références n’ont guère plu aux Québécois présents à ce discours, parce que le fameux « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle reste assez douloureux pour  nombre de Canadiens, y compris Québécois, et d’autre part pour les Canadiens le mot hivernement rappelle à ceux-ci que le Québec n’a pas toujours connu la prospérité qui est la sienne en ce moment.

Ensuite pour faire bonne mesure, le Premier ministre a ajouté : « Il n’y a qu’une France,  et c’est elle qui depuis quatre siècles est présente en Amérique ». Voilà le type même de déclaration à caractère colonialiste qui généralement déplaît fortement à ceux qui les reçoivent. Elle déplaît d’autant plus que le Québec n’est plus français depuis la fin de la Guerre de Sept Ans en 1763, ce que François Fillon semblait ignorer, et qu’il devint en 1867 l’une des quatre premières provinces de la Confédération Canadienne. Et aujourd’hui encore, malgré plusieurs référendums liés à la souveraineté (1980, 1995), le Québec  reste une province canadienne à part entière même si elle a gardé son caractère francophone. Cela François Fillon aurait dû y penser, car  pour une fois qu’il pouvait s’exprimer  à la place de Nicolas Sarkozy, il s’est comporté avec la même approximation de l’histoire que lui.

A propos de Nicolas Sarkozy, le monde retient son souffle si l’on en croit ses laudateurs, en France, pour savoir si oui ou non il sera présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin. Il doit donner sa réponse définitive, nous dit-on, la semaine prochaine à l’occasion du sommet du G8, mais personne ne doute que ce sera  OUI. Cela étant, en lisant la presse étrangère je viens de découvrir que le président français ne sera pas le bienvenu à Pékin, contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire les médias français. En effet, s’il faut en croire un sondage d’opinion sur internet, relayé par la presse officielle chinoise, 80% des chinois sont hostiles à la venue du président français. Comme quoi, il n’était pas nécessaire de faire du zèle au moment du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, ni d’envoyer Messieurs Poncelet ou Raffarin en mission de réconciliation.

En fait le président français,  comme je l’ai écrit ici même plusieurs fois à propos de ce sujet, est victime de son inconséquence  et  pour tout dire de son manque de professionnalisme en politique étrangère… comme ailleurs. Après avoir feint de nombreux atermoiements, il avait fini par se résoudre à aller à Pékin le 8 août, à la condition que le dialogue soit restauré entre le pouvoir central chinois et le Dalaï Lama. Formellement, cela  a été le cas et a paru suffisant à nombre de chefs d’Etat ou de gouvernement, par exemple le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, d’où l’incompréhension et la fureur des dirigeants chinois devant les hésitations officielles de Nicolas Sarkozy.

Loin de moi l’idée de ne pas soutenir une démarche allant vers la recherche d’une solution durable à la question du Tibet, mais Nicolas Sarkozy n’est guère crédible aux yeux du monde sur la question des droits de l’homme, notamment depuis  l’épisode de la venue de Mouammar Kadhafi à Paris. Par ailleurs, en tant que président du Conseil de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy ne peut pas ne pas tenir compte du fait que les 27 n’ont pas voulu adopter une position commune sur la présence ou non des Européens à Pékin le 8 août. Dans ce contexte, il était simple pour lui de dire qu’il se rendra à Pékin malgré les réserves qu’il pouvait formuler à titre personnel. C’est ce qu’auraient fait tous ses prédécesseurs.  Résultat, c’est encore une fois en position de faiblesse, que la France et l’Union Européenne seront représentées par Nicolas Sarkozy à Pékin le 8 août même si, n’en doutons pas,  les dirigeants chinois, comme les autres, sauront faire la différence entre la France et l’UE.

Que dire de plus ? Hélas rien, parce que nous sommes en démocratie et que Nicolas Sarkozy et sa majorité sont élus pour cinq longues années. Il reste à s’armer de patience, à préparer l’avenir aussi car les dégâts pour notre pays et ce, à tous les niveaux,  vont être considérables. La France va sortir de ce quinquennat  exsangue financièrement, mais aussi socialement et politiquement et, face à une situation aussi cauchemardesque, on a l’impression que les partis politiques français se sentent impuissants à mettre en place à la fois leur organisation et leurs idées. L’ennui c’est que l’histoire n’attend pas,  et les citoyens ont besoin de savoir ce que les opposants à Nicolas Sarkozy proposent.

 Apparemment, le Parti Socialiste n’est pas dans cette logique, engoncé qu’il est dans ses querelles de personnes, au point d’avoir abandonné la gauche et l’extrême-gauche à l’hyper médiatique Olivier Besancenot. Ensuite, il reste le Mouvement Démocrate de François Bayrou avec un leader incontestable, mais un parti qui n’en finit pas de se mettre en place. J’espère en tant que militant que tout cela sera réglé à l’automne, et qu’à partir de ce moment on pourra de nouveau penser aux choses sérieuses, à savoir dessiner le type de société que nous voulons, affiner notre projet économique et social, et tracer les lignes pour gouverner le pays autrement. Ces sujets sont autrement plus sérieux que les questions de personnes ou de règlement intérieur.

Michel Escatafal

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