10.11.2009

L’espoir... et le dérisoire

aung san suu Kyi.jpgsarkozy-mur-de-berlin.jpg

Une information importante ce matin a retenu mon attention, à savoir que la junte birmane pourrait libérer Aung San Suu Kyi avant les élections de l'an prochain, afin qu'elle puisse y jouer un rôle. C’est ce qu’a affirmé lundi un haut diplomate birman. Voilà une bonne nouvelle, même si celle-ci demande confirmation, car apparemment aucune date n’a été avancée. Nous sommes payés pour savoir dans notre pays, qu’entre les annonces et les actes il peut y avoir un pas qui ne sera jamais franchi. Combien d’annonces ont été faites par Nicolas Sarkozy, sans que celles-ci n’aient reçu le plus petit commencement de réalisation.

A ce propos, j’ai lu dans le Monde que le secrétaire d'Etat au Logement, Benoit Apparu, a annoncé la mise en place dans les six prochains mois d'un « référent personnel » pour chaque SDF. Voilà le type même de l’effet d’annonce, surtout quand on connaît la difficulté de suivre les SDF, et plus encore quand on apprend qu’il n’est précisé nulle part comment le gouvernement entend mettre cette mesure en pratique, comme ce fut si souvent le cas depuis deux ans et demi.

Autre annonce faite cette fois à grand renfort de publicité, les prévisions faites par le Premier ministre d’une croissance de 2,5%…en 2011. Quand on se rappelle toutes les annonces faites par François Fillon sur le sujet au cours de l’année 2008, et même début 2009, on nous permettra d’avoir des doutes, d’autant que les industriels ont encore revu à la baisse leurs prévisions d’investissements pour 2009, lesquels devraient enregistrer une chute de 22% d’après l’INSEE. Dans ces conditions nous avons le droit d’être sceptiques sur les prévisions de déficit budgétaire de ce même François Fillon ou d’Eric Woerth, le ministre du Budget, qui se traduisent cette année par une réalité deux fois supérieure aux estimations.

En tout cas, nouvelle humiliation pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, la Commission européenne va demander une énième fois à la France de ramener dès 2013 son déficit sous les 3% du PIB, sachant très bien que c’est mission impossible. Cela n’empêche pas Eric Woerth d’affirmer , sans rire,que « nous serons à 3% de déficit en 2014 ». C’est comme si c’était fait ! Rappelons qu’en 2010 le déficit devrait atteindre, selon les prévisions gouvernementales 8,5%. Au passage, le ministre du Budget a réitéré son refus de toute augmentation des impôts, oubliant que la suppression de la taxe professionnelle allait fatalement avoir des répercussions sur les impôts locaux à payer par les ménages…à moins qu’Eric Woerth ne considère pas les impôts locaux comme des impôts. Avec de pareils apprentis-sorciers, il y a vraiment de quoi être optimistes !

Cependant, et cela n’est pas pour nous consoler, la France reste parmi les pays dont on parle le plus à l’étranger, à travers la personne de notre président de la République. Encore ce matin, en consultant les sites web des journaux étrangers, j’ai découvert avec stupéfaction que l’on évoquait la désormais fameuse épopée de Nicolas Sarkozy le soir du 9 novembre 1989, rapportée sur sa page Facebook, qui suscite les doutes d’une partie de la presse. Plusieurs journalistes en effet relèvent des bizarreries dans l’ordonnancement de cette escapade berlinoise, sans parler des explications plus ou moins contradictoires de certains accompagnateurs, ceux-ci ne se souvenant plus exactement de ce qu’ils ont vu ou fait ce jour-là, ce qui fait la joie de journaux comme El Pais, Il Messagero, ou le Guardian qui, pourtant, devraient commencer à s’habituer. Bref tout cela vire une nouvelle fois à la pantalonnade.

Heureusement pour lui, ses amis ou plutôt ses obligés, ont volé au secours de notre président de la République pour ne pas qu’on puisse l’accuser d’avoir menti, comme par exemple François Fillon qui a confirmé qu’il avait bien rencontré Nicolas Sarkozy ce jour-là, par hasard à Berlin. Cela dit, peu importe que Nicolas Sarkozy ait été ou non à Berlin ce soir-là. Là n’est pas le problème. En revanche, en quoi cette information mérite-t-elle que l’on communique la-dessus, alors que le seul et véritable événement le 9 novembre 1989 était la chute du mur. Une fois encore ,le président et ses conseillers n’ont pas réalisé que trop de communication tue la communication, et que les Français attendent de leur président qu’il prenne enfin la mesure des problèmes qui affectent notre pays, plutôt que susciter d’aussi ridicules controverses pour tirer la couverture à lui.

Un autre qui essaie de le faire, mais dans un autre domaine et beaucoup plus modestement, c’est le Premier ministre, lequel occupe ses loisirs en essayant des voitures de course. Il paraît même qu’il s’est montré « très curieux des systèmes de commandes de la 908 Peugeot » si l’on en croit le pilote Nicolas Minassian qui lui servait de guide. Il est vrai que François Fillon a tout loisir de s’occuper de ces choses, vu que ce n’est pas lui qui gouverne. Cela ne l’a pas empêché de dire à un journaliste qu’il était plus facile de piloter une 908, même s’il a fait une sortie de route, que diriger la France... qui va droit dans le gouffre. Vraiment, nous sommes bien gouvernés !!!

Michel Escatafal

08.11.2009

Réflexions personnelles à propos de la chute du mur de Berlin

mur de Berlin.jpgmur USA-Mexique.jpgCes jours-ci le monde entier célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin avec un certaine emphase, mais aussi avec peu d’enthousiasme. Je dis peu d’enthousiasme, parce que les espoirs ont été tellement déçus qu’il faut une certaine bonne volonté pour arriver à trouver quelques éléments réellement positifs, dans le symbole que représente la chute de ce mur pour les Allemands et le monde. Certes le peuple Est-allemand est plus libre qu’à l’époque horrible du communisme. Certes aussi le niveau de vie de ces mêmes Allemands de l’Est a progressé globalement, mais il reste quand même une grosse sensation de gâchis devant l’évolution du monde au cours des vingt dernières années en Allemagne, comme ailleurs.

Qu’avons-nous fait en Allemagne et en Europe de l’Est de cette liberté retrouvée ? Est-ce que notre monde est tellement meilleur depuis la fin de l’empire soviétique ? Beaucoup de questions se posent aujourd’hui que l’on n’osait même pas se poser à l’époque. J’irais même jusqu’à dire que nous n’avions pas le droit de nous les poser, tellement les médias et les politiques nous disaient que nous étions entrés dans une nouvelle ère. Mais quelle ère ? Pour ma part, je faisais partie des sceptiques sur la naissance d’un monde nouveau. Ceux qui m’ont connu à ce moment s’en souviennent, et écoutaient avec effroi ou presque mes paroles remplies de doute sur l’évolution de la société que nous allions offrir à l’ensemble du monde.

Et de fait, hélas, mes craintes se sont vérifiées, et je reconnais volontiers bien au-delà de ce que je craignais. Nous sommes en effet en plein dans le règne du capitalisme triomphant, et de l’ultra libéralisme arrogant. La preuve, malgré une crise sans précédent depuis 1929, ceux qui nous y ont conduits recommencent à faire comme si rien ne s’était passé, alors que leurs affaires ont été sauvées de la faillite…par l’argent du peuple. Les Etats ont renfloué à coup de milliards d’euros ou de dollars nombre de grandes banques ou de grosses entreprises multinationales, mais cela n’a pas empêché ces grosses entités de licencier par milliers leurs ouvriers ou employés, ou pour les banques de refuser d’ouvrir les vannes du crédit pour permettre aux PME de surmonter les effets de la crise.

Pire même, les firmes qui allaient bien ont aussi profité de l’aubaine pour réduire au maximum leurs effectifs, ou pour acheter à vil prix des affaires plus petites en « restructurant » au maximum…afin d’offrir de nouveau des rendements confortables aux actionnaires. Et dans la foulée les Etats qui se sont endettés, parfois à des niveaux très élevés, pour aider les grandes banques ou entreprises à passer le cap diminuent les dépenses publiques, notamment les services publics que le peuple a contribué à mettre en place…avec ses impôts et les divers prélèvements qui lui ont été imposés. Et c’est ainsi que dans certains pays, par exemple la France de Nicolas Sarkozy, on impose la fiscalisation des indemnités journalières au titre des accidents du travail, alors qu’on se refuse obstinément à revenir sur le bouclier fiscal à 50%.

En outre quand on regarde de près le monde actuel, on s’aperçoit que la guerre est plus que jamais présente dans plusieurs régions du monde, notamment au Moyen-Orient…parce que nous avons voulu y importer notre civilisation. Comme si celle-ci était la panacée ! Combien de dizaines, voire de centaines de milliers de morts en Irak depuis 2003 ? Et l’Afghanistan ? Le conflit entre Israël et les Palestiniens a-t-il évolué de manière positive depuis 1989 ? Nous connaissons tous plus ou moins les réponses à ces questions. En outre pourquoi cet acharnement à vouloir coûte que coûte faire semblant de croire que les troupes de l’OTAN vont l’emporter en Afghanistan, pays où les récentes élections à la mode occidentale ont montré à quel point le concept même de démocratie est dévoyé ?

Décidément nous sommes bien loin du monde radieux et triomphant qui devait illuminer notre planète, après la chute du mur de Berlin et la fin du communisme soviétique, et ce d’autant qu’on construit de nouveaux murs un peu partout et sur tout les continents, en Asie, en Afrique, et même entre états démocratiques et amis comme les Etats-Unis et le Mexique (photo de droite). Et tout cela pour empêcher des gens qui meurent de faim d’essayer d’entrer dans des pays où ils pensent avoir davantage de chances de survivre. Quelle tristesse ! Et il faut en plus qu’un pays comme le nôtre serve d’exemple pour mieux expulser ses « sans-papiers ». Qui oserait dire de nos jours que la France est le pays des droits de l’homme ?

Michel Escatafal

05.11.2009

L'actualité n'est vraiment pas gaie à huit semaines de Noël !

Rainer_Brüderle.jpgAujourd’hui j’ai eu l’idée (saugrenue) de vouloir regarder l’émission du matin sur France 2 , dont l'animateur s'appelle William Leymergie. Pour être franc je n’ai pas regardé bien longtemps, tellement tout était d’une confondante niaiserie. Et dire que de nombreuses personnes sont des fidèles, paraît-il, de cette émission ! Rien qu’en écoutant le journal d’infos de 7 h, on avait déjà l’impression d’être de retour dans les actualités des années 50 ou 60, que l’on voyait au cinéma pendant l’entracte. Je passe sur la suite, car il n’y avait vraiment rien d’intéressant, ce qui m’a fait capituler au bout d’un quart d’heure. En tout cas s’il y a bien un reproche que Nicolas Sarkozy ne peut pas faire à France 2 le matin, c’est d’être un tant soit peu « subversif ». La maison semble bien gardée !

Cela étant, les Français semblent de plus en plus dubitatifs sur l’action du gouvernement, du moins si l’on en croit les sondages qui deviennent de plus en plus sévères pour le chef de l’Etat. Celui-ci a beau user continuellement de toutes les ficelles de la communication, y compris les plus grosses, les Français ne lui font plus confiance. Et ce ne sont pas les multiples affaires de ces dernières semaines qui vont lui permettre de redorer son blason, même s’il fait semblant de reconnaître (parfois) ses erreurs, comme sur la tentative de faire nommer son fils à la tête de l’EPAD. Pire même, les Français ont de plus en plus l’impression que le président de la République ne maîtrise plus rien, comme en témoignent les multiples couacs gouvernementaux, notamment à travers le DIC (voir mon blog sport), ou la taxe professionnelle. Enfin horreur, toujours d’après les sondages, la cote de Dominique de Villepin ne cesse de monter au point d’en faire un candidat de plus en plus crédible à l’élection présidentielle de 2012…avec les dégâts que cela peut faire supporter au candidat auto désigné de l’UMP, Nicolas Sarkozy.

A ce propos nous avons appris ce matin, que le président de la République participera fin novembre au Conseil national de l’UMP…pour donner le coup d’envoi de la campagne pour les élections régionales du mois de mars. Au passage, je ferais une simple remarque : comment des gaullistes pourraient-ils encore avoir envie de voter pour un homme qui bafoue à ce point les idées incarnées par le général de Gaulle ? Rappelons quand même que le général de Gaulle avait changé de Constitution…pour rompre avec le régime des partis ! Or là, nous avons un président qui se comporte sans vergogne comme un vulgaire chef de parti. Je comprends pourquoi les gaullistes authentiques se tournent de plus en plus vers Dominique de Villepin qui, au moins, essaie de maintenir ou de ressusciter les valeurs du gaullisme. Et je regrette sur ce plan que le MoDem se soit écarté de cette ligne tracée par le général de Gaulle, que François Bayrou avait si bien incarnée pendant la campagne présidentielle de 2007, ce qui n’est pas pour rien dans nos échecs électoraux récents.

Dans un tout autre domaine, j’ai lu avec amusement que Nicolas Sarkozy a affirmé, sans rire, que Rama Yade a « une difficulté à s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Une telle affirmation a de quoi faire sourire de la part de quelqu’un qui n’a cessé de démolir ses collègues du gouvernement, notamment entre 2002 et 2007, à commencer par Dominique de Villepin, ou encore Azzouz Begag quand il était ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Bref, Nicolas Sarkozy a, ou avait, tous les droits, mais pas les autres. Et puis peut-on reprocher à Rama Yade de ne pas pouvoir supporter B. Kouchner, Roselyne Bachelot ou Nadine Morano ? Moi qui ne suis pas au gouvernement, je suis totalement en phase avec elle sur ce plan. Comment d’ailleurs supporter quelqu’un comme B. Kouchner qui est passé sans sourciller d’un camp à un autre, juste pour pouvoir être ministre ? Quant à Roselyne Bachelot n’en parlons pas, sauf pour se rappeler ses prestations affligeantes comme ministre de l’Environnement sous le quinquennat précédent.

Autre nouvelle dont on ne parle guère sur France2 ou ailleurs, la forte augmentation de la fiscalité locale qui, cette année, dépasse 8% soit le double de l’an passé. Cette forte progression serait nécessitée entre autres par l’explosion des dépenses sociales. Cependant le plus inquiétant est à venir avec la suppression de la taxe professionnelle, car on ne voit pas comment l ‘Etat, « en faillite », pourrait compenser intégralement la perte de ressources engendrée par cette suppression. On n’est pas au bout de nos mauvaises surprises ! Et j’ai presque envie d’ajouter que nous ne sommes pas les seuls, car les Allemands qui ont cru intelligent de voter pour un gouvernement chrétien-démocrate et libéral, vont découvrir très vite que cette solution est loin d'être la panacée. Elle l’est d’autant moins, que la grande coalition avait permis à nos amis allemands d’affronter la crise avec des atouts suffisants, pour bénéficier à plein d’une reprise qui finira immanquablement par arriver.

Comment les électeurs allemands ont-ils pu en arriver à croire que le Parti libéral (FPD) représentait une alternative crédible au sociaux-démocrates du SPD ? Et d’ailleurs, à peine arrivés au pouvoir, les libéraux ont imposé à Angela Merkel des baisses massives d’impôts (26 milliards d’euros) qui, bien entendu, vont d’abord profiter aux plus riches, et ce au moment où les déficits sont en forte augmentation. Décidément les électeurs sont bien naïfs ! En Italie, les Italiens ont préféré, aux dernières élections législatives, faire revenir au pouvoir S. Berlusconi qui, pourtant, avait laissé le pays avec des déficits considérables avant d’être battu par Romano Prodi. En France, en 2007, on a préféré élire un illusionniste comme Nicolas Sarkozy, plutôt que François Bayrou dont le principal défaut était de vouloir faire en sorte que la dette n’explose pas. Dans les deux cas on en mesure hélas les résultats, et vu les orientations affichées par la coalition de droite au pouvoir en Allemagne, on en sera au même point très rapidement.

Et si le sujet n’était pas aussi sérieux, on en viendrait presque à trouver cocasse la réaction du très libéral ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, qui s’offusque de voir General Motors conserver Opel, après que le précédent gouvernement allemand ait négocié pendant des mois avec l’équipementier canadien Magna. Résultat, même si GM se refuse à estimer le nombre d’emplois menacés, le plan de la cession à Magna aurait permis de préserver plus d’emplois allemands qu’une restructuration pilotée par GM. Certes le gouvernement allemand va récupérer l’argent des contribuables (1,27 milliards d’euros), mais apparemment cela ne fait ni chaud ni froid à GM, dans la mesure où cette dernière comptait rembourser le prêt relais accordé par les autorités allemandes.

En outre, GM se sent capable aujourd’hui de financer la restructuration d’Opel, sans difficulté, par des fonds en provenance des Etats-Unis. Cela ne semble pas rassurer le gouvernement allemand qui estime que l’annonce de General motors était " inacceptable vis-à-vis des salariés à huit semaines de Noël", surtout après que ces derniers aient annoncés être prêts à accepter des sacrifices salariaux. Hélas, le libéralisme tel que l’admirent R. Brüderle et Nicolas Sarkozy (voir Gandrange) n’est pas pavé que de bonnes intentions !

Michel Escatafal

28.09.2009

Combien de temps encore ?

Aujourd’hui je vais encore commencer mon propos par une triste nouvelle, qui commence hélas à devenir habituelle, à savoir la mort de quatre soldats français en Afghanistan dans une guerre où nous n’avons vraiment rien à faire. J’observe en outre, que cette multiplication de décès se fait depuis que nos militaires assurent des missions qui n’étaient pas les leurs jusqu’en 2008. Bien entendu, Nicolas Sarkozy a présenté ses « condoléances attristées » aux familles des militaires décédés et à leurs proches, et il réaffirme « la détermination de la France à oeuvrer au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan ». Il est bien le seul à y croire, au point même que Silvio Berlusconi, indéfectible atlantiste, se pose de plus en plus de questions sur la présence des militaires italiens en Afghanistan.

Faudra-t-il que des centaines de familles soient touchées, pour que la classe politique française arrive enfin à s’insurger contre notre présence militaire en Afghanistan ? En tout cas il y en a au moins un qui a une position claire sur le sujet, Dominique de Villepin, lequel sur son blog (http://2villepin.free.fr) affirme « qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan », et souhaite que soit prise la décision d’un retrait avec un calendrier « qui marque la volonté des Occidentaux de ne pas rester à l’infini ». En langage moins diplomatique cela signifie que le départ de nos troupes doit se faire le plus rapidement possible. L’ennui c’est que ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a pas compris que les jeunes servant dans l’armée n’ont pas choisi ce métier pour aller se battre en Afghanistan ou ailleurs, mais tout simplement pour ne pas pointer au chômage.

Et cela m’amène à parler des diverses informations économiques et sociales, qui nous sont distillées depuis hier dans les médias écrits ou radiotélévisés. On y apprend tout d’abord, ce qu’à mon modeste niveau j’affirme depuis plusieurs mois, que notre déficit budgétaire va dépasser la barre des 8% du PIB. Et comme nous ne sommes qu’en septembre, d’ici la fin de l’année ce sera sans doute encore davantage. Les 150 milliards de déficit, nous y sommes. La dette publique à 80% du PIB nous y sommes aussi. Jusqu’où va-t-on aller ? Pour mémoire je rappelle que le déficit fin 2006 était de 36 milliards. Certes la crise est passée par là, mais elle a bon dos ! En tout cas ces déficits abyssaux, inconnus dans notre pays en temps de paix, n’empêchent pas le pouvoir de gaspiller de l’argent à tout propos, avec des réceptions somptuaires à New-York ou en France. Il est vrai qu’à partir de certains montants quelques millions d’euros de plus ou de moins…

Décidément, comment les Français ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Je n’arrive toujours pas à me l’expliquer. Et ce n’est pas fini, parce que le président de la République et sa majorité sont en train de nous mijoter des mesures toutes plus douloureuses les unes que les autres. Après la taxe carbone, c’est le forfait hospitalier à 18 euros, puis la fiscalisation des indemnités journalières versées aux salariés victimes d’accidents du travail. En revanche, il n’est toujours pas question de toucher au bouclier fiscal ou aux niches fiscales. On voit où se situent les priorités de Nicolas Sarkozy et sa majorité de « godillots » ! Comment l’UMP peut-elle encore remporter des élections, même si cela devient un peu plus difficile ? Cela démontre en tout cas le pouvoir énorme des grands médias. Plus besoin de faire des lois sur la liberté de la presse comme à l’époque du Second Empire. Il suffit simplement d’être assez riche pour s’offrir des journaux ou des chaînes de télévision, quitte à perdre un peu d’argent, et à les mettre au service d’un pouvoir ami.

Cependant, malgré leurs efforts, les médias amis n’ont pas pu redorer le blason passablement terni d’un président de la République qui accumule bourdes et échecs depuis quelques semaines. Le G20, dont on a tellement parlé chez nous comme si Nicolas Sarkozy en était le principal protagoniste, est en train de devenir aux yeux de nombreux observateurs le G2, avec comme acteurs principaux l’Américain Barack Obama et le Chinois Hu Jintao. Exit Nicolas Sarkozy qui, par parenthèse, n’a pas quitté la table du G20 comme il avait de nouveau menacé de le faire. Et pourtant au G20 de Pittsburg il n’y a pas eu que des mots, avec notamment une mesure plus importante qu’il n’y paraît, à savoir la modification des participations dans le FMI au bénéfice de la Chine, du Brésil et de la Turquie, alors que la part de plusieurs états européens va être réduite, y compris celle de la France évidemment. Raison de plus de réaffirmer, pour ceux qui en doutent encore, que seule la voix de l’Europe peut compter dans l’avenir face aux Etats-continent. J’aurai l’occasion d’y revenir.

Un dernier mot enfin pour évoquer les élections nationales en Allemagne et au Portugal, avec tout d’abord la victoire d’Angela Merkel en Allemagne qui va pouvoir, comme elle le souhaitait, composer un gouvernement de droite avec les libéraux. La gauche sociale-démocrate allemande était pourtant moins désunie que ne l’est le Parti socialiste en France, mais elle enregistre le pire score de son histoire. A méditer, même si le résultat de la CDU-CSU (chrétiens démocrates) est son plus faible depuis 1949. Problème, il faut être devant en termes de voix pour espérer gouverner…comme en France, même si en Allemagne l’opposition est mieux représentée au Bundestag.

Quoiqu’il en soit, malgré la méfiance qu’inspirent les déclarations dans l’euphorie de la victoire, Angela Merkel se veut rassembleuse. « Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays pour tous en temps de crise ». Cela fait davantage chaud au cœur que le compte rendu d’une réception au Fouquet’s. En tout cas si les socialistes allemands sont tristes, il n’en est pas de même pour les socialistes portugais. Ceux-ci en effet ont remporté les élections dans leur pays, mais sans majorité absolue, ce qui va les contraindre sans doute à former un gouvernement minoritaire, fait au demeurant assez habituel chez eux. Toutefois un seul, dirigé par le socialiste Antonio Guterres, est allé au terme de son mandat (de 1995 à 1999).

Michel Escatafal

10.08.2009

Optimisme ou pessimisme?

Doit-on être optimiste ou pessimiste sur le plan économique dans les mois à venir ? Tel est la question que tout le monde se pose, et en premier lieu les économistes. Certes on va me répondre que ces derniers se sont tellement trompés, quelques uns assurant même qu’ils nous ont trompés, qu’il est difficile de croire à leurs prévisions. Cela dit quelqu’un de sérieux comme J.C. Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, reconnaît qu’il y a encore beaucoup d’incertitudes, même si l’économie a cessé d’évoluer « en chute libre », pour reprendre son expression.

En fait qu’est-ce qui peut susciter de l’optimisme pour les observateurs et les décideurs ? Tout d’abord la bourse, avec des marchés qui n’ont cessé de remonter ces dernières semaines, ce qui signifie qu’il y en a qui sont en train de gagner beaucoup d’argent. D’ailleurs, de nouveau on ne parle que de bonus, ce qui devient dans notre pays un moyen de communication pour notre président de la République et son gouvernement, ce qui ne veut pas dire pour cela qu’ils fassent quelque chose à part de vaines paroles. Je dis vaines parce que cela ne fait aucunement peur aux banquiers, et parce qu’à force de répéter la même chose à propos de ces bonus, le bon peuple finit par être convaincu qu’on lui raconte des histoires et qu'on ne fait rien pour empêcher ces abus scandaleux.

On nous dit aussi que les consommateurs comme les patrons cessent de tout voir en noir, et retrouvent même « une certaine confiance dans le système économique ». C’est aller un peu loin, car à part les grands dirigeants des multinationales et des grosses banques, les petits patrons sont toujours inquiets. Et que dire des consommateurs…qui sont bien obligés de consommer, mais qui constatent aussi que les entreprises continuent de licencier, surtout les plus importantes. A ce propos, certaines mauvaises langues disent que cette crise est une forme d’aubaine pour se débarrasser de certaines unités de production jugées peu rentables, et donc des employés et ouvriers y travaillant. Et comme on sait que ces ouvriers et employés n’iront pas en Hongrie, en Ukraine ou en Inde pour retrouver leur emploi, c’est tout bénéfice.

En revanche, et c’est le plus souvent passé sous silence, les résultats des entreprises ne sont pas si mauvais, puisqu’ils sont « mieux que prévu ». J’ajouterais pour ma part que ce n’est guère étonnant. En effet, il suffit de connaître un tant soit peu le fonctionnement des entreprises de nos jours, pour savoir que celles-ci ont pris l’habitude de travailler en flux tendu, ce qui fait qu’elles ont immédiatement pris leurs dispositions pour ne pas gonfler leurs stocks. Les stocks coûtent cher, et dans la course effrénée à la rentabilité, notamment pour pouvoir rémunérer les actionnaires et investir sur les marchés financiers, les stocks sont un instrument de première importance.

On a donc réagi promptement dans les unités de production grâce au chômage partiel, au non renouvellement des intérimaires, et pour finir aux licenciements. Toutes ces mesures prises avec diligence, pour ne pas dire avec zèle, ont limité la chute des résultats dans des proportions non négligeables et, surtout depuis le début de l’année 2009. Cette position de repli s’est aussi accompagnée, ne l’oublions-pas, d’une mise en sommeil des investissements. Bref tous les ingrédients de ce que certains appellent « savoir s’adapter » en situation de crise. On oublie simplement de dire que cette adaptation se fait d’abord sur le dos de ceux qui travaillent…et qui ont besoin de travailler !

Il y a aussi les effets des plans de relance, même s’ils n’ont pas eu partout le même impact ne serait-ce qu’en raison du volume des interventions étatiques dans chaque pays. Sur ce plan la France, quoiqu’en dise nos gouvernants, est quand même restée en retrait…ce qui ne laisse pas d’inquiéter pour l’avenir, d’autant que cela n’a pas empêché nos déficits d’exploser, comme partout ailleurs et notamment aux Etats-Unis où des sommes considérables ont été injectées. A ce propos, on entend tous les jours l’administration américaine et le président Obama lui-même, affirmer que ces interventions commencent à porter leurs fruits. Est-ce bien le cas ?

Au vu des chiffres c’est incontestable, puisqu’après avoir baissé de 6,4% au premier trimestre, le PIB américain n’a glissé que d’un pour cent au second. C’est mieux, mais c’est encore insuffisant pour réveiller un optimisme béat, d’autant qu’il paraît normal qu’après une succession de glissades on arrive à toucher le point bas. Mais à supposer que l’on y soit arrivé, est-ce que l’économie mondiale va enregistrer une correction en sens inverse de ce qui s’est passé ces derniers mois ? Rien n’est moins sûr, et si tout le monde s’accorde à dire que la probabilité d’une rechute semble s’estomper, en revanche il y a quasiment unanimité pour prévoir une reprise molle. Pour les Etats-Unis on prévoit 1,5 à 2% de croissance pour 2010, ce qui veut dire que ce sera moins pour l’Europe. Le FMI, qui pourtant ne pèche pas par excès de pessimisme, pense que la reprise sera « lente et sujette à des risques considérables ». Le malade n’est donc pas guéri, mais à force de vitamines il marche d’un pas un peu plus assuré.

Evidemment tout cela nous n’allons pas l’entendre dans les journaux télévisés de TF1 ou France 2. Il ne faut pas ajouter de l’inquiétude aux inquiétudes. On préfère nous dire que Nicolas Sarkozy « multiplie les interventions » pour obtenir une libération rapide de la jeune Française emprisonnée en Iran, Clotilde Reiss, ce que le ministre des Affaires étrangères (qui compte pour du beurre) a déjà dit hier, en espérant qu’au-delà de ce bla-bla cette jeune femme sera effectivement libérée. On préfère aussi nous annoncer que, finalement, nous allons avoir la chance de subir une augmentation du tarif de l’électricité de seulement 1,9%, alors que le PDG d’EDF avait demandé 20% d’augmentation sur 3 ans en juin. Au passage je rappellerais que notre parc de centrales nucléaires nous permet d’avoir le prix de l’électricité à la production le plus bas dans l’Europe à 15, mais aujourd’hui EDF n’appartient plus entièrement à l’Etat. J’arrête là, car je ne veux pas saper davantage le moral de ceux qui me lisent !

Michel Escatafal

02.08.2009

Combien de temps encore ?

Cette guerre en Afghanistan devient de plus en plus insupportable. J’en suis encore à me demander comment les gens ne se révoltent pas sur un sujet aussi sérieux, d’autant que chaque jour des soldats meurent. Certes ils ne sont pas tous français ce qui limite l’indignation, car chacun sait bien qu’en France, comme ailleurs, tant que cela concerne les autres on s’en moque. En revanche, hier, c’est un soldat français de 22 ans qui est mort…pour rien, puisque cette guerre est perdue d’avance et parce que rien ne peut la justifier. En disant cela  je pèse mes mots, surtout quand je lis que plus de 1000 civils afghans sont morts depuis le début de l’année. Et combien depuis huit ans que dure ce conflit, sans parler des destructions dues aux bombardements ?

Bien entendu, tous les médias se sont empressés de préciser que le président de la République « s’associe à la douleur de la famille et des proches » du jeune soldat français mort, et qu’il condamne « les pratiques lâches et barbares des ennemis de la paix en Afghanistan ». Le Premier ministre y est allé lui aussi de son couplet, en saluant « le courage  et le professionnalisme des forces françaises engagées en Afghanistan ». Et pour faire bonne mesure ce pauvre Morin, théoriquement ministre de la Défense, a exprimé « sa plus vive émotion ». Bref, rien que des mots creux qui donnent encore plus la nausée, comme ceux prononcés par les rares personnes soutenant cette guerre en disant que nos soldats, qui ne sont pas leurs enfants, défendent notre modèle de civilisation. Rien que ça !

En somme pour nos gouvernants, comme pour les va-t-en guerre de salon, il faut que cette boucherie continue, et que la France y prenne toute sa part envers et contre tout, même si elle se contente d’y jouer le rôle de supplétif des Américains. Ceux-ci d’ailleurs feraient bien de revoir enfin leur position sur ce conflit qui ressemble à s’y méprendre à ce qui s’est passé dans l’ancienne Indochine française. Comme il y a quarante ans  au Vietnam, les troupes occidentales sont enlisées jusqu’au cou dans un bourbier qu’elles ont largement contribué à créer et à entretenir. Et tout cela pour installer un gouvernement qui ne contrôle qu’une infime partie du territoire afghan. Si vraiment Barack Obama veut laisser une trace différente de celle de son prédécesseur dans l’histoire, il ferait bien d’y réfléchir à deux fois avant de poursuivre cette sinistre aventure !

Heureusement  cette comédie sanglante, qui n’honore pas les démocraties occidentales, commence à préoccuper les opinions publiques de plusieurs pays voisins, notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne.  Ces gens-là sentent bien qu’on les trompe, car ils savent que cette guerre ne règlera jamais les problèmes du peuple afghan, lesquels durent depuis bientôt trente ans. D’ailleurs aucun peuple n’accepte que son territoire soit occupé par des armées étrangères, avec tout ce que cela comporte comme drames humains pour les populations civiles. Si la résistance afghane est aussi vigoureuse après tant d’années de bombardements, si les talibans peuvent se mouvoir aussi facilement dans le pays, c’est bien parce que les Afghans refusent la présence des armées étrangères.

J’espère que ce mouvement de réprobation perçu çà et là se poursuivra chez nous, même si je ne me fais pas trop d’illusions. La France est en train de perdre définitivement sa grandeur et son indépendance, avec un président omnipotent qui se croit tout permis parce qu’il vit hors du temps, et qu’il contrôle la quasi-totalité des médias. Mais qu’il prenne garde que dans notre pays, même en apparence endormi, parfois une simple étincelle peut allumer un feu dévastateur, aux conséquences inimaginables. Dominique de Villepin peut en témoigner avec l’affaire du CPE…que Nicolas Sarkozy s’est évertué à accompagner et à entretenir pour éliminer son rival en 2006, ce qu’il avait réussi à faire. Rien ne dit qu’à une prochaine occasion, ce ne sera pas lui la victime !

Michel Escatafal

27.07.2009

Il fait chaud et le monde est fou !

De quoi pourrions-nous parler aujourd’hui, d’autant que dans certaines contrées de notre beau pays il fait très chaud ?  Comme je suis un amateur de sport, certains vont me dire qu’on peut revenir encore un peu sur le Tour de France et la victoire de Contador, le « campeador ». Cela dit puisqu’on parle de sport, finalement la vedette faisant du sport ce week-end (en France) aura été…le président de la République, à qui je souhaite un prompt rétablissement, comme j’en souhaite un aussi à Felipe Massa, le pilote de Ferrari, qui a eu beaucoup de chance dans son malheur samedi pendant les qualifications du grand prix de Hongrie, où il a reçu sur son casque un ressort arrière qui s’est détaché de la voiture de Barrichello.

Je ne vais pas m’appesantir sur le malaise de Nicolas Sarkozy dont on parle abondamment dans tous les médias, sauf pour dire que je trouve curieux qu’un sportif du dimanche puisse faire un footing vers 13 ou 14 h l’été avec un grand soleil. Dans une telle situation aucun médecin ne dira que le sport est bon pour la santé. Dans le cas d’un homme de 54 ans comme Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a jamais fait de sport en compétition, c’est plutôt l’activité physique qui est saine notamment la marche ou la natation. En plus j’ai toujours su que le jogging fatigue considérablement le cœur, surtout chez les sujets qui ne sont pas de vrais sportifs. Or quand on voit courir Nicolas Sarkozy, on voit tout de suite qu’il est en souffrance, alors que voir Medhi Baala en train de courir est un vrai régal pour les yeux, et pas seulement dans le dernier tour d’un 1500 mètres.

Fermons cette longue parenthèse sur la santé du président de la République, dont on nous dit qu’elle est bonne malgré cet incident, pour évoquer l’inquiétude de nombre de personnes devant le retour en force des bonus dans les grandes entreprises, et plus particulièrement dans les banques. Voilà, la crise est encore loin d’être terminée mais les hauts dirigeants, qui ont amené le monde dans l’état où il est, font comme si elle n’avait pas existé et reprennent leurs mauvaises habitudes d’autant que, bien évidemment, les salariés de base ne sont pas concernés par les primes qui seront distribuées.

Ils le seront d’autant moins que les sommes mises de coté pour la rémunération des dirigeants sont tout à fait considérables, par exemple 11,4 milliards de dollars pour les patrons de Goldman Sachs (banque d’investissement), qui renoue fortement avec les profits, mais aussi 3,9 milliards pour ceux de son concurrent Morgan Stanley. Bien entendu on nous dit que ces deux établissements ont remboursé à l’Etat les fonds qui leur avaient été alloués au plus fort de la crise,  et qu’ils sont de nouveau libres de s’affranchir de toutes pressions, notamment politiques.

Certes, mais il n’en empêche pas moins que c’est l’Etat fédéral qui les a tirés du mauvais pas dans lequel ils s’étaient mis, en raison des risques insensés qu’ils avaient pris, eux et tous les autres y compris Citigroup, qui a évité la faillite grâce à un renflouement massif de 45 milliards de dollars par l’Etat fédéral depuis l’automne dernier. Cela n’a pas empêché un de ses traders vedettes de demander le versement d’une prime qu’on lui a promise…qui pourrait atteindre, selon le Wall Street Journal, 100 millions de dollars ! Mais que peut-on faire avec des sommes pareilles ?

En outre même si ces aides commencent à être remboursées, l’effort fait par l’Etat et donc les contribuables n’est pas neutre, ne serait-ce qu’en raison du cataclysme que toutes ces folies ont entraîné. N’oublions pas que la crise du crédit aux Etats-Unis, comme d’ailleurs en Grande-Bretagne et dans le reste du monde, a mis en faillite un nombre incalculable d’entreprises et de particuliers. Alors faire comme si de rien n’était, quelques mois plus tard, parce que Wall Street ou la City vont mieux est tout simplement indécent. C’est de nouveau le règne de l’arrogance vis-à-vis de ceux qui souffrent par millions de cette crise. Même Barack Obama s’est cru obligé de rappeler « qu’on n’a pas l’impression qu’il y ait eu un changement de culture ou de comportement malgré tout ce qui s’est passé ».

Bien entendu les banquiers américains ou européens considèrent qu’il s’agit là d’un débat suranné, et que les banques n’ont guère le choix si elles veulent conserver leurs meilleurs éléments. Belle excuse ! On a l’impression d’entendre les dirigeants du football…dont les clubs sont le plus souvent au bord de la faillite, et qui doivent parfois vendre leurs installations sportives à des collectivités territoriales pour pouvoir investir sur le marché des transferts. Ahurissant ! En tout cas tout cela ne peut que contribuer à déconsidérer encore un peu plus nos dirigeants politiques, du G8 ou du G20, qui sont manifestement impuissants pour instaurer un nouvel ordre mondial. On voulait mettre en place de nouvelles règles, mais celles-ci sont encore une fois sacrifiées sur l’autel du profit à court-terme. Ce monde est fou !

Michel Escatafal

25.07.2009

Qu'il est difficile d'essayer de gouverner autrement !

B. Obama.jpgQu’il est dur d’être à la fois président des Etats-Unis, de surcroit de race noire et plus encore de vouloir essayer de gouverner autrement. C’est tellement plus facile d’être démago, de vider les caisses et de jouer l’air de la liberté partout dans le monde, sur le modèle américain bien sûr. On a vu ce que cela a donné pendant la presque totalité du mandat de Georges Bush, avec fin 2008 une Amérique quasiment en faillite, décriée et déconsidérée dans le monde entier, et sur les bras deux guerres qui n’en finissent pas. Mais de cela les riches Américains ne s’en soucient pas, d’où leur lobbying pour empêcher Barack Obama de faire aboutir quelques unes de ses promesses de campagne. Lui d’ailleurs, par rapport à quelqu’un que nous connaissons bien ici, notre président de la République française, n’évoque pas une multitude de réformes à réaliser en même temps, mais plutôt essaie de se fixer comme objectif d’en réaliser quelques unes…susceptibles de changer la vie des Américains.

 

Oh certes je ne suis pas naïf, comme je l’avais dit après l’élection de Barack Obama en novembre dernier, et je sais bien que même ces réformes-là ne seront pas réalisées exactement comme il l’avait envisagé. Il sera obligé de lâcher un peu de lest s’il veut qu’elles puissent passer. Malgré tout, même quelque peu édulcorées, elles représenteront un plus indéniable pour les Américains, comme par exemple la réforme du système de santé qui va bénéficier aux malades d’un grand pays comme les Etats-Unis d’Amérique, qui vivent depuis des années avec un système parmi les plus chers et les moins performants des pays industrialisés. Reconnaissons que si Barack Obama arrive à ses fins, c’est-à-dire s’il fait adopter une réforme diminuant les coûts et octroyant une couverture médicale aux 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus (15% de la population !) ce sera une belle réussite, et cela aura une autre allure que faire adopter la loi Hadopi.

 

Cependant ce n’est pas encore gagné car ce projet se heurte à l’opposition farouche…de ceux qui n’ont aucun problème pour s’assurer un service de soin performant, et il y en a chez les républicains comme chez les démocrates. Ceux-ci en effet dans un même élan s’inquiètent du coût d’une mesure qui va fatalement coûter cher dans un premier temps, alors que le déficit fédéral dépasse les 1000 milliards de dollars par rapport à un PIB qui était en 2008 de 13700 milliards. Par parenthèse en France cette année nous serons également dans un rapport de cette ordre, mais apparemment cela ne semble pas inquiéter grand-monde et surtout pas Nicolas Sarkozy et Madame Lagarde. On les comprend, c’est un sujet qu’il faut  aborder avec beaucoup de circonspection jusqu’en 2012. Fermons la parenthèse.

 

Cela dit cette réforme du système de santé, si elle réussit, pourrait très vite s’avérer rentable pour les finances publiques des Etats-Unis, car en fait de plus en plus de familles ne se soignent pas faute de moyens pour le faire avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le plan économique et social. En fait, avec  le système actuel, les seuls qui s’enrichissent sont les compagnies d’assurance. J’ai lu quelque part qu’une femme atteinte d’un cancer dans l’Etat du Colorado, qui payait 700 dollars par mois d’assurance (492 euros) n’était même pas couverte pour le traitement de son cancer. Et dire que c’est ce modèle que nous vantait Nicolas Sarkozy il y a quelque mois ! Certes il a un peu évolué ces derniers temps, mais s’il avait été élu en 2002 il aurait eu le temps de faire suffisamment de transformations pour que le modèle français soit démantelé. On l’a échappé belle…jusqu’à présent !

 

 

Barack Obama voudrait pour sa part essayer de changer autant que faire se peut un système économique global qui a mené son pays à la faillite. C’est la raison pour laquelle il défend bec et ongles son gigantesque plan de relance, mais aussi ses mesures de stabilisation du système financier, et celles relatives à la régulation des activités financières. Là aussi gageons qu’il sera obligé de lâcher du lest, ce qu’il a déjà commencé à faire, mais souhaitons lui plein succès dans sa démarche volontariste. Il n’a jamais dit comme Nicolas Sarkozy qu’il voulait être « le refondateur du capitalisme », mais il essaie de faire au moins le minimum pour éviter que les aberrations qui ont conduit le monde dans la situation que l’on connaît aujourd’hui ne puissent se renouveler. Mais là aussi ce n’est pas gagné car on entend de nouveau les gens de mauvaise foi regretter « qu’on crée de nouveau une catégorie d’assistés et de parasites de la société ». Pour ces Américains, mais il y en a aussi en France, on trouve normal qu’il faille payer toujours plus avec de moins en moins de prestations.

 

Néanmoins si certaines réformes suscitent la sympathie de beaucoup de ses électeurs, il en est d’autres qui auront davantage de mal à être acceptées, plus particulièrement celle relative à l’éducation qui va entraîner une compétition entre Etats, les subventions étant versées prioritairement là où il y aura les meilleurs résultats. Dit autrement le président veut voir les Etats s’engager dans cette course aux dollars, ce qui implique pour chaque Etat de lier la rémunération des enseignants à la performance des élèves. C’est évidemment une conception très libérale de l’enseignement, mais cela prouve au moins que ceux qui pensaient que Barack Obama était un vrai socialiste se trompaient. Il a simplement une conception de la société un peu moins inégalitaire que son prédécesseur, et il a pour lui un charisme que même ses adversaires les plus acharnés lui reconnaissent.

 

Un dernier mot enfin, même si Barack Obama est devenu président des Etats-Unis, nombreux sont encore ceux qui vivent avec des préjugés raciaux y compris dans les services de l’Etat. On a pu le constater cette semaine à propos de l’arrestation d’un professeur noir à son domicile, alors qu’il forçait l’entrée de son domicile parce que la serrure était grippée. Cette scène ayant été vue par une voisine, celle-ci s’est empressée de prévenir la police…qui arrive alors que le propriétaire était dans l’entrée de la maison. On devine la suite, le propriétaire des lieux est interpellé par un officier, blanc, qui lui demande ses papiers ce que l’autre ne fait qu’avec réticence car il est chez lui, et il est emmené au poste de police menotté.

 

Or il se trouve que le propriétaire en question est un professeur de Harvard, un des universitaires noirs les plus influents du pays. Du coup Barack Obama s’empare de l’affaire sans connaître les faits dans le détail, et il tance vertement les policiers qui selon lui ont agi « de manière stupide ». Les policiers se sentant insultés ont demandé à Barack Obama des excuses qu’il n’a d’ailleurs pas faites, mais il a été obligé de reconnaître que le mot « stupide » était un peu fort. En attendant cela a suffi pour réveiller les vieux démons liés aux querelles raciales, qui montrent à l’évidence que les Etats-Unis ne sont pas encore guéris de tous leurs maux. Toutefois, est-ce que chez nous on a beaucoup de leçons à donner aux Américains ? En tout cas les Américains savent mieux que personne que les évolutions sur ce plan seront très lentes, puisque selon un sondage 62% des Noirs et 61% des Blancs pensent que rien n’a changé depuis l’élection de Barack Obama. Le contraire nous aurait étonnés !

 

Michel Escatafal

22.07.2009

Il fallait s’y attendre…

N.Sarkozy et G.Holz.jpgEn plein été et au milieu de la dernière semaine du Tour de France, j’avoue que je n’ai pas trop envie de parler de politique politicienne. Alors j’ai fait une revue dans les langues que je comprends de ce qui paraît important pour la presse étrangère. Cependant je vais commencer par un petit tour d’horizon sur ce qui se passe chez nous, car finalement des choses il s’en passe dans notre pays. Par exemple on parle beaucoup en ce moment de « la sortie » de Roselyne Bachelot sur les contrôles antidopages sur le Tour, et sur le fait que Nicolas Sarkozy ait suivi l’étape du Tour de France…dans la voiture du directeur de course. Certes « il a la banane » comme il dit, mais de là à faire ce que font Contador, Schleck ou Armstrong…Toutefois il aura figuré parmi les vainqueurs de la journée, car il a eu droit à une interview devant le podium qui a duré une dizaine de minutes, alors que seulement quelques coureurs avaient franchi la ligne d’arrivée, ce qui a certainement beaucoup énervé de nombreux téléspectateurs.

Passons à autre chose : J’ai lu quelque part que Michèle Alliot-Marie avait révélé que  82000 justiciables des tribunaux français ne peuvent pas purger leur condamnation…à cause de la politique mise en place par Rachida Dati, mais aussi par son prédécesseur Pascal Clément. Et tout cela parce que sur la demande d’un ministre de l’Intérieur appelé Sarkozy Nicolas, et du président de la République Nicolas Sarkozy, on n’a pas cessé de renforcer l’arsenal pénal sans pour autant donner les moyens d’assurer cette politique. On a l’habitude depuis 2002 de faire ce type de constat !

Autre constat : quand cessera-ton de parler de cette fameuse « loi Hadopi » qui n’en finit plus d’occuper l’énergie de nos parlementaires ? Comme si c’était le moment de s’offrir des polémiques aussi inutiles que stériles dans une période où notre pays va très mal, même si Madame Lagarde essaie sans arrêt de se trouver de bonnes raisons lui permettant d’affirmer le contraire. Cette semaine elle est satisfaite de l’évolution de la consommation dans notre pays, mais aussi du redressement de la production industrielle. On ne peut que s’en réjouir, mais si la consommation se maintient je redis une fois encore que le gouvernement n’y est pas pour grand-chose, car si la France connaît une situation un peu meilleure sur ce plan que d’autres pays, c’est parce que ses habitants sont moins endettés…ce qui provoquait les regrets de Nicolas Sarkozy il n’ y a pas si longtemps.

En tout cas pour revenir sur la « loi Hadopi », il est manifeste que même à l’UMP on n’en veut pas. Néanmoins cette loi finira par être votée car tel est le désir du président de la République et de son épouse…à moins que le Conseil Constitutionnel n’y trouve de nouveau à redire. Pourtant les députés socialistes avaient fait un pas en avant pour éviter la voie répressive, en proposant la mise en place d’une contribution forfaitaire pour les abonnés à Internet qui, selon leurs dires, aurait rapporté 400 millions d’euros annuels. A titre personnel je pense qu’ils ont eu tort de faire cette proposition, car il n’y a pas de raison de faire payer quiconque, et moins encore ceux qui ne téléchargent pas. Enfin, j’observe qu’on ne s’est jamais autant préoccupé des artistes, alors qu’on se soucie beaucoup moins d’autres professions infiniment plus menacées. Les agriculteurs par exemple, qui vivent déjà avec angoisse l’incertitude qui règne sur l’avenir de la PAC dont les budgets ne sont garantis que jusqu’en 2013, sans parler de l’abandon des quotas laitiers qui va lourdement pénaliser les éleveurs.

Passons à l’étranger maintenant pour noter que la cote de popularité de Silvio Berlusconi est en chute libre, en raison des scandales ayant trait à sa vie privée. Cela étant sa cote est encore supérieure à celle de Nicolas Sarkozy chez nous. Malgré tout moins de 50% des Italiens faisant confiance à S. Berlusconi (49% selon le dernier sondage), il y a longtemps que cela n’était pas arrivé. Je ne vais pas pleurer sur le sort du « Cavaliere », même si je me moque complètement des problèmes auxquels il est confronté. Moi ce que je demande en premier à un dirigeant c’est de bien gouverner et de préparer l’avenir du pays, chose que Silvio Berlusconi ne sait pas faire. Et pourtant il a hérité de Romano Prodi d’une situation bien meilleure que celle que ce dernier avait trouvée…quand il a remplacé Silvio Berlusconi. Celui-ci a quand même été de nouveau élu, ce qui démontre que les Italiens ont la mémoire courte, comme les Français.

Mais ce n’est pas mieux aux Etats-Unis, où Georges Bush a été réélu en 2004. Et pourtant déjà à cette époque, son bilan était calamiteux, malgré un héritage tout à fait honorable de Bill Clinton. Décidément il faut être naïf pour s’imaginer qu’un bon bilan suffit pour remporter une élection nationale, et si je dis cela c’est parce qu’hier soir encore un de mes amis me confiait qu’il n’imaginait pas qu’on puisse réélire Nicolas Sarkozy en 2012. Funeste erreur, hélas, d’autant qu’on semble tout pardonner à ceux qui se complaisent dans une certaine médiocrité, et rien à ceux qui essaient de faire évoluer les choses de manière positive, comme en témoigne la chute rapide de la popularité de Barack Obama par comparaison avec celle de Georges Bush après six mois d’exercice du pouvoir.

Autre surprise, alors que l’on croyait enterrée la candidature de Tony Blair pour le poste de futur président du Conseil Européen, voilà que son nom revient de nouveau avec insistance, ce qui fait rugir nombre de députés européens, dont Daniel Cohn-Bendit. Pour une fois je suis d’accord avec lui, car si par malheur Tony Blair devenait le président de l’Europe, ce serait définitivement la fin du rêve européen. Pour parler comme D. Cohn-Bendit, l’Europe de Tony Blair serait synonyme de « moins d’Europe ». Ce poste doit revenir à un authentique européen avec tout ce que cela représente, notamment en matière d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Pour mémoire rappelons que Tony Blair était aussi le candidat de Nicolas Sarkozy, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il aura son soutien jusqu’au bout.

Avant de terminer, mais est-ce important, je reviens en France pour dire que je suis stupéfait de voir les réactions de ceux qui se disent proches du Parti Socialiste, ou qui appartiennent à son appareil, devant la déliquescence dans lequel ce parti est tombé. Mais à qui la faute sinon aux dirigeants, qui ont tout fait pour « fusiller » la candidate du parti au moment de l’élection présidentielle, et aux adhérents qui ont accepté que Ségolène Royal, qui avait remporté l’élection du Premier secrétaire, soit privée de sa victoire pour l’offrir à Martine Aubry et ses alliances contre-nature. Alors maintenant, quand je vois les Fabius et autres Delanoë regretter de voir leur parti creuser sa propre tombe, cela me fait sourire. Il fallait quand même s’attendre à ce qu’une Première secrétaire aussi mal élue que Martine Aubry, au mépris du suffrage universel, soit constamment en difficulté, d’autant que les seules forces sur lesquelles elle puisse compter sont les vieux caciques du parti, alors que la jeunesse a fait le choix de Ségolène Royal. Et pendant ce temps Nicolas Sarkozy compte les points !

Michel Escatafal

20.07.2009

Est-ce que le monde est meilleur de nos jours qu'en 1969 ?

lune.jpgAujourd’hui 20 juillet est une date historique puisque cela fait 40 ans qu’un homme a posé pour la première fois le pied sur la lune. En quoi était-ce si important comme évènement ? Je me pose encore la question, même si je sais bien que derrière tout cela il y avait la rivalité entre les deux superpuissances qu’étaient à l’époque les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Cette dernière avait longtemps fait la course en tête, comme on a pu le revoir sur Arte dans un documentaire-fiction la semaine dernière, mais au final ce sont les Etats-Unis qui ont réussi le plus retentissant exploit, celui qui a le plus frappé les esprits, à savoir marcher sur la lune. Jusque là les gens ne réalisaient pas vraiment ce qu’était la conquête de l’espace, car entre le premier Spoutnik, le premier vol dans l’espace et même l’alunissage d’un engin sur notre satellite naturel, il n’y avait rien de vraiment spectaculaire pour le grand public. Là en revanche, le 20 juillet 2009, voir à la télévision deux hommes arriver avec un engin sur la lune et s’y promener pendant un petit moment, c’était considéré comme du grand spectacle, même si c’était sans doute loin d’être « un pas de géant pour l’humanité ».

 

Pour moi en revanche qui était déjà très intéressé par la politique, j’avais comme l’impression que l’URSS venait de subir sa seconde grande défaite face aux Etats-Unis, après la capitulation de Khrouchtchev  lors de l’affaire des fusées de Cuba en 1962. En fait le système soviétique venait tout simplement d’atteindre ses limites, et il y avait comme une sorte de justice de voir ce pays n’avoir pu réussir à atteindre son but après avoir emprisonné nombre de ses ingénieurs dans les pires années staliniennes, puis en avoir réhabilité quelques uns dont le meilleur d’entre eux, Korolev. Celui-ci est mort d’ailleurs avant d’avoir achevé sa mission, sans doute à cause des privations et sévices endurés pendant ses six ans de goulag sur dénonciation d’un collègue, Glouchko. Et si j’ai bien compris les témoignages de l’époque, c’est la mort de Korolev  qui a certainement empêché l’Union Soviétique de gagner cette bataille de l’homme sur la lune, Glouchko n’ayant pas réussi à prendre la relève de celui qu’il avait dénoncé… et qu’il avait fait sortir plus tard du goulag.

 

Là nous sommes en plein dans l’histoire, la vraie. A ce propos, est-ce que le monde est meilleur de nos jours qu’il ne l’était en 1969 ? Certainement pas. Certes la vie des gens s’est améliorée grâce aux progrès de la technologie et de la science, mais aujourd’hui il y a encore un milliard d’individus sur la terre qui meurent de faim, ce qui est tout simplement scandaleux. Et pendant ce temps on dépense des centaines de milliards d’euros ou de dollars pour essayer de réparer les dégâts causés par la spéculation financière qui a sévi dans le monde développé et émergent au cours des dernières années. On dépense aussi des dizaines de milliards de dollars pour entretenir des guerres coûteuses et ruineuses, notamment en Irak et en Afghanistan. Non le monde n’est pas meilleur depuis la fin de l’Union Soviétique il y a une vingtaine d’années, car le capitalisme triomphant n’a plus en face de lui les gens qui arrivaient à convaincre des millions de gogos que le socialisme, façon Union Soviétique,  pouvait les amener vers un monde meilleur.

 

En fait « les trente glorieuses » dans les pays occidentaux ont été largement aidées par cette propagande communiste, les gouvernements de certains pays ( France, Italie...) étant bien obligés de tenir compte du poids important que représentaient les 15 à 25% d’électeurs qui votaient pour « le parti de Moscou », sans oublier les nombreux adhérents du syndicat CGT (CGIL en Italie) lui-même courroie de transmission, comme on disait à l’époque, du Parti Communiste dans les entreprises. La CGT était tellement puissante à la fin des années 60 que Georges Séguy était à coup sûr un des hommes les plus influents de notre pays comme il l’a démontré en 1968, d’abord en récupérant la révolution étudiante, puis en faisant arrêter les grèves avant les élections législatives…sur ordre de Moscou qui ne faisait pas confiance à la gauche socialo-communiste pour s’installer au pouvoir en France. Là aussi on est en plein dans l’histoire.

 

Enfin je ne voudrais pas terminer mon propos sans évoquer un sujet beaucoup plus léger, mais tellement important au mois de juillet, le Tour de France. Celui-ci suscite en effet bien des passions, notamment avec le retour d’Armstrong, et on peut lire tout et n’importe quoi sur les forums de sport comme on entend tout et n’importe quoi dans les discussions de cafés du commerce. On y parle beaucoup de dopage, donc d’un sujet que l’immense majorité des gens ne connaissent pas. Ils ne connaissent pas davantage le vélo d’ailleurs, qui a toujours été pour eux un simple moyen de locomotion. Cela ne les empêche pas de disserter longuement sur le dopage dans ce sport et donc de le discréditer autant qu’ils le peuvent.

 

Je voudrais simplement dire à ceux-là qu’ils arrêtent de dire des âneries. Si le Tour de France ne les intéresse pas, qu’ils cessent d’en parler et qu’ils laissent les millions de spectateurs et de téléspectateurs rêver autant qu’ils peuvent le faire. Au passage j’observe que malgré toutes ces insinuations sur le dopage, les gens sur le bord de la route sont toujours aussi nombreux et vibrent toujours autant aux exploits de Contador, Schleck ou Armstrong, comme ils ont vibré à ceux de Coppi, Anquetil, Merckx ou Hinault autrefois. Alors que les moralistes de tout poil qui trouvent normal de  boire cinq ou six cafés par jour pour tenir le coup à leur boulot, de prendre du viagra pour essayer d’être performants dans certaines circonstances, d’user de boissons énergétiques pour faire semblant de courir quand ils font un footing, bref  que tous ces  zozos mènent leur vie comme ils en ont envie, mais qu’ils cessent de dénigrer les coureurs et ceux qui les admirent. J’observe à ce propos que c’est chez nous, en France, pays de la surconsommation médicale, que l’on parle le plus de dopage. Encore une exception française !

 

Michel Escatafal

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