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31/07/2015

Les meilleures choses ont une fin...du moins pour l'instant

Bonjour à tous mes lecteurs,

Après avoir écrit 715 notes depuis 2007, j'ai le regret de vous informer que je suspends (provisoirement?) mon blog, parce que la chose politique ne me motive plus. Je préfère continuer à livrer mes réflexions sur des domaines qui me passionnent toujours autant, l'histoire, la littérature et le sport.

D'avance je vous remercie pour votre fidélité.

A, peut-être, bientôt...si la politique me donne envie de reprendre le cours de ce blog.

Michel Escatafal

14:53 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0)

04/02/2015

2015 sera l’année du Waterloo de N. Sarkozy, sauf si...

Que d’évènements depuis le début de l’année, certains horribles en France et ailleurs (Afrique et Moyen-Orient), d’autres que l’on pourrait qualifier de préoccupants ou de joyeux (c’est selon), sans parler des joutes politiciennes affligeantes, notamment dans notre pays, après la pause liée aux attentats contre Charlie Hebdo et  l’hyper marché casher ! Et puis il y a aussi N. Sarkozy qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le devant de la scène, parfois de manière ridicule (voir défilé du 11 janvier à Paris), parfois en faisant semblant de regretter certaines décisions prises, oubliées depuis longtemps (regret de ne pas avoir choisi le bon ministère lors du débat sur l’identité nationale). Un N. Sarkozy qui devrait  comprendre qu’il est en train de ruiner les chances de son parti sur le long terme. Certes, dimanche dernier ce n’était qu’une élection législative locale (dans le Doubs) pour remplacer P. Moscovici parti à la Commission européenne, mais force est de constater que l’UMP vient de subir une terrible défaite à Montbéliard, la première depuis 2012. 

Quand j’emploie le mot « terrible » c’est pour montrer à quel point le coup est dur à encaisser pour l’UMP et son nouveau président. De quoi semer le doute pour ses fans de l’UMP qui l’ont élu en novembre dernier à la présidence du parti…sans se rendre compte que les Français ne veulent plus de lui dans leur grande majorité. Du coup, cette défaite cinglante est même en train de remettre encore un peu plus en selle un F. Hollande qui n’en demandait pas tant. Ce n’est pas pour rien  si ce dernier n’a jamais essayé de contrarier un tant soit peu le retour de son meilleur ennemi, lequel une fois de plus a sous-estimé son rival de 2012, moqué par un peu tout le monde à l’UMP, à commencer par le propre entourage de N. Sarkozy, mais infiniment plus habile politiquement que lui. F. Hollande ne l’oublions pas, n’est pas qu’un énarque surdiplômé, c’est aussi un animal politique redoutable sous des airs parfois un peu ballots.

Cela dit les militants ou sympathisants de l’UMP peuvent encore rectifier le tir lors des primaires de 2016, car s’ils ne le font pas ils risquent fort de se retrouver Gros-Jean comme devant avec leur candidat éliminé du premier tour de la présidentielle 2017. Cela ne surprendra que ceux qui sont aveuglés par l’omniprésence de leur champion dans les médias et par ses effets de manche. Mais les autres, tous les autres…Même dans son parti les meilleurs soutiens de N. Sarkozy commencent à se défier de lui, au point de voir sa position sur le second tour de l’élection dans le Doubs dimanche prochain être mise en minorité. Quel coup terrible pour celui qui croyait recevoir l’onction de tout le monde pour mettre en rangs serrés l’UMP, une fois celle-ci reconquise ! On a comme l’impression que cette sorte de « retour de l’Ile d’Elbe » est en train de se transformer en Waterloo. A la différence de Napoléon, si j’ose la comparaison, N. Sarkozy n’est plus attendu par personne à part peut-être Brice Hortefeux, lequel n’a évidemment strictement rien à voir avec le maréchal Ney. Même P. Balkany semble s’éloigner de celui qu’il considérait il y a peu encore comme un grand chef. Résultat, après cette élection de novembre qui allait permettre à l’UMP de redevenir un parti conquérant, on constate qu’aujourd’hui c’est la chienlit dans le premier parti d’opposition au Parlement, je précise bien au Parlement car ce n’est plus le cas dans les urnes.

Et ce n’est pas le triste épisode d’hier au Bureau politique de l’UMP qui va redorer le blason de cette formation de plus en plus minée par les rivalités de personnes, plus encore sans doute qu’elle ne l’était du temps où J.F. Copé en était le président. C’est dire !  Et ce n’est pas fini, car les primaires de l’année prochaine vont encore accentuer les clivages entre des gens comme Alain Juppé, NKM, D. Bussereau ou B. Apparu, qui n’hésitent pas à manifester leur opposition claire et nette au Front National en indiquant qu’ils voteraient PS s’ils étaient électeurs dans le Doubs, comme d’ailleurs tous les centristes (UDI et MoDem), ou encore F. Fillon qui devient de plus en plus libéral sur le plan économique et de plus en plus droitier sur le plan politique, au point de prôner à présent le « Ni-Ni » de J.F. Copé, vote qu’il abhorrait en 2011…et qui l’a emporté hier face à la position de N. Sarkozy. Une position peu claire il est vrai, pour ne pas dire incompréhensible, qui ressemble beaucoup  à son manque de courage sur le mariage pour tous. En effet, la position du nouveau président de l’UMP est de laisser le choix aux électeurs de voter blanc ou PS, ce qui est la variante la plus pleutre du « ni-ni », une position qui a le don de s’attirer des ennemis de tous bords, notamment à droite. On comprend qu’avec un leader pareil à l’UMP, les socialistes recommencent à y croire, mais à qui la faute ? Après tout les militants qui l’ont élu en novembre ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes ! Et comme le disait ces derniers jours F. Bayrou, ce n’est pas lui qui a fait battre N. Sarkozy en 2012, mais N. Sarkozy lui-même.

En tout cas, tous ceux qui ne veulent plus jamais voir N. Sarkozy comme président de la République, notamment à droite, savent ce qu’il leur reste à faire : l’éliminer lors des primaires de 2017, en allant voter pour A. Juppé, seule vraie chance d’un retour de la droite au pouvoir en 2017, même s'il subit et subira les foudres de quelqu'un comme P. Balkany ou encore de L. Wauquiez.  Un dernier mot enfin, à l’intention de ceux qui comparent l’extrême-gauche et l’extrême-droite : si la gauche de la gauche pèse nettement moins de 10% dans notre pays, et n’ira jamais plus loin, le Front National représente sans doute plus de 25% des voix au plan national, ce qui n’est pas la même chose. J.L. Mélenchon et autres Cécile Duflot pèsent peu malgré leurs incantations, mais ce n’est pas le cas du Front National. Et les « ni-ni » versions Fillon ou Sarkozy ne sont  rien moins qu’un encouragement déguisé à voter FN, et donc à rassembler tout ce qui est très droitier dans le pays.

En évoquant les noms de Mélenchon et autres Cécile Duflot, on a presque envie de rire quand ils se sentent concernés par la victoire de Syriza et de son leader A. Tsipras, pour la bonne et simple raison que les nouveaux dirigeants grecs  sont à présent confrontés aux difficultés du pouvoir, dans un contexte autrement plus difficile que ceux que l’on a connus dans notre pays ces dernières années. Déjà, personne ne peut reprocher à A. Tsipras de vouloir donner à la Grèce un Etat digne de ce nom, capable de prélever l’impôt, tout en essayant d’améliorer le sort de millions de gens qui ont subi une profonde régression de leur niveau de vie. Après tout, est-ce tellement anormal de vouloir relever le salaire minimum de 580 à 751 euros…son niveau d’avant la crise, ou encore d’améliorer le sort des retraités ou de rétablir une pension de 300 euros pour les retraités non-assurés ? Sans doute pas, sauf que cela fait peur, non seulement au monde de la finance, mais un peu à tout le monde. La preuve, les Grecs retirent leur épargne des banques, pour ceux qui en ont, ce qui évidemment fragilise ces dernières.

Cela, J.L. Mélenchon ou Cécile Duflot, ne l’ont pas vu venir, car ces phénomènes ne se règlent pas à coup de déclarations aussi maladroites que ridicules. Fermons cette parenthèse, en attendant de voir les décisions que va prendre la BCE aujourd’hui sur les émissions de l'Etat grec, et celles qui sont à venir du côté de la Commission européenne, qui pourraient être moins directives et moins contraignantes pour les Grecs que celles de la fameuse troïka. Une troïka (Commission européenne, FMI et BCE), contestée d’ailleurs par le président de la Commission européenne, J.C. Junker, lequel souhaite que l’on trouve une solution acceptable pour tout le monde à commencer par les Grecs, sans que leurs dirigeants aient besoin de recourir aux menaces relatives à la dette de guerre de l’Allemagne à la Grèce (environ 50 milliards d’euros)…jamais remboursée. Gageons que l’on n’ira pas à ces extrémités et que tout le monde sera raisonnable, d’autant qu’A. Tsipras apparaît, je le répète une fois encore, plus responsable que ceux qui veulent surfer sur sa victoire, chez nous et ailleurs. De toute façon il ne peut guère faire autrement que composer avec les Européens, car en cas de rupture brutale avec ses créanciers, il aurait l’obligation de devoir se financer sur les marchés. Il faudra aussi qu’il apprenne à manier la diplomatie, car il apparaît inconcevable qu’il soutienne Moscou dans le conflit ukrainien.

Voilà quelques considérations sur la vie de notre pays et de l’Union européenne, en espérant que cette dernière finisse enfin par arriver à une union politique tellement nécessaire par les temps qui courent. S’il devait y avoir un élément d’espoir avec l’arrivée au pouvoir de la gauche dite radicale en Grèce, qui l’est beaucoup moins je le répète que le Front de Gauche ou certains écologistes dans notre pays, ce serait justement d’avoir commencé à convaincre les politiciens européens que l’Union en Europe est une nécessité, au moins pour les 19 pays de la zone euro. C’est sans aucun doute le seul moyen de contrecarrer la montée en puissance des populismes de droite et de gauche…tellement néfastes dans le contexte économique actuel. Ce n’est pas en sortant de l’euro que les Français vivront mieux! Ce n’est pas en fermant nos frontières que nos entreprises seront compétitives ! Ce n’est pas à coup de slogans que la France et  les autres pays de l’Euroland, retrouveront le chemin de la croissance et des excédents budgétaires ! Ce n’est pas, ce n’est pas…avec l’UMP version N. Sarkozy, avec le Front National,  avec le Front de Gauche, ou avec les écologistes version C. Duflot ou N. Mamère que l’on vivrait mieux en France ! En revanche je serais beaucoup plus optimiste si nous avions un gouvernement allant de l’UMP raisonnable ou si l’on préfère du centre droit au centre gauche en passant par le  centre tout court. Après tout les Allemands ont bien un gouvernement de coalition !

Michel Escatafal

 

20/01/2015

La liberté permet de ne rien se faire imposer

Pour répondre à quelques uns de mes lecteurs, si je n’ai pas écrit depuis un certain temps sur ce site c’est pour deux raisons : la première c’est parce qu’il y avait la période des fêtes de fin d’année, ce qui me permet de souhaiter à tous ceux qui me lisent une bonne et heureuse année 2015, la deuxième c’est évidemment parce que je ne voulais pas réagir à mon tour sur les dramatiques évènements des 7 et 8 janvier qui ont coûté la vie à 17 personnes, dont 9 collaborateurs de Charlie Hebdo. Je voulais, en effet, laisser un peu de temps avant de faire un article sur le sujet, pour avoir un minimum de recul avant d’évoquer cet épouvantable épisode, appelé à rester dans l’histoire.

Mais écrire quoi au juste ? D’abord pour souligner l’horreur de cet attentat, ce qui a été dit et redit des milliers de fois par la classe politique, la presse qui en a beaucoup fait, un peu trop pour certains observateurs, et par tout un chacun. Horreur, parce que rien ne justifie de tuer de sang-froid des gens dont le seul tort est d’avoir voulu faire leur métier, sans oublier ceux qui se trouvaient tout simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Ensuite pour évoquer la liberté de la presse, laquelle « ne s’use que quand on ne s’en sert pas » (devise du Canard Enchaîné), et force est de reconnaître que l’on ne s’en sert pas toujours. Enfin, parler du regard critique que l’on peut porter à l’égard des religions, de toutes les religions (y compris la sienne), notamment à travers des caricatures, lesquelles peuvent choquer ceux qui ont la foi ou même ceux qui ne l’ont pas.

Mais avant d’aborder ce sujet, je voudrais noter à quel point certains habitants de notre pays sont habités par des sentiments étranges. Si j’écris cela, c’est parce que je viens de voir les réactions haineuses de quelques forumers, à propos d’un sondage où l’on relève que la côte de popularité de François Hollande, et plus encore celle de Manuel Valls, ont fait un bond impressionnant après ces tragiques évènements…ce qui est normal vu la manière dont ils ont géré cette crise, avec une mention spéciale pour F. Hollande, lequel a démontré qu’il savait aussi « être président » quand les circonstances l’exigent. On s’en était aperçu lors de sa décision d’intervenir au Mali, mais, comme il s’agissait d’un pays africain dont nombre de Français ignorent les liens qui nous unissent à lui, on n’y a pas prêté l’attention que cela méritait. Et ce fut encore plus le cas en Centrafrique, où pourtant l’intervention de la France a sans doute évité de terribles massacres, même si les exactions ne se sont pas arrêtées pour autant. Cela dit, il n’y a pas que les forumers à avoir vis-à-vis du président de la République une aversion considérable, comme j’ai pu le constater hier soir dans l’émission C dans l’air, où le présentateur lui-même (Yves Calvi) ne pouvait pas cacher l’antipathie qu’il a manifestement pour F. Hollande…ce qui n’est pas vraiment son rôle, même si c'est son droit.  

Passons maintenant à un sujet qui concerne tous les pays, la liberté de la presse, avec pour corolaire de pouvoir tout écrire et tout dessiner. Pour ma part, c’est pour cela que depuis des années et des années je suis un fidèle lecteur du Canard Enchaîné. Ce journal est sans aucune contestation possible le meilleur en matière de politique, et pas seulement, parce que ses rubriques culturelles sont tout aussi excellentes. Le Canard Enchaîné sait faire la part de ce qu’on peut publier sans crainte d’être taxé de vulgarité ou de mauvais goût. Jamais je ne me suis senti mal à l’aise en lisant le Canard, même si ce dernier n’a jamais épargné les religions, à commencer par la mienne. Le Canard est d’ailleurs longtemps passé pour un brûlot anticlérical aux yeux de certains catholiques, mais ce ne fut jamais mon cas, ni celui de nombre de mes amis chrétiens ou athées. Le volatile, comme il aime s’appeler, n’a toujours fait que souligner les imperfections de ceux qui sont censés appliquer l’Evangile, et, en plus, il le fait sans heurter les consciences, du moins celles qui refusent l’intégrisme.

Là,  j’en vois certains qui se demandent où je veux en venir. Et bien je veux simplement dire que je n’ai jamais senti la même finesse dans  les dessins de Charlie Hebdo (que j’ai souvent acheté), parfois à la limite de la décence, parfois même très vulgaires. Et pourtant, je suis de ceux qui se sentent « Charlie », parce que la liberté d’écrire et de dessiner surpasse tout le reste et ne se partage pas. Raison de plus pour être effondré et révolté de voir un journal et son équipe de journalistes abattus,  parce qu’on leur déniait le droit d’écrire et de dessiner ce qui leur venait à l'esprit. Ce geste est d’autant plus incompréhensible que ce journal n’avait qu’une audience très limitée en France, et encore plus dans le monde, surtout en comparaison avec celle du Canard Enchaîné, avec les difficultés financières inhérentes à ce manque de lecteurs, alors que le Canard affiche de son côté une santé insolente, en rappelant au passage qu’il n’encaisse pas un centime de publicité, celle-ci étant faite exclusivement par ceux qui le lisent. Tout cela pour dire que les lecteurs de Charlie Hebdo étaient finalement peu nombreux (60.000 exemplaires vendus en moyenne chaque semaine  contre plus de 350.000 pour le Canard Enchaîné), ce qui signifie que ceux qui étaient choqués par les dessins de Charlie ne l’achetaient pas, tout simplement. Un réflexe qui devrait être la règle partout dans le monde…du moins dans un monde normal.

En tout cas, ceux qui ont voulu tuer le journal ou qui se réjouissent qu’on y ait semé la mort, ont pu constater qu’on lui a donné une notoriété inimaginable, y compris dans les pays musulmans où il était quasiment inconnu des populations. En effet, ces assassinats ont provoqué dans notre pays une levée en masse sans précédent, avec des millions de personnes dans les rues, dont plus d’un million cinq cent mille à Paris accompagnant une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, sans oublier toutes les manifestations organisées un peu partout sur la planète, celle-ci donnant l’impression d’être devenue la planète Charlie. Tout cela finalement est réconfortant, malgré l’horreur de ces massacres, parce que, je le redis une fois encore, cela signifie que la liberté ne se divise pas, à commencer par la liberté d’expression.

Si on apprécie un journal on l’achète, et si on ne l’apprécie pas on ne l’achète pas. Si on apprécie une émission de radio ou de télévision, on l'écoute ou on la regarde, et si on ne l'apprécie pas on ne l'écoute pas ou on ne la regarde pas. Cela fait partie de ce qu’on appelle la démocratie qui, pour Churchill , était « le pire des régimes à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé ». En attendant, j’espère que le soufflet de la tolérance vis-à-vis des religions, de toutes les religions, vis-à vis aussi de ceux qui n’en ont pas, ne retombera pas trop vite. Il serait quand même dommage que tous ces morts l’aient été pour rien, ou pire encore qu’ils aient contribué à stigmatiser les musulmans, lesquels sont les premiers à souffrir du fanatisme de quelques uns de leurs coreligionnaires, un fanatisme qui n’est hélas pas l’apanage de l’islam, car des fanatiques il y en a dans toutes les religions, chacune ayant un lourd passé et un présent pas toujours reluisant. Comme l’écrivait Voltaire : « La tolérance n'a jamais excité de guerre civile ; l'intolérance a couvert la terre de carnage ». En écrivant cela il pensait plus à la religion dominante de son époque, le christianisme, qu’à toute autre.

Michel Escatafal

26/07/2014

La colère des Français se transforme en indifférence…et c’est grave !

Avant d’écrire mon précédent article, je voulais évoquer de nouveau la vie politique de notre pays, qui pourrait se résumer par ces mots : « Les Français ont le droit d’être en colère ». Mais au fait, le sont-ils à propos de la politique ? Oui et non, parce qu’au-delà de la colère, il y a surtout l’indifférence. Qui de nos jours parmi les gens qui ne travaillent pas, et ils sont hélas de plus en plus nombreux, suit les travaux de l’Assemblée Nationale ou du Sénat? Pratiquement personne, alors qu’il y a quelques années, les questions au gouvernement le mercredi faisaient la joie ou la peine (c’est selon) des retraités, lesquels racontaient le soir à leurs enfants ou petits enfants les joutes qui avaient émaillé la séance parlementaire. Oh certes ce n’était pas ce qui passionnait le plus ceux qui sortaient de leur « boulot », mais ils écoutaient et même parfois commentaient à leur tour les proclamations des députés de droite ou de gauche ou d’ailleurs.

Aujourd’hui, à part quelques forumers excités, ce qui choque le plus le bon peuple ce n’est pas les déclarations de patrimoine des députés, dont ils se moquent comme de leur première chaussette, mais plutôt les atermoiements de J.C. Gaudin avec la direction de l’OM pour la location du Stade Vélodrome de Marseille, ou encore la décision de F. Bayrou, qui a annulé au dernier moment la création d’une allée Bernard Hinault à Pau. Décidément le président de feu le MoDem, le vrai, n’en rate pas une ! Qui aurait osé lui reprocher d’avoir inauguré une allée de la ville de Pau au nom du plus grand champion français de l’histoire du cyclisme, Pau étant un des hauts lieux du Tour de France, que « le Blaireau » a remporté cinq fois ? Personne bien entendu. Alors pourquoi cette annulation ? Parce que c’est la précédente majorité qui l’avait décidé…avec son consentement à l’époque ? Bref, je préfère arrêter là, car cela me mettrait trop en colère d’avoir cru à l’époque du MoDem, le vrai, qu’on pouvait faire de la politique autrement. Non, F. Bayrou est un politicien comme les autres, ce que j’avais compris depuis longtemps.

Pas étonnant qu’il n’y ait plus que haussements d’épaule quand une personnalité s’exprime, y compris à l’Assemblée Nationale, ces joutes oratoires, le plus souvent de qualité très incertaine, ne pouvant en aucun cas donner à penser que cela va changer le destin de notre pays, même si cela doit être cas, par exemple pour ce qui concerne la nouvelle carte territoriale. Et si on leur parle de la sécurité sociale ou de la dépendance, la quasi-totalité des gens se disent qu’ils vont payer davantage…pour avoir moins, alors que déjà ils n’en peuvent plus de payer de nouvelles taxes ou impôts de toutes sortes, même si plusieurs millions de Français vont sortir de l’impôt sur le revenu dès cette année, après avoir subi toutes sortes d’augmentations à caractère fiscal depuis 2010. Bref, pas étonnant que plus personne ne croit à rien en politique, et c’est cela qui est le plus dramatique, car cela signifie que notre démocratie est très malade.

Et ce ne sont pas les révélations de toutes sortes qui paraissent dans les journaux depuis quelques semaines sur le financement de l’UMP qui vont arranger les choses. Au contraire, ces révélations ne font qu’amplifier un phénomène de ras-le-bol, au moment où nombre de Français ne peuvent pas s’offrir de vacances, comme je l’écrivais précédemment, au moment aussi où le chômage ne cesse de croître, pour ne citer que quelques exemples. Que reste-t-il aux Français pour s’enthousiasmer par les temps qui courent ? La Coupe du Monde de football ? Elle est terminée. Le Tour de France avec des Français qui n’ont jamais été aussi brillants depuis des lustres ? Il est lui aussi presque terminé. Il faudra encore trouver autre chose dans les semaines à venir, pour que les gens puissent oublier leurs soucis. Certes le championnat de football va reprendre ses droits, mais est-il vraiment sain que le seul moyen de faire (un peu) oublier aux Français leurs difficultés soit les jeux et le sport. On se croirait revenu à l’époque romaine !

Panem et circenses, comme disait Juvenal dans ses Satires, dénonçant l’attitude de la plèbe à Rome, qui n’avait d’autre ambition que bénéficier de distributions de blé et jouir de spectacles gratuits…ce qui n’est même plus le cas de nos jours. Certes on distribue de la nourriture ou autres prestations à un certain nombre de nécessiteux, mais il s’agit le plus souvent d’une forme de solidarité ne venant pas des pouvoirs publics, et en ce qui concerne les jeux, mis à part le Tour de France, rien n’est gratuit, comme en témoigne le prix incroyablement élevé des abonnements ou des places pour les matches de football ou de rugby.

Quand je parlais de plèbe à propos des Romains de la grande époque impériale (Juvénal a écrit ses Satires entre 90 et 127 c’est-à-dire sous les règnes de Domitien, Nerva, Trajan et Hadrien), je crois que le terme correspond à peu près à celui de la petite classe moyenne et de ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté dans notre France contemporaine, sachant qu'il n’y a plus d’esclaves comme à l’époque romaine, et qui, effectivement, n’ont plus guère que le foot ou le loto pour donner un sens à leur vie, si j’ose employer cette expression. A ce propos on observera que nombre d’entre eux ne votent pas ou plus, ou alors votent pour le Front National. Et ceux qui votent pour les partis dits de gouvernement ou assimilés, n’hésitent pas à élire des gens parfois très controversés, au détriment de candidats bien sous tous rapports et qui ne demanderaient qu’à remplir leur mission sans arrière pensée politicienne, c’est-à-dire dans le seul but de servir le peuple et la république.

Problème, nombre de ceux qui se présentent sans appartenir à un parti politique ou qui y ont adhéré depuis peu, n’ont quasiment aucune chance d’être élu maire, député et encore moins sénateur, les sénateurs ne devant leur élection qu’à un collège d’élus. Là est toute l’ambigüité des électeurs qui se plaignent des politiciens qui nous gouvernent ou nous ont gouverné. Ils se moquent de ceux qui les gouvernent, les brocardent à tout propos, les vilipendent continuellement, mais ne votent jamais ou quasiment jamais pour un candidat indépendant des partis, quelles que soient ses idées, ce dernier passant au mieux pour un illuminé et le plus souvent pour un ambitieux. Du coup, même si le candidat sortant n’a rien fait ou si son principal adversaire n’en a pas fait davantage quand il était en poste, on vote quand même pour ces candidats…et surtout pas pour un nouveau venu, très souvent infiniment plus compétent que les vieux professionnels de la politique.

Le meilleur exemple de ce que j’écris nous l’avons en ce moment à l’UMP, mais ce n’est pas mieux au PS, chez les Verts ou les centristes. Pour résoudre ses problèmes, l’UMP fait confiance à un triumvirat d’anciens premiers ministres, loin d’avoir fait l’unanimité en leur temps, ou à un ancien ministre dont tout le monde a oublié le nom. Ensuite on préparera un congrès à l’automne d’où pourrait surgir un nouveau président du parti…qui pourrait s’appeler Nicolas Sarkozy. Voilà le changement que prépare le principal parti d’opposition ! Comme si dans les rangs de l’UMP il n’y avait pas, parmi les dizaines de milliers d’adhérents que compte cette formation, des femmes ou des hommes ayant l’envie de gouverner le pays autrement ! Il faut absolument qu’émergent dans les grands partis de gouvernement de nouvelles têtes, susceptibles de donner un petit peu de rêve aux électeurs, sous peine de voir ces partis être devancés par le Front National qui, certes, n’a rien à proposer pour sortir notre pays de ses difficultés, mais dont le principal atout est de n’avoir jamais participé au pouvoir depuis sa création.

Voilà où nous en sommes en 2014 ! D’un côté des politiciens qui rêvent du pouvoir en demandant un chèque en blanc à la population, avec des propositions délirantes (sortie de l’euro, fermeture partielle des frontières etc.), et de l’autre des élus de tous bords qui ont conduit notre pays à un niveau d’endettement public colossal, qui ont laissé la France perdre une bonne partie de son industrie ce qui explique en grande partie notre énorme chômage de masse, qui ont fait de notre pays une nation campée sur des privilèges d’un autre âge, où les syndicats ont encore un pouvoir exorbitant alors que seulement 1.8 millions de salariés sont syndiqués sur un total de 22.5 millions de salariés, bref un pays qui refuse toute réforme…avec l’aval des politiciens, parce que les gens au pouvoir ne pensent qu’à leur réélection. 

Oui, voilà où en est notre France, ce qui suffit à mettre en colère ceux qui voudraient que les choses avancent, et qu’elles avancent beaucoup plus vite qu’elles n’ont avancé avec les dirigeants ou élus UMP qui ont été au pouvoir pendant 10 ans entre 2002 et 2012, et beaucoup plus vite aussi avec ceux qui nous dirigent en ce moment, qui n’ont de cesse à chaque décision prise d’organiser je ne sais quelle conférence sociale, dont chacun sait que cela ne débouchera sur rien ou presque. Résultat, la reprise économique reste très molle, le nombre de chômeurs ne cesse de s’accroître, et les finances publiques ne s’améliorent guère malgré les massives hausses de prélèvement de ces dernières années. Et après ça il faudrait qu’on écoute ceux qui nous annoncent (presque) un avenir radieux…pour plus tard. Bonnes vacances à ceux qui ont la chance de pouvoir en prendre !

Michel Escatafal

21/07/2014

La France est un singulier pays

Décidément la France est un singulier pays, dans la mesure où les Français ont l’art et la manière de ne rien faire comme les autres. Certes les problèmes de notre pays sont aussi un peu ceux des autres, mais pas dans les mêmes proportions. Un premier exemple en témoigne avec ces manifestations interdites à propos des évènements du Moyen-Orient, qui ont eu lieu quand même, et qui ont entraîné d’inévitables débordements, lesquels sont le prétexte aux yeux de certains à remettre en question l’interdiction gouvernementale. Un autre exemple qui me vient à l’esprit a trait aux continuelles revendications du Medef, à qui on a déjà beaucoup accordé depuis un an, mais qui, évidemment, veut toujours plus.

Soyons sérieux, si notre pays a beaucoup de mal à se réformer en voulant préserver les fameux « avantages acquis », quitte à plomber durablement notre compétitivité, c’est aussi parce que le patronat français a lui-même de grosses difficultés à se remettre en question. Et évidemment je ne parle pas de l’incapacité des femmes et hommes politiques à aller au bout des réformes entreprises ou à entreprendre. Résultat, on en est réduit à quémander à l’Allemagne une relance de son économie…qui serait très bénéfiques à notre pays qui, rappelons-le, voit 17% de ses exportations arriver en Allemagne. Pourvu que l’Allemagne continue à exporter dans le monde entier pour assurer sa croissance, sinon ce n’est pas 0.7 ou 0.8% de croissance que nous aurions, comme prévu cette année, mais moins encore !

C’est quand même très grave d’être à ce point dépendant de notre voisin allemand, et cette situation perdurera jusqu’à ce que l’on se décide à faire enfin les réformes de bon sens, lesquelles sont sans cesse différées pour des raisons de stratégie politique. Avait-on besoin d’une conférence sociale…snobée par la CGT et FO ? Qu’attend-on pour mettre en œuvre le plus rapidement possible tout le pacte de responsabilité ?  F. Hollande a-t-il quelque chose à gagner sur le plan politique à essayer de caresser dans le sens du poil des gens qui ont appelé à voter pour lui, mais qui ne le feront plus à l’avenir ?  Pourquoi ne pas décréter dès la rentrée le retour à la semaine de 39h, sous une forme ou une autre, sachant que les 35h sont extrêmement préjudiciables à notre compétitivité? Oui, pourquoi, d'autant que là aussi F. Hollande et son Premier ministre auraient tout à gagner, étant assurés en outre de la bienveillance de l'opposition UMP et plus encore centriste sur une réforme de ce type?

Quand même ce n’est pas pour rien si l’Allemagne a des excédents commerciaux de l’ordre de 200 milliards d’euros, et la France des déficits de 60 milliards. Ce n’est pas non plus étonnant si, faute d’avoir pu dégager des moyens pour la recherche, les demandes de brevet françaises sont tombées à un niveau dérisoirement bas (0.8%), plus de trois fois inférieures à celle de notre voisin d’outre-Rhin. Dans cette affaire tout le personnel politique qui a dirigé notre pays depuis des décennies est coupable…faute du courage suffisant pour changer les choses. Et oui, quitte à perdre des élections, autant le faire en laissant une trace dans l’histoire, comme je ne cesse de le dire.

Mais, comme nous sommes au mois de juillet, je ne voudrais pas gâcher un peu plus les vacances de mes lecteurs. C’est la raison pour laquelle je souhaite à tous de très bonnes vacances, lesquelles seront bientôt un privilège dans notre beau pays. Elles seront en effet réservées à ceux qui gagnent très bien leur vie, ce qui est très loin d’être le lot d’une majorité de Français, lesquels n’en peuvent plus de devoir faire des sacrifices, alors que d’autres n’en font pas. En écrivant cela, je pense notamment à tous les politiciens de notre pays dont le salaire est conséquent, et qui ne cessent de dire aux gens que les indemnités qu’ils touchent sont normales pour un tas de raisons, à commencer par leur statut qui peut s’assimiler à celui des intermittents du spectacle. Des intermittents qui n’en sont pas, car, dans notre démocratie, si on perd une élection, il y en a tout de suite une autre pour se rattraper. A cet égard, les strapontins européens en sont un exemple frappant, même si lesdits strapontins ne sont pas très nombreux, au contraire de ceux concernant les élections locales qui offrent de multiples possibilités d’élection pour ceux qui ont décidé de faire profession de la politique.

Au passage j’en profite pour souligner combien les critiques sur la nouvelle carte régionale sont dérisoires, car, qu’on le veuille ou non, elle sera une importante source d’économies dans l’avenir. J’écris à dessein dans l’avenir, dans la mesure où il n’y en aura pas à court ou même à moyen terme, le temps que les dispositifs d’action et les reclassements ou économies dans les effectifs se mettent en place. On peut en effet supposer, ou alors c’est à désespérer de tout, que cette réforme territoriale ait pour premier effet de diminuer le nombre de personnes employées dans les régions ou départements, ne serait-ce que par le non remplacement des agents partants et par redéploiement de ceux qui n’ont pas encore l’âge de partir en retraite. En fait, les embauches à prévoir dans ces super structures régionales ne devraient concerner que des techniciens de très haut niveau…donc en nombre fatalement limités. Le contraire, je le répète, serait une aberration totale. Bonne vacances encore une fois !

Michel Escatafal