04.01.2010

Libre propos sur la Légion d’honneur

napoleon et légion d'honneur.jpgMême si nul ne conteste une forme de génie à l’empereur Napoléon 1er, il aura quand même accumulé les avatars pour notre pays. Tout d’abord il aura laissé la France « tout petite », pour reprendre son expression, après l’avoir reçue si grande. Ensuite parmi les erreurs qu’il a faites, il y a eu la création de la Légion d’honneur (le 19 mai 1802), même si c’est sans doute une de celles qu’on lui reproche le moins. Et pourtant  on se demande bien pourquoi,  en tant que fils de la Révolution, il a rétabli ce qui avait été supprimé après 1789, à savoir toutes les décorations de l’Ancien Régime. Peut-être était-ce une forme de démonstration prouvant que la Révolution avait vécu,  et que désormais on allait vivre sous une nouvelle ère.

De fait le 14 juillet 1804, quelques  mois avant d’être couronné empereur, le Premier Consul organisa la première remise de Légion d’Honneur destinée aux officiers méritants. Il fut d’ailleurs obligé de faire un tri, car avec toutes les guerres de la Révolution depuis Valmy (20 septembre 1792) jusqu’à Marengo (14 juin 1800), le nombre de soldats qui se sont illustrés est tout à fait impressionnant. Et ce n’était qu’un début car, peu après, il y aura des guerres contre toute l’Europe entre 1805 et 1815, avec de nombreuses victoires, mais aussi quelques défaites retentissantes, dont Waterloo, qui mettront un terme à un empire dont la durée de vie n’aura pas dépassé une dizaine d’années.

Cela étant la Légion d’Honneur  existe toujours, et chaque année à l’occasion du 14 juillet ou en début d’année, nous avons droit immanquablement à des nominations dont on peut penser qu’elles sont d’abord une faveur offerte à quelques amis du président en place, et en cela Nicolas Sarkozy ne fait que suivre ce que faisaient ses prédécesseurs. Là aussi, il n’y a pas eu la rupture annoncée, mais qui en doutait ? D’ailleurs il suffit de voir les noms de ceux qui viennent d’être promus pour en être convaincu. Entre Roger Karoutchi, ancien ministre débarqué du gouvernement lors du dernier remaniement, et dont on n’a pas voulu pour mener le liste UMP aux prochaines régionales, ou encore Daniela Lumbroso qui a fait carrière à la télévision, tout comme  Jean-Luc Hees à la radio, qui est aujourd’hui le président de Radio France, on  se demande bien au nom de quoi ces gens-là ont droit à la distinction de chevalier ou d’officier.

Si je dis cela c’est parce que, comme chacun le sait, la Légion d’Honneur est la plus élevée des distinctions nationales  avec, en outre, la particularité de pouvoir aussi être attribuée à des étrangers. Elle est la récompense de mérites éminents acquis au service de la Nation, soit à titre civil,  soit sous les armes, selon le code en vigueur depuis 1962. Cela précisé, cette définition ne diffère guère de celle de la loi du 29 Floréal an X : « récompenser les services civils et militaires exceptionnels rendus au pays ».  Le mot exceptionnel indique bien que la manière dont cette distinction est octroyée de nos jours est  à l’opposé de ce qui devrait être fait.

Même Vladimir Poutine s’est vu décerner la Légion d’Honneur, en 2006. Ce n’est certainement  pas la meilleure décision de Jacques Chirac, même s’il fait partie des responsables politiques qui se sont beaucoup trompés. Heureusement, Nicolas Sarkozy s’est un peu rattrapé un peu plus tard puisqu’il a décoré Festus Mogae, le président du Bostwana pour avoir fait de son pays « un modèle de démocratie ». Cela étant, je maintiens quand même que lui donner la Légion d’Honneur n’est pas dans l’esprit de la distinction telle que nous pouvons la concevoir

Il ne l’est pas davantage, pour ne pas dire encore moins, quand il s’agit d’hommes politiques dont les principaux faits d’armes ont été de présider un Conseil Général ou Régional.  Et pourtant combien sont-ils à exhiber fièrement leur  petit insigne rouge à la boutonnière. Il y a aussi les gens de lettres qui figurent parmi ceux qui sont souvent décorés. Là aussi on peut se poser la question, car ce n’est pas parce qu’un écrivain a gagné le prix Goncourt que cela doit être considéré comme un évènement exceptionnel méritant pareille distinction. Tout le monde n’est pas Lamartine, Victor Hugo, ou Zola.

Restent  les sportifs, qui sont sans doute les mieux acceptés parmi les récipiendaires, parce qu’ils représentent la grandeur du pays (ou ce qu'il en reste) et parce que les gens s’assimilent facilement à eux. Marie-José Pérec, Laure Manaudou, Zidane, Platini, Prost ou Hinault, ont porté très haut les couleurs de la France par les exploits qu’ils ont accomplis dans les grandes compétitions.  Certains sont même flattés de voir leur idole être décorée de la sorte, car ils considèrent que c’est aussi un peu à eux que l’on rend hommage, ce qui n’est pas tout à fait faux.

Malgré tout, ceux pour lesquels j’ai le plus d’admiration sont ceux qui refusent la distinction car, généralement, ils la refusent pour de très bons motifs. Le Curé d’Ars la refusa parce que cela ne rapportait pas d’argent …qu’il aurait pu donner aux pauvres. D’autres la refusent par principe comme l’ont fait par le passé  Sartre et Simone de Beauvoir, mais aussi Aragon, Jacques Prévert, et plus loin de nous Georges Sand, Maupassant ou Maurice Ravel.  Quelques uns enfin, dont les parents sont morts à la guerre la refusent parce qu’ils pensent, à juste titre, que ces derniers la méritent davantage qu’eux parce qu’ils ont versé leur sang pour la patrie.

Bref, je fais partie de ceux qui pensent que la plupart de ceux qui ont la Légion d’Honneur ne la méritent pas, et qu’en revanche beaucoup de ceux qui ne l’ont pas, mériteraient de l’avoir. Je suis surtout atterré de constater que finalement rien n’a changé dans notre monde depuis 1804. La Révolution se termina par une victoire de la bourgeoisie sur le petit peuple, le Tiers Etat devenant la classe dominante à la place de la noblesse et du clergé. Cette victoire se concrétisera définitivement avec l’Empire, ce qui n’empêchera pas les opportunistes de se glisser dans cette nouvelle aristocratie.

La liste des légionnaires civils de la Légion d’Honneur de la promotion d’octobre 1803 en est l’exemple frappant. Les légionnaires appartenaient tous à la nouvelle classe sociale dominante, avec des noms célèbres encore aujourd’hui comme le régicide Fouché, l’ancien évêque Talleyrand, le chimiste Chaptal ou le cardinal Cambacérès. A côté de cela, nombre de soldats ou d’officiers qui avaient pourtant sauvé leur pays à maintes reprises n’y figuraient pas, pas plus d’ailleurs que les femmes dont on sait pourtant que leur rôle a été très important dans les années qui ont suivi la Révolution. Pour mémoire, je rappellerais qu’il faudra attendre presque cinquante ans pour voir une femme (Marie Duchemin) recevoir la Légion d’Honneur des mains du président Louis Napoléon Bonaparte.

Voilà pourquoi, je persiste à dire que la Révolution avait fait œuvre utile en supprimant toutes décorations, y compris militaires, même s’il n’était pas rare dans cette catégorie que le nom du simple soldat puisse côtoyer celui de son général.  En tout cas, si nous devions garder à l’avenir cette distinction bicentenaire, je souhaite qu’elle soit attribuée selon des critères qui n’aient rien à voir avec le copinage. Ce serait aussi une certaine manière de montrer que l’Etat ne saurait être colonisé par un parti, un clan, ou une classe sociale…ce qui serait dans l’esprit de la Révolution de 1789.

Michel Escatafal

26.12.2009

Du soleil pour certains, mais plus de misère pour tellement d'autres

« Un petit peu de soleil, et beaucoup de repos » pour Nicolas Sarkozy et son épouse Carla qui sont partis hier après-midi en vacances pour le Maroc et ce, jusqu’à la fin de l’année. Voilà un des titres de notre presse hexagonale. Dans le même temps on entend que François Fillon va se rendre en Autriche, pour profiter lui aussi de quelques jours de repos. Bref, les deux premiers responsables de l’exécutif ont une chance que de nombreux Français, hélas, ne peuvent avoir…faute de disposer d’un budget suffisant, non seulement pour ne pas pouvoir partir en vacances, ce qui serait un moindre mal, mais aussi et surtout parce qu’ils n’arrivent pas à payer les impôts et prélèvements de toutes sortes qu’ils reçoivent en fin d’année, ce qui provoque de plus en plus leur colère. Aussi n’est-ce pas étonnant si nous lisons dans certains forums qu’il faudrait ouvrir les résidences gratuites, par exemple Brégançon, aux sans-abris. Certes il y a une part de démagogie dans ces propos, mais elle ne représente pas grand-chose à côté de ce nous entendons à longueur d’année de la part de nos dirigeants.

 

Et le pire est que nous ne sommes pas les seuls en Europe à connaître une situation tout à fait catastrophique en termes d’inégalités. Quand on pense que dans des pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Lituanie il y a 40 à 50% de la population qui vit dans des conditions que l’on assimile à ce que l’on appelle pudiquement la pauvreté, le moins que l’on puisse dire est que notre monde va de plus en plus mal…sans que semble-t-il les dirigeants de nos pays en prennent réellement conscience. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement puisque la quasi-totalité de ces dirigeants ne pensent et ne vivent qu’à travers les idées les plus libérales, y compris chez ceux que l’on appelle les sociaux-démocrates. D’ailleurs n’est-il pas symptomatique de les entendre affirmer, chacun dans leur coin mais dans un bel ensemble, qu’ils veulent réformer l’Etat, et plus particulièrement cet état-providence que toutes les organisations patronales vouent aux gémonies…sauf quand il s’agit de leur apporter une aide.

 

Et pourtant quand on regarde le niveau de pauvreté dans les divers pays de l’Union Européenne, ou plus généralement d’Europe occidentale, on s’aperçoit que c’est dans les pays ou l’état-providence est le plus présent (Norvège, Suède, Finlande, Danemark) que le nombre d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté est le moins élevé. Ce devrait être un constat suffisamment éloquent pour faire réfléchir nos dirigeants ! Hélas il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre, et c’est pour cela que le travail de démolition de ce que l’on appelle les services publics continuera de faire son œuvre dans les mois et les années à venir. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si, dans notre pays, nous entendons rabâcher à longueur de temps qu’il y a trop de fonctionnaires, et qu’il faut diminuer drastiquement leur nombre, seul moyen nous dit-on de faire des économies. Comme si le nombre de fonctionnaires était l’unique cause de nos déficits, alors que depuis quelques années on ne cesse de diminuer les impôts des plus riches. Pire même, cette politique s’est poursuivie et amplifiée à partir du second semestre 2007, au moment où nous entrions de plein pied dans la crise financière. Avouons que ce n’est quand même pas glorieux pour nos dirigeants !

 

Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui quelques jours avant de passer en 2010, année électorale chez nous…comme toutes les autres ou presque. Le problème est qu’avec un président qui ne pense que « politique », on ne gouverne et agit qu’en fonction des élections à venir, ce qui veut dire qu’en fait de gouvernance on se contente de faire de la communication à travers des soi-disant réformes, lesquelles ne font le plus souvent qu’aggraver les problèmes qui nous assaillent. Espérons que les Français s’en rendront compte au mois de mars, au moment des élections régionales, afin de ne pas offrir à ce pouvoir un succès qu’il saurait inévitablement transformer en plébiscite de sa politique, et que les médias amis se chargeraient de faire fructifier, ce qui finirait de décourager ceux qui n’attendent plus rien, tellement ils ont l’impression que N. Sarkozy ou un autre ce serait du pareil au même. Et bien non, tous ceux-là, mais aussi les autres, doivent savoir qu’en politique il y en a qui font plus mal que d’autres. L’histoire est là pour nous le rappeler. La preuve, en temps de paix, nous n’avions jamais atteint un tel niveau de dégradation de nos finances publiques. Bonnes fêtes quand même !

 

Michel Escatafal

19.12.2009

La montagne a accouché d'une souris, mais qui en doutait?

Même si au moment où j’écris ce billet on discute encore sur le compte rendu final, avec l’annonce par Barack Obama…et Nicolas Sarkozy d’un accord que certains ne jugent pas comme tel, le sommet de Copenhague est fini, et pour ce qui me concerne ce n’est pas trop tôt.  J’ai bien dit pour ce qui me concerne, car il est de bon ton de ne pas parler de cette manière, notamment dans notre pays où règne une sorte de terrorisme intellectuel à propos de la sauvegarde de la planète, ce qui ne  veut pas dire pour autant que je ne suis pas préoccupé par le sujet. Bien au contraire, j’aurais même tendance à dire que je fais partie de ceux qui pensent que si nous en sommes là, c’est uniquement en raison du manque de responsabilité des pays industrialisés…et de ceux qui le deviennent.

En outre, si je marque ma lassitude c’est aussi parce que je me demande s’il était bien utile d’avoir 46.000 personnes accréditées à ce sommet…avec la quantité d’émission de CO2 que cela implique (40.500 tonnes). Il y avait des négociateurs de tous les pays, et notamment du nôtre, mais il n’y avait pas qu’eux puisque de nombreuses personnes ont estimé nécessaire d’aller se faire voir à Copenhague, par exemple en prenant le train pour s’y rendre, avec des photographes pour immortaliser la scène, quitte à rentrer le lendemain ou le jour même en avion, mais cette fois en essayant d’être incognito. En tout cas ce sommet va représenter l’émission de CO2 pendant un an d’une population de 4.500 européens.

Et je ne parle pas des commentaires auxquels nous avons droit depuis le début de sommet, avec une accélération ces derniers jours, plus particulièrement dans notre pays. On y voit en effet sans cesse des images des principaux dirigeants, toujours les mêmes au demeurant, et parmi ceux-ci bien évidemment Nicolas Sarkozy, lequel se démène autant qu’il le peut pour faire part de ses remarques devant les caméras. C’est ce que l’on appelle de la communication bien sentie, avec une quasi unanimité dans la presse pour souligner l’activisme du président de la République, lequel n’hésite pas à employer des termes de sport (« il faut changer de braquet !») pour faire passer ses propres messages.

Cela étant les résultats de cette « grand’ messe » ne sont pas brillants, et il y a bien longtemps que dans la presse étrangère (Italie, Espagne, Suisse) on ne se fait guère d’illusions sur la portée de ce sommet. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement entre des pays industrialisés qui veulent bien faire un effort, mais à la condition que les grands pays émergents (Chine, Inde notamment) en fassent de même, sans parler de l’aide qu’attendent les pays pauvres pour participer à la lutte contre le réchauffement. Or cette aide ils risquent de l’attendre longtemps, du moins dans sa totalité, dans la mesure où les pays les plus riches sont en proie à de grosses difficultés budgétaires dans leur propre pays.

Certes ils sont prêts à s’engager, mais quel crédit leur accorder alors qu’ils sont déjà parfaitement incapables d’assurer leur contribution à l’aide au développement. En disant cela, certains vont me faire remarquer que « je mélange tout », ce à quoi je me sens très à l’aise pour répondre qu’hélas nous connaissons trop bien ce type de promesses.  Voilà pourquoi j’ai eu peine à m’intéresser réellement à ce qui pouvait se passer à Copenhague, au risque de choquer toutes les bonnes âmes qui ont fait leur fonds de commerce du réchauffement climatique.

Et si seulement l’Europe parlait d’une même voix! Hélas, au sein des vingt-sept membres de l’Union Européenne, chacun y va de son couplet…à destination de son opinion publique et au gré de ses intérêts nationaux. Sur ce plan Nicolas Sarkozy, comme je l’ai dit précédemment, est loin d’être le dernier, mais il n’est pas le seul.  Toutefois il y a au moins un point sur lequel les Européens se sont mis d’accord, à savoir ne pas froisser le président américain…afin que celui-ci ait les mains libres pour favoriser un accord a minima. En effet, pour ceux qui l’auraient oublié, le président américain doit tenir compte de son Congrès, ce qui n’est pas du tout le cas du président français. C’est d’ailleurs pour cela que ce dernier n’a pas été suivi dans son intention d’organiser une réunion de nuit dès son arrivée.

A quoi cela aurait-il servi ? Il y a quand même de grosses divergences d’intérêt entre les grands pays de l’Union (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie ou Espagne), et les pays membres d’Europe de l’Est qui tirent l’essentiel de leurs ressources énergétiques du charbon, et dont l’industrie lourde est très polluante. Comment dans ces conditions pouvait-on espérer un véritable accord global alors que les vingt-sept européens étaient déjà incapables de s’entendre entre eux ? Et en parlant d’accord global, on semblait oublier l’opposition déterminée de pays comme l’Iran, le Venezuela, la Bolivie ou le Soudan qui sont par principe opposés aux Etats-Unis et à l’Europe. N’est-ce pas Hugo Chavez, le président vénézuélien, qui disait ironiquement que « si le climat était une banque, une des grandes, les pays riches l’auraient sauvée ». Qui pourrait affirmer le contraire ! En tout cas il est symptomatique de constater que la déclaration finale associe essentiellement les Etats-Unis, l’Union Européenne, et les grands pays émergents comme la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil.

Michel Escatafal

06.12.2009

L'histoire et la géographie sont essentielles à la compréhension des enjeux contemporains

Aujourd’hui je ne vais pas me fatiguer beaucoup pour écrire un billet. Je vais simplement me contenter de reprendre ce qu’a dit Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, dans une tribune publiée sur Marianne 2 destinée à alerter l’opinion, sur un sujet dont la plupart des médias ont souvent fait l’impasse jusqu’à ces derniers jours, dont voici le résumé : « Obsession de longue date de l’UMP, la disparition des humanités dans les classes est à l’ordre du jour. Le ministre de l’éducation nationale devrait annoncer dans les jours qui viennent la suppression de l’histoire et de la géographie comme matières obligatoires dans les classes scientifiques…Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion ».

Ensuite je vais faire part de la réaction d’une enseignante qui a réagi sur un des forums du journal Libération, dans lequel elle disait : « Si nous sommes nombreux à défendre cet enseignement ce n'est pas par égoïsme disciplinaire : personnellement je suis enseignante titulaire et je ne risque pas de perdre mon "emploi". Je juge simplement cet enseignement essentiel à la compréhension par tous nos élèves (futurs citoyens puisqu'ils ont 17-18 ans en terminale) des enjeux contemporains. Pense-t-on réellement qu’un élève de terminale S se trouvera à l'avenir plus performant de par son manque de culture historique ou géographique ? A un moment où le monde contemporain devient de moins en moins lisible, doit-on retirer à nos élèves la possibilité de réfléchir à des questions telles que la mondialisation (mécanismes, perspectives), les rapports qui régissent les Etats (historique du conflit au Proche-Orient, relations internationales de 1945 à nos jours, place de la France dans le monde), les fondements de la nation en France, la construction européenne, la Ve république…Souhaite-t-on laisser le champ libre à la mémoire, à l’immédiateté médiatique aux dépens de la réflexion historique ou géographique ? Veux-t-on une société de citoyens incultes élevés à la Star Academy » ?

Enfin je vais ajouter la réflexion d’un autre internaute qui dans ce même journal fait remarquer « qu’un peuple qui pense est un peuple qui vote mal, parce qu'il pense avant de voter ». Voilà, une fois encore, Nicolas Sarkozy est pris en flagrant délit de vouloir supprimer un pan important de la formation de nos lycéens. Et cela au moment où ils en ont sans doute le plus besoin pour comprendre ce qui se passe dans le monde contemporain, à partir d’une vision du passé qui permet d’expliquer pourquoi sont prises les décisions politiques d’aujourd’hui, qui vont engager notre pays pour les prochaines décennies. En fait nos gouvernants essaient, tout simplement, de faire en sorte qu’une bonne partie des jeunes gens qui se préparent à entrer sur le marché du travail aient une vision uniquement productiviste de la société. Le rêve absolu du Medef !

Il reste à souhaiter que nous serons nombreux à dire et écrire que cette dérive supplémentaire est tout simplement inacceptable. Il n’y a aucune raison qu’une bonne partie des jeunes gens de notre pays soient privés de l’enseignement de l’histoire et de la géographie, après avoir déjà quasiment perdu celui du latin et du grec ancien. A moins qu’on ne veuille pouvoir réécrire l’histoire tranquillement, comme on le fait dans les pays qui n’ont qu’une vision très parcellaire de la démocratie. Ensuite, quand on aura complètement supprimé l’étude de l’histoire dans les matières obligatoires, il ne restera plus qu’à s’attaquer à la littérature…parce que celle-ci peut être jugée subversive. D’ailleurs n'est-ce pas le candidat à la présidence de la République, Sarkozy Nicolas, qui estimait (à Lyon en février 2006) inutile pour un concours administratif de connaître la Princesse de Clèves, le célèbre roman de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette ?

Un dernier mot enfin, et cela concerne à la fois l’histoire et la géographie. Comment peut-on comprendre les complexités du monde actuel si l’on ne sait pas où situer les pays que l’on n’a pas visités, à supposer qu’on puisse le faire pour ceux-là aussi ? Poser la question, c’est y répondre. Il est vrai que les informations qui sont distillées par les chaînes françaises, à part Arte, ne risquent pas de nous faire trop réfléchir sur l’état du monde…pour la simple raison que la plus grande partie des journaux télévisés est consacrée aux faits divers (crimes, viols, accidents etc.), au football, ou aux faits et gestes de Nicolas Sarkozy pour justifier son action. Il en va presque de même de la presse écrite. Dans ses conditions pourquoi les gens auraient-ils besoin d’avoir la plus élémentaire des cultures en histoire, géographie ou littérature ? Espérons simplement que, dans deux ans et demi, les Français éliront un président de la République suffisamment cultivé pour faire de l’enseignement une de ses principales priorités.

Michel Escatafal

01.12.2009

L’expérience des séniors : une chance pour la nation.

Parmi les multiples débats, je ne dirais pas chantiers, ouverts par le président de la République, il y a le travail des séniors. Certes ces derniers jours on parle davantage de l’épidémie de grippe A, avec les multiples problèmes rencontrés dans le cadre de la campagne de vaccination, ce qui laisse un sentiment de grand désordre comme pour tout ce qu’entreprend le gouvernement. On parle aussi beaucoup du sommet de Copenhague en mettant en avant le rôle du président de la République, comme si à lui seul il allait inverser le cours du réchauffement climatique. On n’oubliera pas non plus un nouveau rapport sur l’énième plan banlieue, initié par Nicolas Sarkozy, qui s’avère lui aussi d’ores et déjà comme un échec complet malgré les moyens mis en œuvre, que certains trouvent insuffisants et que d’autres jugent mal utilisés. Pour être franc, je pense qu’il y a un peu des deux. Bref, comme d’habitude, on évoque les sujets au fil du temps, l’un chassant l’autre en fonction de l’actualité. C’est ainsi que l’on gouverne notre pays depuis mai 2007 !

Revenons donc au travail des séniors et à la chance pour notre pays, comme pour ceux des pays voisins, d’avoir à sa disposition une population non pas sur le déclin, comme on le pensait autrefois, mais au contraire dans la plénitude de ses moyens intellectuels. Bien sûr, à 60 ou 65 ans, on n’est plus aussi performant sur le plan physique, j’en sais quelque chose, mais en revanche on dispose d’un atout considérable pour la société, l’expérience…et la soif de connaître. Malheureusement on continue de faire, malgré toutes les dénégations des femmes et hommes politiques, comme si on était dans la même situation qu’à l’époque de Louis XIV où l’on était un vieillard à 40 ou 45 ans…sauf pour les élus, avec un nombre considérable de parlementaires ayant largement dépassé les 70 ans. Pour eux il n’y pas de problème de génération !

Certains vont me faire remarquer que je suis quelque peu en contradiction avec moi-même, et que pour diriger un pays, une région ou une commune, il n’y a aucune raison que l’on soit plus performant à 50 ans qu’à 70 ? C’est vrai, mais à une condition, que l’on ne soit pas devenu un vieux dinosaure de la politique accroché à ses multiples mandats depuis 30 ou 40 ans, ce qui est hélas le cas le plus souvent. Pour ces vieux sénateurs ou députés la courbe de vie n’a pas la forme d’une bosse avec un pic vers 35-40 ans, comme pour les travailleurs manuels, mais plutôt un plateau qui reste très longtemps au même niveau avant de descendre doucement, jusqu’à ce que la nature fasse valoir ses droits.

Pour autant en politique, comme dans nombre de métiers, l’âge n’est pas un vrai problème dans la mesure où, et j’insiste là-dessus,  l’expérience peut être un facteur déterminant de réussite. L’histoire est là, si besoin en était, pour rappeler que le fait d’être quadragénaire n’est pas forcément un gage de succès, alors que certains hommes politiques (Clémenceau, Adenauer) ont fait la preuve de leurs immenses capacités à plus de 70 ou 80 ans. De plus la fougue ou une ardente démesure, qualités que l’on prête aux quadragénaires ou aux jeunes quinquagénaires, suivez mon regard, entraînent souvent ceux qui en sont dotés à accumuler les erreurs faute de cette sagesse qui habite les personnes plus expérimentées.

Tout cela pour dire qu’il ne faut pas nécessairement rentrer dans le jeu de la plupart des démographes qui ne raisonnent qu’à travers des moyennes, ce qui signifie qu’il faut savoir s’éloigner des clichés habituels liés à l’âge optimal de l’individu ou à son seuil de vieillissement, ceux-ci étant liés aussi à l’état de santé, à la faculté morale, ou tout simplement à ses capacités intellectuelles. Voilà pourquoi il serait tellement important d’avoir une véritable politique du marché du travail pour ceux que l’on appelle les séniors, et non pas se contenter d’incantations comme savent si bien le faire le président de la République et ses ministres. Que fait-on par exemple de la notion de pénibilité ?

Un déménageur ou un maçon qui a commencé  à travailler à 14 ans est obligatoirement plus usé physiquement qu’un homme politique qui a récupéré un siège de député à 30 ou 35 ans. Nous pourrions croire qu’il est dans une situation identique vis-à-vis d’un employé de bureau qui a passé huit heures par jour assis à son bureau depuis une trentaine d’années. Encore que, là aussi il y aurait beaucoup à dire, surtout avec le stress imposé sur le marché du travail depuis une vingtaine d’années. Que penser en effet des vendeurs dont une partie de leurs revenus dépend des commissions sur le chiffre d’affaires, mais aussi de la réussite d’objectifs le plus souvent impossibles à atteindre, et chaque année plus élevés ?

C’est la raison pour laquelle, au lieu de se perdre dans des calculs politiciens pour telle ou telle élection, l’heure pour les partis qui veulent conquérir le pouvoir en 2012 est à la rédaction d’un vrai projet économique, où toutes les composantes de la population seront prises en compte, avec nécessairement des réformes courageuses qui se heurteront à toutes sortes de corporatismes et de lobbies. Parmi ceux-ci il y a les puissances financières, lesquelles ne se laisseront pas facilement imposer des réformes qui les atteindrait obligatoirement, d’autant qu’ils ont une grande partie des médias à leur disposition.

Michel Escatafal

29.11.2009

Bonne campagne et merci de m’avoir reçu !

sarkozy ump.jpgBonne campagne et merci de m’avoir reçu ! Voilà ce que j’ai entendu ce matin sur France Info, comme s’il était naturel qu’un président de la République soit aussi le chef d’un parti…alors que normalement le locataire de l’Elysée est le président de tous les Français. Certes tous les présidents de la cinquième République ont toujours plus ou moins marqué leur préférence  dans les élections, mais jamais en tant que chef d’une formation politique. Cela étant, avec Nicolas Sarkozy, chacun sait bien que la lecture de la Constitution, fut elle modifiée par lui-même, est à géométrie variable selon qu’elle l’arrange ou non. Et je le redis encore une fois, cela ne semble gêner personne y compris dans les médias, comme s’il était naturel que notre pays évolue vers un pouvoir personnel de plus en plus assumé.

A ce propos, il est symptomatique que chaque dérive trop voyante soit dénoncée… par les citoyens eux-mêmes, comme par exemple l’affaire de la nomination de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD. Certes on va me répliquer que les médias traditionnels s’en sont vite emparés, mais il est quand même évident que ces derniers ont réagi avec un certain retard, en fait à partir du moment où une pétition a circulé avec des milliers de signatures de gens manifestant leur courroux devant ce qu’ils considéraient comme une forme de népotisme. Cela dit, tout cela est oublié depuis longtemps puisqu’avec Nicolas Sarkozy un sujet, important ou pas, chasse l’autre à une vitesse accélérée. En fait le seul qui ne soit jamais abordé par le chef de l’Etat et ses amis concerne les finances publiques, comme si le fait de multiplier les déficits et de creuser la dette à un niveau abyssal était quelque chose de normal.

En revanche notre président de la République se veut de plus en plus le défenseur de la planète et du développement durable. A une dizaine de jours du sommet sur le réchauffement climatique de Copenhague, on le voit partout dans le monde pour montrer sa volonté de lutter contre la dégradation du climat. Rien que ça ! Avec lui il n’y a pas de demi-mesures, il faut se fixer des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, quitte d’ailleurs à proposer que les pays riches prennent l’engagement financier d’aider, pendant trois ans (entre 2010 et 2012), les pays pauvres à réduire leurs émissions de CO2, à hauteur de 10 milliards de dollars chaque année. Je ne sais pas à combien Nicolas Sarkozy évalue la contribution de la France, mais je me demande bien où nous allons trouver l’argent…alors que l’Etat est déjà en faillite, pour parler comme François Fillon. Il est vrai que là n’est pas l’essentiel pour notre président, puisque le but de cette proposition est uniquement de faire parler de lui.

En attendant on dépense beaucoup d’énergie en parlotes de toutes sortes  à propos de ce sommet de Copenhague, sachant bien entendu que l’on connaît déjà la teneur du communiqué final, lequel fera état d’un accord global que l’on qualifiera de réaliste, chaque pays développé s’engageant sur des objectifs…pour 2050 ce qui, on en conviendra, en limite considérablement la portée. Et ce n’est pas parce que des pays comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde se disent prêts à s’engager sur des objectifs ambitieux que cela changera quoi que ce soit sur l’évolution du développement « équitable » des économies de la planète. Quant aux pays en développement, ils se borneront simplement à se déclarer prêts à faire des efforts pour définir un modèle de croissance moins nocif pour l’environnement. Il est vrai que pour eux l’essentiel est ailleurs, à savoir déjà faire reculer la pauvreté.

Autre chose que n’a pas manqué de faire remarquer Nicolas Sarkozy, Barack Obama a décidé de venir au sommet sur le climat de Copenhague le 9 décembre, et non les 17 et 18, comme les autres chefs d’Etat et de gouvernement. Si besoin en était, cela démontre que pour le président américain l’urgence est davantage de faire adopter son plan santé, ou de faire repartir l’économie américaine plutôt qu’un plan climat à horizon de quarante ans. Heureusement pour Nicolas Sarkozy il a réussi à arracher un accord commun sur le climat avec le Brésil du président Lula, où il s’est rendu avant d’aller à Trinidad et Tobago pour le sommet du Commonwealth…sans trop se préoccuper de la pollution que provoquent les voyages en avion.

Redevenons sérieux pour noter que les présidents français et brésilien se sont retrouvés en tête à tête à ce sommet, alors qu’il était prévu qu’ils rencontrent tous les chefs d’Etat de la zone amazonienne. Sans être méchant, c’est encore un sacré camouflet pour notre président. Bah ! Ce dernier en a pris l’habitude, comme il a pris l’habitude de s’affranchir des règles de l’Union Européenne quand ce qu’il croit être son intérêt lui commande de le faire. En effet, il est pour le moins surprenant de lire çà et là que cette initiative du président français s’est faite hors de l’Union Européenne. Mais là aussi, on sait bien que Nicolas Sarkozy est européen quand il assure au nom de la France la présidence de l’Union Européenne. Le reste du temps…

Michel Escatafal

10.11.2009

L’espoir... et le dérisoire

aung san suu Kyi.jpgsarkozy-mur-de-berlin.jpg

Une information importante ce matin a retenu mon attention, à savoir que la junte birmane pourrait libérer Aung San Suu Kyi avant les élections de l'an prochain, afin qu'elle puisse y jouer un rôle. C’est ce qu’a affirmé lundi un haut diplomate birman. Voilà une bonne nouvelle, même si celle-ci demande confirmation, car apparemment aucune date n’a été avancée. Nous sommes payés pour savoir dans notre pays, qu’entre les annonces et les actes il peut y avoir un pas qui ne sera jamais franchi. Combien d’annonces ont été faites par Nicolas Sarkozy, sans que celles-ci n’aient reçu le plus petit commencement de réalisation.

A ce propos, j’ai lu dans le Monde que le secrétaire d'Etat au Logement, Benoit Apparu, a annoncé la mise en place dans les six prochains mois d'un « référent personnel » pour chaque SDF. Voilà le type même de l’effet d’annonce, surtout quand on connaît la difficulté de suivre les SDF, et plus encore quand on apprend qu’il n’est précisé nulle part comment le gouvernement entend mettre cette mesure en pratique, comme ce fut si souvent le cas depuis deux ans et demi.

Autre annonce faite cette fois à grand renfort de publicité, les prévisions faites par le Premier ministre d’une croissance de 2,5%…en 2011. Quand on se rappelle toutes les annonces faites par François Fillon sur le sujet au cours de l’année 2008, et même début 2009, on nous permettra d’avoir des doutes, d’autant que les industriels ont encore revu à la baisse leurs prévisions d’investissements pour 2009, lesquels devraient enregistrer une chute de 22% d’après l’INSEE. Dans ces conditions nous avons le droit d’être sceptiques sur les prévisions de déficit budgétaire de ce même François Fillon ou d’Eric Woerth, le ministre du Budget, qui se traduisent cette année par une réalité deux fois supérieure aux estimations.

En tout cas, nouvelle humiliation pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, la Commission européenne va demander une énième fois à la France de ramener dès 2013 son déficit sous les 3% du PIB, sachant très bien que c’est mission impossible. Cela n’empêche pas Eric Woerth d’affirmer , sans rire,que « nous serons à 3% de déficit en 2014 ». C’est comme si c’était fait ! Rappelons qu’en 2010 le déficit devrait atteindre, selon les prévisions gouvernementales 8,5%. Au passage, le ministre du Budget a réitéré son refus de toute augmentation des impôts, oubliant que la suppression de la taxe professionnelle allait fatalement avoir des répercussions sur les impôts locaux à payer par les ménages…à moins qu’Eric Woerth ne considère pas les impôts locaux comme des impôts. Avec de pareils apprentis-sorciers, il y a vraiment de quoi être optimistes !

Cependant, et cela n’est pas pour nous consoler, la France reste parmi les pays dont on parle le plus à l’étranger, à travers la personne de notre président de la République. Encore ce matin, en consultant les sites web des journaux étrangers, j’ai découvert avec stupéfaction que l’on évoquait la désormais fameuse épopée de Nicolas Sarkozy le soir du 9 novembre 1989, rapportée sur sa page Facebook, qui suscite les doutes d’une partie de la presse. Plusieurs journalistes en effet relèvent des bizarreries dans l’ordonnancement de cette escapade berlinoise, sans parler des explications plus ou moins contradictoires de certains accompagnateurs, ceux-ci ne se souvenant plus exactement de ce qu’ils ont vu ou fait ce jour-là, ce qui fait la joie de journaux comme El Pais, Il Messagero, ou le Guardian qui, pourtant, devraient commencer à s’habituer. Bref tout cela vire une nouvelle fois à la pantalonnade.

Heureusement pour lui, ses amis ou plutôt ses obligés, ont volé au secours de notre président de la République pour ne pas qu’on puisse l’accuser d’avoir menti, comme par exemple François Fillon qui a confirmé qu’il avait bien rencontré Nicolas Sarkozy ce jour-là, par hasard à Berlin. Cela dit, peu importe que Nicolas Sarkozy ait été ou non à Berlin ce soir-là. Là n’est pas le problème. En revanche, en quoi cette information mérite-t-elle que l’on communique la-dessus, alors que le seul et véritable événement le 9 novembre 1989 était la chute du mur. Une fois encore ,le président et ses conseillers n’ont pas réalisé que trop de communication tue la communication, et que les Français attendent de leur président qu’il prenne enfin la mesure des problèmes qui affectent notre pays, plutôt que susciter d’aussi ridicules controverses pour tirer la couverture à lui.

Un autre qui essaie de le faire, mais dans un autre domaine et beaucoup plus modestement, c’est le Premier ministre, lequel occupe ses loisirs en essayant des voitures de course. Il paraît même qu’il s’est montré « très curieux des systèmes de commandes de la 908 Peugeot » si l’on en croit le pilote Nicolas Minassian qui lui servait de guide. Il est vrai que François Fillon a tout loisir de s’occuper de ces choses, vu que ce n’est pas lui qui gouverne. Cela ne l’a pas empêché de dire à un journaliste qu’il était plus facile de piloter une 908, même s’il a fait une sortie de route, que diriger la France... qui va droit dans le gouffre. Vraiment, nous sommes bien gouvernés !!!

Michel Escatafal

08.11.2009

Réflexions personnelles à propos de la chute du mur de Berlin

mur de Berlin.jpgmur USA-Mexique.jpgCes jours-ci le monde entier célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin avec un certaine emphase, mais aussi avec peu d’enthousiasme. Je dis peu d’enthousiasme, parce que les espoirs ont été tellement déçus qu’il faut une certaine bonne volonté pour arriver à trouver quelques éléments réellement positifs, dans le symbole que représente la chute de ce mur pour les Allemands et le monde. Certes le peuple Est-allemand est plus libre qu’à l’époque horrible du communisme. Certes aussi le niveau de vie de ces mêmes Allemands de l’Est a progressé globalement, mais il reste quand même une grosse sensation de gâchis devant l’évolution du monde au cours des vingt dernières années en Allemagne, comme ailleurs.

Qu’avons-nous fait en Allemagne et en Europe de l’Est de cette liberté retrouvée ? Est-ce que notre monde est tellement meilleur depuis la fin de l’empire soviétique ? Beaucoup de questions se posent aujourd’hui que l’on n’osait même pas se poser à l’époque. J’irais même jusqu’à dire que nous n’avions pas le droit de nous les poser, tellement les médias et les politiques nous disaient que nous étions entrés dans une nouvelle ère. Mais quelle ère ? Pour ma part, je faisais partie des sceptiques sur la naissance d’un monde nouveau. Ceux qui m’ont connu à ce moment s’en souviennent, et écoutaient avec effroi ou presque mes paroles remplies de doute sur l’évolution de la société que nous allions offrir à l’ensemble du monde.

Et de fait, hélas, mes craintes se sont vérifiées, et je reconnais volontiers bien au-delà de ce que je craignais. Nous sommes en effet en plein dans le règne du capitalisme triomphant, et de l’ultra libéralisme arrogant. La preuve, malgré une crise sans précédent depuis 1929, ceux qui nous y ont conduits recommencent à faire comme si rien ne s’était passé, alors que leurs affaires ont été sauvées de la faillite…par l’argent du peuple. Les Etats ont renfloué à coup de milliards d’euros ou de dollars nombre de grandes banques ou de grosses entreprises multinationales, mais cela n’a pas empêché ces grosses entités de licencier par milliers leurs ouvriers ou employés, ou pour les banques de refuser d’ouvrir les vannes du crédit pour permettre aux PME de surmonter les effets de la crise.

Pire même, les firmes qui allaient bien ont aussi profité de l’aubaine pour réduire au maximum leurs effectifs, ou pour acheter à vil prix des affaires plus petites en « restructurant » au maximum…afin d’offrir de nouveau des rendements confortables aux actionnaires. Et dans la foulée les Etats qui se sont endettés, parfois à des niveaux très élevés, pour aider les grandes banques ou entreprises à passer le cap diminuent les dépenses publiques, notamment les services publics que le peuple a contribué à mettre en place…avec ses impôts et les divers prélèvements qui lui ont été imposés. Et c’est ainsi que dans certains pays, par exemple la France de Nicolas Sarkozy, on impose la fiscalisation des indemnités journalières au titre des accidents du travail, alors qu’on se refuse obstinément à revenir sur le bouclier fiscal à 50%.

En outre quand on regarde de près le monde actuel, on s’aperçoit que la guerre est plus que jamais présente dans plusieurs régions du monde, notamment au Moyen-Orient…parce que nous avons voulu y importer notre civilisation. Comme si celle-ci était la panacée ! Combien de dizaines, voire de centaines de milliers de morts en Irak depuis 2003 ? Et l’Afghanistan ? Le conflit entre Israël et les Palestiniens a-t-il évolué de manière positive depuis 1989 ? Nous connaissons tous plus ou moins les réponses à ces questions. En outre pourquoi cet acharnement à vouloir coûte que coûte faire semblant de croire que les troupes de l’OTAN vont l’emporter en Afghanistan, pays où les récentes élections à la mode occidentale ont montré à quel point le concept même de démocratie est dévoyé ?

Décidément nous sommes bien loin du monde radieux et triomphant qui devait illuminer notre planète, après la chute du mur de Berlin et la fin du communisme soviétique, et ce d’autant qu’on construit de nouveaux murs un peu partout et sur tout les continents, en Asie, en Afrique, et même entre états démocratiques et amis comme les Etats-Unis et le Mexique (photo de droite). Et tout cela pour empêcher des gens qui meurent de faim d’essayer d’entrer dans des pays où ils pensent avoir davantage de chances de survivre. Quelle tristesse ! Et il faut en plus qu’un pays comme le nôtre serve d’exemple pour mieux expulser ses « sans-papiers ». Qui oserait dire de nos jours que la France est le pays des droits de l’homme ?

Michel Escatafal

05.11.2009

L'actualité n'est vraiment pas gaie à huit semaines de Noël !

Rainer_Brüderle.jpgAujourd’hui j’ai eu l’idée (saugrenue) de vouloir regarder l’émission du matin sur France 2 , dont l'animateur s'appelle William Leymergie. Pour être franc je n’ai pas regardé bien longtemps, tellement tout était d’une confondante niaiserie. Et dire que de nombreuses personnes sont des fidèles, paraît-il, de cette émission ! Rien qu’en écoutant le journal d’infos de 7 h, on avait déjà l’impression d’être de retour dans les actualités des années 50 ou 60, que l’on voyait au cinéma pendant l’entracte. Je passe sur la suite, car il n’y avait vraiment rien d’intéressant, ce qui m’a fait capituler au bout d’un quart d’heure. En tout cas s’il y a bien un reproche que Nicolas Sarkozy ne peut pas faire à France 2 le matin, c’est d’être un tant soit peu « subversif ». La maison semble bien gardée !

Cela étant, les Français semblent de plus en plus dubitatifs sur l’action du gouvernement, du moins si l’on en croit les sondages qui deviennent de plus en plus sévères pour le chef de l’Etat. Celui-ci a beau user continuellement de toutes les ficelles de la communication, y compris les plus grosses, les Français ne lui font plus confiance. Et ce ne sont pas les multiples affaires de ces dernières semaines qui vont lui permettre de redorer son blason, même s’il fait semblant de reconnaître (parfois) ses erreurs, comme sur la tentative de faire nommer son fils à la tête de l’EPAD. Pire même, les Français ont de plus en plus l’impression que le président de la République ne maîtrise plus rien, comme en témoignent les multiples couacs gouvernementaux, notamment à travers le DIC (voir mon blog sport), ou la taxe professionnelle. Enfin horreur, toujours d’après les sondages, la cote de Dominique de Villepin ne cesse de monter au point d’en faire un candidat de plus en plus crédible à l’élection présidentielle de 2012…avec les dégâts que cela peut faire supporter au candidat auto désigné de l’UMP, Nicolas Sarkozy.

A ce propos nous avons appris ce matin, que le président de la République participera fin novembre au Conseil national de l’UMP…pour donner le coup d’envoi de la campagne pour les élections régionales du mois de mars. Au passage, je ferais une simple remarque : comment des gaullistes pourraient-ils encore avoir envie de voter pour un homme qui bafoue à ce point les idées incarnées par le général de Gaulle ? Rappelons quand même que le général de Gaulle avait changé de Constitution…pour rompre avec le régime des partis ! Or là, nous avons un président qui se comporte sans vergogne comme un vulgaire chef de parti. Je comprends pourquoi les gaullistes authentiques se tournent de plus en plus vers Dominique de Villepin qui, au moins, essaie de maintenir ou de ressusciter les valeurs du gaullisme. Et je regrette sur ce plan que le MoDem se soit écarté de cette ligne tracée par le général de Gaulle, que François Bayrou avait si bien incarnée pendant la campagne présidentielle de 2007, ce qui n’est pas pour rien dans nos échecs électoraux récents.

Dans un tout autre domaine, j’ai lu avec amusement que Nicolas Sarkozy a affirmé, sans rire, que Rama Yade a « une difficulté à s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Une telle affirmation a de quoi faire sourire de la part de quelqu’un qui n’a cessé de démolir ses collègues du gouvernement, notamment entre 2002 et 2007, à commencer par Dominique de Villepin, ou encore Azzouz Begag quand il était ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Bref, Nicolas Sarkozy a, ou avait, tous les droits, mais pas les autres. Et puis peut-on reprocher à Rama Yade de ne pas pouvoir supporter B. Kouchner, Roselyne Bachelot ou Nadine Morano ? Moi qui ne suis pas au gouvernement, je suis totalement en phase avec elle sur ce plan. Comment d’ailleurs supporter quelqu’un comme B. Kouchner qui est passé sans sourciller d’un camp à un autre, juste pour pouvoir être ministre ? Quant à Roselyne Bachelot n’en parlons pas, sauf pour se rappeler ses prestations affligeantes comme ministre de l’Environnement sous le quinquennat précédent.

Autre nouvelle dont on ne parle guère sur France2 ou ailleurs, la forte augmentation de la fiscalité locale qui, cette année, dépasse 8% soit le double de l’an passé. Cette forte progression serait nécessitée entre autres par l’explosion des dépenses sociales. Cependant le plus inquiétant est à venir avec la suppression de la taxe professionnelle, car on ne voit pas comment l ‘Etat, « en faillite », pourrait compenser intégralement la perte de ressources engendrée par cette suppression. On n’est pas au bout de nos mauvaises surprises ! Et j’ai presque envie d’ajouter que nous ne sommes pas les seuls, car les Allemands qui ont cru intelligent de voter pour un gouvernement chrétien-démocrate et libéral, vont découvrir très vite que cette solution est loin d'être la panacée. Elle l’est d’autant moins, que la grande coalition avait permis à nos amis allemands d’affronter la crise avec des atouts suffisants, pour bénéficier à plein d’une reprise qui finira immanquablement par arriver.

Comment les électeurs allemands ont-ils pu en arriver à croire que le Parti libéral (FPD) représentait une alternative crédible au sociaux-démocrates du SPD ? Et d’ailleurs, à peine arrivés au pouvoir, les libéraux ont imposé à Angela Merkel des baisses massives d’impôts (26 milliards d’euros) qui, bien entendu, vont d’abord profiter aux plus riches, et ce au moment où les déficits sont en forte augmentation. Décidément les électeurs sont bien naïfs ! En Italie, les Italiens ont préféré, aux dernières élections législatives, faire revenir au pouvoir S. Berlusconi qui, pourtant, avait laissé le pays avec des déficits considérables avant d’être battu par Romano Prodi. En France, en 2007, on a préféré élire un illusionniste comme Nicolas Sarkozy, plutôt que François Bayrou dont le principal défaut était de vouloir faire en sorte que la dette n’explose pas. Dans les deux cas on en mesure hélas les résultats, et vu les orientations affichées par la coalition de droite au pouvoir en Allemagne, on en sera au même point très rapidement.

Et si le sujet n’était pas aussi sérieux, on en viendrait presque à trouver cocasse la réaction du très libéral ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, qui s’offusque de voir General Motors conserver Opel, après que le précédent gouvernement allemand ait négocié pendant des mois avec l’équipementier canadien Magna. Résultat, même si GM se refuse à estimer le nombre d’emplois menacés, le plan de la cession à Magna aurait permis de préserver plus d’emplois allemands qu’une restructuration pilotée par GM. Certes le gouvernement allemand va récupérer l’argent des contribuables (1,27 milliards d’euros), mais apparemment cela ne fait ni chaud ni froid à GM, dans la mesure où cette dernière comptait rembourser le prêt relais accordé par les autorités allemandes.

En outre, GM se sent capable aujourd’hui de financer la restructuration d’Opel, sans difficulté, par des fonds en provenance des Etats-Unis. Cela ne semble pas rassurer le gouvernement allemand qui estime que l’annonce de General motors était " inacceptable vis-à-vis des salariés à huit semaines de Noël", surtout après que ces derniers aient annoncés être prêts à accepter des sacrifices salariaux. Hélas, le libéralisme tel que l’admirent R. Brüderle et Nicolas Sarkozy (voir Gandrange) n’est pas pavé que de bonnes intentions !

Michel Escatafal

28.09.2009

Combien de temps encore ?

Aujourd’hui je vais encore commencer mon propos par une triste nouvelle, qui commence hélas à devenir habituelle, à savoir la mort de quatre soldats français en Afghanistan dans une guerre où nous n’avons vraiment rien à faire. J’observe en outre, que cette multiplication de décès se fait depuis que nos militaires assurent des missions qui n’étaient pas les leurs jusqu’en 2008. Bien entendu, Nicolas Sarkozy a présenté ses « condoléances attristées » aux familles des militaires décédés et à leurs proches, et il réaffirme « la détermination de la France à oeuvrer au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan ». Il est bien le seul à y croire, au point même que Silvio Berlusconi, indéfectible atlantiste, se pose de plus en plus de questions sur la présence des militaires italiens en Afghanistan.

Faudra-t-il que des centaines de familles soient touchées, pour que la classe politique française arrive enfin à s’insurger contre notre présence militaire en Afghanistan ? En tout cas il y en a au moins un qui a une position claire sur le sujet, Dominique de Villepin, lequel sur son blog (http://2villepin.free.fr) affirme « qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan », et souhaite que soit prise la décision d’un retrait avec un calendrier « qui marque la volonté des Occidentaux de ne pas rester à l’infini ». En langage moins diplomatique cela signifie que le départ de nos troupes doit se faire le plus rapidement possible. L’ennui c’est que ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a pas compris que les jeunes servant dans l’armée n’ont pas choisi ce métier pour aller se battre en Afghanistan ou ailleurs, mais tout simplement pour ne pas pointer au chômage.

Et cela m’amène à parler des diverses informations économiques et sociales, qui nous sont distillées depuis hier dans les médias écrits ou radiotélévisés. On y apprend tout d’abord, ce qu’à mon modeste niveau j’affirme depuis plusieurs mois, que notre déficit budgétaire va dépasser la barre des 8% du PIB. Et comme nous ne sommes qu’en septembre, d’ici la fin de l’année ce sera sans doute encore davantage. Les 150 milliards de déficit, nous y sommes. La dette publique à 80% du PIB nous y sommes aussi. Jusqu’où va-t-on aller ? Pour mémoire je rappelle que le déficit fin 2006 était de 36 milliards. Certes la crise est passée par là, mais elle a bon dos ! En tout cas ces déficits abyssaux, inconnus dans notre pays en temps de paix, n’empêchent pas le pouvoir de gaspiller de l’argent à tout propos, avec des réceptions somptuaires à New-York ou en France. Il est vrai qu’à partir de certains montants quelques millions d’euros de plus ou de moins…

Décidément, comment les Français ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Je n’arrive toujours pas à me l’expliquer. Et ce n’est pas fini, parce que le président de la République et sa majorité sont en train de nous mijoter des mesures toutes plus douloureuses les unes que les autres. Après la taxe carbone, c’est le forfait hospitalier à 18 euros, puis la fiscalisation des indemnités journalières versées aux salariés victimes d’accidents du travail. En revanche, il n’est toujours pas question de toucher au bouclier fiscal ou aux niches fiscales. On voit où se situent les priorités de Nicolas Sarkozy et sa majorité de « godillots » ! Comment l’UMP peut-elle encore remporter des élections, même si cela devient un peu plus difficile ? Cela démontre en tout cas le pouvoir énorme des grands médias. Plus besoin de faire des lois sur la liberté de la presse comme à l’époque du Second Empire. Il suffit simplement d’être assez riche pour s’offrir des journaux ou des chaînes de télévision, quitte à perdre un peu d’argent, et à les mettre au service d’un pouvoir ami.

Cependant, malgré leurs efforts, les médias amis n’ont pas pu redorer le blason passablement terni d’un président de la République qui accumule bourdes et échecs depuis quelques semaines. Le G20, dont on a tellement parlé chez nous comme si Nicolas Sarkozy en était le principal protagoniste, est en train de devenir aux yeux de nombreux observateurs le G2, avec comme acteurs principaux l’Américain Barack Obama et le Chinois Hu Jintao. Exit Nicolas Sarkozy qui, par parenthèse, n’a pas quitté la table du G20 comme il avait de nouveau menacé de le faire. Et pourtant au G20 de Pittsburg il n’y a pas eu que des mots, avec notamment une mesure plus importante qu’il n’y paraît, à savoir la modification des participations dans le FMI au bénéfice de la Chine, du Brésil et de la Turquie, alors que la part de plusieurs états européens va être réduite, y compris celle de la France évidemment. Raison de plus de réaffirmer, pour ceux qui en doutent encore, que seule la voix de l’Europe peut compter dans l’avenir face aux Etats-continent. J’aurai l’occasion d’y revenir.

Un dernier mot enfin pour évoquer les élections nationales en Allemagne et au Portugal, avec tout d’abord la victoire d’Angela Merkel en Allemagne qui va pouvoir, comme elle le souhaitait, composer un gouvernement de droite avec les libéraux. La gauche sociale-démocrate allemande était pourtant moins désunie que ne l’est le Parti socialiste en France, mais elle enregistre le pire score de son histoire. A méditer, même si le résultat de la CDU-CSU (chrétiens démocrates) est son plus faible depuis 1949. Problème, il faut être devant en termes de voix pour espérer gouverner…comme en France, même si en Allemagne l’opposition est mieux représentée au Bundestag.

Quoiqu’il en soit, malgré la méfiance qu’inspirent les déclarations dans l’euphorie de la victoire, Angela Merkel se veut rassembleuse. « Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays pour tous en temps de crise ». Cela fait davantage chaud au cœur que le compte rendu d’une réception au Fouquet’s. En tout cas si les socialistes allemands sont tristes, il n’en est pas de même pour les socialistes portugais. Ceux-ci en effet ont remporté les élections dans leur pays, mais sans majorité absolue, ce qui va les contraindre sans doute à former un gouvernement minoritaire, fait au demeurant assez habituel chez eux. Toutefois un seul, dirigé par le socialiste Antonio Guterres, est allé au terme de son mandat (de 1995 à 1999).

Michel Escatafal

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