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12/09/2014

La dissolution, c’est maintenant…ou très bientôt…ou pas du tout ?

Alors que de nombreuses voix se font entendre pour engager réellement les réformes qui n’ont pas été faites depuis des décennies, F. Hollande et le gouvernement semblent toujours décidés à les faire, mais sans véritable conviction. Ainsi on parlait d’ordonnances pour le travail du dimanche, et finalement cela ne se fera pas. Quant au pacte de responsabilité, il se met certes en mouvement, mais avec toujours ces discussions qui n’en finissent pas entre partenaires sociaux, et qui ruinent les effets d’annonce faits par F. Hollande en début d’année et un peu plus tard par Manuel Valls. Quand F. Hollande va-t-il comprendre qu’il faut à présent passer totalement des paroles aux actes sans états d’âme ? Que risque-t-il à braver sa majorité en lambeaux ? Réponse à la deuxième question : Rien, car F. Hollande connaît trop bien la politique pour savoir, qu’après forces circonvolutions, les députés finiront par faire en sorte de ne pas mettre en minorité le gouvernement. Ils sont courageux « les frondeurs », mais pas téméraires ! Ils connaissent la couleur de la prochaine Assemblée en cas de dissolution, et le rose y sera extrêmement peu représenté. Ce sera d’autant plus le cas que nombre de personnes ayant voté à l’élection présidentielle ou aux élections législatives pour battre N. Sarkozy et ceux qui l’ont soutenu, ne voteront pas de la même façon en cas de dissolution, quitte à ne pas voter du tout ou voter blanc. Les « frondeurs » auront réussi le tour de force de couper le parti socialiste en deux, et surtout d’avoir dégoûté à jamais nombre d’électeurs qui avaient voté pour eux en 2012, même si c’était par défaut. Et j’ajouterais qu’ils ont lourdement compromis les chances d’un futur candidat de leur parti à l’élection présidentielle, car ils auront donné une image détestable de la pratique du pouvoir. C’est sévère comme jugement, mais il faut bien appeler un chat un chat !

Si j’écris pareilles choses, c’est parce que les Français ne comprennent pas pourquoi on n’avance pas plus vite dans les réformes, alors que la majorité d’entre eux y sont prêts. Pire encore, entre belles paroles et reculades devant les « frondeurs », nos dirigeants donnent l’impression que dans ce pays c’est le bazar le plus complet, renvoyant une image tout à fait désastreuse, y compris à l’étranger. Comment dans une telle cacophonie au sein de la majorité, des investisseurs étrangers auraient envie de s’implanter chez nous ? Et pour couronner le tout, il n’y a comme opposition organisée que le Front National, car l’UMP est à peu près dans le même état que le parti socialiste, avec notamment le vrai-faux, le faux-vrai, mais surtout le futur vrai retour de N. Sarkozy, lequel vient de recevoir l’onction (ô combien enthousiasmante !) de J.F. Copé pour prendre la tête de l’UMP. En outre, si à propos de l’UMP on ne parle pas de « frondeurs », il y a en revanche un ou plusieurs clivages dans ses rangs aussi nets que ceux du parti socialiste, avec d’un côté une droite qui se veut toujours décomplexée sans vraiment l’être tout en l’étant, celle qui soutient N. Sarkozy, une droite qui se veut plus droitière qu’elle ne le fut du temps de J. Chirac, notamment sur l’immigration pour répondre au Front National, celle de F. Fillon, et enfin une droite plus raisonnable et plus réaliste incarnée par Alain Juppé, ce dernier ayant de plus en plus le soutien des centristes. Autant dire que si les Français se sentent complètement à l’écart des prises de position des socialistes au pouvoir, ils sont loin de comprendre où peut les mener l’opposition UMP. C’est cela, et uniquement cela, la raison de la poussée du Front National, malgré l’absence totale de programme du parti de Marine Le Pen.

Pour ceux qui aiment l’histoire, les problèmes de F. Hollande font (un peu) penser à ceux de V. Giscard d’Estaing après 1976, sauf que V. Giscard d’Estaing n’avait jamais été Premier secrétaire du parti socialiste, et laissait gouverner son Premier ministre, Raymond Barre. Sauf aussi qu’en ce temps là, internet et les réseaux sociaux n’existaient pas, ce qui signifie que les acteurs politiques étaient beaucoup moins épiés que de nos jours. Quand on pense au bruit fait autour d’un éphémère secrétaire d’Etat qui ne déclarait pas ses impôts ou ne payait pas son loyer, alors qu’il a été démissionné sans ménagement après quelques jours à peine au gouvernement, on croit rêver, tellement nombre de Français devraient se féliciter de voir que les dispositifs sur la transparence ont bien fonctionné, même avec un peu de retard ! Autre avatar pour le pouvoir, et plus particulièrement pour F. Hollande, le bruit fait par un livre écrit par son ex-compagne, sur lequel on revient sans cesse dans les radios, les télés et internet, alors que son contenu relève davantage de la vilaine scène de ménage a posteriori que de la vie politique. Tout cela finit par ruiner le moral des habitants de notre beau pays, comme jamais on n’aurait pu le constater il y a trente ou quarante ans, le peuple n’en pouvant plus de payer impôts et taxes, ce qui n’a rien de nouveau, alors qu’il a l’impression que les politiciens de notre pays bénéficient au contraire d’une totale impunité, ce qui est faux. La preuve, de nos jours des gens sont inquiétés pour des faits liés à la fiscalité qui, pourtant, remontent à des années en arrière, et dont très peu de monde se souciait jusque-là, à commencer par les électeurs.

C’est peut-être aussi pour cette raison qu’à l’époque de V.G.E. et R. Barre, malgré une partie de la majorité qui contestait tout et son contraire quant aux décisions prises par le gouvernement, les réformes se faisaient et avec elles l’adaptation de l’économie française, que ce soit au niveau de l’agriculture, de l’industrie avec le règlement douloureux du problème de la sidérurgie, mais aussi avec le développement de nouvelles industries, dont certaines datent de cette époque, et qui contribuent encore à maintenir la France parmi les principaux pays exportateurs (nucléaire, espace, bio-industries, équipements pour économiser l’énergie etc.). Et pourtant, si la crise d’aujourd’hui est douloureuse, les problèmes que notre pays a connus dans la décennie 1970, comme les autres pays industrialisés, n’étaient pas moins importants que ceux que nous connaissons en ce moment, avec pour point d’orgue les deux chocs pétroliers (1974 et 1979), dont le dernier a déclenché une crise monétaire aux Etats-Unis. Et pour faire face à tous ces graves problèmes, R. Barre dut composer avec une majorité presqu’aussi frondeuse que celle de nos jours. Mais, je  le répète, la fronde était surtout politique, sur fond de guerre entre le RPR de Jacques Chirac et l’UDF qui était le parti présidentiel. Cela étant les frondeurs RPR avaient une attitude plus raisonnable que les frondeurs socialistes de nos jours, notamment en ce qui concerne les décisions économiques, et ne s’opposaient pas de la même manière aux décisions prises par le gouvernement. Néanmoins, toujours dans la comparaison avec l’époque actuelle, il y avait en face de V. Giscard d’Estaing et du gouvernement Barre, une opposition socialiste et communiste tellement désunie qu’elle finira par perdre des élections législatives « imperdables » en 1978.

Si j’écris cela c’est parce que le premier sondage concernant la confiance faite à R. Barre en 1976, juste après sa nomination, indiquait que seuls 3% des Français lui donnaient cette confiance. Le chiffre montera ensuite vite à 20% pour osciller ensuite entre 25 et 30%. Cela étant, comment imaginer qu’avec des chiffres du chômage très mauvais et une inflation (11%) deux fois plus forte en 1976 qu’en Allemagne (4%) ou aux Etats-Unis (5%), oui comment imaginer que la majorité RPR-UDF puisse gagner des élections législatives de 1978 ? Et pourtant ce fut le cas, d’abord en raison de l’amélioration des fondamentaux économiques, mais plus encore à cause de la désunion de la gauche entre socialistes et communistes. Finalement le courage de prendre des mesures allant dans le bon sens avait fini par prévaloir sur les joutes politiciennes. Et cette victoire de 1978, sera confirmée par celle des premières élections européennes au suffrage universel en 1979, au bénéfice exclusif de l'UDF. F. Hollande devrait s’inspirer de cela, et en finir avec ses atermoiements concernant les déficits et la remise en question de certains acquits sociaux…qui n’en sont pas réellement, et qui sont un frein pour le retour d’une croissance vertueuse.

De toutes façons, le pouvoir n’a plus le choix : c’est soit la poursuite de la fuite en avant en creusant les déficits et la dette, comme le souhaitent les communistes, le Front de gauche et les « frondeurs » socialistes, ou, comme l’a dit le gouverneur de la Banque de France, « lancer les bonnes réformes », notamment en faisant plus de coupes dans les dépenses. Au stade où il en est, j’espère que F. Hollande aura compris où est l’intérêt du pays. Et dans ce cas, qui sait ce qui peut se passer dans presque trois ans…s’il n’est pas candidat, car sa situation personnelle paraît désespérée, et ne peut que conduire à une défaite électorale s’il se présente à l’élection présidentielle, ce qui fut le destin de Valéry Giscard d’Estaing en 1981. Ce dernier saoulé de coups de toutes sortes fut battu par F. Mitterrand à l’élection présidentielle, comme ne manquera pas de l’être F. Hollande s’il se présente en 2017, les coups qui lui sont infligés, tant d’ordre privés que politiques, étant encore beaucoup plus dévastateurs pour son image que ceux reçus en son temps par VGE. Et de nos jours ladite image est infiniment plus importante qu’il y a trente ou quarante ans !

Michel Escatafal

05/09/2014

Heureusement pour F. Hollande qu'il y a Mario Draghi

Décidément F. Hollande accumule les difficultés depuis le début de son quinquennat, mis à part les deux premiers mois de son mandat en été 2012. Depuis, entre une croissance qui ne vient pas, l’obligation de faire des réformes qui n’ont pas été faites jusque-là, et des soucis permanents avec sa majorité qui se veut de gauche, c’est un amoncellement de problèmes qui l’empêche d’exercer sa présidence dans des conditions normales. Pire encore, à ces soucis s’ajoutent des ennuis avec certains de ses ministres, à commencer par l’affaire Cahuzac jusqu’à la démission hier du secrétaire d’Etat au Commerce extérieur pour, nous dit-on, s’être soustrait au fisc, sans parler évidemment des déclarations de certains ministres qui s’en sont pris carrément à la politique du gouvernement…auquel ils appartenaient. On croit rêver !

Et pour couronner le tout il y a ce livre de l’ex-compagne du président, que je n’achèterai pas personnellement, mais qui est en train de faire (hélas !) un tabac en librairie. Ce brûlot, en effet, ne peut que porter tort au président de la République, qui n’avait pas besoin de ça, sur fond de bruits de guerre froide entre l’OTAN et la Russie avec l’affaire ukrainienne. Une affaire qui concerne de très près notre pays en raison du dilemme dans lequel se trouve F. Hollande à propos de la livraison de matériel militaire…à la Russie, ce qui pourrait, in fine, coûter très cher à la France en termes de pénalité et de futures ventes à d’autres pays. J’en profite d’ailleurs pour écrire que dans cette affaire, c’est encore la France et elle seule qui va être pénalisée par des décisions américaines, ce qui montre à quel point le général de Gaulle avait eu raison de se retirer de la structure militaire de l’OTAN pour « recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté ».

Une décision que l’on n’aurait jamais dû remettre en cause, et qui l’a été, hélas, par N. Sarkozy au début de son quinquennat, lequel avait été très critiqué à l’époque par un certain F. Hollande qui déclarait le 8 avril 2008, que « cette décision de revenir dans le commandement militaire de l’OTAN est fâcheuse, car si notre pays renonçait à son autonomie de jugement au sein de l’Alliance, c’est l’ensemble de l’Europe, pas simplement la France, qui se trouverait en situation d’alignement sur les Etats-Unis ». De belles paroles d’opposant politique ! Et l’on s’étonne après cela que les Français n’aient plus aucune confiance en nos dirigeants, qui font souvent l’inverse une fois au pouvoir de ce qu’ils souhaitaient qu’on ne fasse pas quand ils étaient dans l’opposition.

En attendant cette pluie de mauvaises nouvelles pour le chef de l’Etat, et ces décisions allant à l’encontre de ses déclarations d’opposant ou de ses promesses de campagne, finissent par nous faire douter de le voir poursuivre son quinquennat jusqu’au bout sans avoir recours à un retour devant les électeurs. Certes, comme je l’ai écrit dans un précédent article, la Constitution le protège, mais jusqu’à quel point ? En fait, la seule chose qui puisse l’aider c’est l’absence d’opposition crédible, hélas. Imaginons un instant que F. Hollande soit dans l’obligation de dissoudre l’Assemblée, et que l’UMP, comme c’est une certitude, se retrouve avec 300 ou 350 députés, voire plus ? Que se passerait-il ? Personne ne le sait, à commencer par les dirigeants de l’UMP eux-mêmes qui refusent tous de cohabiter. Ce serait le grand « bazar » dans le pays, d’autant que personne ne peut obliger le président de la République à démissionner. Dans ce cas, qui pourrait imposer quoi que ce soit, sinon la rue? Tout cela paraît effrayant, au moment où justement il faut impérativement que notre pays se réforme pour retrouver une industrie qui a perdu la plus grande partie de ses forces, et pour être de nouveau compétitif sur les marchés mondiaux.

Cela m’amène à regretter encore plus qu’au lieu de faire du suivisme en politique étrangère, F. Hollande n’aille pas au bout de la logique du « pacte de responsabilité » pour remettre en ordre de marche notre économie, et la faire entrer dans le vingt-et-unième siècle. Pourquoi, alors qu’il ne lui reste plus le moindre espoir d’être réélu, oui, pourquoi F. Hollande ne se comporte-t-il pas comme certains de ses prédécesseurs au pouvoir, qui ont certes perdu des élections, mais qui resteront dans l’histoire comme de grands hommes d’Etat. J’ai peur que F. Hollande ne fasse pas partie de ces gens…sans doute parce qu’il croit trop en sa bonne étoile. Mais qui va voter pour lui lors de la prochaine élection présidentielle ? Les électeurs de droite ou d’extrême droite? Impensable. Les électeurs d’extrême gauche ? Sûrement pas, car même en ayant N. Sarkozy au second tour ils s’abstiendraient. Les électeurs du centre ? Ils l’ont fait en 2012, mais ils ont été déçus et ne recommenceront pas la prochaine fois, ce qui ne signifie nullement qu’ils voteraient éventuellement pour N. Sarkozy, contrairement à la plupart des électeurs du Front National. Restent ceux qui votent traditionnellement socialiste, mais nombre d’entre eux préfèreront aussi s’abstenir…dans l’espoir d’un recentrage à gauche du parti socialiste. Finalement « Moi président » aura fait à son parti la même chose que son prédécesseur avec l’UMP : il l’aura tellement affaibli que nombre d’adhérents ou sympathisants préfèreront une défaite à une éventuelle victoire sur un programme social-libéral, sans parler des têtes d’affiche qui y verraient un moyen de se placer pour des échéances futures.

Voilà le vrai panorama du corps électoral français, et point n’est besoin de sondages pour arriver à ces conclusions. Dans ce cas, et je le redis encore une fois : qu’attend F. Hollande pour lancer pour de bon les grands chantiers des réformes annoncées ou susurrées, d’autant qu’il va être bien aidé par le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, bien décidé à faire accepter à Angela Merkel un assouplissement de ses positions sur les politiques budgétaires de pays comme l’Italie…et la France, pays où l’absence de demande bloque la machine économique? A ce propos, si l’action conjuguée de Matteo Renzi, président du Conseil italien et de F. Hollande pouvait faire plier la chancelière allemande et son ministre des Finances, l'intransigeant W. Schaüble, aidés par les mesures prises par la BCE, ils auraient bien œuvré pour leur pays et ’Europe, surtout si cela permettait de réaliser ces fameuses réformes attendues par tous dans ces deux nations.

Autant de questions cruciales dont dépendra sans doute le retour de notre pays à meilleure fortune…ou son décrochage pour des années dans le concert des puissances ne sortant pas de leur inexorable déclin. F. Hollande ne doit jamais oublier que P. Mendès-France, R. Barre, ou en Allemagne G. Schroeder, laisseront dans l’histoire une place beaucoup plus grande que ceux qui les ont battus aux élections, y compris peut-être la chancelière Merkel, qui surfe depuis bientôt dix ans sur les réformes de celui à qui elle a pris la place en 2005…sans avoir réalisé qu’on ne peut pas vivre trop longtemps en profitant de la faiblesse de ses voisins. D’ailleurs, l’Allemagne elle-même commence à ressentir les effets de l’atonie de la demande chez ses voisins, ce qu’a bien compris Mario Draghi. Merci à lui!

Michel Escatafal

05/05/2014

Faire le buzz avec de mauvaises nouvelles...

Aujourd’hui 5 mai, j’en profite pour rappeler, comme je le fais chaque année, que c’est l’anniversaire de la mort de Napoléon (5 mai 1821), un jour après celui de l’exil  à l’Ile d’Elbe, dont on vient de fêter le bicentenaire. Quel rapport me direz-vous avec la politique en France aujourd’hui ? Aucun, simplement qu’il y a des dates dans l’histoire qui permettent de mesurer à quel point la gouvernance d’un pays est importante. Pour mémoire, je rappellerai que le règne de Napoléon fut une catastrophe sans précédent pour la France, à la fois sur le plan territorial et sur celui de l’économie…ce que tout le monde a oublié, l’imaginaire public ne retenant que les noms d’Austerlitz, Iena, Eylau, Wagram, Friedland ou la Moskowa, tout cela occultant presque la Beresina, Leipzig ou Waterloo. Preuve que l’objectivité n’a jamais vraiment eu cours dans l’histoire passée ou présente. Et force est de constater qu’en lisant et entendant tout ce qui se dit et s’écrit sur le pouvoir actuel, avec des moyens d’information autrement plus sophistiqués qu’aux derniers siècles passés, on a toujours les mêmes doutes sur l’objectivité des commentateurs, qu’ils soient journalistes, forumers ou clients du Café du commerce. Je ne mets d’ailleurs pas sur le même plan les uns et les autres, parce que si notre pays subit une terrible crise de confiance, c’est parce que ceux qui sont chargés de commenter l’information, le font toujours en faisant ce que l’on appelle le buzz avec des mauvaises nouvelles, ou avec des titres dans les médias qui ne sont pas toujours appropriés.

 

Le site web du journal Le Monde que j’ai parcouru ce matin en est d’ailleurs la preuve vivante, en titrant : « Déficit et dette : le dérapage français expliqué en graphiques ». Que va retenir le lecteur d’un tel titre ? Le mot « dérapage », ce qu’on a lu aussi un peu partout dernièrement, c’est-à-dire depuis que nous avons le chiffre définitif du déficit public de notre pays pour l’année 2013, à savoir 4.3%. Certes ce chiffre est peu glorieux, mais il est pour le moins incongru de parler de « dérapage », surtout si l’on sait que le chiffre de 2012 était de 4.9% et celui de 2011 de 5.2%. On me fera remarquer que le mot « dérapage » vient du fait que le gouvernement tablait sur un déficit 2013 de 4.1%, soit 0.2% de moins que le chiffre final. Pour autant, dans un pays où les gens sont peu endettés par rapport à ceux de la plupart des autres nations développées, même si l’endettement des ménages s’est beaucoup accru depuis 2010, avec un surcroît de confiance on pourrait   consommer davantage. Cela permettrait d’engranger de plus importantes rentrées fiscales, et c’est pour cela qu’on n’aurait pas dû souligner bruyamment le mot « dérapage ».   Les mêmes d’ailleurs qui parlent de « dérapage » semblent oublier que nous avions un déficit de 7% en 2010, soit 148.8 milliards d’euros, à comparer avec les 34.7 milliards d’euros de 2007 ou avec les 87.6 milliards de 2013. Bien sûr la crise est passée par là, mais tout de même, que le pouvoir de l’époque (2007-2012) ait fait comme si la crise n’existait pas en prenant des mesures démagogiques payées à crédit, par exemple la défiscalisation des heures supplémentaires sans aucune contrepartie, cela laisse pantois. Que dirait-on de nos jours si le binôme Hollande-Valls faisait de même ? Je n’ose l’imaginer.

 

Toujours à propos de la manière d’informer les gens, j’ai lu, toujours sur le net, un titre qui indiquait que le déficit public était « en baisse de 11.2% sur un an, mais en hausse de 38.8% sur dix ans ». Rien que ça ! Mais au fait pourquoi ne pas comparer avec 2010 ou 2011 ? On en devine évidemment la raison, on la devine d’autant plus que la comparaison est très défavorable…pour le précédent pouvoir UMP. Les médias auraient  pu aussi faire les gros titres sur le fait que l’ensemble des dépenses de l’Etat affiche une baisse de 3.4 milliards d’euros par rapport à l’objectif voté en loi de finance initiale. Hélas, une telle annonce « parle » nettement moins aux lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs que le mot « dérapage ». Et oui, c’est ça la communication, et pour F. Hollande c’est sans doute une bonne chose que son Premier ministre soit excellent dans cette discipline, à défaut d’être un économiste reconnu. On ne peut pas tout avoir ! En revanche, si F. Hollande s’y connaît davantage en économie que son Premier ministre, sa communication est toujours aussi calamiteuse comme en témoigne sa sortie à Clermont-Ferrand sur le fait de ne pas se représenter si le chômage ne baissait pas d’ici 2017, ou en affirmant que le « retournement économique arrive ». Quand notre président aura-t-il compris qu’avec son niveau d’impopularité, il faut absolument qu’il s’abstienne de faire des commentaires avant qu’il y ait une véritable inflexion des chiffres ? Quand aura-t-il compris que lancer des phrases pareilles, avant d’avoir des résultats, ne peut qu’énerver les Français, d’autant qu’avant de profiter de ces résultats, ils vont continuer à payer pour les obtenir. Oui, F. Hollande est bien le président de la République le plus nul, en termes de communication, que l’on ait connu depuis l’élection au suffrage universel…ce qui ne peut que détruire, avec de pareilles erreurs, la confiance que les Français commencent à placer en Manuel Valls.

 

Autre avatar pour le président, dans la foulée de cette prévision pour le moins prématurée, la presse se fait un plaisir de signaler que la Commission européenne prévoit une croissance moindre pour la France que celle qui est annoncé par le gouvernement, et donc que le déficit affiché de 3% en 2015 sera plutôt de 3.4%. Pour ma part, si nous tombons à 3.4% fin 2015, je ne m’en satisferais pas, c’est évident, mais cela fera quand même presque 2% de moins que fin 2011. En outre, il semble que la Commission européenne n’ait pas totalement pris en compte les effets du « pacte de responsabilité » pour ses prévisions de croissance, ce qui signifie qu’on peut espérer faire un peu mieux que ce qu’elle prévoit, et donc qu’on se rapprocherait davantage des fameux 3% du critère de  Maastricht. En revanche ladite Commission européenne prévoit l’inversion de la courbe du chômage pour 2015. C’est loin 2015, mais si on y arrive, et si la croissance repart un peu partout dans le monde, avec les mesures en faveur des entreprises, le pari de F. Hollande et du gouvernement de remettre la France sur les rails de la compétitivité pourrait permettre enfin à notre pays de reprendre la place qu’elle a perdue depuis dix ans, et dont elle s’est considérablement éloignée depuis 2007. Certains vont peut-être me trouver optimiste, mais, après tout, pourquoi pas ?

 

Ce n’est pas pour cela que je m’inscrirais au Parti socialiste… ni ailleurs (j’ai donné, ça suffit !), mais au moins notre pays aura commencé à se redresser, même si je persiste à penser que l’on devrait aller plus loin dans les économies, non pas en sacrifiant notre modèle social, mais en l’aménageant. Et ce n’est pas N. Sarkozy qui fera « le boulot », ni l’UMP, car ils ont eu dix ans pour faire leurs preuves…et le constat est accablant, avec une chute catastrophique de notre compétitivité, et des déficits considérables qui ont fait exploser la dette publique, ce qui fait dire à quelques observateurs un peu plus objectifs que d’autres, que F. Hollande aura passé son quinquennat à payer l’inconséquence de ses prédécesseurs, plus particulièrement de N. Sarkozy, même s’il ne faut pas ignorer la crise qui a marqué son propre quinquennat. Néanmoins, passer de 912 milliards de dettes en 2002 à  plus de 1800 milliards en 2012, il fallait le faire…hélas ! Il est vrai qu’entre 2009 et 2011, on a fait en trois ans 382 milliards de déficit cumulé, ce qui a fait bondir la dette de 223.6 milliards. Je n’en dirais pas plus…même s’il y aurait encore beaucoup à écrire, notamment sur la totale irresponsabilité des députés socialistes et écologistes, courageux mais pas téméraires, qui n’ont pas voté le volet d’économies de 50 milliards dans le cadre du pacte de responsabilité. Mais, au fait, pourquoi n’ont-ils pas refusé la confiance à Manuel Valls ? Ah j’oubliais : en cas de vote de défiance, il y aurait eu dissolution…et dans ce cas près de 300 députés socialistes ou verts auraient perdu leur siège. Oui, courageux, mais pas téméraires, et même pas une place éligible sur les listes aux élections européennes, les places étant déjà prises, notamment par d’autres recalés du suffrage universel !

 

Michel Escatafal

 

06/03/2014

Les mauvaises nouvelles se ramassent à la pelle pour l’UMP…

Cette fois c’est parti, le pacte de responsabilité va se mettre en place envers et contre tout ou presque tous. C’est plutôt une bonne nouvelle pour le pouvoir, et aussi, disons-le franchement, pour l’économie du pays, même si ce pacte ne changera pas réellement les choses en quelques mois. C’est plutôt à moyen-terme, c’est-à-dire à échéance de deux-trois ans, que l’on en percevra les premiers vrais effets…ce qui devrait bien tomber, puisque cela nous mène à 2016-2017. Suivez mon regard ! Sera-ce suffisant pour F. Hollande ? Sans doute pour peu que les affaires aient repris, et que la France puisse de nouveau se retrouver en situation de créer des emplois durables, conséquence de la compétitivité retrouvée de l’économie française.

Certes on va me dire que sur le papier ces hypothèses paraissent crédibles, mais passer du rang d’hypothèse à celui de réalisations n’est pas acquis loin de là. Il n’empêche, pour la première fois depuis bien longtemps, le dialogue social dans notre pays semble fonctionner, même si les syndicats disposés à le faire fonctionner (CFDT, CFTC et CGC) sont plutôt minoritaires en termes de représentation. Néanmoins les syndicats qui se considèrent comme majoritaires (CGT et FO), ne peuvent guère se réclamer de représenter le monde du travail dans la mesure où seuls 7.8% des salariés sont syndiqués, contre, par exemple, 23% en Allemagne. Au passage on notera que les jusqu’au- boutistes  de la CGT et de FO, qui ne signent jamais quoi que ce soit, n’ont guère fait avancer les choses avec cette stratégie constamment négative.

De même, on n’a pas besoin d’être un grand spécialiste des relations sociales, pour comprendre que c’est au niveau des branches que l’on peut déterminer plus facilement les possibilités de création d’emplois, et non pas au niveau global. La centralisation c’est bien aux yeux de la CGT, mais c’est complètement dépassé dans une économie mondialisée. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Fermons la parenthèse pour noter qu’il était de toutes façons impossible pour le patronat de s’engager sur des objectifs chiffrés, y compris au niveau des branches.

On embauche quand les carnets de commandes sont pleins, et que ces commandes portent sur des produits dégageant beaucoup de trésorerie. C’est aussi de cette manière que l’on peut vraiment faire de la recherche et du développement, afin de pouvoir se lancer à la conquête d’autres marchés avec de nouveaux produits. C’est surtout ainsi que nos entreprises pourront retrouver de la compétitivité, et celle-ci passe par une reconstitution des marges, celle-ci étant favorisée dans un premier temps par une baisse des charges. Enfin, avant de critiquer quelque chose qui n’est encore qu’à l’état de projet, attendons de voir comment évolueront les choses, et réjouissons-nous de voir que le président de la République veut essayer d’aller de l’avant, ce que personne n’a fait depuis des lustres...en particulier l’UMP qui a pourtant eu le pouvoir pendant 10 ans entre 2002 et 2012.

Et puisque je parle de l’UMP, je voudrais en profiter pour écrire que ses dirigeants et ses militants reçoivent de plein fouet un certain nombre de nouvelles qui ne sont pas faites pour leur donner le moral. D’abord l’INSEE vient d’annoncer que le taux de chômage, au sens du Bureau International du Travail, a très légèrement baissé au quatrième trimestre, avec de surcroît une amélioration déjà entrevue précédemment sur le chômage des jeunes (moins de 24 ans) qui a reculé de 2.6% sur un an. C’est quand même une bonne nouvelle, même si évidemment cela demande confirmation. En revanche l’UMP et ses militants ne sont pas contents du tout. La preuve, J.F. Copé (mais qui aujourd’hui écoute J.F. Copé ?) recommande au gouvernement « de faire profil bas et de ne pas mentir à tous les Français qui sont touchés de plein fouet par le fléau du chômage ». Quant aux forumers (par exemple ceux du Figaro), ils lancent leurs salves de poncifs, qui en traitant le gouvernement « d’enfumeurs », ou qui parlant de « tripatouillages » dans les chiffres, récitant une leçon bien apprise.

Il est vrai qu’être militant à l’UMP, voire à l’UDI ne doit pas être très confortable par les temps qui courent. Ce doit même être horrible, avec ces deux derniers jours en plus de cette statistique sur le chômage ô combien dérangeante, l’affaire Buisson sur laquelle je me m’étendrais pas, car je n’aime pas parler de ce genre de choses...qui ne peuvent profiter qu’au Front National. Comme si ce parti avait fait ses preuves dans les villes où ses candidats ont été élus ! Cela étant, là aussi un forumer du Figaro n’hésite pas à affirmer que l’affaire Buisson est « une affaire politico-médiatique montée par des officines socialistes pour encore stigmatiser l’ancienne majorité ». Rien que ça ! Quand on lit de pareilles sottises, on se dit facilement que la politique ne rend pas intelligent, et en écrivant cela je suis gentil.

Un dernier mot enfin pour noter qu’on n’entend plus du tout parler du MoDem. Au fait existe-t-il encore, maintenant qu’il s’est fondu dans l’UDI ?  Et dire que des dizaines de milliers d’entre nous ont milité pour un parti qui se proposait de faire de la politique autrement ! Il semble déjà que cela fait une éternité, et le pire est que F. Bayrou n’est même pas sûr de devenir maire de Pau, après être passé avec armes et bagages dans les rangs de l’annexe de l’UMP. Si j’emploie le mot « annexe », c’est parce que l’UDI  n’existe que grâce aux accords passés avec l’UMP…qui sont loin d’être une garantie de succès aux élections municipales. Ah, la politique !

Michel Escatafal

23/11/2013

Les Français plus sévères pour F. Hollande que les étrangers

Je me demande si la France n’est pas le pays qui compte le plus d’économistes…si l’on en croit les réflexions des uns et des autres sur les chaînes infos ou sur les forums des journaux. Pour avoir travaillé toute ma carrière dans l’économie et la finance, je suis évidemment stupéfait de lire autant d’âneries en provenance de gens qui n’y connaissent rien, mais qui portent des jugements intempestifs sur tout ce qui concerne la politique et l’économie. Je sais, on va me dire que chacun a le droit de parler ou de donner son opinion, mais en revanche il faut savoir être objectif et voir d’où viennent les multiples problèmes qui affectent l’économie française et notamment sa compétitivité. Or de cela personne ne se soucie.

Reconnaissons d’abord que la crise est toujours là, et qu’elle n’est pas finie, même si cela va un peu mieux, ou plutôt même si l’on semble avoir touché le fond dans la zone euro, celle qui nous intéresse en priorité. Une zone euro où le poids de l’Allemagne est très important, ce qui a ses inconvénients…et ses avantages. Et à propos de ceux-ci, il faut parler au futur, puisque cette fois c’est presque acquis, l’Allemagne va avoir son SMIC. Certes il ne va pas être très haut, environ 8.50 euros (contre 9.43 en France), mais c’est déjà quelque chose d’important, dans la mesure où cela va donner du pouvoir d’achat à de nombreux travailleurs qui travaillent souvent …pour la moitié de ce futur SMIC.

Bien sûr on va me dire que je suis naïf de croire à cela, dans la mesure où nombreux sont ceux qui disent en Allemagne qu’avec ce SMIC ce sont des dizaines ou des centaines de milliers de chômeurs que l’on va créer, parce que de nombreuses entreprises vont délocaliser. Facile à dire, mais délocaliser où ? Y-aura-t-il dans d’autres pays à la main d’œuvre beaucoup moins chère les mêmes infrastructures, les mêmes facilités qu’en Allemagne pour des fabrications "haut de gamme", l’Allemagne ne fabriquant pas des tee-shirts comme le Bangladesh ? On peut en douter, mais c’est un fait que l’Allemagne a bel et bien bénéficié du dumping social que connaît ce pays depuis une dizaine d’années. Va-t-elle moins exporter ? Peut-être, car ce nouveau SMIC va augmenter le coût du travail. En revanche, comme le pouvoir d’achat des Allemands va s’améliorer ils vont consommer plus. Mais que vont-ils consommer en plus ? Des produits qu’ils vont importer d’Europe ou d’ailleurs ? Sans doute, et ce sera toujours un plus pour les entreprises qui seront bien positionnées sur ce marché, lequel sera moins fermé qu’auparavant.

Tout cela provoque l’ire du patronat allemand, qui crie au loup comme il ne l’a pas fait depuis bien longtemps…ce qui montre que son intérêt passe avant tout. En tout cas, nous Français, sommes heureux que le SPD ait fait monter les enchères dans ses négociations avec Angela Merkel et la CDU pour former un gouvernement de coalition. Espérons que la prochaine fois les électeurs s’en souviendront…ce qui n’est pas garanti d’avance si les choses ne se passent pas aussi mal que le prévoient les conservateurs en Allemagne. Après tout, tout le monde avait hurlé dans le patronat allemand quand Willy Brandt avait provoqué une réévaluation du deutschemark en 1969, alors que l’économie allemande tournait à plein régime. Cela avait surtout permis à l’ancienne RFA de faire les efforts d’investissement nécessaires pour pallier cette baisse de compétitivité que venait d’imposer le chancelier social-démocrate…et permettre à l’industrie allemande de sortir plus forte après cet épisode, et d’être mieux placée pour bénéficier de la nouvelle richesse des pays du Golfe après le premier choc pétrolier. C’est de l’histoire, mais l’histoire est un éternel recommencement, ne l’oublions pas !

Les Français vont-ils réellement profiter de cette nouvelle donne allemande ? Là est toute la question, même si nos exportations seront facilitées par une hausse du coût du travail en Allemagne. Elles le seront d’autant plus si ledit coût du travail n’augmente pas dans notre pays, ce qui signifie qu’on ne pourra pas donner un coup de pouce au SMIC en fin d’année. Et si je dis cela, c’est surtout parce que la France accuse un retard considérable par rapport à notre voisin rhénan en termes d’innovation, surtout au niveau des PME. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement, puisque l’Etat a préféré dépenser des dizaines de milliards entre 2007 et 2010 pour accorder des cadeaux fiscaux, au lieu d'aider à la recherche? Résultat, aujourd’hui tout cela se paie, et se paie au prix le plus fort. Nous ne sommes plus compétitifs par rapport à nos voisins, notre solde commercial reste très dégradé, et, malgré des hausses d’impôts considérables, notre déficit budgétaire ne baisse que dans des proportions insuffisantes pour nous octroyer des marges de manœuvre, pourtant tellement nécessaires, en attendant un retour marqué de la croissance.

Voilà où en est notre pays, et tout cela n’est pas uniquement la faute de F. Hollande, parce qu’il n’est au pouvoir que depuis moins d’un an et demi, et ce n’est pas dans un tel laps de temps que l’on redresse un pays. Il n’y a que les forumers et les économistes du Café du commerce pour le croire ! En revanche, les économistes américains sont nettement moins sévères avec notre président que ne le sont les économistes français…ce qui ne surprendra personne. Les économistes allemands sont également très sévères avec la politique menée en France, celle-ci étant citée en exemple pour l’argent distribué aux plus défavorisés. Au passage, on observera que la France a une croissance meilleure que les Pays-Bas, pourtant réputés pour leur bonne gestion et d’ailleurs notés AAA, une notation que nous avons perdue depuis bientôt deux ans, ce qui est corrigé par les marchés, puisque les Pays-Bas empruntent à des taux très voisins des nôtres (à peine 15 points de base d’écart sur le 10 ans).

Cela m’amène à souligner cette remarque du Canard Enchaîné de cette semaine, à propos de la popularité de F. Hollande…aux Etats-Unis. Autant son prédécesseur pesait peu face aux Américains en ce qui concerne la politique étrangère (Sarkozy en avait-il une ?), autant F. Hollande prend du poids sur cet aspect de sa présidence, suite à l’intervention de la France au Mali, mais aussi à ses dernières prises de position sur l’Iran, au point de voir son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, être appelé « Petit Satan » par les Iraniens. Autant d’éléments qui font plaisir à nombre d’Américains, plutôt inquiets de voir B. Obama être prêt à concéder beaucoup à l’Iran, sans doute au nom des intérêts économiques.

Au fait, à part les 300 ou 400.000 lecteurs du Canard Enchaîné qui a entendu parler de ce que je viens d’écrire ? Personne évidemment. On préfère citer H. Morin ou Christine Boutin affirmant que Hollande  pourrait ne pas finir son mandat, alors que cette question ne se pose en aucune façon. Pourquoi ne finirait-il pas son mandat ? Que je sache, il a bien été élu démocratiquement, ce dont sont tout à fait incapables Madame Boutin et H. Morin, qui pèsent environ 1% de voix à une élection présidentielle. Trop, cela devient trop ! Et tout cela pourrait finir par se retourner contre les contempteurs de F. Hollande, car n’oublions pas que les Français, comme les autres peuples vivant en démocratie, sont très versatiles…et la prochaine élection présidentielle est dans trois ans et demi. D’ici là…Petit rappel historique : Qui aurait parié un franc, en 1984, 1985 ou 1986, sur la réélection de F. Mitterrand en 1988? Très peu de monde. Qui aurait parié un franc ou un euro, en 1999-2000,  sur la réélection de J. Chirac  en 2002 ? Pas grand-monde. Qui aurait imaginé en 1979 ou en 1980 que V. Giscard d'Estaing serait battu par F. Mitterrand? Peu de monde. Alors, tous les espoirs sont permis à F. Hollande !  

Michel Escatafal