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04/02/2015

2015 sera l’année du Waterloo de N. Sarkozy, sauf si...

Que d’évènements depuis le début de l’année, certains horribles en France et ailleurs (Afrique et Moyen-Orient), d’autres que l’on pourrait qualifier de préoccupants ou de joyeux (c’est selon), sans parler des joutes politiciennes affligeantes, notamment dans notre pays, après la pause liée aux attentats contre Charlie Hebdo et  l’hyper marché casher ! Et puis il y a aussi N. Sarkozy qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le devant de la scène, parfois de manière ridicule (voir défilé du 11 janvier à Paris), parfois en faisant semblant de regretter certaines décisions prises, oubliées depuis longtemps (regret de ne pas avoir choisi le bon ministère lors du débat sur l’identité nationale). Un N. Sarkozy qui devrait  comprendre qu’il est en train de ruiner les chances de son parti sur le long terme. Certes, dimanche dernier ce n’était qu’une élection législative locale (dans le Doubs) pour remplacer P. Moscovici parti à la Commission européenne, mais force est de constater que l’UMP vient de subir une terrible défaite à Montbéliard, la première depuis 2012. 

Quand j’emploie le mot « terrible » c’est pour montrer à quel point le coup est dur à encaisser pour l’UMP et son nouveau président. De quoi semer le doute pour ses fans de l’UMP qui l’ont élu en novembre dernier à la présidence du parti…sans se rendre compte que les Français ne veulent plus de lui dans leur grande majorité. Du coup, cette défaite cinglante est même en train de remettre encore un peu plus en selle un F. Hollande qui n’en demandait pas tant. Ce n’est pas pour rien  si ce dernier n’a jamais essayé de contrarier un tant soit peu le retour de son meilleur ennemi, lequel une fois de plus a sous-estimé son rival de 2012, moqué par un peu tout le monde à l’UMP, à commencer par le propre entourage de N. Sarkozy, mais infiniment plus habile politiquement que lui. F. Hollande ne l’oublions pas, n’est pas qu’un énarque surdiplômé, c’est aussi un animal politique redoutable sous des airs parfois un peu ballots.

Cela dit les militants ou sympathisants de l’UMP peuvent encore rectifier le tir lors des primaires de 2016, car s’ils ne le font pas ils risquent fort de se retrouver Gros-Jean comme devant avec leur candidat éliminé du premier tour de la présidentielle 2017. Cela ne surprendra que ceux qui sont aveuglés par l’omniprésence de leur champion dans les médias et par ses effets de manche. Mais les autres, tous les autres…Même dans son parti les meilleurs soutiens de N. Sarkozy commencent à se défier de lui, au point de voir sa position sur le second tour de l’élection dans le Doubs dimanche prochain être mise en minorité. Quel coup terrible pour celui qui croyait recevoir l’onction de tout le monde pour mettre en rangs serrés l’UMP, une fois celle-ci reconquise ! On a comme l’impression que cette sorte de « retour de l’Ile d’Elbe » est en train de se transformer en Waterloo. A la différence de Napoléon, si j’ose la comparaison, N. Sarkozy n’est plus attendu par personne à part peut-être Brice Hortefeux, lequel n’a évidemment strictement rien à voir avec le maréchal Ney. Même P. Balkany semble s’éloigner de celui qu’il considérait il y a peu encore comme un grand chef. Résultat, après cette élection de novembre qui allait permettre à l’UMP de redevenir un parti conquérant, on constate qu’aujourd’hui c’est la chienlit dans le premier parti d’opposition au Parlement, je précise bien au Parlement car ce n’est plus le cas dans les urnes.

Et ce n’est pas le triste épisode d’hier au Bureau politique de l’UMP qui va redorer le blason de cette formation de plus en plus minée par les rivalités de personnes, plus encore sans doute qu’elle ne l’était du temps où J.F. Copé en était le président. C’est dire !  Et ce n’est pas fini, car les primaires de l’année prochaine vont encore accentuer les clivages entre des gens comme Alain Juppé, NKM, D. Bussereau ou B. Apparu, qui n’hésitent pas à manifester leur opposition claire et nette au Front National en indiquant qu’ils voteraient PS s’ils étaient électeurs dans le Doubs, comme d’ailleurs tous les centristes (UDI et MoDem), ou encore F. Fillon qui devient de plus en plus libéral sur le plan économique et de plus en plus droitier sur le plan politique, au point de prôner à présent le « Ni-Ni » de J.F. Copé, vote qu’il abhorrait en 2011…et qui l’a emporté hier face à la position de N. Sarkozy. Une position peu claire il est vrai, pour ne pas dire incompréhensible, qui ressemble beaucoup  à son manque de courage sur le mariage pour tous. En effet, la position du nouveau président de l’UMP est de laisser le choix aux électeurs de voter blanc ou PS, ce qui est la variante la plus pleutre du « ni-ni », une position qui a le don de s’attirer des ennemis de tous bords, notamment à droite. On comprend qu’avec un leader pareil à l’UMP, les socialistes recommencent à y croire, mais à qui la faute ? Après tout les militants qui l’ont élu en novembre ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes ! Et comme le disait ces derniers jours F. Bayrou, ce n’est pas lui qui a fait battre N. Sarkozy en 2012, mais N. Sarkozy lui-même.

En tout cas, tous ceux qui ne veulent plus jamais voir N. Sarkozy comme président de la République, notamment à droite, savent ce qu’il leur reste à faire : l’éliminer lors des primaires de 2017, en allant voter pour A. Juppé, seule vraie chance d’un retour de la droite au pouvoir en 2017, même s'il subit et subira les foudres de quelqu'un comme P. Balkany ou encore de L. Wauquiez.  Un dernier mot enfin, à l’intention de ceux qui comparent l’extrême-gauche et l’extrême-droite : si la gauche de la gauche pèse nettement moins de 10% dans notre pays, et n’ira jamais plus loin, le Front National représente sans doute plus de 25% des voix au plan national, ce qui n’est pas la même chose. J.L. Mélenchon et autres Cécile Duflot pèsent peu malgré leurs incantations, mais ce n’est pas le cas du Front National. Et les « ni-ni » versions Fillon ou Sarkozy ne sont  rien moins qu’un encouragement déguisé à voter FN, et donc à rassembler tout ce qui est très droitier dans le pays.

En évoquant les noms de Mélenchon et autres Cécile Duflot, on a presque envie de rire quand ils se sentent concernés par la victoire de Syriza et de son leader A. Tsipras, pour la bonne et simple raison que les nouveaux dirigeants grecs  sont à présent confrontés aux difficultés du pouvoir, dans un contexte autrement plus difficile que ceux que l’on a connus dans notre pays ces dernières années. Déjà, personne ne peut reprocher à A. Tsipras de vouloir donner à la Grèce un Etat digne de ce nom, capable de prélever l’impôt, tout en essayant d’améliorer le sort de millions de gens qui ont subi une profonde régression de leur niveau de vie. Après tout, est-ce tellement anormal de vouloir relever le salaire minimum de 580 à 751 euros…son niveau d’avant la crise, ou encore d’améliorer le sort des retraités ou de rétablir une pension de 300 euros pour les retraités non-assurés ? Sans doute pas, sauf que cela fait peur, non seulement au monde de la finance, mais un peu à tout le monde. La preuve, les Grecs retirent leur épargne des banques, pour ceux qui en ont, ce qui évidemment fragilise ces dernières.

Cela, J.L. Mélenchon ou Cécile Duflot, ne l’ont pas vu venir, car ces phénomènes ne se règlent pas à coup de déclarations aussi maladroites que ridicules. Fermons cette parenthèse, en attendant de voir les décisions que va prendre la BCE aujourd’hui sur les émissions de l'Etat grec, et celles qui sont à venir du côté de la Commission européenne, qui pourraient être moins directives et moins contraignantes pour les Grecs que celles de la fameuse troïka. Une troïka (Commission européenne, FMI et BCE), contestée d’ailleurs par le président de la Commission européenne, J.C. Junker, lequel souhaite que l’on trouve une solution acceptable pour tout le monde à commencer par les Grecs, sans que leurs dirigeants aient besoin de recourir aux menaces relatives à la dette de guerre de l’Allemagne à la Grèce (environ 50 milliards d’euros)…jamais remboursée. Gageons que l’on n’ira pas à ces extrémités et que tout le monde sera raisonnable, d’autant qu’A. Tsipras apparaît, je le répète une fois encore, plus responsable que ceux qui veulent surfer sur sa victoire, chez nous et ailleurs. De toute façon il ne peut guère faire autrement que composer avec les Européens, car en cas de rupture brutale avec ses créanciers, il aurait l’obligation de devoir se financer sur les marchés. Il faudra aussi qu’il apprenne à manier la diplomatie, car il apparaît inconcevable qu’il soutienne Moscou dans le conflit ukrainien.

Voilà quelques considérations sur la vie de notre pays et de l’Union européenne, en espérant que cette dernière finisse enfin par arriver à une union politique tellement nécessaire par les temps qui courent. S’il devait y avoir un élément d’espoir avec l’arrivée au pouvoir de la gauche dite radicale en Grèce, qui l’est beaucoup moins je le répète que le Front de Gauche ou certains écologistes dans notre pays, ce serait justement d’avoir commencé à convaincre les politiciens européens que l’Union en Europe est une nécessité, au moins pour les 19 pays de la zone euro. C’est sans aucun doute le seul moyen de contrecarrer la montée en puissance des populismes de droite et de gauche…tellement néfastes dans le contexte économique actuel. Ce n’est pas en sortant de l’euro que les Français vivront mieux! Ce n’est pas en fermant nos frontières que nos entreprises seront compétitives ! Ce n’est pas à coup de slogans que la France et  les autres pays de l’Euroland, retrouveront le chemin de la croissance et des excédents budgétaires ! Ce n’est pas, ce n’est pas…avec l’UMP version N. Sarkozy, avec le Front National,  avec le Front de Gauche, ou avec les écologistes version C. Duflot ou N. Mamère que l’on vivrait mieux en France ! En revanche je serais beaucoup plus optimiste si nous avions un gouvernement allant de l’UMP raisonnable ou si l’on préfère du centre droit au centre gauche en passant par le  centre tout court. Après tout les Allemands ont bien un gouvernement de coalition !

Michel Escatafal

 

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