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03/12/2014

Espérons que l’histoire ne soit pas un éternel recommencement !

Avant de commencer mon propos je voudrais évoquer deux choses qui concernent…le sport et aussi la politique. Tout d’abord le nouveau dérapage, après celui de Sagnol, d’un footballeur, en l’occurrence Emmanuel Petit, qui a osé dire ceci à je ne sais quel média : « Parfois, je me dis qu’en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd’hui. » Rien que ça ! Voilà ce que c’est pour un footballeur de vouloir parler de politique…alors qu’on ne lui a jamais demandé autre chose que de taper dans un ballon, lequel a du lui faire très mal à la tête pour en arriver à écrire pareille stupidité. Plus grave encore, beaucoup plus grave, car l’analyse politique d’un « footeux » ne vaut rien,  tellement cela relève de l’inculture et de l’imbécilité, je vais parler de ce que l’on appelle volontiers le mal français, à savoir cette extraordinaire difficulté qu’on a dans notre pays à construire ou réaliser quelque infrastructure. Entre les écologistes, la paperasserie sans fin, les atermoiements des politiques, on n’avance pas. Et comme on n’avance pas, les investisseurs finissent par en avoir assez et on finit par se détourner du premier projet, pour se rabattre sur un autre moins ambitieux en France ou en le faisant carrément à l’étranger. Si j’écris cela c’est parce que le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaifi, est en train de réaliser à quel point la France est un pays compliqué pour tout personne ou entité qui veut investir sur notre sol.

En effet, alors que le patron du PSG espérait pouvoir disposer, à partir de 2015, d’un centre d’entraînement pour son équipe digne des plus grands clubs de la planète sur un terrain de 100 hectares à Saint-Germain en Laye, nous apprenons que cela n’est pas du tout sûr que cela se fasse avant 2017…si cela se fait sur ledit terrain. Et tout cela parce que le PSG n’arrive pas à obtenir l’accord de l’Etat pour l’achat de ce terrain. A croire que l’on fait tout pour éviter d’être attractif et même compétitif ! La preuve : la simplification voulue par le gouvernement de Manuel Valls, au moment où l’on impose le compte pénibilité qui a le don de susciter l’ire des petits, moyens et grands patrons. Comment a-t-on pu inventer pareille usine à gaz ? Et cette invention ne date pas d’aujourd’hui puisqu’elle a été abordée pour la première fois lors de la réforme des retraites initiée par F. Fillon en …2003. Résultat, personne n’est content, on n’avance pas dans la simplification, bien au contraire, et surtout on dépense beaucoup d’énergie sur le sujet, contrairement à ce qui se passe ailleurs, aucun pays étranger n’ayant mis en place une mesure similaire. Voilà, on nage en plein délire, ce qui ne peut que faire dire à Marine Le Pen, qu’entre l’UMP et le PS, il n’y a quasiment aucune différence…ce qui est (presque) vrai.

Mais le pire est que ce sujet ne préoccupe la presse que moyennement, du moins ces derniers jours, car on ne parle que de N. Sarkozy. A croire que dans ce pays, il n’y a pas de sujets plus sérieux que ce retour dans l’arène politique…que n’a jamais réellement quitté l’ex-président. En effet, alors qu’il avait promis qu’il quitterait la politique s’il était battu en 2012 à l’élection présidentielle, il vient d’être élu président de l’UMP. On observera à ce propos la différence avec un certain L. Jospin, lequel a effectivement abandonné  la politique depuis sa défaite à la présidentielle de 2002. Fermons la parenthèse, pour noter en premier lieu combien ce retour complique la vie de la droite républicaine, au point même de redonner de l’espoir aux socialistes, ces derniers se disant que si des résultats économiques apparaissent fin 2015 ou courant 2016, tout espoir de garder le pouvoir n’est pas perdu. Et oui, c’est cela le paradoxe de l’UMP, formation qui, sans N. Sarkozy, a remporté haut la main les élections municipales en 2014, et quasiment toutes les élections partielles depuis 2012. Une formation qui, après des primaires ouvertes comme tout le monde semblait d’accord pour les organiser en 2016, avait 99 chances sur 100 de remporter les élections présidentielles et législatives de 2017, quelque soit le candidat…sauf si ce dernier s’appelle Sarkozy.

La preuve de la véracité de mes dires, c’est qu’à peine élu, le nouveau président de l’UMP a déjà écarté la possibilité d’ouvrir ces primaires au MoDem et à tout ce qui n’est pas UMP ou à la rigueur UDI. N. Sarkozy veut bien être un rassembleur, mais autour de sa seule personne et à ses conditions. Bref, N. Sarkozy va essayer par tous les moyens d’éviter l’exercice démocratique mis en œuvre par le PS en 2011, et que souhaitent tous ses potentiels concurrents, à savoir une élection où pourraient voter tous ceux qui partagent les valeurs de la démocratie. Pour N. Sarkozy, une élection ne peut pas être complètement ouverte…parce que trop périlleuse pour lui. Problème, et c’est essentiel dans la perspective de 2017, ses concurrents ne semblent pas vouloir se laisser faire. Et même ceux qui ne le sont pas, comme J.C. Lagarde le président de l’UDI, ne veulent pas que cette élection primaire soit limitée à l’UMP et l’UDI. J.C. Lagarde a en effet souligné que le MoDem était bien évidemment concerné par cette désignation du candidat de la droite parlementaire à l’élection présidentielle de 2017.

En fait, et c’est sans doute le plus rassurant, le fait que la victoire de N. Sarkozy ait été étriquée pour une élection de ce type (moins de 65% des voix), lui a enlevé une bonne partie de sa crédibilité en vue d’un retour à l’Elysée. Moins de 65% des 158.000 votants cela ne fait pas la majorité des adhérents ! Si j’écris cela, c’est en pensant à certains de ses collaborateurs ou fans qui ne cessent d’affirmer que F. Hollande n’a pas été élu par plus de 50% des votants à l’élection présidentielle de 2012, oubliant que là c’est bien pire. Cela étant N. Sarkozy et ses fans ne sont pas à ça près, comme on a pu le constater tout au long de cette campagne, où il a bénéficié d’une couverture des médias infiniment supérieure à celle de ses concurrents…ce qui n’a pas empêché B. Le Maire de réaliser un score de presque 30%. A propos de B. Le Maire, j’espère qu’il ne fera comme D. de Villepin, et qu’il ne se ralliera pas sans gloire à l’ancien président de la République.

Pour ma part je n’y crois pas, car ce serait pour lui une manière d’insulter l’avenir, et il en a sans doute beaucoup plus qu’on ne l’imaginait avant cette élection, plus sans doute que Xavier Bertrand et que les potentiels rivaux sarkozystes de sa génération, tels Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez ou François Baroin, à propos duquel je m’interroge dans la mesure où j’ai du mal à comprendre son soutien à N. Sarkozy…sauf à avoir surestimé la réelle force de ce dernier dans l’opinion. Car, qu’il le veuille ou non, N. Sarkozy peut très bien être battu en 2017, même s’il est désigné  candidat UMP à l’issue de primaires assez fermées. D’abord parce qu’il aura fatalement un autre candidat de droite ou du centre face à lui, ce qui ne lui garantirait pas le second tour. Ensuite, parce que Marine Le Pen pourrait l’emporter dans le cadre d’un second tour entre elle et N. Sarkozy. Qui peut affirmer que la gauche ferait ce qu’elle a fait en 2002 avec J. Chirac ? Personne, parce que J. Chirac était infiniment moins clivant que N. Sarkozy, et parce qu’il sortait d’une cohabitation certes difficile pour lui, mais pas meurtrière avec  L. Jospin. Enfin, face à J. Chirac il y avait J.M. Le Pen, lequel avait une image que n’a pas sa fille.

Si N. Sarkozy est face à Marine Le Pen dans le cadre d’un second tour présidentiel en 2017, la candidate du Front National retrouvera au second tour toutes ses voix du premier tour, plus celles des souverainistes de droite, plus peut-être celles de candidats se situant à l’extrême gauche. Après tout, nombre d’anciens communistes votent aujourd’hui pour le Front National, comme c’est le cas pour des ouvriers et des petits paysans. En revanche je doute que N. Sarkozy puisse espérer avoir les voix des socialistes, sur lesquels il a tellement vociféré, ou même des centristes du MoDem qu’il veut évincer des primaires. Et tout cela fait du monde. Au contraire, A. Juppé, mais aussi F. Filloin, B. Le Maire ou X. Bertrand, pour ne citer qu’eux, ne pourraient que triompher facilement face à Marine Le Pen, le réflexe républicain jouant à fond dans ce cas de figure. Quand j’écris que N. Sarkozy est le plus vulnérable des candidats de la droite républicaine, n’ai-je pas raison ? Si, bien évidemment, et c’est d’une logique implacable, d’autant qu’il n’a vraiment pas changé depuis 2012…et je suis gentil. Avec lui tout rassemblement des Français pour mettre en œuvre les réformes dont le pays aurait besoin est une vue de l’esprit. Est-ce qu’un authentique rassembleur aurait accepté les sifflets de ses fans à Bordeaux, alors qu’il tenait meeting dans la ville du fondateur de l’UMP ? Poser la question, c’est y répondre.

Michel Escatafal

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