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31/08/2014

Le PS à la Rochelle : un spectacle déprimant

Décidément la vie politique française est en train de tourner à la pantomime, avec de très mauvais acteurs, et ce n’est pas l’Université d’été du Parti socialiste qui nous fera croire le contraire. En effet, voilà un parti qui est au gouvernement du pays dans des conditions extrêmement difficiles, en raison d’une crise profonde qui s'éternise en Europe, et nombre de parlementaires socialistes font tout pour faire échouer le gouvernement qu’ils sont censés soutenir. Pire encore, ils font en sorte que le président de la République et son Premier ministre ne puissent pas réaliser les réformes…souhaitées par une majorité de Français. En fait, la véritable opposition à Manuel Valls, ce sont les fameux « frondeurs » du Parti socialiste, alors qu’en toute logique la véritable opposition devrait être l’UMP. Mais cette formation politique est tellement cabossée, tant d’un point de vue politique avec ses multiples hommes ou femmes « providentiels », que d’un point de vue financier avec un endettement colossal, qu’elle ne peut guère peser sur la vie politique du pays qu’à travers quelques remarques aussi sommaires que simplistes. C’est d’ailleurs pour cela que des socialistes raisonnables en arrivent à dire que, finalement, ce n’est pas l’UMP qui gêne le gouvernement, mais nombre de parlementaires socialistes qui, comme je l’écrivais dans un article précédent, ne pensent qu’à leur réélection.

Simplement, je rappelle une fois encore, qu’en cas d’élections anticipées, la plupart de ces « frondeurs » perdront leur mandat, et ils le perdront d’autant plus que les Français ne voudront en aucun cas leur faire de nouveau confiance, parce qu’ils auront empêché la réalisation de toutes réformes utiles. Si j’écris pareille chose, c’est parce que les Français commencent à comprendre que le système dans lequel nous vivons, en dépensant plus qu’on ne gagne, n’est pas viable. Ils en sont d’autant plus conscients qu’ils voient leurs usines fermer les unes après les autres dans les petites villes, là où leur famille avait toujours travaillé, parce que ces unités de production ne sont plus capables de vendre leurs produits en France ou à l’étranger. Et pourquoi ne vendent-elles plus ? Parce qu’elles ne sont plus compétitives, faute d’avoir évolué comme cela s’est fait dans d’autres pays  en Europe et ailleurs. Résultat, la France qui n’avait pas de déficit commercial jusqu’en 2005 s’est retrouvé en fin 2011 avec un solde négatif de 74 milliards d’euros, puis de 67 milliards en 2012 et enfin 61 milliards en 2013.

Bien évidemment les « frondeurs » ne vont pas faire de longs commentaires sur ces chiffres, sauf à accuser l’appréciation de l’euro…dont s’accommodent parfaitement d’autres pays, à commencer  par notre voisin allemand. En réalité ce décrochage de la France dans la compétition internationale résulte uniquement d’un problème d’adaptation à l’évolution de l’économie mondiale, et plus particulièrement à deux éléments qu’on ne souligne jamais assez, à savoir un déficit d’innovation et un coût du travail trop élevé. Alors imaginons ce que cela donnerait si on portait le SMIC à 1500 euros, comme le clamait J.L Mélenchon, lequel au passage est en train de se faire voler la vedette par le plus célèbre des nouveaux « frondeurs », A. Montebourg. Fermons la parenthèse pour dire à nouveau que les Français commencent à comprendre que des changements sont nécessaires dans leur façon de voir les choses, au point d’être 62% à être favorables à un aménagement des fameuses 35 heures…mises en œuvre à l’époque par Martine Aubry, laquelle est aussi en train de rejoindre le clan des « frondeurs », espérant elle aussi en tirer parti en cas de désastre électoral en 2017 ou avant.

C’est d’ailleurs triste de voir à quel point les « frondeurs » ont des visées différentes, selon que l’on appartient au groupe des députés (ou si l’on préfère des parlementaires) ou à celui des têtes d’affiche du Parti socialiste. Les uns veulent uniquement montrer qu’ils sont hostiles aux mesures décidées par F. Hollande et M. Valls…afin de montrer à leurs électeurs (dans les circonscriptions) qu’ils étaient en désaccord, se disant que cela sera suffisant pour qu’on vote de nouveau pour eux (ils peuvent toujours rêver !), les autres se plaçant pour 2017 ou 2022. Pour ces derniers, il faudra quand même qu’ils composent avec M. Valls, lequel se fera fort d’avoir osé envisager ou mis en place des réformes qu’on n’a jamais faites depuis des décennies. Si je suis prudent dans mes termes (envisager ou mis en place) c’est uniquement parce que personne ne peut être sûr que la législature aille à son terme. A ce propos, si le gouvernement Valls ne se voyait pas accorder la confiance pour mettre en œuvre sa politique sociale-libérale, le Premier ministre se ferait fort de mettre en avant ce fait pour montrer que sa volonté réformatrice a été condamnée par sa majorité…et l’opposition UMP, laquelle serait bien embêtée pour expliquer aux électeurs qu’elle a refusé de soutenir le gouvernement pour supprimer les seuils sociaux, pour mettre en place le contrat unique ou finir de détricoter les 35 heures.

Et oui, c’est ça la politique, et c’est pour cela que les Français sont tellement méfiants  vis-vis des partis politiques, 37% seulement les trouvant « utiles », si l’on en croit un sondage récent. Du coup, il ne reste plus que les idolâtres UMP ou socialistes et les admirateurs de Marine Le Pen, laquelle peut tisser tranquillement sa toile nationaliste et rétrograde. Laquelle peut aussi se permettre de donner des leçons de légitimité constitutionnelle à l’UMP, en affirmant qu’elle serait prête à gouverner et à cohabiter avec F. Hollande en cas de victoire à des législatives anticipées, ce que l’UMP refuserait, alors qu’elle a déjà cohabité avec F. Mitterrand (1986-1988 et 1993-1995) , et que J. Chirac a cohabité avec L. Jospin (entre 1997 et 2002). Si ce n’était pas aussi triste, on pourrait presque trouver amusant de donner à Marine Le Pen un brevet de bonne conduite constitutionnelle face à un parti qui a gouverné, sous diverses appellations (UNR, UDR, RPR, UMP), le pays pendant près  de 35 ans depuis l’avènement de la Cinquième République ! Rien qu’à travers cette phrase, on comprend que tout ce qui n’est pas militant d’une formation politique ne croit pas ou plus aux politiciens qui dirigent les partis politiques, qu’ils soient bleus marine, bleus horizon, bleus clair, oranges si ça existe encore, roses très clair, roses, verts, roses foncés,  rouges ou rouges vifs.

Michel Escatafal

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