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27/06/2014

Le retour de N. Sarkozy, les affaires, le sentiment d'impuissance...

"La meilleure façon de combattre les extrémistes, c'est de les laisser aller au pouvoir pour que les gens comprennent que, en plus de leur fanatisme, ils sont nuls". Voilà une phrase bien sentie de Nicolas Sarkozy, qui, apparemment, a une culture historique assez limitée. Les Allemands et autres Italiens, Grecs et Russes ont payé au prix fort l’arrivée au pouvoir de ces fanatiques. Passons, parce que dans son désir de vouloir à tout prix retourner en politique, et jouer les sauveurs de la France, l’ancien président de la République finit par lasser tout le monde…à commencer par nombre de ses « amis »UMP, par exemple Xavier Bertrand qui affirme haut et fort qu’il « n’y a pas d’homme providentiel aujourd’hui à droite ». Et pour enfoncer un peu plus le clou, le même Xavier Bertrand n’hésite pas à dire que N. Sarkozy «  ne changera jamais », persuadé que les promesses qu’il recommence à faire n’auront pas plus d’effet que celles qu’il avait faites en 2007. Il est vrai que l’ex-président y va fort, puisqu’il veut tout simplement réinventer le modèle démocratique français. Incroyable, mais vrai ! En outre, X. Bertrand rappelle que l’ancien chef de l’Etat avait annoncé « vouloir se retirer de la vie politique ». Autre promesse non tenue, bien évidemment ! Mais X. Bertrand n’est pas le seul à penser tout ça, puisque Bernard Debré a qualifié N. Sarkozy de « branche morte », « en train de pénaliser largement son camp ». Bref, ils sont de plus en plus nombreux à l’UMP à penser la même chose, surtout avec l’affaire des comptes de la campagne présidentielle 2012 qui n’en finit pas d’apporter de nouvelles révélations sur son coût réel. Une affaire gravissime, bien plus grave que l’affaire Cahuzac, pour aussi lamentable qu’elle ait pu être, parce qu’elle concerne l’élection de celui qui doit conduire le pays pendant cinq ans.

Au fait, comment a-t-il été conduit ce pays entre 2007 et 2012, par le futur possible revenant ? On connaît tous la réponse, sauf à faire partie des « sarkolâtres », heureusement de moins en moins nombreux. Ceux-là, contrairement aux gens lucides de l’UMP, n’ont toujours pas compris que leur champion n’a quasiment rien de positif à mettre à son actif en tant que président de la République. En plus, il y a tellement de clivages aujourd'hui à l'UMP, que cette formation politique est en grand péril en ce qui concerne son unité, sans parler bien sûr des problèmes financiers qui l'assaillent. Comment dans ces conditions l’UMP pourrait remplir son rôle d’opposant sérieux et crédible ? Certes avec des gens comme A. Juppé, Bruno Lemaire, Nathalie Kosciusko-Morizet, F. Fillon  ou Xavier Bertrand elle dispose de personnalités honorables capables de mener le combat politique, mais force est de reconnaître que N. Sarkozy est en train d’achever la mise à mort du parti qui l’a fait élire en 2007…ce qui n’est vraiment pas bon pour la démocratie. N’étant ni socialiste, ni UMP, j’ai le droit d’écrire pareille chose, et, en écrivant cela, je ne fais que reprendre ce qui est repris par une immense majorité de Français. Des Français qui ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de moi, y compris ceux qui travaillent. Que peuvent-ils penser quand ils apprennent (site de Libération du 22 juin) que le meeting de Bordeaux de mars 2012, organisé au profit du candidat Sarkozy, a coûté 100.000 euros…rien que pour la vidéo ? On croit rêver !

En tout cas, si le retour en politique de l’ancien maire de Neuilly est de plus en plus aléatoire, cela ne va pas attrister les grands dirigeants de ce monde, comme en témoignent les réflexions faites par Hillary Clinton à propos de N. Sarkozy, notamment celle relative au fait qu’il aime « les ragots, traite les autres dirigeants de fous ou d’handicapés ». Incroyable, mais vrai !!! Mais pour qui se prenait-il ? Quel manque de respect aussi vis-à-vis de la Suisse, quand il a dit dernièrement, alors qu’il était invité à faire une conférence dans ce pays, "qu’un pays ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année". Désolé, mais sur ce plan, son successeur a un autre comportement, plus dans la tradition de la diplomatie de la France. Certes sa position est affaiblie par l’état dans lequel se trouve notre pays, auquel son prédécesseur n’est pas étranger, mais il tient son rang sur la scène internationale plutôt honorablement. Il le tient d’autant mieux qu’il est seul sur la scène européenne à engager la France à lutter contre les groupes armées qui déstabilisent le continent africain, ce dont personne ne parle. En revanche on ne parle pas suffisamment de l’héritage laissé par celui qui voudrait être le « sauveur de notre pays », ce qu’il ne pourrait être en aucun cas. En fait les seuls qui l’affirment sont ses fans, qui réagissent comme les fans du football ou de Formule 1, qui ne voient rien d’autre que leur idole, quoi qu’il fasse ou ait pu faire.

En revanche, le programme de F. Fillon pour les primaires de l’UMP en 2017 est assez alléchant…s’il devait le tenir. Certes il a contre lui d’avoir été Premier ministre de N. Sarkozy, ce qui est quand même gênant, mais avait-il la réalité du pouvoir ? Très certainement NON, ce qui faisait une raison toute trouvée pour démissionner de ses fonctions au bout de deux ans par exemple, au lieu de s’accrocher à son poste. Malgré tout, s’il devait appliquer quelques unes  des réformes qu’il veut faire, il aurait des partisans plus nombreux qu’on ne l’imagine. Par exemple la suppression des 35h, chaque entreprise pouvant fixer librement sa durée du travail par accord majoritaire. Ou encore  simplifier le code du travail, amplifiant ainsi le travail déjà amorcé par le pouvoir actuel, sans parler du relèvement des seuils sociaux et du retour à 65 ans de l’âge de la retraite. Enfin, il y a surtout le fait qu’il se propose de faire tout cela dès les premiers mois de son quinquennat, pour éviter de tomber dans les travers de François Hollande, qui s’est décidé à prendre le taureau par les cornes pour redresser le pays au bout de deux ans de pouvoir. Deux ans de perdus, pour avoir voulu ménager les écologistes, l’aile gauche du PS ou les communistes, ce qui était peine perdue compte tenu de l’idéologie qui préside à la réflexion de ces politiciens, « qui ne pèsent pas plus que leur poids qui n’est pas lourd », pour reprendre une phrase culte du général de Gaulle.

Cela dit, même si F. Fillon a les meilleures intentions pour sortir notre pays de la crise, il faudra financer ces mesures, notamment les 50 milliards d’allègement de cotisations des entreprises. Certes il veut baisser les dépenses publiques à hauteur de 20 milliards par an, de même qu’il veut augmenter la TVA de 3 points, mais est-ce réellement la solution ? En outre, les Français vont se sentir très vite maltraités, avec tous les risques que cela suppose sur le plan social, ce que lui fera remarquer son futur rival pour les primaires A. Juppé, lequel avait essayé de mettre en place certaines réformes…qui, en 1995, quand il était Premier ministre de J. Chirac, avaient mis des millions de gens dans la rue. Et oui, dans notre pays il est très difficile de changer les choses, y compris quand c’est fait par des gens élus se réclamant du pouvoir. Il suffit de voir ce qui est en train de se passer au Sénat pour la réforme territoriale, où nombre d’élus de tous bords font tout pour retarder ladite réforme, laquelle, il est vrai, semblait un peu sorti du chapeau d’un prestidigitateur. Alors, on imagine avec une vague sans précédent de libéralisme à la Thatcher ! Bon courage F. Fillon, d’autant que la politique n’est jamais absente des débats, surtout avec l’élection du président de la République au suffrage universel tous les cinq ans. Pourquoi n’a-t-on pas gardé le septennat, en le rendant non renouvelable ? C’est d’ailleurs peut-être la chance d’A. Juppé, car lui au moins aura plus de 70 ans s’il est élu à la présidence de la République, donc ne pourra pas postuler pour un autre mandat.

En attendant, le gouvernement vient de recevoir de plein fouet les chiffres du chômage de mai…qui sont une nouvelle fois très mauvais. Pourquoi ? Parce que la croissance est trop faible, nous dit le ministre du Travail, qui, d’ailleurs, ne veut plus commenter au mois le mois les chiffres du nombre de sans-emploi. Il est vrai que son patron, F. Hollande, s’était engagé avec beaucoup de légèreté à « inverser avant la fin de l’année (2013) la courbe du chômage ». Comment  a-t-il pu se livrer à pareil pronostic, même si F. Hollande sait bien que la confiance est un des moteurs de la croissance? Il n’empêche, la croissance ne peut-être forte que si, outre la confiance, l’environnement international est porteur…ce qui n’est pas vraiment le cas. Même l’Allemagne ne prévoit pas mieux que  1.8% pour cette année, loin des chiffres de la Grande-Bretagne qui prévoit 2.7% à 3%. Cela dit, les Britanniques sont loin de respecter les normes du Pacte de Stabilité puisque fin 2013 leur déficit public dépassait les 6% (6.3%), ce qui donne du grain à moudre à ceux qui en France ne veulent plus entendre parler de l’austérité, une austérité toutefois infiniment plus douce pour les Français que celle supportée par les Britanniques au début de la décennie 2010.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire aujourd’hui, même si je ne cesse de me sentir en décalage avec l’opinion. Mais au fait, de quelle opinion s’agit-il ? Je me pose la question, parce que je n’arrive pas à imaginer une nouvelle élection présidentielle avec N. Sarkozy comme candidat. Je ne peux pas imaginer qu’il puisse encore avoir beaucoup de partisans à l’UMP, étant entendu que les centristes ne se reconnaissent nullement en lui. Reste les adhérents ou proches sympathisants de l’UMP, de moins en moins nombreux toutefois, et pas seulement suite à l’affaire Bygmalion, qui demeurent, nous dit-on, d’irréductibles partisans de l’ex-président. En tout cas, pour ma part et à mon modeste niveau, je ferais tout mon possible pour éviter le retour de N. Sarkozy, parce que notre pays ne peut pas vivre comme l’Italie a vécu avec S. Berlusconi. Elle l’a payé d’un prix trop élevé à tous points de vue. Ah, si seulement les socialistes appliquaient le programme que F. Hollande avait prévu d’appliquer en début d’année, et qu’il aurait dû mettre en œuvre dès juillet 2012 ! Nous n’en serions sans doute pas à disserter sur un retour de l’Ex ! Et les  députés censés appartenir à la majorité s’y comporteraint comme tels. Comment des gens qui tirent à contre-courant du pouvoir qui les a placés là où ils sont, n’arrivent pas à comprendre qu’une alternance en 2017 les laisserait presque tous sur le carreau ? Combien de députés de gauche en cas de dissolution ? 50 au maximum. Va comprendre, comme dirait l’autre !

Michel Escatafal

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