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05/05/2014

Faire le buzz avec de mauvaises nouvelles...

Aujourd’hui 5 mai, j’en profite pour rappeler, comme je le fais chaque année, que c’est l’anniversaire de la mort de Napoléon (5 mai 1821), un jour après celui de l’exil  à l’Ile d’Elbe, dont on vient de fêter le bicentenaire. Quel rapport me direz-vous avec la politique en France aujourd’hui ? Aucun, simplement qu’il y a des dates dans l’histoire qui permettent de mesurer à quel point la gouvernance d’un pays est importante. Pour mémoire, je rappellerai que le règne de Napoléon fut une catastrophe sans précédent pour la France, à la fois sur le plan territorial et sur celui de l’économie…ce que tout le monde a oublié, l’imaginaire public ne retenant que les noms d’Austerlitz, Iena, Eylau, Wagram, Friedland ou la Moskowa, tout cela occultant presque la Beresina, Leipzig ou Waterloo. Preuve que l’objectivité n’a jamais vraiment eu cours dans l’histoire passée ou présente. Et force est de constater qu’en lisant et entendant tout ce qui se dit et s’écrit sur le pouvoir actuel, avec des moyens d’information autrement plus sophistiqués qu’aux derniers siècles passés, on a toujours les mêmes doutes sur l’objectivité des commentateurs, qu’ils soient journalistes, forumers ou clients du Café du commerce. Je ne mets d’ailleurs pas sur le même plan les uns et les autres, parce que si notre pays subit une terrible crise de confiance, c’est parce que ceux qui sont chargés de commenter l’information, le font toujours en faisant ce que l’on appelle le buzz avec des mauvaises nouvelles, ou avec des titres dans les médias qui ne sont pas toujours appropriés.

 

Le site web du journal Le Monde que j’ai parcouru ce matin en est d’ailleurs la preuve vivante, en titrant : « Déficit et dette : le dérapage français expliqué en graphiques ». Que va retenir le lecteur d’un tel titre ? Le mot « dérapage », ce qu’on a lu aussi un peu partout dernièrement, c’est-à-dire depuis que nous avons le chiffre définitif du déficit public de notre pays pour l’année 2013, à savoir 4.3%. Certes ce chiffre est peu glorieux, mais il est pour le moins incongru de parler de « dérapage », surtout si l’on sait que le chiffre de 2012 était de 4.9% et celui de 2011 de 5.2%. On me fera remarquer que le mot « dérapage » vient du fait que le gouvernement tablait sur un déficit 2013 de 4.1%, soit 0.2% de moins que le chiffre final. Pour autant, dans un pays où les gens sont peu endettés par rapport à ceux de la plupart des autres nations développées, même si l’endettement des ménages s’est beaucoup accru depuis 2010, avec un surcroît de confiance on pourrait   consommer davantage. Cela permettrait d’engranger de plus importantes rentrées fiscales, et c’est pour cela qu’on n’aurait pas dû souligner bruyamment le mot « dérapage ».   Les mêmes d’ailleurs qui parlent de « dérapage » semblent oublier que nous avions un déficit de 7% en 2010, soit 148.8 milliards d’euros, à comparer avec les 34.7 milliards d’euros de 2007 ou avec les 87.6 milliards de 2013. Bien sûr la crise est passée par là, mais tout de même, que le pouvoir de l’époque (2007-2012) ait fait comme si la crise n’existait pas en prenant des mesures démagogiques payées à crédit, par exemple la défiscalisation des heures supplémentaires sans aucune contrepartie, cela laisse pantois. Que dirait-on de nos jours si le binôme Hollande-Valls faisait de même ? Je n’ose l’imaginer.

 

Toujours à propos de la manière d’informer les gens, j’ai lu, toujours sur le net, un titre qui indiquait que le déficit public était « en baisse de 11.2% sur un an, mais en hausse de 38.8% sur dix ans ». Rien que ça ! Mais au fait pourquoi ne pas comparer avec 2010 ou 2011 ? On en devine évidemment la raison, on la devine d’autant plus que la comparaison est très défavorable…pour le précédent pouvoir UMP. Les médias auraient  pu aussi faire les gros titres sur le fait que l’ensemble des dépenses de l’Etat affiche une baisse de 3.4 milliards d’euros par rapport à l’objectif voté en loi de finance initiale. Hélas, une telle annonce « parle » nettement moins aux lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs que le mot « dérapage ». Et oui, c’est ça la communication, et pour F. Hollande c’est sans doute une bonne chose que son Premier ministre soit excellent dans cette discipline, à défaut d’être un économiste reconnu. On ne peut pas tout avoir ! En revanche, si F. Hollande s’y connaît davantage en économie que son Premier ministre, sa communication est toujours aussi calamiteuse comme en témoigne sa sortie à Clermont-Ferrand sur le fait de ne pas se représenter si le chômage ne baissait pas d’ici 2017, ou en affirmant que le « retournement économique arrive ». Quand notre président aura-t-il compris qu’avec son niveau d’impopularité, il faut absolument qu’il s’abstienne de faire des commentaires avant qu’il y ait une véritable inflexion des chiffres ? Quand aura-t-il compris que lancer des phrases pareilles, avant d’avoir des résultats, ne peut qu’énerver les Français, d’autant qu’avant de profiter de ces résultats, ils vont continuer à payer pour les obtenir. Oui, F. Hollande est bien le président de la République le plus nul, en termes de communication, que l’on ait connu depuis l’élection au suffrage universel…ce qui ne peut que détruire, avec de pareilles erreurs, la confiance que les Français commencent à placer en Manuel Valls.

 

Autre avatar pour le président, dans la foulée de cette prévision pour le moins prématurée, la presse se fait un plaisir de signaler que la Commission européenne prévoit une croissance moindre pour la France que celle qui est annoncé par le gouvernement, et donc que le déficit affiché de 3% en 2015 sera plutôt de 3.4%. Pour ma part, si nous tombons à 3.4% fin 2015, je ne m’en satisferais pas, c’est évident, mais cela fera quand même presque 2% de moins que fin 2011. En outre, il semble que la Commission européenne n’ait pas totalement pris en compte les effets du « pacte de responsabilité » pour ses prévisions de croissance, ce qui signifie qu’on peut espérer faire un peu mieux que ce qu’elle prévoit, et donc qu’on se rapprocherait davantage des fameux 3% du critère de  Maastricht. En revanche ladite Commission européenne prévoit l’inversion de la courbe du chômage pour 2015. C’est loin 2015, mais si on y arrive, et si la croissance repart un peu partout dans le monde, avec les mesures en faveur des entreprises, le pari de F. Hollande et du gouvernement de remettre la France sur les rails de la compétitivité pourrait permettre enfin à notre pays de reprendre la place qu’elle a perdue depuis dix ans, et dont elle s’est considérablement éloignée depuis 2007. Certains vont peut-être me trouver optimiste, mais, après tout, pourquoi pas ?

 

Ce n’est pas pour cela que je m’inscrirais au Parti socialiste… ni ailleurs (j’ai donné, ça suffit !), mais au moins notre pays aura commencé à se redresser, même si je persiste à penser que l’on devrait aller plus loin dans les économies, non pas en sacrifiant notre modèle social, mais en l’aménageant. Et ce n’est pas N. Sarkozy qui fera « le boulot », ni l’UMP, car ils ont eu dix ans pour faire leurs preuves…et le constat est accablant, avec une chute catastrophique de notre compétitivité, et des déficits considérables qui ont fait exploser la dette publique, ce qui fait dire à quelques observateurs un peu plus objectifs que d’autres, que F. Hollande aura passé son quinquennat à payer l’inconséquence de ses prédécesseurs, plus particulièrement de N. Sarkozy, même s’il ne faut pas ignorer la crise qui a marqué son propre quinquennat. Néanmoins, passer de 912 milliards de dettes en 2002 à  plus de 1800 milliards en 2012, il fallait le faire…hélas ! Il est vrai qu’entre 2009 et 2011, on a fait en trois ans 382 milliards de déficit cumulé, ce qui a fait bondir la dette de 223.6 milliards. Je n’en dirais pas plus…même s’il y aurait encore beaucoup à écrire, notamment sur la totale irresponsabilité des députés socialistes et écologistes, courageux mais pas téméraires, qui n’ont pas voté le volet d’économies de 50 milliards dans le cadre du pacte de responsabilité. Mais, au fait, pourquoi n’ont-ils pas refusé la confiance à Manuel Valls ? Ah j’oubliais : en cas de vote de défiance, il y aurait eu dissolution…et dans ce cas près de 300 députés socialistes ou verts auraient perdu leur siège. Oui, courageux, mais pas téméraires, et même pas une place éligible sur les listes aux élections européennes, les places étant déjà prises, notamment par d’autres recalés du suffrage universel !

 

Michel Escatafal

 

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