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04/02/2014

Les écologistes vont quitter le gouvernement, et c'est tant mieux!

Sur le site de Romandie.com j’ai relevé ce matin quelques nouvelles très inquiétantes, qui laissent penser que la crise est loin d’être derrière nous. Et pas que chez nous ! Par exemple en Espagne, malgré une timide embellie en ce qui concerne la croissance, le chômage est reparti à la hausse (4.8 millions de chômeurs) en janvier. Autres nouvelles guère rassurantes, la production manufacturière chinoise a de nouveau ralentie en janvier, et, aux Etats-Unis, les indices manufacturiers sont loin d’être brillants. En outre, toujours aux Etats-Unis, on reparle du plafond de la dette américaine qui arrive à échéance en fin de semaine.

Et en France me direz-vous ? Et bien, dans notre pays il va falloir ne pas tergiverser pour faire en sorte que le Pacte de responsabilité soit opérationnel le plus rapidement possible. Et si j’écris cela ce matin, c’est en regardant les chiffres de l’investissement étranger en France, qui s’effondre depuis trop longtemps pour atteindre un niveau inconnu depuis…1988. Et oui, nous en sommes là, et c’est la raison pour laquelle les députés et sénateurs socialistes et écologistes feraient mieux de se préoccuper de cela au lieu de vilipender le gouvernement pour avoir différé sine die son projet de loi sur la famille. Evidemment, je ne parle même pas des parlementaires ou élus de Front de gauche, qui font un bruit inversement proportionnel à leur poids électoral, et qui feraient mieux de s’interroger sur les raisons qui poussent les ouvriers à déserter les rangs électoraux de l’extrême-gauche pour aller grossir ceux du Front National à chaque élection.

Cela m’amène à redire, une fois encore, que les parlementaires de la majorité dite présidentielle devraient une fois pour toutes se préoccuper d’abord de l’intérêt du pays. Et peu importe que la gauche se renie ou pas, car ce qui intéresse d’abord l’immense majorité des Français c’est l’emploi, ou plutôt ne pas perdre l’emploi qui est le leur pour le moment. Quand on voit les atermoiements des syndicalistes de la CFDT pour signer un accord avec le repreneur du transporteur Mory Ducros, alors que plus de 2200 emplois sont en jeu, c’est rien moins qu’effarant. Décidément, certains n’ont toujours pas réalisé que nous ne sommes plus au siècle précédent, et que les évolutions que nous connaissons sont irréversibles à court et à moyen terme.

Cela ne nous empêche pas de  regretter certains aspects de cette mondialisation de l’économie qui bouscule, trop sans doute, les règles de l’économie telles que nous les connaissions il y a vingt ou trente ans. Mais ce n’est pas en stigmatisant F. Hollande sur ses reniements ou son virage social-libéral que la situation s’améliorera. Au contraire, c’est en essayant d’être le plus pragmatique possible que l’on arrivera à sortir de cette nasse dans laquelle notre pays s’est enfoncé inexorablement depuis une dizaine d’années. Et si F. Hollande y contribue avec sa flexi-sécurité ou son Pacte de responsabilité, et bien nous disons tant mieux.

A noter d’ailleurs que le président de la République a fait preuve d’un certain courage en faisant ces annonces, qui bousculent l’endormissement dans lequel se trouvait les forces économiques, sachant très bien qu’il prend le risque de connaître le sort qu’a connu Gerhard Schroeder en Allemagne, pour le plus grand profit des conservateurs allemands d’Angela Merkel, tout comme l’avait fait auparavant Romani Prodi en Italie, entre 2006 et 2008, laissant de nouveau la place à Silvio Berlusconi après avoir commencé à rétablir les équilibres dans le pays. Oui, c’est toujours le même problème en démocratie : on ne remercie jamais ceux qui ont fait ou commencé «  le sale boulot ».

Et quand en plus ces dirigeants ont des parlementaires autour d’eux qui ne pensent qu’à leur réélection, on devine aisément pourquoi le courage politique est rarement récompensé. Parfois même, comme c’est le cas en Allemagne depuis 2004, ceux qui ont remplacé le réformateur  surfent pendant des années sur les réformes impopulaires initiées par le prédécesseur. Voilà pourquoi je suis indigné, comme de nombreux Français, de voir que les élus dits de gauche soient tellement offusqués de voir le gouvernement abandonner une réforme sociétale clivante, au moment où le pouvoir s’est engagé à commencer à réformer le pays sur le plan économique.

Cela dit, F. Hollande pourrait profiter de ce nouvel épisode pitoyable de la part de certains élus se réclamant de la majorité présidentielle, pour imposer la nouvelle technique d’extraction du gaz de schiste, laquelle, aux dires d’Arnaud Montebourg, serait plus propre que la fracturation hydraulique. Il pourrait d’autant mieux s’y résoudre, quitte à mécontenter des écologistes jamais contents, qu’il avait bien précisé qu’au cas où on trouverait une nouvelle technique d’extraction, il irait à l’encontre de l’interdiction de toute exploitation de ce fameux gaz de schiste. Après tout, cette interdiction d’exploiter le gaz de schiste, affirmée en 2011(à l’époque de N. Sarkozy), fait de nous le seul pays de l’Union Européenne avec la Bulgarie à s’en priver…alors que la Commission européenne vient de la préconiser sous certaines conditions sanitaires et environnementales, respectées par la nouvelle technique, prête à l’emploi et, pour le moment, enfermée dans les cartons du ministère du Redressement productif.

Gageons que si F. Hollande donne ces permissions d’exploitation, on n’a pas fini d’entendre hurler les verts et autres écologistes, mais comme ils représentent peu de divisions, ils seront bien obligés de s’incliner…d’autant que le gouvernement recevra, comme pour le Pacte de responsabilité, le renfort de centristes, voire même de certains dirigeants de l’UMP. En outre, si les écologistes quittent le gouvernement, qui s’en plaindra ? Réponse : 1 ou 2% des Français. Tout est dit !

Michel Escatafal  

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