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28/01/2014

Les élus ne doivent pas être surpris par l'abstention...

De quoi pourrions-nous parler aujourd’hui pour essayer de nous réjouir, un peu, à propos de la situation de notre pays ? De peu de choses évidemment, même si la situation finira par bien s’arranger un jour ou l’autre. Ceux qui votent à droite et qui sont très engagés politiquement, oubliant que leurs champions furent au pouvoir entre 2002 et 2012, souhaitent secrètement qu’il n’y aura pas de franche amélioration jusqu’en 2017, alors qu’au contraire ceux qui ont, théoriquement, voté à gauche en votant pour F. Hollande à l’élection présidentielle et aux élections législatives en 2012, se disent qu’une embellie économique aura lieu à partir de 2015, ce qui sera tout bénéfice pour la réélection de F. Hollande. Finalement  la politique c’est simple, parce que tout se jouera de cette manière en 2017, n’en déplaise aux partisans des deux camps. Et désolé de le dire, mais si franche amélioration il doit y avoir, elle ne pourra provenir que d’une amélioration de la conjoncture internationale…ce qui n’est pas encore gagné malgré l'éternel optimisme du président.

Cela dit, cette embellie conjoncturelle sera d’autant plus nette pour la France que ses entreprises auront réussi à prendre le train en marche…aidées en cela par les mesures décidées par le pouvoir social-démocrate de F. Hollande. Mesures qui, bien évidemment, ne doivent pas être accompagnées de contreparties chiffrées en termes d’emplois, ce qui serait le meilleur moyen de ruiner la confiance des entrepreneurs. Gageons que F. Hollande saura épargner aux entreprises trop de contraintes liées à la baisse des charges, notre président ayant quand même le mérite de savoir ce qu’est l’excédent brut d’exploitation, chose qu’il a apprise en faisant HEC, chose aussi que tant d’autres politiciens ne connaissent pas ou ont, semble-t-il, oublié.

Il faut savoir, en effet, que le but d’une entreprise est de gagner de l’argent. Sans argent point de salut pour pouvoir se développer. C’est la raison pour laquelle une entreprise, petite ou grande, a le devoir de dégager une valeur ajoutée suffisante pour lui permettre de dégager un excédent brut d’exploitation suffisamment important pour in fine dégager un excédent de ressources ou si l’on préfère de l’autofinancement. Dit autrement, la valeur ajoutée est tout simplement le résultat de la mise en œuvre des moyens de production, l’excédent brut d’exploitation représentant les ressources dégagées par l’exploitation après paiement des charges de personnel, l’autofinancement étant l’aptitude d’une société à dégager des fonds propres. Désolé pour ce petit cours d’analyse financière, mais c’est ainsi que ça se passe, et tout le reste ce ne sont que billevesées.

Si une entreprise est incapable de dégager de la trésorerie après avoir payé ce dont elle a besoin pour son exploitation, elle ne pourra pas investir. Et quand je parle d’investissements, je parle évidemment d’investissements de croissance, et non pas seulement de remplacement de matériel devenu obsolète. Or l’investissement des entreprises est précisément ce qui manque le plus pour que notre croissance reparte. Seulement, pour qu’un chef d’entreprise investisse ou puisse investir, il lui faut des commandes. Et même s’il a des commandes, il lui faut aussi investir en recherche et développement pour fabriquer des produits qui dégageront de la trésorerie, et qui lui permettront aussi de poursuivre ses travaux de recherche dans de nouveaux produits avant que les anciens soient dépassés. Oui, c’est comme cela que l’on attire les clients, en France ou à l’étranger, c’est comme cela aussi que l’on créé des emplois, c’est comme cela aussi que l’on peut donner plus aux personnes qui travaillent dans ladite entreprise.

Certains, j’en suis sûr, vont me trouver bien libéral en écrivant cela. D’autres vont peut-être me reprocher de parler ou d’écrire comme un livre, mais la réalité est là : si une entreprise dégage des résultats, elle disposera de marges de manœuvre qui lui permettront de se renforcer et de devenir compétitive vis-à vis de ses concurrents français et étrangers. Et qu’on ne vienne pas me dire que les chefs d’entreprises pensent d’abord à gagner de l’argent pour eux avant de penser à embaucher ou à payer correctement ses salariés. Certes il y a et il y aura toujours ce que N. Sarkozy appelait des « patrons voyous », qu’il voulait traiter « comme des voyous ». Mais des patrons comme ceux-là il y en a très peu, l’immense majorité d’entre eux, à commencer par les plus petits, ne pensant justement qu’à faire prospérer ce qu’ils considèrent un peu comme leur « bébé ». Et j’ajoute que je ne connais quasiment pas, malgré une longue pratique avec eux, de responsables d’entreprises qui refusent de voir leur société croître et embellir, et donc qui refusent d’embaucher si les commandes sont là. Pour mémoire, il faut quand même savoir que l'on a créé deux millions d'emplois entre 1997 et 2002, période de forte croissance au niveau planétaire et européen.

Alors bien sûr il s’en trouvera toujours pour critiquer « le virage à droite » de F. Hollande, alors que nombre de ceux qui ont appelé à voter pour lui savait très bien que F. Hollande n’était pas vraiment un homme de gauche, mis à part sur les sujets sociétaux. En écrivant cela je pense notamment aux amis de J.L. Mélenchon, et aux dirigeants de ce qui reste du Parti communiste, lesquels ne peuvent exister qu’à travers leurs critiques granguignolesques sur F. Hollande. Pourquoi cet adjectif aussi sévère ? Tout simplement parce que le Parti communiste, à l’agonie, a besoin du Parti socialiste pour continuer à exister un peu, ce qui lui vaut les reproches de J.L. Mélenchon, ancien ministre de Lionel Jospin. D’autre, notamment à l’UMP et à l’UDI, reprochent vertement à F. Hollande de n’avoir pas fait dès son arrivée au pouvoir ce qu’il veut faire à présent. Peut-être, mais aujourd’hui F. Hollande veut mettre en œuvre ce que l’UMP n’a jamais eu  le courage de faire. H. Morin, ancien et nouvel ami de F. Bayrou (du moins en façade), veut même que l’on passe à 39h heures de durée hebdomadaire du travail…payées 35. Mais que ne l’a-t-il conseillé à N. Sarkozy,  dont il fut le ministre pendant trois ans (2007-2010) ?

D’autres encore prétendent qu’ils ont la solution pour remédier au chômage, en réduisant la durée du travail à 32heures, voire même 30. C’est ce qu’on appelle le partage du travail ! Pourquoi aussi ne pas multiplier les jours de congés, au lieu de faire travailler les gens certains jours autrefois chômés comme le lundi de Pentecôte ? Problème, l’histoire est là pour nous rappeler que cette solution n’est pas la bonne non plus, et cela ne date pas d’aujourd’hui. Si je fais cette remarque, c’est parce qu’à Rome, quand Auguste est arrivé au pouvoir (en 27 av. J.C.) le calendrier romain comportait 76 jours fériés. Quand son dernier successeur le perdit (Odoacre en 476), il y en avait 175, c’est-à-dire qu’un jour sur deux était férié. Fermons cette parenthèse un peu exagérée, pour noter encore une fois que ce n’est pas en travaillant moins que nous arriverons à régler nos problèmes, mais justement en travaillant davantage parce que nos entrepreneurs auront récupéré les commandes qui leur manquent tellement de nos jours. Et quand ce sera le cas, en espérant que cela arrive très rapidement, l’Etat en bénéficiera grâce aux impôts qui rentreront mieux, et notre pays retrouvera ses excédents de balance commerciale perdus depuis trop longtemps.

Voilà quelques considérations sur l’état de notre pays, autrement plus sérieuses que la préparation par les partis politiques des élections municipales et européennes à venir. Oh certes, cela alimente les gazouillis du microcosme politique, mais reconnaissons que tout cela confine parfois au ridicule, surtout quand on voit que les élections européennes servent de planche de salut à des personnalités battues aux précédentes élections législatives ou en mal de postes intéressants. Ainsi, Nadine Morano se retrouve tête de liste UMP dans le Grand-Est, Michèle Alliot-Marie (67 ans) devrait conduire la liste UMP dans le Sud-Ouest, et Alain Lamassoure (70 ans) celle d’Ile de France. Cela dit, on pourrait railler de la même façon le PS, où le partage des postes éligibles a suscité de terribles batailles, un cadre du PS ironisant (site web du Monde du 16.11.2013) sur le cas de M. Laïdi (ami de Manuel Valls) qui a fait « l’objet d’un long blocage dans les négociations », et affirmant à propos des amis du ministre de l’Intérieur que « comme la chèvre de monsieur Seguin, ils n'ont cédé qu'à la toute fin de la nuit ». Et l’on s’étonnera après ça que les gens ne se déplacent pas pour élire les parlementaires européens !

Michel Escatafal

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