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01/12/2013

Avec de tels opposants, rien n'est perdu pour F. Hollande...

Alors que N. Sarkozy est en photo ce matin sur certains sites parce qu’il a accompagné son épouse chanteuse à Bordeaux pour un concert (voilà une information importante !!!), un N. Sarkozy sans qui « il n’y aurait plus de démocratie en France, en Europe et dans le monde » (rien que ça !!!) si l'on en croit H. Guaino, alors que le Front de Gauche essaie de rassembler ses maigres troupes électorales pour manifester contre le gouvernement, alors que les Verts se divisent toujours un peu plus du haut de leurs 2% des voix, alors que l’Ukraine est en train de revivre le chaos qu’elle a connue il y a quelques années, il y a une nouvelle qui m’a intéressé fortement à propos de ce pays, et dont finalement on a peu parlé. Cette nouvelle concerne le boxeur ukrainien Vitali Klitschko, sans doute un des trois ou quatre meilleurs boxeurs actuels, toutes catégories confondues, un des deux seuls, avec son frère Vladimir, qui puisse se comparer aux grands champions du passé dans la catégorie reine des poids lourds. Si je parle de lui sur ce site et non sur mon blog sport, c’est tout simplement parce que Vitali Klitschko est peut-être le futur président de la République ukrainienne. J’écris peut-être, parce que sa candidature est déjà actée pour 2015, d’autant qu’il est à la tête d’un parti modéré, appelé Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme, qui a obtenu aux dernières élections législatives (en 2012) 12% des voix.

A-t-il réellement des chances d’aller au bout de son ambition ? Sans doute…à condition de pouvoir se présenter, ce que l’actuel président considère comme impossible parce que Klitschko ne réside pas en Ukraine, du moins de manière permanente. Cela étant, s’il est député pourquoi vouloir l’empêcher d’être président, question qui paraît très simple dans un pays comme le nôtre, mais qui semble moins évidente en Ukraine. Si cet obstacle est levé, il a ses chances, car  il est très connu dans la population de son pays, mais aussi parce que son père est un héros (irradié à Tchernobyl pour sauver des vies), et enfin parce que c’est un homme intelligent (diplômé en sciences du sport), sachant s’exprimer parfaitement en russe, en ukrainien, en allemand et en anglais. Bref, sans vouloir faire une comparaison méchante, Vitali Klitshko est beaucoup mieux armé pour faire de la politique que Ribéry !

Au fait, je serais curieux de savoir comment en France les médias rendraient compte d’une telle ambition pour un champion français de l’acabit de Vitali Klitschko, en rappelant que dans notre pays on aime surtout les politiciens professionnels, les vrais, ceux qui n’ont de cesse de faire parler d’eux d’une façon ou une autre, type N. Sarkozy, Manuel Valls, J.L. Mélenchon, Marine Le Pen ou les faux frères centristes J.L. Borloo et F. Bayrou. En évoquant le nom de l’ancien leader du MoDem, désormais opposant farouche à F. Hollande, je ne puis m’empêcher d’avoir à l’esprit tout ce qu’il a pu dire et écrire sur l’UMP et ses affidés, devenus ou redevenus aujourd’hui ses amis…qui vont l’aider à conquérir la mairie de Pau. C’est cela « faire de la politique autrement » !!! Pour un peu j’aurais envie de rire, si je ne pensais pas à toute l’énergie que j’ai dépensée pour le MoDem, parce que j’imaginais que l’on pouvait effectivement faire de « la politique autrement ». Comment, à mon âge, pouvais-je être aussi naïf ?

Fermons la parenthèse, et revenons au travail des médias, lesquels ont l’art de brouiller la communication du président de la République, ce qui est hautement regrettable. Ce l’est d’autant plus que ladite communication n’est pas le point fort du pouvoir en place, depuis bientôt un an et demi. Pourquoi dis-je cela ? Parce que cette semaine, alors qu’il était en visite à Aubervilliers, tout le monde ou presque s’est interrogé sur les propos tenus par F. Hollande sur l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, alors qu’en fait il a surtout voulu dire que la lutte contre le chômage était une lutte incessante, surtout quand le taux de sans-emploi atteint 10.5%. Quoi de plus naturel que dire cela ? Et le plus incroyable, est qu’on a continué à dire que le président de la République était en train de reculer sur sa promesse de faire baisser le chômage d’ici la fin de l’année…alors qu’il venait justement de réaffirmer le contraire. Il y a quand même de la mauvaise foi à ne cesser de faire dire au chef de l’Etat ce qu’il n’a pas dit, et à l’accuser de tous les maux de notre pays…après 18 mois de pouvoir, alors que l’UMP l’a exercé sans discontinuer entre 2002 et 2012.

Cela dit, est-ce que le chômage commence à reculer ? La réponse est qu’il faut rester prudent, même s’il est avéré que le chômage semble pour le moins se stabiliser, ce qui signifie qu’il n’augmente plus comme il l’a fait quasiment en continu depuis le milieu de l’année 2008. Et là, après les évolutions erratiques d’août et septembre, les chiffres d’octobre semblent indiquer qu’il y a du mieux. Certes, 20.000 chômeurs en moins ce n’est pas le Pérou. Certes, comme le dit le Front de Gauche, la précarité est bien présente sur le marché du travail, mais les chiffres sont là, et cela semble faire très mal à certains, plus particulièrement à tous les opposants à F. Hollande. En effet, recevoir ou annoncer une bonne nouvelle économique semble être au dessus des forces des partis politiques et même de la plupart des médias. Peut-être parce que cela fait davantage le buzz de rapporter les couacs gouvernementaux, plutôt que des nouvelles qui confirment que la situation du pays semble en voie d’amélioration.

Bien sûr, parce que je ne suis pas idiot,  je sais bien que tout  ne va pour le mieux dans notre beau pays, que les licenciements dans les grandes entreprises ne vont pas cesser du jour au lendemain, que les carnets de commandes des entreprises ne vont pas se remplir comme par miracle, mais une chose est sûre, les choses ne vont pas plus mal qu’il y a 18 mois. Elles se sont même améliorées sur le plan budgétaire, même si c’est au prix de hausses d’impôts ou de taxes qui paraissent d’autant plus insupportables que l’amélioration est lente. Et dans ce contexte on ne peut que se féliciter de voir le président de la République se fixer des objectifs ambitieux…sur lesquels il n’a pas une grande prise, dans la mesure où les facteurs qui peuvent aider à la réalisation de ces objectifs dépendent plus des entreprises que de l’Etat. Et pourtant il semble que le pari de F. Hollande soit en passe d’être tenu, même si c’est grâce à des emplois aidés d’une façon ou d’une autre. En tout cas, pour ceux qui profitent de ces aides, c’est autant de gagné, même s’il est souhaitable que le taux de chômage baisse grâce à un retour de la croissance.

Et puis, quitte à faire hurler les opposants de la droite plus ou moins décomplexée, si les hausses de taxe ou d’impôts servent en partie à trouver du travail à des jeunes qui n’en trouvaient pas jusque-là, c’est déjà un résultat intéressant. N’était-il pas incongru de voir le précédent pouvoir, celui de N. Sarkozy, donner plus à ceux qui travaillent (défiscalisation des heures supplémentaires), alors que le nombre de sans-emplois ne cessait d’augmenter, en rappelant que cette défiscalisation des heures supplémentaires coûtait encore plus cher que les emplois d’avenir. Au fait, qui aujourd’hui parle de cela ? Personne évidemment, parce qu’évoquer ce souvenir d’une période que l’on espère révolue, reviendrait à dire que F. Hollande essaie par tous les moyens de faire diminuer le nombre de chômeurs…ce qui est quand même louable, en attendant une reprise à peine naissante dans la zone euro.

Quant aux patrons, petits ou grands, nombre d’entre eux ne cessent de critiquer F. Hollande, soit parce qu’ils regrettent que l’Etat n’intervienne pas suffisamment dans certains domaines, ou alors parce qu’ils le trouvent trop interventionniste. Toutefois, reconnaissons que le Medef a approuvé certaines décisions prises depuis un an, jugeant que celles-ci étaient de nature à favoriser la compétitivité des entreprises. Il est vrai que vu les résultats catastrophiques enregistrés par l’équipe N. Sarkozy, F. Fillon et J.L. Borloo, entre 2007 et 2012, le Medef est bien obligé de reconnaître que certaines mesures qu’a osé prendre le gouvernement de J.M. Ayrault vont dans le bon sens. D’ailleurs, pour N. Sarkozy et ses amis du gouvernement de l'époque, les seules bonnes décisions à prendre consistaient à décider de baisses d’impôts...essentiellement pour les plus riches, ce qui a largement contribué à mettre le pays en grand danger avec des déficits abyssaux, et un taux d’endettement public historique, pour ne citer que ces avatars liés à la politique du précédent pouvoir. Et le plus triste est que les anciens ministres de N. Sarkozy, à commencer par le premier d’entre eux, F. Fillon, mais aussi le second, J.L. Borloo (le nouveau grand ami de F. Bayrou), ne cessent de demander à F. Hollande et J.M. Ayrault de diminuer les dépenses de l’Etat…ce qu’ils n’ont jamais osé réellement faire. Avec une opposition aussi crédible, je reste persuadé que F. Hollande n’a pas encore perdu la prochaine élection présidentielle !

Michel Escatafal

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