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18/11/2013

Je finis par faire de l’antipolitisme primaire…

J’avoue que la politique commence de plus en plus à me lasser, et, ce qui est plus grave, je ne suis pas le seul. Il est vrai que pour être militant de nos jours, il faut avoir le cœur bien accroché. Et ce sentiment est vraiment exacerbé depuis 2007, sans doute en raison de la crise qui affecte notre pays tant sur le plan moral (délinquance, racisme etc.) qu’économique, ce que les femmes et hommes politiques semblent ne pas comprendre. Certes l’histoire est là pour nous le dire, il y a toujours eu des périodes où les politiciens étaient incompris du peuple, mais au point où nous en sommes aujourd’hui il est difficile de faire plus mal. Même le président de la République a trouvé le moyen de ridiculiser à la fois son pays et sa fonction, à l’occasion d’une expulsion de sans-papiers qui, pour douloureuse qu’elle paraisse, s’était passée dans des conditions conformes à la loi. Il est vrai que ledit président n’est pas gâté par l’entourage qu’il a été contraint de mettre en place, à commencer par les écologistes et l’aile gauche du Parti socialiste, un parti dont on ne rappellera jamais assez qu’il en fut le Premier secrétaire pendant 11 ans. Cela manifestement laisse des traces, quoiqu’on puisse en penser. Et c’est bien là le drame de F. Hollande, même si à force de battre des records d’impopularité, il ne peut que rebondir. Problème, pour rebondir il faut avoir un peu de grain à moudre…et il n’en a pas, et n’en aura pas avant plusieurs mois.

En attendant il faut gérer, et plus particulièrement il faudra encaisser le coup des élections municipales et européennes à venir, ce qui ne sera pas une mince affaire, même si curieusement un sondage donne Menucci gagnant à Marseille contre Gaudin. On pourrait presque dire la même chose à Paris, où il est vraisemblable qu’Anne Hidalgo conservera au PS la mairie de Paris au détriment de Nathalie Kosciusko-Morizet. Cela étant, c’est plutôt dans la France profonde que la défaite attendue se concrétisera, et sera la plus douloureuse pour le Parti socialiste. Et cela m’amène à dire que c’est le problème de ces élections intermédiaires entre deux présidentielles, car cela permet ou pas de maintenir en place le bataillon d’élus de chaque parti. Or, dans un parti politique, quel qu’il soit, il faut qu’il y ait des élus, sous peine de ne pas exister. C’est la démocratie! On peut regretter qu’il en soit ainsi, mais la démocratie est encore « le moins mauvais de tous les systèmes », comme l’a dit un ancien Premier ministre britannique passé depuis longtemps à la postérité (Churchill). Problème, ces élections intermédiaires (municipales, régionales, européennes, cantonales) prennent une importance démesurée dans notre vie politique, au point d’empêcher de prendre des mesures qui s’imposent…par peur de laisser sur le carreau beaucoup de candidats se réclamant peu ou prou de la majorité présidentielle.

Cela dit, un qui n’a pas peur de braver les sarcasmes de ses anciens militants, c’est bien François Bayrou. Lui au moins sait où il va, et ce qu’il veut : il veut être maire de Pau…et il le sera certainement. Et peu importe que cela passe par une alliance avec des gens qui ne lui ont fait aucun cadeau par le passé, en le quittant au moment où le MoDem prenait son envol. C’est aussi cela la politique! F. Hollande, de son côté, ne l’a pas récompensé de son ralliement « à titre personnel » lors de la dernière élection présidentielle, en le faisant battre lors des dernières élections législatives à Pau par la candidate du Parti socialiste. C’est aussi cela la politique, parce que ledit Parti socialiste avait passé des accords électoraux qui lui interdisaient de faire une faveur au leader de feu le MoDem. Résultat, F. Hollande est aujourd’hui totalement prisonnier de cette frange de la majorité présidentielle qui ne cesse de passer son temps à l’attaquer, sans oublier toutefois qu’il subit la charge de certains qui pourtant devraient le protéger, comme en témoigne la déclaration extravagante du Premier secrétaire du PS (Harlem Désir) à propos de l’affaire Leonarda. F. Hollande aurait dû, pour le moins, faire attention à ne pas faire élire à ce poste stratégique un amateur comme Harlem Désir, lequel a dû se croire encore à l’époque où il était militant associatif.  

Fermons cette parenthèse et revenons à présent sur les tribulations de F. Bayrou, qui a enfin réussi à rassembler le centre…droit avec à ses côtés l’ancien presque Premier ministre de N. Sarkozy, J.L. Borloo, et l’ancien ministre de la défense de ce même N. Sarkozy, H. Morin, lui-même ex-bras droit de F. Bayrou jusqu’à l’élection présidentielle de 2007, et qui, du haut de son 1% des intentions de vote à la dernière présidentielle, veut le départ de F. Hollande (risible !). Et oui, le monde est petit ! En tout cas le rassemblement des centres n’est rien d’autre que celui du centre droit, ce qui revient tout simplement à ressusciter l’ancienne UDF. On comprend pourquoi la plupart des anciens militants de feu le MoDem ont quitté le mouvement! On comprend également comment et pourquoi les Français sont de moins en moins attirés par les joutes politiques, manifestant même du dégoût pour celles-ci qui, si cela continue, n’intéresseront plus que les politiciens eux-mêmes…et ceux qui veulent faire carrière. Une carrière soi-dit en passant, beaucoup plus rémunératrice que la quasi-totalité des métiers de la fonction publique ou du secteur privé. Pour faire de la politique, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de diplômes, pas plus qu’il n’est utile d’avoir des idées. Simplement il faut savoir se placer au bon endroit, au bon moment, et attendre une opportunité. Et cela est valable dans tous les partis.

Ensuite, on est sûr de rester dans le milieu jusqu’à un âge avancé, très avancé même pour certains. Un sénateur, par exemple, n’a pas de vrai problème avec l’âge du départ en retraite…parce que s’il le veut réellement, il n’y sera jamais, un privilège que même le roi de Belgique, Albert II, n’a pas pu revendiquer, ce qui l’a obligé à réduire considérablement son train de vie, puisque sa dotation annuelle d’ancien roi ne lui laisse « que » 700.000 euros net, alors qu’autrefois il percevait 11.5 millions d’euros sur sa liste civile. Dur, dur d’être retraité quand on voit ses revenus baisser à ce point! Cela étant, sa retraite est quand même très supérieure à celle de n’importe quel homme politique français, et sans doute belge, et infiniment plus élevée que celle que touchent en moyenne les Français (16.000 euros annuels), les Belges (14.500 euros annuels), et plus encore les Allemands (12.000 euros annuels).

Michel Escatafal

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