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25/10/2013

Une majorité qui s'en va en capilotade...

Décidément les Belges ont plus d’humour que les Français en ce moment, comme en témoigne la manière dont certains ont commenté l’arrestation par la police de quelques dizaines de « dangereux supporters parisiens » avant le match de mercredi soir entre le club d’Anderlecht et le PSG. J’ai relevé en effet cette phrase que j’ai trouvé très amusante à propos des présumés dangereux individus parisiens : « Elle en avait sans doute oublié un… », en parlant d’Ibrahimovic, et de son missile lancé à plus de 100 kmh, qui a permis au club parisien d’assurer définitivement sa victoire en Ligue des Champions.

 

En parlant de la super star du PSG, j’en profite pour évoquer cette menace de grève des clubs fin novembre décidée par l’assemblée générale des clubs professionnels de football, pour protester contre l’encombrante taxe à 75%. J’ai bien écrit menace, car je suis persuadé que rien n’est encore écrit quant à cette taxe décidée…pour le moment. C’est pour cela qu’il faut employer le mot menace, et non pas celui de décision, parce que rien n’est encore figé dans le marbre, même s’il est vraisemblable que F. Hollande ne cède pas au chantage des clubs, parce que cette mesure est populaire dans l’opinion. Et quand on connaît la côte de popularité du président, il n’y a pas de petit bénéfice sur ce plan.

 

Cela dit, à propos de cette taxe à 75% et de son application aux clubs de football, on retrouve bien la mentalité française. Les Français, en effet, aiment beaucoup les taxes qui frappent tout ce qui a trait de près ou de loin à l’argent. Ils détestent la richesse…parce qu’ils n’en ont pas, ce qui explique qu’ils ne supportent pas ceux qui gagnent un peu plus qu’eux. Alors le football et les footballeurs, on imagine. C’est curieux, mais, pour ma part, cela ne me gêne nullement les salaires qui sont versés à Ibrahimovic, Cavani ou Thiago Silva, parce que ce sont des artistes qui nous font rêver. Et quand on ne rêve plus…

 

En tout cas, ceux qui ne font rêver personne ce sont bien les politiciens. Ils gagnent certes moins d’argent que les footballeurs, mais sont malgré tout très bien payés, surtout en comparaison avec le commun des salariés de notre pays. Et leurs arabesques sont loin de nous transporter de bonheur comme un but marqué par Ibra ou Cavani. Pire même, ces politiciens ne pensent qu’à leur réélection et à sauver leur fauteuil de maire et ou de député ou sénateur, quitte à quitter le parti qui leur a permis d’avoir ces mandats. Les maires de Fleury-Mérogis et de Conflans-Saint-Honorine, le seraient-ils sans le Parti socialiste ? Bien sûr que non. Mais, comme le PS va prendre une sévère raclée aux prochaines élections municipales, ils se disent sans doute que le seul moyen de sauver leur siège est de démissionner de leur parti, sous le prétexte pour l'un de « construire un autre modèle de développement économique et industriel » ou à cause de l'affaire Leonarda pour l'autre. Vraiment, quelle attitude pitoyable !

 

De leur côté les ministres ne se comportent guère mieux. La preuve, ils ne cessent de s’en prendre publiquement à leurs collègues, montrant par là qu’ils ne sont pas solidaires des décisions qui sont prises lors d’un Conseil des ministres. Comme l’a parfaitement souligné Ségolène Royal, « il y a un Conseil des ministres tous les mercredis, donc s’ils ont des questions à poser au président de la République, ils se voient tous les mercredis. S’ils commencent à pleurnicher, c’est embêtant quand même ». Sur ce point je suis entièrement d’accord avec elle, et je trouve très bien qu’elle ait dit tout haut ce que nombre de personnes pensent tout bas. En revanche je n’arrive pas à comprendre pourquoi on a considéré que la présidente de la région Poitou-Charentes a fait une bourde en disant ces choses. Je le répète encore une fois, les ministres doivent se taire et ne pas s’invectiver dans les médias, ou alors ils quittent le gouvernement. N’est-ce pas Madame Duflot, mais ce n’est pas la seule.

 

 Tout cela est d’autant plus désolant, que ces politiciens ne se rendent pas compte du mal qu’ils font au pays en se comportant de la sorte. Chacun sait bien que la situation était extraordinairement difficile en mai-juin 2012, et qu’il était impossible de rétablir la situation en quelques mois. Chacun sait bien aussi, du moins faut-il l’espérer pour ces femmes et hommes politiques au petit pied, que l’endettement public de la France ayant atteint un niveau historique, il fallait nécessairement augmenter les prélèvements, en attendant un retour de la croissance. Certes, on pourra reprocher à F. Hollande de n’avoir pas prévenu ses électeurs qu’il faudrait faire des sacrifices financiers pour commencer à rétablir la situation. Certes aussi, F. Hollande n’avait évidemment pas dit qu’il s’appliquerait à réformer le droit du travail dans des conditions telles que les salariés perdraient certains acquis. Mais s’il l’avait dit, aurait-il été élu ? Certainement pas !

 

Tout cela ne serait pas très grave si la majorité était unie derrière le président et la Premier ministre, ce qui n’est pas le cas. Passe encore que J.L. Mélenchon fasse son cinéma quasi quotidiennement, mais, sans l’élection de F. Hollande, combien de députés socialistes ou Verts auraient été élus à l’Assemblée Nationale ? Même pas la moitié ! En outre, même si sa façon de gouverner attise ces problèmes récurrents de cohésion de la majorité, n’est-ce pas précisément parce que les Français avaient besoin d’une forme de tranquillité, que F. Hollande a été élu ? Résultat, entre les couacs, les jérémiades des parlementaires et les états d’âme étalés des dirigeants du Parti socialiste, nous allons tout droit si cela continue vers une crise de régime…qui pourrait finir par se conclure par une dissolution.

 

Problème, qui serait prêt à gouverner le pays en cas d’alternance ? L’UMP, elle n’existe quasiment plus, puisqu’il y en a au moins trois, si ce n’est quatre (Sarkozy, Copé, Fillon et Juppé). Le Front National ? N’insistons pas, tellement ce serait désastreux pour le pays. Alors qui ? Un gouvernement d’union nationale ? Impensable dans la Cinquième République. Reste à continuer avec F. Hollande et un Premier ministre qui le soit davantage, en attendant des jours meilleurs sur le plan économique…ce qui règlerait beaucoup de problèmes. Gageons dans ce cas que les députés ou sénateurs qui démissionnent du PS pour garder leur mandat de maire, qu’ils perdront nécessairement, reviendront au bercail en vue d’une éventuelle réélection de F. Hollande, au nez et à la barbe des militants qui, eux, seront restés fidèles au président. Quelle morale à tout cela ? 

 

Michel Escatafal

 

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