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15/10/2013

Petites phrases, manœuvres politiciennes et insultes font le lit du Front National

Alors que nous ne sommes plus qu’à deux jours d’un possible défaut de paiement des Etats-Unis, en France on ne parle que de Brignoles et de la victoire du candidat du Front National, sans oublier l’élection primaire à Marseille pour désigner le candidat socialiste. Du coup, tout le monde y va de sa petite phrase, y compris celle du président de l’Assemblée Nationale qui n’hésite pas à aller à l’encontre de ce qu’a dit F. Hollande à propos de l’élection cantonale de Brignoles, qui affirmait, à juste raison, que des résultats économiques seraient le meilleur rempart contre le Front National, même si cela ne suffirait pas à endiguer la montée de ce parti. J’ai dit "à juste raison" à propos des résultats économiques, parce que certains politiciens  irresponsables s’imaginent que c’est à travers des insultes que l’on pourra contrecarrer l’avancée du parti de Marine Le Pen. Une avancée qui, d’ailleurs, n’a rien de bien extraordinaire, surtout qu’elle ne fait que confirmer ce qui se passe un peu partout en Europe, y compris dans des pays comme la Norvège et l’Autriche, pourtant moins confrontés à la montée du chômage. Cela signifie que ce qu’a dit F. Hollande en déplacement en Afrique du Sud n’est pas faux, n’en déplaise à C. Bartolone. Décidément, je finis par croire que les hiérarques socialistes, verts ou autres Front de Gauche et communistes, prennent plaisir à saper la confiance des Français en leur gouvernement ! Et ça marche, puisque l’impopularité du chef de l’Etat reste toujours aussi basse, malgré certaines avancées en termes économiques que personne ne conteste. Cela me fait penser à ce qui se passait au début des années 1930, quand la carence du pouvoir (radicaux-socialistes et socialistes)  affaiblissait chaque jour un peu plus la confiance du pays envers ses élus.

 

Certes la situation n’est pas la même qu’à cette époque, ce n’est pas non plus la même république, mais à force de couacs et de déclarations en tout genre, la majorité présidentielle va finir par perdre tout crédit, alors qu’à l’étranger nombre d’observateurs considèrent que la France avance dans le bon sens. Voilà le problème de F. Hollande et de son Premier ministre J.M. Ayrault : un manque d’autorité qui pourrait finir par coûter cher au Parti Socialiste…et à notre pays. Si je fais cet ajout, c’est parce que je crains que l’on finisse par avoir à terme un gouvernement d’union UMP-Front National, ce qui serait catastrophique. Heureusement, nous n’en sommes pas encore là, surtout si la reprise permet de retrouver quelques marges de manœuvre budgétaires, en même temps qu’une baisse du chômage. C’est apparemment cela l’espoir de F. Hollande, lequel doit se dire qu’en 2017 l’appât du pouvoir des critiqueurs d’aujourd’hui fera taire ces récalcitrants, surtout si, comme F. Mitterrand en 1988, F. Hollande finit par retrouver du crédit auprès de l’opinion, celle-ci étant par essence très versatile. Et même si le Front National se situe très haut dans les élections, il est inimaginable de penser qu’il puisse arriver seul au pouvoir. Il n’empêche, à force de taper sur le gouvernement, à force de voir des ministres critiquer leurs collègues…quand ce n’est pas le Premier d’entre eux, les élus dits de gauche vont finir par prendre une sévère déculottée aux élections municipales et régionales, ce qui pourrait même leur faire perdre la faible majorité qu’ils ont au Sénat, ce qui pourrait aussi s’assimiler à un commencement de la fin.

 

Ce manque d’autorité que j’évoquais précédemment n’est pas nouveau, contrairement à ce que croient ceux qui se disent chroniqueurs éclairés. Rappelons-nous comment Jacques Chirac, pendant le quinquennat 2002-2007, a géré (plutôt mal) les querelles entre N. Sarkozy et D. de Villepin. En écrivant cela, je suis nostalgique de ce qui se passait autrefois, y compris sous la Quatrième République. En effet, à ces époques, dès qu’il y avait un désaccord de fond entre le président du Conseil et un ministre, celui-ci démissionnait ou était mis à la porte du gouvernement. On pourrait citer à ce propos la phrase de J.P. Chevènement en 1983, protestant contre la « parenthèse libérale » imposée par le tandem Mitterrand-Mauroy : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ». On pourrait aussi prendre l’exemple de Pierre Mendès France, ministre d’Etat en 1956, qui quitta immédiatement le gouvernement dès qu’il n’approuva plus la politique algérienne de Guy Mollet, président du Conseil. D’ailleurs à cette époque, il est notable de constater que les hommes politiques de tendance souvent très différentes étaient infiniment plus solidaires qu’aujourd’hui de l’action gouvernementale. Quand je dis aujourd'hui, j'inclus les différents gouvernements Fillon, l’UMP et ses alliés centristes n’ayant pas de pratiques plus glorieuses que la majorité socialiste-verte de nos jours.

 

Reevenons à présent sur ce qui se passe aux Etats-Unis à propos de la dette, certains élus républicains, notamment ceux du Tea Party, continuant à s’arc-bouter sur des positions extrêmes vis-à-vis du président Obama.  Pour part, je me doute bien qu’un accord sera trouvé in extremis, de nombreux Républicains s’apercevant que cette guéguerre contre la présidence est de plus en plus mal vécue par les Américains, ce qui pourrait leur coûter de nombreux sièges aux élections de mi-mandat. Or, les élus de France, d’Amérique ou d’ailleurs, ayant d’abord pour ambition première de garder leur poste, un accord sera nécessairement trouvé le 17 octobre au plus tard, car toute autre situation est inimaginable au moment où la reprise économique commence à se manifester, seul moyen d’améliorer les finances publiques des Etats développés. C’est pour cela que je suis optimiste, et tout le reste ce ne sont que mauvaises manœuvres politiciennes. Et dire que des gens se battent au moment des élections pour soutenir un candidat qui, en aucun cas, ne pourra tenir les promesses qu’il a faites, ou qui, en aucun cas, ne fera quoi que ce soit pour risquer de perdre son siège !

 

Cependant il peut arriver qu’un président, un gouvernement ou un ministre essaie de faire en partie ce qu’il a promis. Hélas, dans ce cas les considérations électorales des élus, censés le soutenir, reprennent très vite le dessus…par peur de l’avenir. On n’en sort pas ! C’est exactement ce qui se passe avec la réforme des rythmes scolaires, laquelle est critiquée par tout le monde ou presque en ce moment, alors qu’il y a deux ou trois ans, tout le monde était d’accord pour la réaliser. Pourquoi un tel changement d’attitude ? Officiellement pour des raisons financières, mais plus prosaïquement pour de basses raisons électorales, de nombreux maires socialistes craignant pour leur réélection. Et oui, on a beau dire et beau faire, on en revient toujours au même point : il faut penser à l’avenir électoral des élus. Et l’on y pense d’autant plus qu’il y a tout le temps des élections dans notre pays, entre les municipales, les cantonales, les régionales, les européennes, avant de penser à l’élection présidentielle et aux législatives qui suivent, dernier avatar de l’institution du quinquennat, qui, de facto, a fait du président de la République le chef du parti majoritaire. Et sur ce plan, F. Hollande ne se distingue guère de son prédécesseur. Raison de plus pour regretter que n’ayons pas un président au-dessus de la mêlée, qui apparaisse comme un recours et un arbitre, qui ne soit pas considéré d'abord comme le président d’un parti. C’est pour cela que j’étais pour le maintien du septennat, l’idéal étant un septennat non renouvelable.

 

Michel Escatafal

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