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01/10/2013

Pendant que l’Amérique joue avec le feu…

Parmi les informations importantes de la matinée, il y a la baisse du dollar par rapport à l’euro, résultante du non-accord sur le budget américain entre Républicains et Démocrates, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour nous. La monnaie européenne est de nouveau à un niveau très élevé, puisqu’on dépasse la barre de 1.35$ (1.3544). Heureusement si j’ose dire, c’est même affreux ce que je vais écrire, la monnaie unique souffre de l’instabilité politique en Italie, à cause de Silvio Berlusconi. Cela dit, les Italiens trouveront fatalement une solution entre un accord entre sénateurs ou des élections anticipées…qui ne règleront aucun problème, sauf que cela permettra de gagner du temps, ce qui de facto fera monter un peu les taux d’intérêt italiens, mais aussi encore un peu plus l’euro face au dollar et même au yen.

 

Oui je sais, ce que je raconte là n’est pas très intéressant pour la quasi-totalité des médias français. Et pourtant, il y a quelque chose qui devrait faire réfléchir tout le monde avec la situation provoquée  par le Congrès américain, incapable de se mettre d’accord pour assurer le fonctionnement normal du pays. Situation ubuesque de la part de la première puissance économique dans le monde, mais dans un pays qui se veut démocratique c’est quelque chose qui peut arriver. Cela peut arriver parce que les politiciens ne pensent qu’eux et à leur réélection, puisqu’en Amérique comme en France, en Italie et ailleurs, la politique nourrit très bien ceux qui en vivent. Et peu importe si on fait très mal à son pays. Dans le cas des Etats-Unis, cette incapacité à se mettre d’accord a minima sur le budget est surtout préjudiciable à l’économie, au moment où celle-ci était en phase de redémarrage. L’Amérique, en effet, est en période de convalescence, et,  comme pour tout malade en convalescence, il vaut mieux qu’elle ne soit pas victime d’une nouvelle maladie qui pourrait l’affaiblir au moment où elle commence à remonter la pente.

 

C’est pourtant ce qui est en train de se passer aux Etats-Unis, malgré les exhortations de Barack Obama, à qui le Parti Républicain ne pardonne pas d’avoir fait voter « l’Obama care », c’est-à-dire un système qui va permettre au plus grand nombre d’Américains d’avoir un accès minimum aux soins. De quoi en effet révolter les bien-pensants de la droite réactionnaire des Etats-Unis qui ne peuvent pas concevoir que l’Etat fédéral « gaspille » de l’argent pour les plus démunis. Et ce n’est peut-être pas tout, car le pire est encore à venir, dans la mesure où, le 17 octobre au plus tard, il va falloir trouver un accord pour remonter le plafond de la dette, ce qui signifierait, en cas de non-accord, de nouvelles coupes massives dans les dépenses. Belle perspective pour les plus pauvres, au demeurant de plus en nombreux ! Cela étant les Américains les plus riches sont de plus en plus riches…ce qui aux yeux de certains est rassurant.

 

Il faut noter à ce propos que la politique de la Réserve Fédérale favorise ce phénomène, dans la mesure où la FED (banque centrale américaine) injecte des sommes colossales pour faire tourner le pays. Mais à qui réellement profitent ces sommes, dont le but est de faciliter les investissements, théoriquement pour faire redémarrer l’économie ? Aux Américains en général, ou aux riches qui ont les moyens d’investir à très bon marché ? Là est toute la question, et celle-ci on ne la pose jamais. Simplement on peut observer que les bourses américaines ne cessent de monter depuis quelques mois, donc que les riches s’enrichissent chaque jour ou presque un peu plus, alors que les plus démunis sont toujours plus nombreux à demander à bénéficier des « food stamps », ou si l’on préfère des aides pour obtenir des biens de première nécessité. Evidemment, ces derniers ne peuvent pas gagner d’argent à la bourse, puisqu’ils ne peuvent pas acheter d’actions !

 

Certains vont me dire que je parle comme un représentant du Front de gauche, de la gauche socialiste ou des Verts, c’est-à-dire comme ces gens qui veulent incarner les idées de gauche…tout en étant des membres éminents du microcosme politique. Non, justement, je refuse cet amalgame parce que je ne fais pas de politique, et donc encore moins de politique politicienne. C’est pour cela que je n’ai pas renouvelé mon adhésion au MoDem, lequel est en train de se perdre avec son rapprochement avec l’UDI et l’UMP. Quand on pense à ce que disait Bayrou à ce propos !!! Cependant Benoît Hamon ou Cécile Duflot ne sont pas plus rationnels dans leur démarche, surtout quand on voit leur comportement et leurs déclarations en tant que membres du gouvernement…ce qui ne peut que ruiner le peu de crédit qui reste à la classe politique. Et que dire de J.L. Mélenchon, député européen à vie faute de pouvoir briguer un autre mandat, dont on rappellera qu’il est entré en politique au plus haut niveau au milieu des années 80, en tant que membre du Parti socialiste.

 

Tout cela pour dire qu’en lisant la presse, on parle encore et encore des bisbilles entre socialistes et UMP, entre socialistes de tous courants et entre UMP sarkozystes, fillonistes, copéistes etc. Bref, on n’évoque que ces sujets nourris par les petites phrases des uns et des autres, avec à chaque fois le Front National de Marine Le Pen en ligne de mire, puisque ce parti est en train de vider d’une partie de leur substance les partis traditionnels de gouvernement, plus particulièrement l’UMP. Cette dernière  a réussi  après cinq ans de présidence Sarkozy et un peu plus d’un an d’opposition, à force de reniements, à rendre influent le Front National chez presque la moitié des sympathisants de droite. Quel beau résultat…mais surtout quelles magnifiques perspectives pour Marine Le Pen, considérée comme de moins en moins « sectaire » aux yeux des Français, pour parler comme F. Fillon. Ah, la politique politicienne ! Et pendant ce temps, l’Amérique peut casser les espoirs de reprise de l’activité en Europe et ailleurs…

 

Michel Escatafal

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