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11/08/2013

Cruelle la vie !!!

« Des parents d'élèves d'un lycée privé d'Agen sont en train d'adresser un courrier au rectorat de Bordeaux, dans lequel ils s'étonnent des mauvais résultats obtenus par leurs enfants à l'issue de l'oral du bac de français, le mois dernier, ont expliqué certains. "Sur les 21 élèves de la série L de la classe, un seul a obtenu 10 et il y a surtout eu des 6" ». Voilà ce que j’ai lu sur le site web du Figaro (10.08.2013).  De quoi faire réfléchir nombre de Français sur l’utilité du baccalauréat de nos jours, sauf à considérer que sa seule utilité est l’entrée à l’université.

Oui, à quoi sert le bac de nos jours? Comment peut-on être aussi heureux de décrocher un diplôme obtenu par la quasi-totalité des candidats ? Est-ce que, finalement, toutes ces interrogations ne sont pas la preuve que l’Education Nationale ne remplit pas son rôle qui est d’éduquer et former des jeunes pour qu’ils puissent s’insérer dans le marché du travail ? Oh certes, je ne me fais guère d’illusion en écrivant tout cela :  je vais être perçu comme un ringard aigri qui regrette que son temps soit passé trop vite. Peut-être, mais je suis nostalgique d’une époque où chacun trouvait sa place dans la société, et où l’école de Jules Ferry, ou plutôt celle de la République, remplissait assez bien son office.

Est-ce la faute du corps enseignant si nous en sommes là? La réponse est NON. Les enseignants font « leur boulot » dans l’ensemble, et ce sont des fonctionnaires ni meilleurs, ni plus mauvais que d’autres, ce qui signifie qu’on puisse trouver  parmi eux des sectaires n’ayant pas compris que l’enseignement privé, qui opère en duo avec le public, a sa place dans le système éducatif de notre pays. Ce qui signifie aussi que les professeurs, des écoles ou de lycée, ne sont pas parfaits, mais qui l’est? Ce qui signifie enfin et surtout, que ledit corps enseignant doit être mieux protégé et encadré qu’il ne l’est par les femmes et hommes politiques qui dirigent le pays. Là est tout le problème : on n’ose pas faire, en France comme dans d’autres pays, la seule vraie réforme qui compte, à savoir faire une sélection pour l’entrée à l’université.

Combien de fois a-t-on essayé de le faire, en mettant une barrière pour que presque tout le monde ne puisse pas y aller ? Si je dis presque tout le monde, c’est parce qu’on a décrété un jour ( en 1985) qu’il devait y avoir 80% d’une classe d’âge qui devait avoir le niveau du baccalauréat. Pourquoi pas en effet, dans la mesure où il y a un siècle le but était d’avoir la même proportion de gens ayant le certificat d’études, ce qui fut fait un peu après la moitié du siècle précédent. Avec toutefois cette différence énorme : tous les parents ne considéraient pas leur progéniture comme des surdoués...avec l'aimable bienveillance des pouvoirs publics.

A cette époque il y avait ceux qui pouvaient « aller à l’école » comme on disait, ce qui signifiait faire de longues études, et les autres, qui n’étaient pas considérés pour autant comme des imbéciles. Au passage on soulignera que ces autres finissaient souvent leur vie active plus riche que les premiers, lesquels occupaient très souvent des postes, plus ou moins importants, dans la fonction publique.  Et cela parce que les artisans ou les commerçants qui se « mettaient à leur compte » arrivaient à gagner assez d’argent pour s’offrir de vieux jours tranquilles, après avoir permis à leurs enfants soit de faire des études, soit de leur succéder.

Ceux qui faisaient des études n’étaient pas désavantagés pour autant, puisqu’ils allaient pouvoir postuler non seulement pour être dans le cadre le plus élevé de la fonction publique ou du privé, mais aussi pour s’installer comme médecin, notaire ou pharmacien, au besoin avec l’aide de la belle-famille de leur conjoint, le plus souvent la femme…qui ne travaillait pas. Là on arrive à une évolution qui a incontestablement été favorable, car à l’époque dont je parlais, jusque dans les années 60 ou 70, il était de bon ton que la femme ne travaille pas si son mari avait une bonne situation. C’était tout bonnement aberrant de se priver des compétences d’une partie de la population ! Pas besoin de crier sur tous les toits que la femme doit être l’égale de l’homme, puisque par essence la femme et l’homme sont des êtres humains donc égaux en droit et en devoirs.

Il est d’ailleurs curieux de constater que, de nos jours, tous ceux qui prêchent l’égalité des sexes sont les premiers à creuser des inégalités. Il y a chez nombre d’hommes et femmes peuplant nos pays occidentaux des femmes plus égales aux hommes que d’autres. Si dans certains milieux la femme a réellement conquis sa vraie souveraineté, grâce à l’école ou l’héritage de ses parents, tant d’autres femmes vivent des galères que leurs mères n’ont jamais connues, y compris celles qui vivaient avec les conditions les plus difficiles. Il est vrai qu’à cette époque le chômage ne sévissait pas comme de nos jours…parce que chacun avait son travail. A cette époque les garages, qu’ils fassent de la mécanique ou de la tôlerie, les boucheries, les charcuteries, les ébénisteries etc. n’avaient aucun mal à recruter des apprentis, lesquels devenaient peu après ouvriers…avant de se mettre à leur compte ou succéder à leur patron.

Avec cette dernière phrase je reviens aux propos que je tenais précédemment. De nos jours, il y a 4 millions de chômeurs dans notre pays, mais il est impossible de recruter dans les métiers de bouche, mais aussi des mécaniciens, des couvreurs, des menuisiers, sans parler des métiers de l’agriculture. Combien d’agriculteurs du Lot-et-Garonne, de la Gironde, de l’Hérault ou de la Côte d’Or,  n’arrivent pas à trouver du personnel pour des travaux saisonniers ? Curieux qu’aucun homme ou femme politique ne se pose sérieusement la question! Il est vrai que le seul fait d’être parlementaire ou ministre suffit en soi à ne plus être en contact avec la réalité, ne serait-ce qu’en raison du cumul des mandats.

Ah j’oubliais : tous ces élus n’en peuvent plus tellement ils sont sollicités, comme nous pouvons le lire un peu partout. Ils votent énormément de textes qui leur sont soumis, dont nombre d’entre eux ne sont pas appliqués. Cela étant ils sont pour cela très bien rémunérés, et ont même par rapport à des gens aussi bien rémunérés qu’eux dans le privé le privilège de pouvoir dire, écrire et faire de grosses bêtises, sans être sanctionnés, puisqu’ils ne peuvent l’être que par leur parti, ce qui est très rare, ou par les électeurs, ce qui ne peut guère arriver qu’une fois sur deux. Et s’ils ont outrepassé les bornes, ils finissent par démissionner de leur fonction en mettant à la place un comparse jusqu’aux prochaines élections.

Finalement, plus belle est la vie des hommes et femmes politiques que des autres membres de la société. Et infiniment plus belle que celles et ceux qui, par manque de formation et de diplômes, n’ont jamais pu s’insérer dans la société…après les avoir incités à aller à l’école au moins jusqu’à l’obtention du baccalauréat, et si possible un an ou deux  à l’université, non pas pour obtenir un diplôme, mais pour ne pas faire partie des statistiques du chômage. Cruelle la vie !!! Et ce ne sont pas les prévisions du ministre des Finances, P. Moscovici, qui vont mettre en doute ce que j’écris, puisqu’il assure à la fois que la France est sortie de la récession, mais que le PIB devrait évoluer dans une fourchette allant de -0.1%  à +0.1%. Avec de telles prévisions, plus cruelle encore sera la vie de milliers de Français ! Au fait, pourquoi P. Moscovici ne prend-il pas de vacances en étant muet sur les affaires du pays ? Pourquoi n’attend-il pas que la croissance soit bien là, avant de l’annoncer, sans l’annoncer, tout en la pressentant sans en être certain !  

Michel Escatafal

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