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28/07/2013

A propos de pression fiscale…mais pas seulement !

Je ne sais pas exactement ce qu’a dit le député-maire UDI de la ville de Cholet, Gilles Bourdouleix, sur les Roms, mais il a bien affirmé pour se défendre des propos qui ont été rapportés par un journaliste du Courrier de l’Ouest, et qui ont fait, à juste titre, grand bruit, que chez eux (les Roms) « la moitié des enfants sont entre pères et grands-pères », ce qui est quand même très injurieux. Tout cela signifie que ce monsieur  qui, comme tant d’autres, cumule  des mandats de maire d’une ville de plus de 50.000 habitants, de député de sa circonscription, et de président de la communauté d’agglomération du Choletais, semble très fatigué. A quand la fin du cumul des mandats, même si l’on nous affirme que cela sera réalisé d’ici la fin du quinquennat. Cette réforme est d’autant plus indispensable qu’elle est une des manières de voir le personnel se renouveler…même si je fais confiance aux femmes et hommes politiques pour s’accommoder des changements qu’implique ladite réforme.

Autre sujet qui énerve pas mal de monde, les impôts. Ah les impôts ! Toujours trop lourds, au point que paraît-il « Les Français travaillent sept mois de l'année pour les payer ». Comment des gens censés peuvent-ils sortir pareilles âneries ? Est-ce que réellement ceux qui accusent l’Etat d’être trop gourmand en impôts et taxes divers sont de bonne foi ? Si je pose la question, c’est parce que les mêmes ne voient, ou plutôt font semblant de ne voir qu’un aspect de la question, plus particulièrement font mine d’oublier que les impôts sont nécessaires pour faire fonctionner correctement l’appareil d’Etat. D’ailleurs il n’est pas besoin de remonter bien loin pour s’apercevoir que baisser les impôts, notamment de ceux qui paient le plus, est une complète aberration. Il suffit de voir l’exemple de ce qui s’est fait depuis l’an 2000, avec une forte accentuation entre 2007 et 2010, pour s’apercevoir que la baisse de la collecte de l’impôt est une machine à engendrer ou accentuer les déficits…ce qui finit toujours par se transformer en une catastrophe économique et financière, surtout quand survient une crise.

Pour mémoire, je répète encore une fois que si nous n’avions pas baissé les impôts depuis l’an 2000, comme cela a été fait de manière aussi irresponsable que démagogique, nous aurions un endettement qui ne dépasserait pas 70% du PIB, soit 20% de moins qu’aujourd’hui. Cela représente quand même plus de 400 milliards de dette publique que nous n’aurions pas !  A ce propos, que les démagogues de tous bords, à commencer par ceux de l’UMP, se posent la question de savoir à quoi ont servi ces baisses d’impôts, même si ponctuellement telle ou telle catégorie d’individus a pu bénéficier, au demeurant à un petit niveau, de ces baisses de prélèvement. J’écris à un petit niveau, parce que ces Français auxquels je pense ne sont évidemment pas les plus fortunés. Les vrais riches au contraire ont bénéficié au maximum de ces largesses des gouvernements successifs depuis 2000, alors qu’ils sont déjà ceux qui disposent des moyens les plus importants pour optimiser la fiscalité de leurs revenus…et donc bénéficier des dispositifs permettant de payer moins d’impôts.

Comme on le voit mon article n’a rien de polémique, puisque je ne parle pas de l’évasion fiscale, le sujet ayant été largement débattu depuis l’affaire Cahuzac…dont je rappellerais que pour beaucoup il fut un excellent ministre.  Et oui, si l’on veut être considéré comme tel, il est parfois préférable de posséder un compte à l’étranger ou dans un paradis fiscal. C’est comme cela et pas autrement, tellement les impôts sont un sujet qui suggère aux Français un sentiment de dégoût…faute d’informations et, il faut le dire, de politique fiscale sérieuse de la part de nos gouvernants. Au fait, où en est la grande réforme fiscale dont nous abreuvaient François Hollande et son équipe pendant la dernière campagne présidentielle ? Au point mort, mis à part le fait que les Français les plus riches, ou plutôt les moins pauvres, sont plus particulièrement mis à contribution. Certes c’est un léger progrès par rapport à l’époque Sarkozy, mais ce léger progrès se paie cher en termes de pouvoir d’achat, notamment pour les classes moyennes. J’insiste à ce sujet, parce que notre pays est un « paradis » pour les riches, quoiqu’en pensent certains, notre pays étant le troisième au monde par le nombre de millionnaires. Voilà au passage une information qu’on aimerait entendre plus souvent sur les chaînes d’infos en continue, même si nombre de ces millionnaires ne sont pas tous riches pour autant, l’immobilier jouant un rôle important dans cette affaire.

Revenons à présent sur cette stupidité que représente le calcul en jours ou en mois que chaque Français donne à l’Etat…comme si l’Etat n’offrait aucune prestation en contrepartie de nos impôts. N’oublions pas que, pour prendre ce seul exemple, si la France est un pays où les soins médicaux sont encore parmi les meilleurs au monde, c’est précisément parce que l’hôpital public…et privé bénéficie du financement de l’Etat. On pourrait aussi parler du RMI ou du RSA qui permettent à ceux qui n’ont rien d’avoir un tout petit peu…qu’ils dépensent évidemment en totalité, ce qui permet en contrepartie de ce qui leur est donné d’alimenter les caisses de l’Etat, via la TVA. Bref, l’Etat-providence, comme on l’appelle en France, n’a pas encore disparu de notre paysage social,  contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays plus libéraux. Il est d’ailleurs à noter que ces admirateurs d’autres pays où les prélèvements sont moindres que chez nous, qui parfois vivent à l’étranger, se rappellent soudain qu’ils sont français en cas de maladie ou autre aléa de la vie. Et oui, beaucoup de gens s’indignent de voir leur niveau de prélèvement augmenter, mais ils oublient les services rendus par les services de l’Etat, s’indignant même quand la qualité baisse…sous leur pression et celle des irresponsables qui ne pensent qu’à ce qu’ils pourraient avoir en plus, si les impôts étaient moins élevés.

Et que penser de ceux qui souhaitent un moindre financement des retraites par l’Etat, alors qu’ils sont les premiers à voir rouge dès qu’on parle de limiter la hausse des pensions de retraite, oubliant que le système par répartition, certes le plus coûteux pour l’Etat mais le mieux disant pour ceux qui ont cotisé, est une sorte d’assurance tous risques pour les retraités, au contraire des fonds de pension privés qui sont dépendants de leur activité sur les marchés financiers, avec tous les aléas que cela suppose. Sur un plan général les gens oublient trop facilement que si notre système de répartition venait à disparaître, pour un gain finalement minime sur leur fiche de paie, ils seraient obligés de financer eux-mêmes leur retraite pour en toucher une, en dehors du minimum versé par l’Etat, comme cela se fait dans de nombreux pays.

Je pourrais multiplier ainsi les exemples, sans d’ailleurs être écouté par ceux qui ne veulent pas entendre, pour bien montrer à quel point les tenants du « moins d’Etat » sont manipulés par ceux qui y trouvent un intérêt évident. Au fait, en revenant sur les propos que je tenais au début de cet article, est-ce que les Français méritent mieux que le personnel politique qu’ils ne cessent de vilipender ? Après tout, qui a élu ces femmes et hommes politiques pour nous représenter ? Qui pourrait affirmer, aujourd’hui, que le pas encore ex-membre de l’UDI, Gilles Bourdouleix, ne sera pas réélu maire de Cholet l’an prochain ? Pour ma part, je parierais qu’il le sera, et plus facilement que certains l’imaginent.

Bonnes vacances pour ceux qui partent aujourd’hui !

Michel Escatafal

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