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16/07/2013

Dans quel pays sommes-nous ?

J’avoue que je suis de plus en plus perplexe sur la manière dont les gens perçoivent la politique dans notre pays. Des opposants vont même jusqu’à lâcher des poules devant le domicile de F. Hollande et sa compagne…et cela n’a pas l’air d’offusquer certains forumers, lesquels au contraire trouvent cela très drôle. Certes c’est un peu la même chose ailleurs, mais chez nous il arrive souvent que l’on touche le fond dans la critique sur les forums des sites web des journaux. J’en suis d’ailleurs à me demander à quoi servent ces forums où tant de choses fausses ou inexactes sont écrites. On nous dit que c’est la liberté d’expression ! Certes, mais s’exprimer pour ne rien dire est-ce utile ? Cela fait-il avancer les choses ? A mon humble avis, la réponse est négative, parce que justement les gens interviennent le plus souvent sur des sujets qu’ils ne connaissent pas, donc presque toujours pour proférer des âneries.

Fermons cette parenthèse introductive pour évoquer quelques sujets dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, à commencer par l’intervention de F. Hollande à l’occasion du 14 juillet. Qu’avons-nous appris de nouveau que nous ne sachions déjà ? Peu de choses…comme on pouvait s’y attendre. Est-ce utile de développer sur le sujet ? Certainement pas, car dans ce genre d’intervention il y a ce qui a été déjà dit, ce qu’on dit continuellement, et ce qu’on sait qu’on va dire. A ce propos, certains commentateurs ont trouvé le président de la République bien optimiste sur la croissance, mais imaginaient-ils voir un chef de l’Etat en rajouter dans le pessimisme ambiant ? En fait F. Hollande est resté fidèle à sa posture depuis de nombreux mois, en montrant qu’il se veut optimiste pour l’économie française…en espérant que la croissance repartira dans les meilleurs délais, ce qui lui donnerait de bonnes chances d’être réélu.

Voilà une hypothèse qui ne fera pas sourire les partisans de l’UMP, mais une élection présidentielle ne se joue pas quatre ans avant le prochain scrutin, mais plutôt quelques mois, voire même quelques semaines. Ce ne sont pas les politiciens allemands qui me contrediront, puisque, comme le rapporte Libération, le politologue Nils Diederich rappelle une fois encore que « les élections se jouent toujours au cours des six dernières semaines de campagne ». Et ce qui est valable en Allemagne l’est aussi en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et en France. Qui aurait pensé que N. Sarkozy obtienne 48.36% de voix au second tour de la dernière élection présidentielle? Peu de monde, y compris parmi ses plus fidèles supporters, d’autant que sa campagne a été de l’avis de tout le monde peu brillante et encore moins emballante. Il a même été dominé, autant que faire se peut, lors du face à face télévisé entre les deux tours, contrairement à ce que prétendaient tous les cassandres de droite. Et pourtant  son score a été plus qu’honorable, faisant  mieux que Valéry Giscard d’Estaing (48.24%) face à F. Mitterrand en 1981 (48.24%), malgré un bilan du septennat infiniment meilleur que celui de N. Sarkozy,  l’un laissant à F. Mitterrand une France en bon état de marche, avec des finances saines (merci R. Barre !), et l’autre laissant un pays exsangue à F. Hollande, avec des déficits et une dette extravagants en temps de paix.

Et qu’on ne vienne pas tout mettre sur le compte de la crise, parce que, durant son septennat, Valéry Giscard d’Estaing a été confronté à deux chocs pétroliers qui ont déstabilisé l’économie mondiale pendant des années. Par parenthèse on pourrait aussi évoquer le bilan tout à fait honorable de L. Jospin entre 1997 et 2002, ce qui ne l’a pas empêché de se faire piteusement éliminer au premier tour de l'élection présidentielle en 2002 au profit de J.M. Le Pen…alors que tout le monde ou presque le voyait gagnant au second tour face à J. Chirac. Oui, les élections au suffrage universel, comme je ne cesse de le dire, ne se jouent pas sur ce qui s’est passé au cours des dernières années, mais sur les chiffres des dernières semaines de campagne, auxquels on peut ajouter très souvent la démagogie des candidats. Et question démagogie, personne n’est plus fort que N. Sarkozy, comme on a pu le constater encore ces derniers jours avec son vrai-faux retour en politique après l’invalidation de ses comptes de campagne présidentielle par le Conseil Constitutionnel.

Et c’est bien tout cela qui est le plus inquiétant pour l’avenir du pays, même si une grande majorité de Français ne souhaite pas (encore) le retour de l’ex-président. Pour ma part je me méfie, et l’histoire est là pour nous rappeler que la démagogie supplée trop souvent les résultats obtenus pendant l’exercice du pouvoir. N’oublions pas  le lointain précédent de 1848, avec l’élection présidentielle, que nous aurions appelée « à la soviétique » si l’Union Soviétique avait existé à cette époque, qui a vu l’écrasante victoire de Louis-Napoléon Bonaparte…grâce à la fois à son nom et aux promesses inconsidérées faite à tous, y compris à la classe ouvrière. Et que dire de Silvio Berlusconi en Italie, qui a remporté à trois reprises les élections législatives malgré un piètre bilan de président du Conseil. Et nous pourrions multiplier à l’envie les exemples de la sorte dans le monde, ce qui montre finalement que les élections au suffrage universel se font très souvent sur des critères peu objectifs. Cela me fait dire que si la reprise est effective en 2015 et se prolonge jusqu’en 2017, F. Hollande sera réélu. Je dirais la même chose si la reprise n’est pas franchement au rendez-vous, ce qui l’obligerait à recourir à la dissolution de l’Assemblée devant le peu de solidarité de ce que l’on appelait il y a peu encore la majorité présidentielle. Oh certes cette dissolution donnerait à coup sûr une large majorité à l’opposition, mais son ou ses candidats seraient laminés à l’élection présidentielle, comme ce fut le cas en 1988. Bonnes vacances à tous !

Michel Escatafal

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