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10/06/2013

N. Sarkozy ou le sempiternel recours...

Pauvre France ! Même à Roland-Garros, il y a des gens qui manifestent contre le mariage pour tous ! Comme si le match entre Nadal et Ferrer était un bon moyen pour s’exprimer sur le sujet, un sujet qui, par parenthèse, devrait être clos depuis la promulgation de la loi. Tout ça ne nous réconcilie pas avec la politique, surtout si l’on ajoute à cela les affaires qui se succèdent les unes après les autres, des affaires qui pourrissent un peu plus l’atmosphère politique. Et ce n’est pas ce pauvre J.L. Mélenchon qui va y aider, lui qui passe son temps à critiquer le gouvernement pour exister, faute de pouvoir être un rempart efficace contre le Front National, spécialité qu’il a voulue s’approprier...vainement.

 

Pour le reste on peut aussi évoquer rapidement la mort de Pierre Mauroy, qui restera pour l’histoire le premier Premier ministre, dit de gauche, depuis l’avènement de la Cinquième République. C'était sans doute un honnête homme, mais pour ma part, je retiendrai aussi de lui le fait qu’il ait souvent parlé de l’héritage laissé par le couple Giscard-Barre, alors que les caisses étaient pleines, ce qui avait permis aux socialistes de faire de nombreuses réformes, bonnes ou mauvaises, mais des réformes quand même. Je n’oublie pas également ses critiques vis-à-vis de Lionel Jospin lors de sa campagne présidentielle, lui reprochant de ne pas paraître assez à gauche. On connaît le résultat de cette critique, qui s’ajoutait à tellement d’autres : J.M. Le Pen s’est retrouvé au second tour de la présidentielle. Bravo les gens dits de gauche, parce qu’il faut bien appeler un chat un chat : ce sont les voix de gauche qui ont fait défaut à L. Jospin lors du premier tour de l’élection présidentielle 2002.

 

D’ailleurs si aujourd’hui on devait revoter pour des élections nationales, la somme des critiques en provenance de la gauche suffirait à assurer une majorité à l’UMP, malgré toutes ses divisions, malgré aussi le triste bilan de ce parti après 10 ans de pouvoir. Du coup F. Hollande et son gouvernement sont confrontés à une situation très difficile, à commencer par l’obligation de faire des réformes…qui ne peuvent plus être différées, si notre pays veut conserver son rang de puissance économique, et donner à ses habitants l’espoir de conserver des acquits qui ont souvent permis de servir d’amortisseur social en temps de crise. C’est aussi la seule manière de pouvoir emprunter à des taux qui sont historiquement bas (le 10 ans est à 1.94%), et qui allègent d’autant le poids de la dette, dont on rappellera qu’elle a dépassé les 90% de la richesse nationale.

 

A ce propos j’en profite pour redire, une fois encore, que si nous n’avions pas réalisé au cours des dix dernières années autant de baisses d’impôts, notre taux d’endettement serait de 70% du P.I.B., ce que personne ou presque ne souligne. Si j’écris cela, c’est parce que j’ai entendu ces derniers jours, chez un de mes amis commerçants, une personne affirmer qu’elle « n’ose plus dire qu’elle a voté Hollande ». Certes, je suis le premier à reconnaître que le pouvoir actuel, comme les précédents, est trop frileux sur certains sujets, se renie assez souvent, ou commet trop d’erreurs de communication, mais de là à dire que tout ce que subit notre pays est de la faute de F. Hollande relève du pur fantasme. Il faut quand même que la France fasse, ou, si l’on préfère, finisse par faire ce qui n’a pas été fait depuis des années. Et pour cela il faut prendre des décisions nécessairement impopulaires, que tout le monde va reprocher à l’exécutif, à gauche comme à droite.

 

D’ailleurs, comme je ne cesse de le clamer, j’ai du mal à comprendre comment les dirigeants de l’UMP (au pouvoir entre 2002 et 2012) peuvent affirmer, sans rire, qu’il faudrait prendre telle ou telle mesure…qu’ils n’ont jamais voulu prendre, se contentant de réformes ni faites, ni à faire. Il ne faut pas oublier non plus la manière dont le précédent pouvoir a siphonné les 33 milliards d’euros du Fonds de réserve des retraites créé par Lionel Jospin, qui devait alléger la charge des retraites du papy-boom pour les jeunes générations à partir de 2020. Curieux que cela aussi ne soit jamais évoqué dans la presse, laquelle préfère souligner que F. Hollande s’apprête aujourd’hui à allonger la durée de cotisations à 44 ans…après avoir beaucoup critiqué N. Sarkozy et E. Woerth qui l’avaient placée à 41.5 ans, ce qui fait dire aux syndicats que c’est une manière hypocrite d’obliger les gens à travailler au-delà de 62 ans, qui est l’âge légal de départ à la retraite pour la plupart des salariés. Et oui, il faut s'y faire : F. Hollande est un meilleur président libéral que ses deux derniers prédécesseurs!

 

C’est cette duplicité des opposants qui pose le problème de la confiance en la parole publique, mais aussi celle de ceux qui soutiennent le pouvoir, comme en témoignent les renoncements du gouvernement sur le patrimoine des élus, lesdits élus n’étant guère désireux non plus de voir rogner quelques uns des avantages énormes qu’ils ont par rapport au commun des mortels quant à leur régime de retraite. Comment dans ces conditions les Français pourraient-ils avoir confiance et donc consommer, alors que pour nombre d’entre eux ils ont des économies qui devraient leur permettre d’acheter plus et français ? J'arrête là, car énumérer tout ce qu’il faudrait changer pour, in fine, rétablir la confiance des citoyens serait tellement fastidieux qu’on préfère y renoncer…et attendre le retour de la croissance, en espérant que l'embellie sur la production industrielle d'avril se confirme, ce qui aiderait le gouvernement à réaliser ces réformes douloureuses tellement indispensables, mais tellement ravageuses sur le plan électoral. En tout cas, pour ce qui me concerne, je ne souhaite en aucun cas le retour de N. Sarkozy, dont on nous dit que c’est lui le recours à droite. Avec un pareil recours, où irait notre pays ? Je n’ose même pas y penser !!!

 

Michel Escatafal

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