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28/05/2013

L’action vaut mieux que les gesticulations et les beaux discours

Grande nouvelle : les deux frères ennemis de l’UMP, J.F. Copé et F. Fillon, sont d’accord pour que les militants de l’UMP leur disent qu’ils ne veulent pas revoter pour la présidence du parti. Voilà une belle victoire pour J.F. Copé, lequel ne voulait en aucun cas remettre son mandat en jeu. Grosse défaite pour F. Fillon, qui en plus de savoir qu’il ne pourra pas devenir président de l’UMP, devra sans doute rendre des comptes à ses amis, dont certains ont énormément ferraillé pour lui redonner une chance dans cette course à la présidence. C’est la raison pour laquelle j’ai du mal à croire que F. Fillon ait le « le coffre » pour être un candidat crédible de l’UMP à l’élection présidentielle en 2017, ce que je regrette, car pour ma part je préfèrerais toujours quelqu’un comme Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin ou F. Fillon à des gens comme N. Sarkozy ou J.F. Copé, prêts à tout pour accéder au pouvoir, y compris en labourant les terres du Front National.

Pas sûr d’ailleurs que les Français ne soient pas d’accord avec moi, car même si les Français sont très changeants dans leur opinion, ils ont quand même des instants de lucidité. Si je dis cela, c’est parce que j’ai lu ce matin (en ouvrant la page MSN) que dans un sondage, qui n’en est pas un au vrai sens du terme, les Français étaient majoritairement hostiles à une intervention militaire en Syrie, même en cas d’utilisation des armes chimiques par le pouvoir syrien. Cela signifie que ceux qui ont répondu à cette vrai-fausse enquête, pensent qu’il s’agit en Syrie d’une terrible guerre civile, comme elles le sont toutes, et que dans ce cas des exactions horribles sont commises par tous les belligérants. Donc le mieux est effectivement de ne pas trop s’en mêler. Certains considèreront que cette attitude n’est pas très noble, mais c’est la plus réaliste.  En revanche la levée de l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens ne l’est pas vraiment, car nul ne sait entre quelles mains elles vont  tomber.

Autre sujet intéressant, celui de la poussée des idées d’extrême-droite dans l’ensemble des pays européens. Voilà un sujet autrement plus important que l’élection à l’UMP, car il y va de l’avenir de la construction européenne. Celle-ci, on le sait, patine de plus en plus, car les dirigeants des nations composant l’Union européenne regardent d’abord leurs intérêts nationaux avant celui de l’ensemble de l’Union. La preuve, alors que la pourtant très libérale Commission européenne avait  proposé que les Etats de l’UE imposent une taxe de 47% sur les panneaux solaires en provenance de Chine, pour protéger la production européenne, l’Allemagne a cédé au diktat de la Chine, qui refuse cette taxation, par peur d’éventuelles représailles qui pourraient nuire à son commerce extérieur, soutenue en cela par d’autres pays exportateurs comme les Pays-Bas ou la Finlande. Au passage on notera que ces pays sont ceux qui soutiennent avec le plus de vigueur les mesures d’austérité imposées à l’ensemble des pays de l’Union…ce qui les entraîne eux aussi vers la récession.

Mais l’extrême droite européenne ne s’appuie pas que sur l’économie pour espérer s’inscrire durablement dans une dynamique électorale qui lui soit favorable. Son cheval de bataille privilégié reste l’immigration, sujet de nombreuses controverses un peu partout en Europe. En fait, il n’y a guère qu’en Allemagne où le débat est un peu moins vif qu’ailleurs, parce que les Allemands ont besoin de l’immigration pour contrecarrer les effets de la dénatalité du pays, une immigration qui est aussi plus européenne qu’ailleurs, même si des mesures très restrictives ont été prises dans le reste de l’Union, pour éviter d’importants mouvements de population en provenance des pays pauvres d’Afrique ou d’Asie. Cela dit, on s’aperçoit à travers ces quelques phrases que, là aussi, l’Union européenne n’a toujours pas de politique coordonnée de l’immigration, pas plus qu’elle n’en a en matière d’accueil des immigrés. Résultat, un peu partout, les immigrés se regroupent en communautés où la religion est très influente, ce qui est un bon moyen pour marginaliser ces populations, alors qu’au contraire il faudrait faire de gros efforts pour les intégrer dans un environnement plus laïque, afin d’éviter les tensions entre communautés ayant des cultures différentes.

Mais pourquoi tout cela est-il si difficile à réaliser, alors que ce devrait  être dans la nature des choses ? En fait, comme Raymond Barre l’a toujours pensé, le problème dans nos pays démocratiques est qu’il n’y a pas de politique de long terme qui soit engagée…parce qu’il y a tout le temps des élections, et parce qu’on s’imagine qu’imposer des efforts au pays est contre productif sur le plan électoral, ce qui n’est pas faux. Résultat, on fait des projets, et ils sont abandonnés aussi vite qu’ils ont été annoncés. Combien a-t-on connu de chefs d’Etat et de gouvernement assez courageux pour engager des réformes sachant le prix électoral qui allait en être payé ? Pour ma part, depuis une vingtaine d’années, je n’en connais qu’un, G. Schroeder, le chancelier allemand, prédécesseur d’Angela Merkel, à qui il n’a manqué qu’un ou deux mois de plus pour conserver son poste. A la rigueur j’ajouterais aussi Mario Monti, mais ce dernier n’a pas eu le temps de récolter le fruit des efforts qu’il a imposés à ses concitoyens italiens. J’espère que F. Hollande sera pénétré de cette idée que toute politique qui réussit est toujours une politique de long terme, et que l’action concrète et les vérités les plus simples sont toujours meilleures que les gesticulations et les beaux discours.

Michel Escatafal

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