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30/04/2013

A propos de la capacité de gouverner le pays...

J.F. Copé : "Hollande est-il vraiment capable de gouverner la France"? Voilà en effet une bonne question, mais s’il y en a bien un qui ne devrait pas se la poser c’est bien J.F. Copé, lui qui a déjà tellement de mal à gouverner…l’UMP. Alors on imagine ce que cela donnerait s’il on lui confiait la gestion de notre pays ! Finalement J.F. Copé est un humoriste qui s’ignore…à condition de savoir apprécier cet humour très spécial. Passons, et revenons à des choses a priori plus sérieuses, même si elles ne le sont pas vraiment, à savoir la possibilité de voir notre pays gouverné par un gouvernement de coalition. C’est le vieux rêve de F. Bayrou, qui d’ailleurs se verrait bien diriger ce gouvernement qu’il appelle de ses vœux depuis bien longtemps.

A ce propos, la première question à se poser serait d’abord de savoir si un tel gouvernement serait viable. La réponse est NON. Pourquoi ? Parce que la constitution de la Cinquième République l’interdit, non pas sur le plan institutionnel, mais dans les faits. En effet, suite à l’élection présidentielle, il y a automatiquement une majorité parlementaire qui est donné au président de la République, afin qu’il puisse exprimer sa volonté sans partage pour gouverner le pays. En fait le Premier ministre est, comme le disait Georges Pompidou, « le premier responsable national », ce qui signifie qu’il laisse au chef de l’Etat « la primauté ». Et le phénomène est encore plus accentué depuis 2002 et l’instauration du quinquennat, avec l’élection législative qui intervient immédiatement après l’élection présidentielle. Quelle serait par exemple la légitimité d’un Premier ministre et de son gouvernement en cas de gouvernement d’union ? Et plus encore, quelle serait la légitimité d’un F. Bayrou, Premier ministre, s’il venait à être appelé à Matignon, lui qui n’est pas élu et dont le parti (MoDem) n’a que deux ou trois députés ?

Certes on nous dit que 78% des Français plébiscitent ce type de gouvernement, d’après un récent sondage. Mais franchement, qui peut croire que les Français interrogés se sont posés toutes les questions que je viens d’évoquer pour répondre à ce sondage ? Personne de censé, ce qui signifie que cette question n’a aucun intérêt. Pire encore, ce sont les électeurs de droite qui sont les plus nombreux à plébisciter un tel gouvernement…parce qu’ils pensent que c’est l’intérêt de leurs partis, et que ce serait une sorte de revanche sur la gauche qui est censé diriger le pays. J’emploie le mot « censé », parce qu’il y a longtemps que F. Hollande n’est plus de gauche…si tant est qu’il l’ait été un jour, à moins de considérer la social-démocratie comme une idéologie de gauche, ce qui n’est pas le cas. J’irais même plus loin, en affirmant que F. Hollande va finir par mener une politique que N. Sarkozy et l’UMP de Copé et Fillon n’ont jamais osé mettre en œuvre pendant les dix ans qu’ils ont eu le pouvoir, avec les résultats que l’on connaît.

La preuve, ce matin j’ai entendu plusieurs chefs d’entreprise (PME) affirmer que les mesures en faveur des entrepreneurs décidées par F. Hollande allaient dans le bon sens, confirmant ainsi ce qu’avait déjà affirmé Laurence Parisot en début d’année, lors de l’accord entre les syndicats et le patronat sur la « flexi-sécurité », sans oublier les accords d’entreprises du type de celui signé chez Renault, auxquels on a accordé une large publicité…dans l’espoir d’en voir beaucoup d’autres voir le jour. Et c’est justement ce que les Copé et autres Borloo ou Fillon ne pardonnent pas à F. Hollande, lequel assume pleinement ses choix en attendant l’embellie de conjoncture qui ne manquera pas d’arriver, en espérant qu’elle intervienne en 2015 ou 2016 au plus tard. Cela lui permettrait de se refaire à grande vitesse une popularité, certes perdue depuis un an, mais qui ne l’est nullement sur le long terme, les électeurs étant très changeants. On l’a vu récemment avec Barack Obama aux Etats-Unis, que beaucoup donnaient battus pour sa réélection, et qui fut réélu sans problème, malgré des résultats mitigés après quatre ans de pouvoir, et après que son parti ait perdu les élections de mi-mandat.

Je pourrais même ajouter que c’est cela la grande crainte des gens de l’UMP, car, dans ce cas, c’en serait sans doute fini de leur parti, dont les différentes composantes se déchirent déjà, leur seul accord résidant dans la critique stérile sur F. Hollande et dans le fait de se réjouir de la montée du chômage…alors qu’ils en sont en grande partie responsables. N’importe quel individu, un tant soit peu informé, sait bien que des mesures destinées à lutter contre le chômage ne peuvent donner leurs effets qu’après une période allant de un à deux ans. Restaurer la compétitivité des entreprises et reprendre des parts de marché à l’exportation ne se fait pas en quelques mois.

En revanche, tout cela ne s’améliorera pas si l’on ne fait rien ou presque, comme l’a démontré l’UMP entre 2002 et 2012 et, plus encore entre 2007 et 2012. Qu’a fait N. Sarkozy pendant cette période ? Rien, sauf donner des cadeaux fiscaux à certains sans contrepartie, financés à crédit. Ce sera ma conclusion, en espérant que ce qui est fait depuis quelques mois finira par porter ses fruits quand la reprise sera là, une reprise d’autant plus nécessaire que la récession s’installe peu ou prou partout en Europe. Même l’Allemagne annonce une croissance très faible, mais pour que l’Allemagne consente à changer de politique il faudra attendre les élections de septembre, qu’une coalition SPD-Verts peut remporter malgré la popularité d’Angela Merkel. Après tout en 2002, Lionel Jospin était populaire, ce qui n’a pas empêché le résultat que l’on connaît.

Michel Escatafal

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