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25/03/2013

Heureux de n'avoir pas fait de politique...

« Chypre, c'est un franchissement, c'est un acte de guerre», a dit J.L. Mélenchon. Voilà un des titres, que l’on trouve dans la presse du jour, en plus de la victoire d’extrême justesse d’un candidat UMP sur celui du Front National dans l’Oise. Cela dit, dans les deux cas, est-ce vraiment une surprise que lire ces informations ? Qui aujourd’hui, à part les membres du Front de gauche, prend au sérieux J.L. Mélenchon ? Personne évidemment, d’autant que l’ancien socialiste passe de plus en plus pour un aigri qui n’a pas réussi à se faire une vraie place dans son ancienne formation, et qui se venge à sa manière (assez pathétique) vis-à-vis de ses anciens « camarades ».

Quant au score du Front National dans l’Oise, c’est tout simplement la résultante de la décomposition lente mais réelle de l’UMP…ce qui favorise le transfert de voix vers une formation plus extrême. Et ce ne sont pas les vociférations de la plupart de ses têtes d’affiche vis-à-vis du juge Gentil, qui vont redorer le blason de la principale force d’opposition de notre pays. Ah, si toute l’UMP pouvait avoir l’attitude d’un Juppé ! Mais pourquoi les femmes et les hommes politiques se croient-ils obligés de hurler avec les loups, alors que le silence est souvent bien plus éloquent que la parole ?

Revenons à des choses plus sérieuses aujourd’hui, en parlant du soi disant casse-tête du gouvernement lié à cette fameuse taxe de 75% sur les plus hauts revenus, promise par F. Hollande en pleine campagne électorale. J’écris « soi-disant » parce que, pour ma part, je n’ai jamais cru que F. Hollande ou P. Moscovici ont imaginé la possibilité d’introduire cette taxe dans notre panoplie fiscale. En fait on s’oriente tout simplement vers une sorte de « bouclier fiscal » à peine plus élevé que celui de N. Sarkozy (maximum 60%).

Reste maintenant à savoir vendre ce reniement, qui n’en est même pas un pour le bon peuple, puisque c’est le Conseil Constitutionnel qui a bloqué (heureusement !) cette taxation. Cela étant, compte tenu des faiblesses de la communication, tant à l’Elysée qu’à Matignon, on peut s’imaginer que cet enterrement de première classe ne se fera pas sans vague. Et si c’était cela le drame de F. Hollande, contraint bon gré mal gré de faire des réformes nécessairement impopulaires que, manifestement, lui et ses "communicants" ne savent pas expliquer ?

En tout cas le moins que l’on puisse dire, comme je ne cesse de le répéter, est que la majorité n’aide guère le pouvoir qu’elle est censée soutenir. C’est là d’ailleurs tout le problème des députés ou sénateurs, lesquels une fois élus ne veulent plus lâcher leur siège…ce qui les amène à ruer (un peu) dans les brancards, en tout cas à manifester leur mécontentement en public, tout cela ne pouvant qu’avoir un effet désastreux sur l’opinion. Cela me rappelle le texte du comité central de la Garde nationale du 25 mars 1871, relatif à l’utilité de savoir pour qui voter, où il était écrit qu'il faut se défier « des ambitieux et des parvenus », dans la mesure où « les uns comme les autres ne considèrent que leurs propres intérêts et finissent toujours par se considérer comme indispensables ».

Je laisse à l'auteur de ce texte, depuis longtemps disparu, la responsabilité de ce qu'il écrivait, mais ce document montre que les "politiques" suscitent toujours les mêmes méfiances. A noter, pour ceux qui aiment la précision historique, que le 25 mars 1871 se situait trois jours avant l'installation officielle de la Commune à l'Hôtel de Ville, après que plus de la moitié des électeurs inscrits se soient abstenus de voter aux élections municipales, ce qui avait permis l'élection de seulement 15 conseillers républicains sur les 86 sièges à pourvoir, le reste des élus étant composé de révolutionnaires. Des vrais, pas comme J.L. Mélenchon...ce qui est heureux pour lui!

En attendant, cette semaine, F. Hollande va une énième fois essayer de convaincre du bien-fondé de son action à la tête du pays, une tâche qui s’annonce très difficile pour la bonne raison qu’il ne peut guère annoncer que des mauvaises nouvelles sur le front économique et donc sur l’emploi, au moins jusqu’à la rentrée. Pas de quoi redonner confiance au peuple dans ces conditions ! Du coup on peut imaginer que les médias vont s’en donner à cœur joie pour relever toutes ces sombres annonces, que n’atténueront pas les promesses, au demeurant aléatoires, que pourra faire le président de la République.

On peut aussi imaginer que l’UMP et J.L. Mélenchon ne se priveront pas, chacun à leur façon, de fustiger l’action du gouvernement, les uns oubliant que si nous sommes dans la situation dans laquelle se trouve notre pays, c’est en grande partie de leur faute, l’autre continuant à faire de la démagogie…pour pouvoir exister. Quant à la majorité parlementaire, en y incluant les Verts, elle manifestera son soutien, mais un soutien où chacun essaiera de faire voir sa différence. Bref, la vie politique dans toute ce qu’elle peut avoir d’exécrable, ce qui nous ramène au début de mon propos. Finalement je suis très heureux de n’avoir pas fait de carrière politique, comme j’y ai pensé à un certain moment de ma vie !

Michel Escatafal  

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