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18/02/2013

Dur de gouverner après 10 ans d'UMP et N. Sarkozy!

Décidément, François Hollande n'est pas gâté depuis son arrivée aux affaires! Même  notre industrie agroalimentaire est touchée, et ce n’est pas encore que nous pourrons enfin écrire que la crise s’éloigne. Cela dit, comme je ne cesse  de le répéter, je trouve insupportable que la droite UMP puisse critiquer sans cesse le gouvernement…alors que ce parti est le grand responsable de l’état actuel du pays. Quand on pense qu’il y a un peu plus de dix ans nous étions dans les pas de notre voisin allemand ! Comment l’UMP peut-elle, sans se ridiculiser, critiquer le gouvernement sur tout ce qu’il entreprend, notamment sur le chômage, les déficits et les moyens de les combler, alors qu’elle a été aux affaires pendant dix longues années, avec ces cinq dernières années une gestion rien moins que catastrophique ? C’est cela qui dégoûte les gens de la politique, et le gouvernement aurait  tort de se préoccuper aujourd’hui de l’état de l’opinion. Après tout F. Hollande et le Parti socialiste sont au pouvoir pour cinq ans, et c’est en 2017 qu’il faudra voir les résultats. Soit la situation du pays se sera améliorée, et F. Hollande sera réélu, soit il aura échoué en tout et, dans ce cas, il est quasi certain d’être battu. Pour ma part, je souhaite qu’il fasse en 2013 et 2014 toutes les réformes qui sont à faire, parce que si ce n’est pas le cas elles ne seront pas faites avant 2017.

C’est pour cela que j’invite, comme beaucoup de Français, le pouvoir socialiste à faire ce que la Cour des Comptes lui recommande, quitte à en moduler l’application, afin que notre pays desserre l’étau de l’endettement que lui a laissé N. Sarkozy. F. Hollande  a certes hérité d’une situation désastreuse,  mais ce n’est pas une raison pour essayer de différer la diminution des dépenses publiques, notamment en taillant dans celles qui sont à la fois coûteuses et souvent peu efficaces. La grande réforme fiscale promise ne peut pas vraiment attendre, même si elle a été d’une certaine manière engagée, à un niveau toutefois insuffisant. En outre, le gouvernement et le Parlement doivent impérativement revoir la manière de fonctionner de la fonction publique, sachant qu’il y a à coup sûr des économies à faire. Enfin, les catégories concernées par ces économies devraient comprendre qu’il faut absolument réparer les dégâts causés par la mauvaise gestion précédente. Cela est valable aussi pour toutes les catégories touchées par les hausses de prélèvement, parce que cela devra bien être fait un jour ou l’autre.

J’entends certains retraités dire que N. Sarkozy a préservé leur pouvoir d’achat. Peut-être, mais à quel prix ? J’entends aussi l’UMP se vanter d’avoir fait une réforme des retraites pour pérenniser le système par répartition. Il y a bien eu une réforme, mais chacun savait, et mesure mieux encore de nos jours, que cette réforme n’a nullement réglé le problème. Il faudra donc la faire, et le plus vite possible en utilisant pour cela le système des points accumulés par chacun, avec un minimum pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de travailler autant qu’ils l’auraient souhaité.  Cela figurait d’ailleurs dans les propositions de F. Bayrou, à l’époque où l’UDF-MoDem était audible. C’est aussi le vœu d’un syndicat comme la CFDT, et peut-être d’autres. Bien évidemment il y aura des réticences à gauche, comme à droite, comme partout. Et bien, ce sera au gouvernement à donner les bonnes explications, et non pas à essayer de caresser l’opinion publique dans le sens du poil, comme l’a fait pendant cinq ans N. Sarkozy…avec les résultats que l’on connaît.

Heureusement, au ministère des Finances il y a quelqu’un comme P. Moscovici, dont on peut être sûr qu’il ne déviera pas de l’objectif de réduction de déficits, tout en essayant de faciliter le retour à meilleure fortune de notre industrie. P. Moscovici sait bien que tout cela doit être fait rapidement, sans casser le peu de croissance attendue. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens ! Mais c’est à ce prix que notre pays retrouvera des marges de manœuvre, et tout le monde doit y participer, les actifs comme les inactifs. Je sais que ce sera difficile de convaincre les Français, comme je sais que le gouvernement subira les foudres de tout le monde, mais je sais aussi que ce pouvoir a été élu pour rétablir les équilibres fondamentaux de la France. Que certains ne l’aient pas compris, il fallait s’en douter, mais que le gouvernement se préoccupe exagérément de l’opinion publique ne lui sera pas davantage pardonné…et nous le paierons très cher sur les marchés.

Je voudrais aussi que la présidence de la République et le gouvernement sachent mieux communiquer, parce que si le gouvernement communique mieux il rétablira ce qui manque le plus à l’économie française, la confiance. Depuis six ans je ne cesse de répéter sur ce site que la France a beaucoup d’atouts, y compris par rapport à nos voisins allemands, à commencer par le fait que la France soit un pays jeune grâce à une démographie dynamique. Mais la France a aussi un autre atout considérable, ses bas de laine et le faible endettement de ses habitants, et c’est pour cela que je ne cesse de parler de la confiance. Si les Français consommaient 5% de plus par an, une bonne partie de nos problèmes seraient résolus. Et cela me permet de revenir aux sempiternelles comparaisons avec les Allemands, dont on nous vante sans cesse le taux de chômage, et les performances à l’exportation. Pour l’exportation, c’est vrai : les Allemands ont fait depuis des années les efforts pour conserver leur avance en matière d’exportation, alors que depuis dix ans la France, dirigée par l’UMP, n’a cessé de reculer sur ce plan. En revanche pour le chômage, l’Allemagne a un très gros avantage sur la France, qui sera à terme un énorme handicap, c’est sa démographie. Chaque année, en effet, le nombre de jeunes Allemands arrivant sur le marché du travail est infiniment moindre que dans notre pays, ce qui n’est que trop rarement mis en évidence.

Je pourrais aussi souligner que la politique européenne allemande, à la mode Merkel, est trop peu ambitieuse pour faire de l’Allemagne un pays leader en Europe, comme elle prétend l’être. Que fait l’Allemagne pour tirer la croissance de la zone euro ? Peu de choses, notamment en matière de rémunérations. Il est clair que l'Allemagne, qui voit chaque année augmenter son nombre de pauvres, pourrait faire plus en matière sociale. Elle ne le fait pas et elle a tort car, à terme, elle en subira les conséquences. Ce n’est pas en s’alignant sur les Britanniques, sur tout ce qui concerne les budgets européens, que la zone euro repartira durablement de l’avant. D’ailleurs ce n’est pas pour rien si la croissance allemande s’est contractée de 0.6% au cours du dernier semestre. Et s’il y a un rebond attendu pour le trimestre en cours, c’est aussi et surtout parce qu’on part de très bas. On peut d’ailleurs se demander, sauf à préserver l’euro fort, pourquoi l’Allemagne et les Pays-Bas, gros pays exportateurs, tiennent tellement à imposer l’austérité partout, surtout quand on voit la récession se généraliser en Europe. Peut-être, sur ce plan, F. Hollande devrait parler plus fort…mais il est plombé par les déficits et l’endettement du pays. On n’en sort décidément pas…ce qui n’empêche pas d’essayer !

Michel Escatafal

 

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