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15/12/2012

Les médias n'informent pas suffisamment les Français...

Certains de mes lecteurs me reprochent de ne plus autant écrire sur mon blog qu'auparavant…et ils ont raison. D’abord j’ai pas mal d'occupations. Ensuite j'ai parfois l'impression de perdre mon temps, tellement l'information distillée par les médias, notamment les médias radio-télévisés, est loin des réalités du terrain. Certes il n’est pas question de reprocher aux médias de ne pas savoir informer leurs auditeurs, mais je trouve qu'ils occultent l'essentiel en étant constamment dans la réaction sur des faits souvent mineurs, ce qui fait que les gens ont de moins en moins de recul sur ce qui se passe réellement dans le pays. Dès qu’il y a le moindre problème, l’information continue fait figure de caisse de résonance au point d’occulter tout le reste…et notamment ce qui est important. Cela dit, il faut aussi avouer que le gouvernement s’y entend pour faire surgir des débats qui n’auraient pas lieu d’être, si sa communication était un peu plus cohérente.

C’est d’autant plus dommage pour l’exécutif (président de la République et Premier ministre) que ce gouvernement travaille, et même travaille beaucoup. Et il a d’autant plus de mérite que la situation dont il a hérité était extraordinairement difficile, après cinq ans d’errance où les coups médiatiques servaient de politique. Jamais depuis l’histoire de la Cinquième république, un nouveau pouvoir n’avait reçu en héritage autant de problèmes de tous ordres, à commencer par une situation budgétaire aussi compliquée. N’oublions pas que le déficit public fin 2011 était encore de 91 milliards d’euros (5.4% du PIB), et qu’à la fin de l’année 2012 le taux d’endettement public de notre pays avoisinera les 90% du PIB. Jamais notre pays en temps de paix n’avait été confronté à de telles difficultés, d’autant plus que la situation sur le marché du travail ne cesse de se dégrader. Et l’on voudrait, qu’après six mois de  pouvoir, F. Hollande et J.M. Ayrault aient pu inverser la tendance, au point de voir notre pays renoncer à la politique d’austérité mise en place pour commencer à enrayer cette spirale des déficits...politique que le précédent pouvoir avait d'ailleurs commencé à engager au cours de l’année dernière, sous la contrainte des marchés.

Oui, ce gouvernement travaille beaucoup, comme en témoignent les nombreuses mesures qui sont prises pour qu’à la fin de l’année prochaine les premiers résultats de la politique mise en œuvre se fassent sentir. Qu’on en juge : en quelques semaines, il y a eu coup sur coup le pacte de compétitivité, la mise en place des emplois d’avenir destinés aux jeunes sans diplôme, le contrat de génération, sans oublier l’effort considérable qui est fait pour l’éducation, précisément pour faire en sorte que moins de jeunes ne sortent de l’école sans diplôme. Et je ne parle pas des dispositifs pour lutter contre la pauvreté, même s’ils sont très insuffisants, pour là aussi apporter un vrai début de solution à ce dramatique problème. Evidemment tout cela a un coût, et c’est d’autant plus coûteux que les résultats en termes d’emplois ne seront pas immédiats. Tout au plus la courbe du chômage grimpera moins vite, puisque chacun sait que seule la croissance est réellement créatrice d’emplois à court terme…et cette croissance, en France comme ailleurs, ne reviendra au mieux qu’à la fin de l’année 2013.

Tout cela pour dire qu’il faut essayer de faire le dos rond jusqu’au moment où on pourra recommencer à desserrer l’étreinte, même si l’on sait que l’on ne pourra le faire qu’avec une extrême parcimonie, si l’on veut voir notre pays retrouver un niveau d’endettement public acceptable. Car ne l’oublions pas, et je le redis une énième fois, nous bouclons nos fins de mois par l’emprunt. A ce propos, nous avons la chance extraordinaire d’avoir encore la confiance des prêteurs, ce qui nous permet d’emprunter à des taux historiquement bas, au point que malgré la perte de notre AAA on a émis ces derniers temps des bons du Trésor à taux négatif, ce qui revient à dire que l’Etat français est rémunéré pour emprunter de l’argent. Entre parenthèse, cela signifie que ces fameux prêteurs, qu’on critique sans cesse à droite et à gauche, ont une confiance dans notre pays que ses habitants n’ont pas…pour son plus grand malheur. Je dis pour son plus grand malheur, parce que si les Français avaient davantage confiance ils consommeraient plus, ce qui serait bon pour la croissance. Et des Français qui pourraient consommer plus, il y en a beaucoup, comme en témoigne le taux d’épargne des ménages parmi les plus élevés au monde.

Mais, au fait, pourquoi ceux qui sont chargés de nous informer ne soulignent-ils pas ce que je viens d'écrire, plutôt que nous abreuver des élections à l'UMP ou des états d'âme de J.L. Mélenchon...dont tout le monde se moque? Pourquoi ne pas passer de temps en temps un quart d’heure, pendant les journaux de 20h, à expliquer aux Français que les marchés considèrent la France comme un pays financièrement sûr, au même titre que l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Finlande? Pourquoi faut-il que ce soit des blogueurs, avec fatalement une audience réduite, qui expliquent ce que je viens d’écrire à propos des émissions de dette lancées par l’Agence France Trésor? Oui, pourquoi passer son temps à évoquer les différents entre Arnaud Montebourg et J.M. Ayrault sur la fermeture des hauts fourneaux de Florange, lesquels de toutes façons ne sont plus viables? Pourquoi ne pas simplement se réjouir d’avoir évité des licenciements à Florange, au lieu de disserter des heures et des heures sur la possibilité ou non d’une nationalisation? A ce sujet, chacun sait bien que cela aurait été un très mauvais signal donné aux entreprises étrangères voulant investir sur notre sol, sans parler du coût, car il y en aurait eu un, sans parler aussi de l’effet amplificateur qu’aurait eu une éventuelle nationalisation du site de Florange dans les grosses entreprises en manque de commandes.

C’est là que le bât blesse dans la communication du gouvernement, celui-ci ayant tort de laisser se développer des polémiques stériles, ce qui donne une impression de confusion…qui n’existe sans doute pas, du moins au niveau où cela est rapporté dans les médias. Je veux bien qu’Arnaud Montebourg soit l’alibi de gauche du gouvernement, mais est-ce une raison pour le laisser tenir des propos qui, en aucun cas, ne recevront de concrétisation? Qui pouvait imaginer qu’on allait de nouveau nationaliser le peu de sidérurgie qui reste sur notre sol ?  Tout cela est désolant, comme l’est aussi le débat sur l’aéroport de Nantes ou celui sur le nucléaire et le gaz de schiste.

Tout le monde sait bien que sur tous ces sujets la raison économique finira par l’emporter, alors pourquoi les dirigeants de la majorité s'inquiétent-ils de la mauvaise humeur de l’opinion ou de résultats moins bons qu’espérés aux échéances électorales intermédiaires. Voilà ce qui me dérange dans l'action politique. Pour moi le seul sujet qui vaille est celui de voir la France retrouver son rang, un rang qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Avec un héritage comme celui qu’il a reçu, F. Hollande a la chance de pouvoir entrer dans l’histoire. Espérons qu’il fera ce que nous sommes nombreux à attendre de lui, seul moyen pour lui de réussir ce qu’a réussi Barack Obama, un peu contre l’opinion de nombre d’observateurs, être réélu et empêcher les conservateurs de reprendre le pouvoir.

Michel Escatafal

 

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