Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/11/2012

Les problèmes à l'UMP : une chance pour le gouvernement

Sur le site du Figaro d’hier, j’ai lu que Barack Obama avait invité à déjeuner son rival républicain pour l’élection présidentielle, Mitt Romney. Bel exemple de démocratie qui vient d’un pays qui pourtant n’est pas toujours exemplaire. Cela étant, il y a le respect des hommes entre candidats, chacun essayant d’éviter les petites phrases assassines, lesquelles rendent très difficiles le dialogue avec l’opposition. En employant ce mot, je me rends compte combien est différente la conception en France de l’opposition telle qu’on la connaît dans les pays anglo-saxons, et aussi le plus souvent ailleurs. Il est vrai que dans notre pays, les querelles d’égo dans les partis politiques sont particulièrement aigues, surtout si l’on doit en prendre le contrôle. Tout le monde se rappelle les affrontements au Parti socialiste lors de la désignation du ou plutôt de la Première secrétaire en 2008, lors du fameux congrès de Reims, sans toutefois atteindre les sommets d’absurdité que nous connaissons aujourd’hui à l’UMP.

Je dis absurdité parce que, paraît-il à l’initiative de N. Sarkozy, on a été jusqu’à proposer l’organisation d’un référendum pour savoir s’il faut organiser une nouvelle élection. Il fallait y penser !  Voter pour savoir si l’on revote, c’est une idée qui se tient, surtout si l’on vote d’abord pour savoir si l’on doit voter pour revoter. Bref, il faut avoir exercé les plus hautes fonctions pour avoir de pareilles solutions à proposer aux militants…que je ne plains pas, parce que je suis persuadé qu’il y avait un meilleur choix à l’élection présidentielle que voter et s’engager pour N. Sarkozy. Par exemple voter pour F. Hollande, dont chacun savait bien qu’il n’appliquerait pas le programme sur lequel il a été élu, ou encore pour F. Bayrou en sachant que le MoDem était une force de gouvernement ou d’opposition autrement plus crédible que l’UMP traversée par tellement de courants contradictoires. Au moins au MoDem, on était d’accord sur la limite à ne pas franchir au plan des valeurs, contrairement à l’UMP où on trouve tout et son contraire. A titre d’exemple, j’ai toujours eu du mal à comprendre comment F. Baroin,  B. Lemaire ou Nathalie Kosciusko-Morizet pouvaient cohabiter avec des gens comme Eric Ciotti ou Lionel Lucas. Ah la politique !

En tout cas les gens qui, comme moi, ne sont pas fans de l’élection du président de la République au suffrage universel, auront un argument de plus pour regretter ce culte du chef qui fait partie des principes de la Cinquième République. Certes, avec tous ses courants le Parti socialiste paraît quelque peu préservé de ce syndrome, mais F. Hollande a vite endossé les habits du chef de l’Etat irresponsable, évidemment au sens juridique du terme, qui est une constante dans notre pays. Pour ceux qui aiment l’histoire, je rappellerais que la première constitution française écrite, celle de 1791, établissait un régime présidentiel  prévoyant que « la personne du roi est inviolable et sacrée ». Et cela n’a pas changé avec le régime parlementaire républicain, puisque dans la Constitution de 1958 le président de la République n’est pas politiquement responsable devant le Parlement. On comprend aisément que, dans ces conditions, un parti bonapartiste comme l’UMP puisse se déchirer pour désigner son leader…quand celui-ci n’est pas président. Ce fut le cas du temps de l’époque Giscard-Chirac, puis ensuite de Chirac-Balladur, voire même Sarkozy-de Villepin sachant que J. Chirac ne se représenterait pas en 2007.  

Passons à présent à tout autre chose, à savoir comment le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel va s’y prendre pour répartir le temps de parole entre l’opposition et la majorité. Si j’écris pareille chose, c’est parce que je trouve stupide qu’on se croit obligé dans notre pays de répartir le temps de parole pour les partis de la majorité ou de l’opposition. Entre donner exclusivement ou presque la parole à un parti et presque rien à l’autre, il y a quand même une marge ! Et si c’était le cas, les téléspectateurs se chargeraient de manifester leur réprobation et de délaisser les chaînes qui se livreraient à ce type d’action. Cela dit, force est de reconnaître qu’il y a des moments où l’actualité commande, par exemple lors des primaires du Parti socialiste où il était tout à fait normal qu’on parle d’abord des socialistes, dans la mesure où chacun pressentait que le vainqueur de ces primaires avait de fortes chances de devenir président de la République. Aujourd’hui, il est tout aussi normal, même si le spectacle est affligeant, que l’on parle beaucoup de ce qui se passe à l’UMP, parce que c’est le principal parti d’opposition, et qu’il a dirigé notre pays ces dix dernières années. Et je pourrais ajouter, qu’avec tous les problèmes qui assaillent le gouvernement (montée du chômage, aéroport N.D. des Landes…), le Parti socialiste ne peut qu’être très satisfait que la presse radiotélévisée (comme l’autre) consacre la plupart de ses unes à la guerre picrocholine entre F. Fillon et J.F. Copé.

Fermons cette parenthèse pour évoquer un sujet beaucoup plus important, l’implantation de nos entreprises en Chine, où il est de plus en plus difficile d’y travailler. J’en discutais dernièrement avec un patron de PME, qui m’avouait que les temps ont bien changé dans ce pays depuis 15 ou 20 ans. A cette époque, en effet, les salaires étaient tellement faibles que la rentabilité était assurée pour les entreprises qui délocalisaient leur production, quels que soient les obstacles qu’elles rencontraient. Tel n’est plus le cas de nos jours, car le coût du travail a considérablement progressé en Chine au cours des dernières années, ce qui signifie que seules les plus grandes entreprises ou leurs filiales ont un certain avenir dans le pays. Comme le souligne la présidente du Medef, il faut avoir de grosses capacités financières pour « pouvoir gagner de l’argent en Chine », c’est-à-dire pour pouvoir rentabiliser des investissements de plus en plus lourds.

Certes le marché potentiel chinois est considérable, d’autant que la croissance du pays est assurée pour les prochaines années, sauf changement de régime évidemment. Mais s’il s’agit de produire à perte durablement, il est préférable d’investir dans son pays…afin de produire mieux et bien, ce qui signifie faire de gros efforts dans la recherche et l’innovation. L’industrie automobile allemande a-t-elle besoin de délocaliser sa production hors d’Europe pour vendre sur le marché chinois ? La réponse est non, et cela est valable pour nombre de fabrications industrielles. J’observe à ce propos que l’industrie italienne, pour ne citer qu’elle, a déjà compris que la délocalisation n’est pas la panacée. Tant mieux si la France le comprend aussi !

Michel Escatafal

 

Les commentaires sont fermés.