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20/11/2012

L'élection de J.F. Copé, plutôt une bonne nouvelle pour F. Hollande!

Ouf, c’est fini : l’UMP a un nouveau président ! Oh certes J.F. Copé est élu avec une avance de moins de cent voix, mais il est élu. Cela étant, on ne peut que lui souhaiter bien du plaisir pour raccommoder les morceaux, car ses adversaires d’hier ne vont pas être ses amis de demain. Passons sur les fraudes réelles ou supposées, car cela a aussi existé dans d’autres partis. Passons aussi sur le ton de la campagne entre parties rivales, car cela fait partie des élections. En revanche, les militants ou adhérents UMP qui ont voté pour l’un ou l’autre camp ont eu bien du mérite à s’y retrouver dans ces élections. Pourquoi ? Tout simplement parce que ni l’un, ni l’autre des candidats n’avait une ligne claire sur les sujets de société et économiques. Chaque camp était vraiment dispersé, et c’est pour cela qu’il ne faut en aucun cas comparer ce qui n’est pas comparable avec les autres mouvements politiques significatifs de notre pays.

Si je dis cela, c’est parce qu’on trouvait dans le camp Copé, à la fois des gens venant du Front National et quelqu’un comme J.P. Raffarin qui passe pour être beaucoup plus centriste, donc de la droite  modérée. Idem chez F. Fillon, qui lui-même paraît appartenir à la mouvance modérée, comme par exemple son ancien ministre Wauquiez, mais qui avait comme directeur de campagne Eric Ciotti, le très droitier député des Alpes-Maritimes. Comment peut-on s’y retrouver avec un tel mélange des genres ? C’est en cela que cette UMP ne ressemble à aucun parti du passé et du présent sous la Cinquième République. D’ailleurs, jusqu’en 2002, il y avait à droite deux partis dominants, le RPR de Jacques Chirac et l’UDF créée par Valéry Giscard d’Estaing, qui occupaient tout l’espace entre la droite et le centre, je dirais même presque jusqu’au centre gauche. Et c’est d’ailleurs comme cela que la droite a pu garder ou reprendre le pouvoir en 1986, 1993, 1995 ou 2002. En fait, il y avait un minimum de cohérence entre ces familles qui finissaient par se rassembler au second tour, malgré leurs différences.

Tel n’est plus le cas aujourd’hui, dans la mesure où cette élection était surtout l’affaire de deux personnes qui essayaient par tous les moyens de récupérer les dépouilles du sarkozysme, sorte de conglomérat libéralo-bonapartiste, dont on a pu mesurer à quel point il n’avait aucun cap à proposer aux Français, passant allègrement en quelques mois de l’idéologie libérale à l’étatisme, avant de finalement renoncer aux deux en vue de l’élection présidentielle. Et c’est précisément parce que chaque camp était dans la ligne de ce sarkozysme brouillon, que l’on a eu le résultat que nous connaissons, avec un partage par moitié de la famille UMP, mais un partage, je le répète, sans aucune cohérence politique. Et ce n’est pas la fantomatique UDI de J.L. Borloo qui peut ramasser la mise, dans la mesure où ce micro mouvement compte dans ses rangs des gens qui ont pour seule différence avec l’UMP d’avoir suivi J.L. Borloo, quand celui-ci n’a pas réussi à devenir le Premier ministre de N. Sarkozy.

Reste justement N. Sarkozy, dont certains faisaient hier soir le vrai vainqueur de cette élection dans la perspective de 2017. A ceux-là, je réponds que dans l’histoire de la Cinquième République, on ne peut pas être et avoir été. Valéry Giscard d’Estaing a pu mesurer à ses dépens  cette évidence, avec pourtant un bilan économique et social infiniment meilleur que celui de N. Sarkozy. Il avait même réussi à imposer des mesures sociétales, comme le droit de vote à dix-huit ans, la libéralisation de l’accès à la contraception ou encore la loi sur l’interruption volontaire grossesse, parfois au dépens de sa propre majorité. Mais tout cela n’a pas suffi à le remettre dans le jeu politique…parce que J. Chirac avait pris la place de premier opposant, cette opposition se résumant surtout au RPR. Et on peut parier que J.F. Copé fera tout ce qui est possible pour ne pas tenir sa promesse de s’effacer devant N. Sarkozy, s’il lui venait à l’idée de vouloir se représenter en 2017. Si J.F. Copé voulait s’emparer coûte que coûte de l’UMP, c’est précisément parce qu’il roule d’abord et exclusivement pour lui. Et pour peu que l’UMP obtienne des résultats honorables aux élections municipales de 2014, ce sera lui le chef de l’opposition…avec Marine Le Pen.

Celle-ci peut-elle tirer un gros bénéfice de cette « farce » qu’a représentée l’élection de dimanche, comme disent les journées étrangers? Je ne le crois pas, car le Front National restera toujours à 20% maximum des voix…sauf si l’on voit se dessiner dans nombre de municipalités des alliances UMP-FN. Alliances auxquelles sont favorables nombre d’électeurs UMP, comme on a pu le constater dans cette élection, et à l’élection présidentielle. Si j’affirme cela, c’est parce que l’élection de J.F. Copé s’est faite sur quelques détails qui ont eu une grande importance, par exemple le « racisme anti-blanc » ou les « petits pains au chocolat ». J.F. Copé qui n’a peur de rien, pas même du ridicule, s’est imposé contre l’avis des sondages et des observateurs politiques, parce que, comme N. Sarkozy en avril-mai 2012, il a « droitisé » son discours jusqu’à aller côtoyer les idées du Front National.

Et si j’ai fait la comparaison avec la fin de la campagne présidentielle de N. Sarkozy, c’est parce que le score inespéré qu’a réalisé (48.6%) l’ex président, est dû uniquement à cette stratégie de droitisation. Cela sera-t-il suffisant pour contenir le Front National dans son étiage naturel ? Sans doute, car le Front National souffre de son manque d’idées en matière économique, et même si l’UMP n’en a guère plus, les gens préfèreront pour des élections majeures le parti gouvernemental. Pour toutes ces raisons, je suis persuadé que le vrai vainqueur de cette élection à la présidence de l’UMP est J.F. Copé, ce qui ne peut que réjouir ceux qui soutiennent F. Hollande et son gouvernement dans son travail de redressement du pays.

Avec J.F. Copé, on sait où on va, ce qui n’aurait pas été le cas avec F. Fillon, politicien fuyant n’ayant toujours dû ses mandats qu’à ceux qui ont favorisé sa carrière (Joël Le Theule, Philippe Séguin). J’ajouterais en outre que, compte tenu de son passé y compris ses cinq ans de Premier ministre dans l’ombre totale de N. Sarkozy, il ne pouvait pas gagner contre J.F. Copé, au tempérament bien plus affirmé, et beaucoup moins notable dans ses attitudes. J.F. Copé, c’est une sorte de nouveau N. Sarkozy, dont le seul et unique but est la conquête du pouvoir. Tout le contraire de F. Fillon, qui n’a pas cette « gnaque » dans ses gênes, comme on le dirait d’un sportif.

Un dernier mot enfin, pour dire que la perte du AAA de la France par l’agence Moody’s va obliger le gouvernement à achever le travail qu’il a commencé de faire pour restaurer la compétitivité des entreprises françaises. N’oublions pas que cette dégradation attendue, sur laquelle on pourrait beaucoup discuter, est la conséquence d’un constat que tout le monde a fait depuis longtemps, et pas seulement les agences de notation, à savoir que la France a beaucoup perdu de sa compétitivité au cours des dix dernières années…pendant lesquelles l’UMP était au pouvoir. En outre, pendant la même période, notre pays s’est affranchi des règles de bonne gestion en termes de finances publiques, ce qui a valu à notre pays un doublement de sa dette publique.

Raison de plus pour admettre une fois pour toutes qu’on ne peut plus tergiverser avec des demi-mesures pour passer aux vrais réformes, seul moyen d’éviter que nous tombions sous la coupe des marchés ou si l’on préfère des prêteurs. Heureusement, outre le fait que le pouvoir actuel semble avoir compris cette nécessité, il y a aussi un élément très important, dont j’ai souvent parlé sur ce site, à savoir que les Français ont beaucoup plus d’économies que la quasi-totalité des habitants des pays développés. Et cela est un atout inestimable!

Michel Escatafal

 

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