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17/11/2012

Des oppositions de droite et de gauche…c’est bon signe !

Cette fois c’est parti ! Quoi au juste ? Tout simplement le quinquennat Hollande, après quelques mois où il a fallu faire le plus facile avant de s’attaquer franchement au plus difficile. Et chacun sait que le facile l’était infiniment plus que le difficile ! Cela étant, l’essentiel est que l’on affronte enfin les problèmes qui affectent l’économie française depuis tant d’années…sans que ceux qui étaient en charge des affaires aient voulu prendre les mesures qui s’imposaient. C’est pour cela que le président de la République est la cible à la fois de l’extrême-droite, de la droite et de la gauche de la gauche. Certains trouveront que cela fait beaucoup, mais c’est justement parce qu’il y a une telle unanimité que l’on peut nourrir quelque espoir d’être sur le bon chemin.

Passons sur le Front National qui n’a rien de sérieux à proposer sur le plan économique et social. Passons aussi à la limite sur la gauche de la gauche qui en fait, à travers son porte-parole le plus médiatique, J. L. Mélenchon, n’a pas davantage à proposer, se contentant de reprendre les vieilles antiennes de (presque) feu le Parti communiste. La remarque aussi vaut pour les Ecologistes, qui ne peuvent exister que grâce au Parti Socialiste, mais qui essaient malgré tout de faire entendre une voix de plus en plus inaudible en cette période de crise. Qu’on songe au score d’Eva Joly à l’élection présidentielle !

Restent la droite et le centre, le vrai, le nôtre, celui du MoDem version 2007. Pour le MoDem, je pense qu’il est dans la ligne de ce que j’ai toujours écrit, et que son rapprochement avec le pouvoir est inévitable à terme. F. Hollande et son gouvernement ne pourront pas tenir tout un mandat avec pour seul soutien le Parti Socialiste, et encore un Parti socialiste comptant dans ses rangs une petite frange de gens plus proches du Front de gauche que du pouvoir. Cela signifie que dans un ou deux ans, le MoDem aura des ministres, et sera un appui sérieux pour mener à son terme la politique de compétitivité sur laquelle s’est engagé le gouvernement. Il ne faut pas interpréter autrement le bon point accordé par F. Bayrou à F. Hollande pour sa conférence de presse.

En ce qui concerne la droite dite parlementaire, sa fureur n’a d’égale que sa division, une division qui ne va pas s’arrêter à l’élection demain du président de l’UMP. Certes il n’y a guère de différences entre un F. Fillon qui se veut UMP plutôt centriste, mais qui en réalité reste très à droite quand on voit que parmi ses principaux soutiens il y a des gens comme Eric Ciotti, et J.F. Copé qui, en apparence et en réalité, est très proche des idées d’Eric Ciotti. Et pour corser le tout, il y a un troisième homme en embuscade, J.L. Borloo, qui espère secrètement profiter de ces divisions pour mettre tout le monde s’accord. Certes son parti, l’UDI, est fantomatique en nombre d’adhérents, mais chacun sait que J.L. Borloo a toujours fait partie des divers gouvernements qui ont dirigé le pays entre 2002 et 2012, au point d’ailleurs d’avoir été fortement pressenti pour être Premier ministre de N. Sarkozy fin 2010. Bref, un homme qui incarne, tout autant que ses adversaires J.F. Copé et F. Fillon, la droite libérale, au pouvoir ces dix dernières années, avec les résultats que l’on connaît.

C’est d’ailleurs cela qui rend aussi agressifs les dirigeants de l’UMP et ses affidés, ceux-ci ne supportant pas de voir F. Hollande et son gouvernement oser prendre des mesures auxquelles ils se sont toujours refusées, par pur électoralisme…ce qui ne les a pas empêché de perdre toutes les élections depuis 2007. Cela les met d’autant plus en fureur, que F. Hollande a obtenu un satisfecit, certes mesuré mais bien réel…du patronat, à propos du pacte de compétitivité. Et même s’ils peuvent se satisfaire de voir le Front de Gauche voter avec eux contre des textes proposés par le gouvernement, cela ne les rend pas plus crédibles pour autant. Au contraire, nombre de gens sérieux voient dans cette alliance contre nature une preuve que l’opposition de droite n’a rien à proposer, sauf à dire que le gouvernement se renie ou ne va pas assez loin, ce qui est une manière d’avouer qu’eux n’ont pas fait grand-chose pendant ces dix ans (entre 2002 et 2012).

La preuve, au cours de cette période la France a perdu énormément en compétitivité, au point d’être largement décroché par notre voisin allemand, faute d’avoir fait les efforts suffisants notamment en termes de recherche et d’innovation. Au lieu de cela, on a préféré faire des cadeaux fiscaux, avec les conséquences que cela a pu avoir en termes de déficits et de dette. Ah si, j’oubliais, on a supprimé un nombre considérable de fonctionnaires, y compris là où il y en avait le plus besoin, ce qui s’est accompagné d’une augmentation considérable des coûts liés à l’externalisation des missions de service public au service privé, avec pour conséquences une désorganisation préjudiciable à ceux qui précisément ont le plus besoin du service public. C’est donc que cela n’était pas la bonne solution ! Et si tout simplement, comme l’a fait remarquer F. Hollande, et bien avant lui F. Bayrou, on essayait de récupérer des milliards en utilisant mieux les ressources à disposition de l’Etat. Voilà une solution infiniment plus rationnelle…à condition de vouloir la mettre en forme !

En résumé, je crois que nous ne pouvons que nous féliciter, tout en restant vigilant, de voir enfin nos dirigeants comprendre que le redressement du pays passera nécessairement par la ré-industrialisation du pays, seule façon de créer des emplois. Et cela passe par l’obligation d’offrir à nos entreprises un cadre qui leur permettra de reconquérir le marché national…et international. Car si nos produis sont compétitifs dans l’hexagone, ils le seront aussi ailleurs, notamment dans la zone euro. Pour mémoire, je rappellerais que notre déficit en termes de commerce extérieur par rapport au PIB dépasse celui de l’Espagne et l’Italie, et approche même celui du Portugal, ce qui est normal vu que l’excédent commercial du début des années 2000 a laissé place à un déficit de 70 à 75 milliards d’euros. Et ce n’est pas dû seulement au prix de l’énergie!

A ce propos, j’ai observé avec plaisir que, faisant fi des positions des écologistes, la recherche sur les moyens d’extraire des gaz de schistes est loin d’être abandonnée. Simplement, on attend d’avoir trouvé des moyens moins polluants pour entreprendre cette exploitation dans des conditions différentes de celles en vigueur aujourd’hui. Et oui, en réfléchissant un peu, sans considérations politiciennes, peut-être que d’ici deux ou trois ans, le redressement de la France sera en bonne voie. C’est ce qu’on peut souhaiter de mieux à notre pays, même si chacun sait que ce ne sera pas facile. Cela étant, dans la situation où nous sommes, il n’y a pas d’autres choix…fussent-ils quelque peu douloureux.

Michel Escatafal

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