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03/11/2012

Il faut que Barack Obama soit élu…

Cette fois nous y sommes : dans quatre jours nous connaîtrons le nom du président élu aux Etats-Unis. Et j’espère que ce sera Barack Obama. Pourquoi ? Par idéologie ? Non, si je veux qu’il soit réélu, c’est tout simplement parce que Barack Obama, au-delà de la déception légitime qu’il a pu susciter après avoir donné autant d’espoirs, a quand même réussi à faire en sorte que les Américains de la classe moyenne et plus encore les plus pauvres aient quelques motifs supplémentaires d’espérer en des jours meilleurs. Déjà, nombre d’entre eux pourront se soigner un peu mieux, ce qui est quand même la moindre des choses dans le pays qui dégage les plus grandes richesses sur la planète. Ensuite, après avoir mis fin à la guerre en Irak, il est en train de faire de même en Afghanistan. Enfin, après avoir mis longtemps à faire redémarrer l’économie américaine, il semble que cette fois la reprise se dessine, comme en témoigne le nombre d’emplois non-agricoles créés aux Etats-Unis en octobre (171.000), largement supérieur aux attentes (120.000). Et si ces chiffres paraissent quelque peu providentiels à quelques jours de l’élection, ils sont confortés par une révision en hausse des créations d’emplois en août et septembre par le Département du Travail.

Oh certes, ce n’est pas encore l’embellie que certains aimeraient encore plus prononcée, mais au moins on est sur la bonne voie, même si le camp républicain fait remarquer que cette hausse des créations d’emplois ne fait pas baisser le taux de chômage. A ce propos,  l’équipe de Mitt Romney fait semblant d’oublier qu’il n’y a pas automaticité entre les créations d’emplois et la baisse du chômage, pour la simple raison qu’au plus profond de la crise, au moins jusqu’à la fin de l’année passée, nombre de personnes sans emploi et ayant considéré qu’elles n’avaient aucune chance d’en trouver un à court terme, ont préféré se désinscrire du chômage. Là, dans un contexte meilleur, après avoir collectionné les petits boulots, beaucoup de ces chômeurs rayés des statistiques ont décidé de se réinscrire. Bien entendu, les soutiens de Mitt Romney n’entrent pas dans ces considérations…qui ne les arrangent pas, contrairement à ceux qui commencent à retrouver du travail. Et ceux-là votent aussi, et ils pourraient bien voter finalement pour Barack Obama.

Les républicains sont d’ailleurs très oublieux du bilan catastrophique des huit années au pouvoir de Georges W. Bush, un peu d’ailleurs comme l’UMP en France, qui oublie trop facilement qu’elle a exercé le pouvoir pendant dix ans entre 2002 et 2012. Fermons la parenthèse, pour noter que si les sondages sont toujours aussi serrés pour l’élection présidentielle américaine, des signes de plus en plus positifs apparaissent au bénéfice de Barack Obama. Même Wall Street mise sur une victoire d’Obama, alors que chacun sait bien que la préférence de la Bourse américaine va au candidat républicain. Wall Street sent bien que même si l’économie américaine est loin d’être au niveau espéré (base de croissance de l’ordre de 2% du PIB), le climat des affaires est beaucoup plus positif que celui de ces dernières années.

N’oublions pas que cela fait quand même 29 mois consécutifs qu’il y a création d’emplois aux Etats-Unis, avec 5.5 millions de postes de travail créés depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, au milieu d’une dépression comme les Etats-Unis n’en avaient plus connu depuis 1929. Et cette dépression, comme chacun devrait le savoir, avait pour cause une politique initiée en grande partie à l’époque de Georges W. Bush président, avec la véritable prise de pouvoir de la finance sur l’économie américaine et mondiale. Une politique ayant pour base une politique monétaire désespérément accommodante, avec la création d’outils financiers de plus en plus sophistiqués, mais aussi de plus en plus nocifs à partir du moment où les emprunteurs ne peuvent plus ni rembourser leurs prêts, ni évidemment en contracter d’autres.

Barack Obama a donc hérité de tout cela, et cela les Américains le savent, puisque 51% d’entre eux considèrent que les difficultés accumulées ces dernières années sont en grande partie de la faute de l’Administration Bush ce qui, naturellement, n’est pas à l’avantage de Mitt Romney. En fait le seul avantage de Mitt Romney dans ce contexte est  que les Américains, comme les Européens, croient que la droite sait mieux gérer que la gauche ou le centre-gauche…ce qui est tout aussi faux en Amérique du Nord qu’en Europe. Il y a comme cela des raccourcis qui ont la vie dure ! Cela étant, il semble bien que tout cela soit insuffisant pour faire basculer la tendance favorable à Barack Obama, lequel semble avoir repris un petit avantage sur son rival au cours des derniers jours, un avantage qui devrait être plus conséquent encore s’il n’avait pas raté inexplicablement son premier débat télévisé.

Dommage, mais l’actuel président, très sportif, aurait dû savoir qu’un match n’est jamais gagné jusqu’au coup de sifflet final. Pour autant, son adversaire a tellement peu de charisme par rapport à lui, qu’il n’a pas pu profiter pleinement de son triomphe lors du premier débat, d’autant que dans les deux autres il a montré ses limites face à un président qui jouait de nouveau sa partition au niveau que l’on attend de lui. En outre, si les électeurs républicains, comme c’est le cas des électeurs de droite partout ailleurs, forment un électorat fidèle par comparaison avec celui de gauche ou de centre-gauche plus volatile, Barack Obama semble avoir parmi les minorités une réserve de voix importante qui fait défaut à son rival. En tout cas, et je le répète, il faut espérer pour les Américains et le monde que Barack Obama soit élu, car les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ce sera le retour à une politique étrangère agressive, alors même que la puissance américaine est de plus en plus contestée, et ce sera de nouveau la prééminence du laisser-faire en matière économique et financière, ô combien apprécié dans les riches milieux d’affaires, mais aussi ô combien douloureux pour ceux qui en sont très éloignés, sans parler bien sûr d’une dévaluation accélérée du dollar pour favoriser les exportations.

Michel Escatafal

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