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28/10/2012

La politique intéresse de moins en moins!

La politique intéresse-t-elle de moins en moins les gens ? C’est une question que je me pose…parce que moi-même je commence à être fatigué de toutes ces joutes oratoires inutiles, et parce que finalement seule compte la conquête du pouvoir pour les hommes politiques. Et ce n’est pas le mièvre débat entre J.F. Copé et F. Fillon, qui a pu redonner le goût de la politique à ceux qui l’ont perdu. D’ailleurs, même le Figaro a souligné qu’il n’avait pas fait recette, preuve que la présidence de l’UMP n’intéresse réellement, et encore, que les militants UMP. J’avoue que je n’ai pas suivi l’émission en direct…parce que je savais ce qu’allaient dire les deux candidats.

Certes ils sont très opposés pour récupérer les restes du sarkozysme et essayer de se placer pour être le candidat de l’UMP pour 2017, mais en revanche l’un comme l’autre ont des idées surannées, qui ne peuvent en aucun cas constituer une alternative crédible à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir. Tout au plus, en lisant les comptes-rendus de l’émission, j’ai pu noter que F. Fillon avait plus ou moins reconnu que N. Sarkozy avait essayé de faire différer les plans sociaux pour l’après 6 mai, précisant même le lendemain que l’ancien président avait demandé « qu’on repousse le plan social » de PSA.  Cela étant, je suis toujours aussi surpris quand j’entends disserter F. Fillon sur ce qu’il faudrait faire pour redresser le pays…comme s’il n’avait pas été Premier ministre pendant cinq ans.

Il n’est pas le seul à l’UMP à avoir beaucoup d’idées, notamment sur la compétitivité des entreprises, mais pourquoi n’avoir pas pris les mesures pour faire en sorte que notre pays cesse de perdre des parts de marchés à l’extérieur, qui ont coûté tellement d’emplois ? Du coup, oubliant le passé, tout le monde s’y met à présent pour faire des propositions destinées à mettre en œuvre « un choc de compétitivité », qui comporterait évidemment des mesures très douloureuses qu’on s’est bien gardé de proposer auparavant.

Parmi celles-ci il y a l’augmentation de la TVA, de la CSG, la suppression de la durée légale du travail, et j’en passe et sans doute des pires. On anticipe même sur la sortie du rapport Gallois, que personne n’a vraiment lu, comme on anticipe sur la sortie des 35h, lesquelles sont loin d’être appliquées partout dans leur version Jospin. D’ailleurs pourquoi les socialistes tireraient-ils un trait sur ces 35h, après les avoir mises en place, alors que la droite au pouvoir pendant les dix dernières années ne l’a pas fait, même si elle les a édulcorées? Réponse, parce que le MEDEF et la CGPME s’en sont accommodées jusque là, et sont près à s’en accommoder encore à l’avenir.

En attendant toutes ces parlotes ou ces rapports plus ou moins suivis d’application (plutôt moins) n’empêchent pas de voir la crise continuer à affecter notre potentiel de croissance, lequel était d’environ 2% entre 2000 et 2007, mais de seulement 1% depuis 2008. Et comme nous n’avons pas fait suffisamment d’efforts d’investissements, la productivité des facteurs de production a souffert du vieillissement des infrastructures.

Voilà pourquoi je n’ai cessé de dire depuis cinq ans, sur ce site, qu’il aurait mieux valu aider les entreprises qui investissaient en matériel, ou en recherche et développement, plutôt que faire des cadeaux fiscaux aux plus riches ou à certaines corporations, sans parler de la défiscalisation des heures supplémentaires qui, en fait, était surtout une aubaine pour ceux qui hésitaient à embaucher. Le problème c’est qu’il faut impérativement ramener le déficit budgétaire à 4.5% cette année, et si possible à 3% l’année prochaine, avec une prévision réaliste de croissance autour de 0.2 ou 0.3%. Autant dire la quadrature du cercle ! Voilà pourquoi on ne peut plus différer certaines réformes structurelles, et enrayer le recul de la compétitivité en donnant aux entreprises la possibilité de dégager des marges de manœuvres pour investir...ce qui ne veut nullement dire qu'il faille tout brader de nos acquis sociaux. Il doit quand même y avoir moyen de trouver des solutions qui ne soient pas celles irréalistes de J.L. Mélanchon, ni celles très douloureuses du MEDEF!

Parlons maintenant de l’élection américaine, alors que nous sommes à quelques jours du scrutin, certains électeurs ayant même déjà commencé à voter. Je suis convaincu à la lecture des journaux américains que Barack Obama va finir par s’imposer, mais ce ne sera pas un triomphe. Il est vrai que le président sortant a pu mesurer les difficultés qu’il peut y avoir à redresser une situation très obérée après deux mandats calamiteux tant sur le plan national qu’international. Heureusement pour B. Obama, il a la légitimité du sortant…comme l’avait Georges W. Bush, malgré ses échecs économiques et en politique étrangère.

C’est cela qui va faire la différence dans les états clés, mais cette élection ne sera réellement jouée qu’au dernier moment. Espérons quand même que les électeurs américains soient raisonnables, et préfèrent un homme qui est loin d’avoir tenu ses promesses, mais qui aura eu le mérite de s’attaquer à Wall Street en proposant des mesures pour encadrer davantage les activités à risques des établissements financiers, et qui a réussi à faire passer sa réforme de la santé. Rien que pour cela, il faut espérer que ce ne soit pas le candidat républicain qui l’emporte ! Le plus étonnant dans tout cela c’est de voir des pauvres parler comme les riches, par exemple sur la réforme de la santé…quitte à être encore plus pauvres. Si j’écris cela c’est parce que je constate que nombre de personnes dans notre pays sont offusquées…parce qu’on augmente les impôts des plus favorisés. Mais au fait, malgré les multiples cadeaux fiscaux qui ont été offerts aux riches, les pauvres se sont-ils enrichis ? Pas la peine de donner la réponse, sauf que leur nombre s’est considérablement accru !

M. Escatafal

 

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