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20/10/2012

Dire la vérité ne signifie pas aller en enfer!

Alors que le monde sport est agité par l’affaire Armstrong, qui n’en finit pas de se développer avec à la clé des dommages considérables pour le cyclisme, seul sport qu’on croirait touché par le dopage, ce qui est faux, l’ancien président Sarkozy (grand fan de vélo) est attendu ces prochains jours au Brésil à l’invitation, nous dit Le Figaro, de la Banque BTG Pactual, laquelle lui avait permis de faire une conférence à New-York le 11 octobre. J’en vois certains qui sourient en voyant N. Sarkozy distiller sa science en matière économique, surtout quand on connaît les résultats de sa politique au cours des cinq ans qui viennent de s’écouler, mais c’est ainsi que passent leur temps nombre d’anciens présidents et de chefs de gouvernement. Alors pourquoi pas lui ? J’irais même plus loin pour ce qui me concerne : je serais ravi que cette existence de globe-trotter lui ôte toute idée de revenir au pouvoir en France. En plus, il rendrait heureux  tous les gens qui comptent à l’UMP, à commencer par F. Fillon, J.F. Copé ou Nathalie Kosciusko-Morizet…qui espèrent tous être candidat à l’élection présidentielle de 2017.

Revenons à présent à des choses plus sérieuses, pour noter que l’économie ne va pas bien, y compris là où elle est supposée aller le mieux. Même la Chine a des prévisions de croissance en retrait par rapport aux exercices antérieurs, même si certains économistes pensent que  le creux de la vague a été enregistré au second trimestre, et que l’on va remonter tout doucement. Certes, le pire n’est pas toujours sûr, mais il peut quand même arriver, et cela est valable pour la croissance en Europe et en Amérique du Nord, ce qui évidemment n’aiderait pas la Chine dans ses exportations. Cela dit, à quelque chose malheur est bon, ce ralentissement chinois ne peut que contenir la hausse des prix en Chine et ailleurs à des niveaux tout à fait raisonnables (entre 2.5% et 3% en 2013). Cela ne nous console pas pour autant de la situation dans laquelle on se trouve en France et dans la zone euro, puisque nous vivons dans cette zone, et contrairement à ce que certains s’imaginent ou font semblant de s’imaginer, c’est pour très longtemps…parce qu’il n’y a pas d’autre possibilité.

Quant aux Américains, en pleine campagne électorale, leurs perspectives ne sont guère meilleures, comme en témoignent les résultats décevants enregistrés par nombre de grandes sociétés, ce qui a fait lourdement chuter Wall Street hier soir (-1.51%)…et a affecté le prix du baril de pétrole, ce qui en revanche n’est pas une mauvaise nouvelle pour les consommateurs que nous sommes. Comme quoi, quand on veut se consoler, il y a toujours matière à le faire ! Plus sérieusement, il va bien falloir que les pays européens finissent par s’entendre pour proposer autre chose qu’une politique de rigueur frappant les pays de la zone euro, ce qui finira par être admis par l’Allemagne…le moment venu. Espérons qu’il ne faille pas attendre les résultats des élections (en septembre), car le risque serait grand que les dégâts soient considérables à force de tergiverser pour mettre en œuvre les décisions européennes.

Si j’écris cela, c’est parce qu’on a l’impression que toute décision européenne est bloquée par le scrutin allemand de l’an prochain, un scrutin que la chancelière n’est pas du tout sûre de remporter. Cela veut dire que toutes les mesures décidées sur la supervision bancaire ou touchant le budget européen sont bloquées jusqu’à la fin de l’année prochaine, en dépit de ce qui est écrit dans les communiqués à la fin de chaque sommet. Une perspective qui ne peut en aucun cas aider l’Espagne à desserrer un peu plus l’étreinte financière dans laquelle elle se trouve, à commencer par le système bancaire. C’est d’ailleurs là le gros problème de l’Europe, tant que celle-ci n’aura pas réussi à accélérer son intégration politique, ce qui m’incite à dire une nouvelle fois qu’il faut laisser de côté la Grande-Bretagne et les autres pays dirigés par des eurosceptiques. Il faudra bien finir par en arriver à cette solution qu’en son temps F. Mitterrand avait appelée « les cercles concentriques », ou si l’on veut une Europe à deux vitesses, avec d'un côté ceux qui veulent aller vers le fédéralisme et de l'autre côté les autres, y compris dans l’avenir la Serbie, l'Ukraine ou la Turquie, une sorte d’Europe de l’Atlantique à l’Oural comme disait le général de Gaulle.

Sur le plan français, une chose m’a choqué, une de plus, à savoir les résultats annoncés du rapport Gallois relatif à la compétitivité de nos entreprises. D’abord, il n’y avait pas besoin d’aller chercher l’ancien patron d’Airbus, par ailleurs homme de grande qualité, pour aboutir à des propositions que nombre d’entre nous auraient pu faire. Plus grave encore, pourquoi demander un rapport très complet s’il ne doit pas être mis en œuvre ou l’être d’une manière très édulcorée. Sur ce plan il n’y a aucun changement par rapport au pouvoir précédent…et c’est bien dommage, parce que ce que propose Louis Gallois est frappé du sceau du bon sens, en proposant une baisse du coût du travail compensée par une hausse de la CSG et ou de la TVA ciblée sur certains produits.

Pourquoi ne pas dire la vérité aux Français, lesquels sont prêts à faire des efforts si on leur explique quelle est la situation réelle du pays, dont on ne peut en aucun cas rendre responsable le gouvernement actuel. Dit autrement, si on veut vraiment imposer des réformes indispensables au pays, c’est le moment ou jamais, et j’avoue que je commence à être inquiet devant cet attentisme. Et pendant ce temps F. Bayrou continue ses contorsions vis-à-vis de ceux qui sont considérés aussi comme centristes, quitte à laisser accroire que le centre c’est aussi J.L. Borloo, alors que ce dernier est un homme de droite…comme en témoigne ses efforts, confinant au ridicule, pour devenir Premier ministre en 2012. Je sais, je me répète, mais cette idée que le MoDem puisse travailler avec ces gens m’est insupportable…parce qu’on sait où nous a mené la politique soutenue par des gens comme J.L. Borloo, J. Arthuis ou H. Morin.

Michel Escatafal

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