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04/10/2012

Dire que tout va mal...après avoir exercé le pouvoir pendant 5 ans !!!

Alors que Barack Obama semble avoir perdu son premier face à face contre le candidat républicain, Mitt Romney, en espérant que cela n’aura pas de grandes conséquences sur le vote final, aujourd’hui je veux parler de politique française. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre pays est en train de perdre la tête, ce qui montre que nous ne sommes pas un peuple aussi mature que les Français l’imaginent. Il faut dire sur ce plan que la grande presse y met du sien, ne serait-ce qu’en faisant la comparaison entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Comme si les deux hommes se ressemblaient ! En tout cas l’un a reçu de l’autre une situation tellement obérée, que l’actuel président est contraint à prendre des décisions qui n’auraient jamais dû être prises, si N. Sarkozy avait géré notre pays avec le souci de l’intérêt général. Ce fut d’ailleurs le problème du président Obama, qui a hérité de deux guerres et d’une situation économique comme les Etats-Unis n’en avaient pas connu depuis 1929. Et l’on s’étonnera après, qu’au bout de quatre ans, B. Obama n’ait pu redresser le pays comme espéré. Mais que dire de la France, où après moins de quatre mois de pouvoir, on accuse F. Hollande de tous les maux…alors que tout ce qui arrive aujourd’hui en termes de déficits, de chômage et de sécurité est la résultante de cinq ans de décisions prises à contre-courant de la logique !

Le plus drôle, si j’ose employer ce terme, c’est que certains comme Bruno Lemaire, son ancien ministre de l’Agriculture, rapportent que N. Sarkozy « est inquiet de la situation économique et de l'effondrement du pays ». Mais qui a mis le pays dans cet état ? Même son Premier ministre F. Fillon reconnaît, si l’on en croit le journal Le Monde, qu’on n’a pas assez réduit les déficits, que le paquet fiscal était coûteux, et que N. Sarkozy avait reporté à 2012 l’assainissement des finances publiques. Il aurait pu ajouter, « après les avoir plombées durablement ». Et qui s’est exonéré, sans le moindre état d’âme, de l’objectif de 3% de déficit imposé théoriquement par le traité de Maastricht, sinon N. Sarkozy? Alors voir ses anciens ministres donner des leçons de gestion au gouvernement est tout simplement surréaliste…et insupportable. En tout cas, constater que F. Fillon et ses amis se démarquent aussi nettement de la politique menée par l’ancien président de la République a quelque chose de rassurant : la guerre fera rage à l’UMP au fur et à mesure que l’échéance de 2017 se rapprochera, étant entendu qu’il faut considérer comme acquis le désir de retour de N. Sarkozy.

On notera au passage que tous ceux qui, comme moi, se gaussaient de la promesse de N. Sarkozy d’abandonner la politique s’il était battu le 6 mai, étaient dans le vrai. Au fond, ce n’était qu’une promesse de plus de la part de l’ancien président, et chacun sait que les promesses…A ce propos, on ne peut guère reprocher à F. Hollande d’en avoir fait énormément, mais en revanche on lui reproche ouvertement de n’avoir pas dit précisément ce qu’il allait faire une fois élu, sur le plan fiscal, même s’il en avait donné l'orientation générale. Il n’empêche, je pense qu’il aurait fallu annoncer très vite une augmentation de la CSG, à laquelle les Français étaient préparés. Et même si cela devait coûter quelques points de popularité dans les sondages d'opinion, il vaudrait mieux révéler le plus rapidement possible des décisions qui grignotent le pouvoir d’achat d’une large partie de la population.

Pourquoi s’échiner à dire qu'une hausse de la CSG ou une augmentation ciblée de la TVA n’est pas à l’ordre du jour « pour le moment » ? Pourquoi ne pas vouloir prendre les Français pour des adultes, capables d’entendre la vérité dans des circonstances aussi difficiles que celles que vit notre pays ? Pourquoi se laisser infliger des reproches tels qu’un manque de courage ? Pourquoi ne pas expliquer, avec des mots simples, qu’un tel effort est nécessaire pour maintenir nos capacités d’emprunt à des niveaux très bas, et relativement proches de ceux des Allemands ? Certes, on pourra me faire remarquer que F. Hollande et J. M. Ayrault ont abordé le sujet lors de leur dernière intervention télévisée, mais parler du surcroît d’indépendance que procure une diminution des déficits n’est pas suffisant,  si l’on n’ y ajoute pas le volet des décisions que l’on sera contraint de prendre dès les premiers mois de l’année prochaine. Et si je dis cela, c’est parce que l’objectif de 0.8% de croissance sera très difficile à atteindre, ce qui signifie que le manque de 30 milliards pour atteindre ces fameux 3% de déficit public par rapport au PIB, sera en réalité plus important que prévu, plus proche de 40 milliards que de 30.

D’autres souligneront que, finalement, la Commission européenne pourrait assouplir provisoirement les règles et les délais en ce qui concerne les objectifs des pays en termes de finances publiques, en raison des risques de récession généralisée dans la zone euro. Mais cet assouplissement ne pourrait être que ponctuel et, dans tous les cas de figure, serait un mauvais signal envoyé aux prêteurs. Car hélas, nous avons besoin des prêteurs, ce que des gens comme J.L. Mélenchon ou N. Dupont-Aignan semblent ignorer. Et ne parlons pas de Marine Le Pen qui, bien évidemment, n’apporte pas la moindre solution réaliste à nos difficultés. Problème supplémentaire pour le gouvernement, même certains membres de la majorité présidentielle, par calculs politiciens, abondent dans le sens de différer le rétablissement des règles de bonne gestion budgétaire.

Résultat, ceux qui souffrent le plus de la crise préfèrent entendre les cris de ceux qui hurlent avec les loups rêveurs, plutôt qu’écouter la voie de bon sens de ceux qui veulent absolument que notre pays desserre l’étreinte d’un endettement excessif (dette publique aujourd’hui = 1852 milliards d’euros), dont on rappellera qu’il a doublé en dix ans et qu’il s’est accru de 52% au cours des cinq dernières années. Et oui, la réalité des chiffres est terrible, ce que certains se refusent à considérer…y compris ceux qui ont largement contribué au creusement de cette dette publique ! Pauvre France, qui compte malheureusement tellement peu de gens pour comprendre les règles les plus simples de l’économie, et tellement de politiciens qui ont peur de dire la vérité à ceux qui les ont élus…y compris s’ils ne sont pas pour grand-chose dans la situation qu’ils ont à gérer actuellement.

Michel Escatafal

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