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04/09/2012

Pour l'UMP dix ans c'est très court, mais deux mois c'est très long

Pendant ces cinq dernières années, nous avons été quasi officiellement sans chef du gouvernement, ce qui allait à l’encontre de la Constitution de la Cinquième République, celle-ci étant au demeurant assez éloignée de celle qui vit le jour le 4 septembre 1870. Saluons cet anniversaire, qui rappelle la fin de l’Empire et cette légende napoléonienne qui ruina à deux reprises notre pays, pour parler à présent du seul Premier ministre qu’ait eu N. Sarkozy, François Fillon. Ce dernier, en effet, restera dans l’histoire d’abord comme un Premier ministre ayant fonction de « collaborateur », selon les termes mêmes de N. Sarkozy au tout début de son mandat (août 2007). Et c’est cet homme, qui n’a jamais assumé la fonction dont il avait le titre, qui veut aujourd’hui devenir le patron de l’UMP, ambition partagée par l’actuel numéro un de ce parti, J.F. Copé, tous les autres candidats plus ou moins déclarés jouant le rôle de comparses. Lequel de ces deux hommes décrochera la timbale en novembre, dans la mesure où la présidence de l’UMP vaudra très certainement le ticket de candidat à l’élection présidentielle ? Difficile à dire, même si F. Fillon fait de plus en plus figure de favori, comme en témoignent certains ralliements, le dernier en date étant celui de C. Estrosi.

Cette question m’est certes quelque peu indifférente, dans la mesure où je suis un opposant rédhibitoire à n’importe lequel des candidats, pour la bonne raison qu’ils ont approuvé et suivi aveuglément la politique de N. Sarkozy. Parce qu’aussi tous sont des femmes et des hommes de droite, à commencer par les deux principaux candidats, l’un, F. Fillon étant celui d’une droite pure et dure qui ne dit pas son nom, dont le directeur de campagne s’appelle E. Ciotti, un des porte-parole de la droite dite populaire, l’autre, J.F. Copé, étant le représentant d’une droite beaucoup plus assumée ou décomplexée, ce qui à la limite le rendrait un peu plus sympathique. Si je dis cela, c’est parce que je me méfie toujours des gens comme F. Fillon, qui font semblant d’être des gaullistes sociaux, alors que ce n’est pas le cas. Des gens qui se posent perpétuellement en donneurs de leçons, expliquant la manière dont on doit gérer le pays, très différente évidemment de la politique qui a été mise en œuvre pendant les dix dernières années avec la plupart du temps…F. Fillon comme ministre important ou Premier ministre de N. Sarkozy. Si notre pays ne se portait pas aussi mal, c’en serait presque risible !

Cela n’a pas empêché ce Premier ministre de se démarquer à plusieurs reprises de N. Sarkozy, surtout quand celui-ci avait décidé de changer de Premier ministre à l’automne 2010, seule période entre 2007 et 2012 où F. Fillon s’est battu de toutes ses forces…pour garder sa place, promise à J.L. Borloo. Il s’est tellement battu à l’époque qu’il avait été jusqu’à oser dire que N. Sarkozy n’était pas « son mentor », petits mots pleins de sens qui avaient déclenché un tintamarre médiatique, et qui avait sans doute impressionné N. Sarkozy lui-même, parce que ce dernier s’imaginait que le poids de F. Fillon auprès des parlementaires UMP était plus considérable qu’il ne l’était en réalité. En tout cas, si l’ancien président n’a pas été le mentor de F. Fillon qu’a-t-il été au juste ? Son bienfaiteur, parce qu'il l'a placé là où il n'aurait jamais dû être ? Mystère! Cela dit, si F. Fillon était ce que l’on appelle un homme de convictions, ce qu’il veut essayer constamment de nous faire croire, jamais il n’aurait dû devenir le Premier ministre du président Sarkozy, ne serait-ce qu’en raison de leurs désaccords passés. N’avait-il pas été choqué par N. Sarkozy quand celui-ci a quasiment fait acte de candidature à la présidence de la République, moins de deux ans après le début du quinquennat de J. Chirac ? Il est vrai, qu’à l’époque, F. Fillon manifestait beaucoup plus de considération pour J. Chirac que par la suite, en fait jusqu’à ce qu’il ne soit plus ministre.

D’ailleurs, comme l’a dit lui-même F. Fillon, lorsqu’il apprit qu’il ne ferait pas partie du gouvernement de Villepin (en 2005), on a fait de lui « un directeur de campagne avant l’heure » de N. Sarkozy, bien que ce dernier soit membre de ce gouvernement. Si j’étais ironique, je dirais qu’un homme de convictions ne pouvait que réagir de cette manière !!! Et effectivement, tous ses efforts à partir de ce moment allaient se concentrer sur l’élection de N. Sarkozy, et accessoirement sur la critique à l’égard du Premier ministre, Dominique de Villepin. Il sera récompensé, une fois N. Sarkozy élu, par sa nomination à Matignon. Il est vrai que les deux hommes se connaissaient bien, puisqu’ils avaient ensemble soutenu E. Balladur à l’élection présidentielle de 1995, ce qui n’empêchera pas F. Fillon, de devenir ministre du premier gouvernement de la présidence Chirac, et de figurer un peu plus tard parmi ses plus « fidèles » soutiens.

C’est donc un politicien très, très affirmé, qui va sans doute devenir le président de l’UMP, un politicien qui va se servir de son directeur de campagne pour faire plaisir aux éléments les plus à droite de l’UMP, à la lisière du Front National, et de son image de « séguiniste » pour essayer de récupérer le gros des troupes centristes, lesquelles se contenteront une fois de plus de faire l’appoint pour quelques sièges de parlementaires. Finalement, l’UMP version Fillon ne sera plus qu’une sorte de conglomérat de parlementaires allant de la droite très à droite jusqu’aux centristes qui ne sont ni de gauche, ni même centristes, donc eux aussi tout à fait à droite. Et ce sont ces gens, profondément désunis de surcroit car cette élection va fatalement laissé des traces, qui veulent déjà assurer la relève du nouveau pouvoir socialiste…après avoir gouverné le pays pendant dix ans, et le mener là où il est, avec des déficits historiques, des reculs considérables sur le plan social, et un avenir tellement assombri que les Français en sont déjà à accuser les socialistes de tous les maux, alors qu’ils ne détiennent le pouvoir que depuis deux mois. Et oui, si l’on en croit l’UMP (version Fillon ou Copé),  dix ans c’est très court, mais deux mois c’est très long !

Michel Escatafal

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