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28/08/2012

Ce monde est fou, ce monde se détruit à petit feu…

Décidément nous vivons dans un monde où plus personne ou presque n’a le sens des réalités. Je dis presque, parce que les seuls qui peuvent encore l’avoir sont ceux qui souffrent le plus. J’imagine en effet que si l’on ne sait pas comment donner à manger à sa famille, comment lui procurer un toit, on doit se rendre compte très exactement des réalités de cette société occidentale qui voit chaque année, chaque mois ou chaque jour son déclin s’accentuer. Evidemment, je ne parle pas de ceux qui sont encore plus démunis que chez nous, et qui eux ne peuvent même plus survivre. Ceux-là, on ne les rencontre que dans des contrées plus lointaines, mais si on n’y prend garde on en retrouvera chez nous beaucoup qui ne seront pas mieux lotis. Triste monde que le nôtre, qui regorge de richesses mais qui, à force de faire de l’argent la valeur suprême, est en train de nous faire revenir quelques siècles en arrière.

Et le pire est que nombre de gens parmi ceux qui nous gouvernent, je parle dans les pays occidentaux, détournent les yeux pour ne pas voir cette pauvreté qui ne cesse de toucher des gens qui appartenaient il y a peu à ce que l’on appelait la classe moyenne, celle-ci se réduisant de plus en plus sur fond de chômage, de guerre des prix, de baisse des salaires et des prestations, d’évasion fiscale etc. Certains vont trouver qu’il y a quelque exagération dans mes propos, mais ceux-là ne lisent pas la presse sur le web ou sur papier. Un exemple parmi des milliers vient illustrer ce que je dis, et, volontairement je l’ai pris en Espagne, un des pays les plus touchés par la crise, suite à l’éclatement de la bulle immobilière initiée du temps du gouvernement conservateur dirigée par J.M. Aznar, et qui s’est poursuivie sous celui de J.L. Zapatero.

Dans ce pays, en effet, qui commence à manquer de tout en raison de sa paupérisation accélérée, il y a un député conservateur (de droite) qui a déclaré avoir des difficultés à boucler ses fins de mois avec sa paie de 5100 euros, déclaration qui a naturellement indigné un nombre considérable de personnes qui survivent tant bien que mal. Comment peut-on être à ce point déconnecté du monde réel quand on est parlementaire en Espagne…et ailleurs le plus souvent ? Cela étant, il n’y a pas qu’en Espagne qu’on dérape, puisqu’une députée UMP avait tenu des propos d’un populisme et d’une désinvolture honteux en suggérant « de remettre dans les bateaux » les immigrés qui viendraient de la Méditerranée. Certes, elle avait présenté ses excuses par la suite, mais le mal était fait dans la mesure où c’était en quelque sorte la première pensée qui lui était venue à l’esprit. Voilà où nous en sommes dans les pays développés européens en 2012, étant entendu que les conservateurs n’ont pas le monopole des remarques ou idées loufoques !

Autre exemple en provenance des Etats-Unis,  montrant que notre société perd tous ses repères : plus d’un adolescent sur cinq utilisent leur smartphone pour tricher à l’école. Incroyable…mais sans doute vrai et pas qu’aux Etats-Unis, d’autant que d’après le journal suisse 24 heures qui rapporte l’information, la moitié des professeurs en Suisse ne savent pas ce que les élèves peuvent faire avec ce type d’appareil. Preuve criante que dans nos sociétés, censées être plus instruites qu’au début ou au milieu du siècle précédent, il ne suffit plus pour enseigner et éduquer d’en savoir plus que ses élèves ou ses étudiants…avec cette différence toutefois, que de nos jours il ne suffit pas d’être bardé de diplômes pour réussir à avoir une bonne situation, parce que des gens ultra diplômés il y en a beaucoup, sans doute même beaucoup trop. En revanche en France, comme en Suisse et même ailleurs, on ne trouve plus d’ouvriers manuels dans des travaux comme la maçonnerie, la peinture, l’électricité, la carrosserie ou la plomberie, ce qui explique le recours aux travailleurs immigrés, ces derniers ayant en plus l’avantage de coûter moins cher et d’être moins exigeants.  

Amer constat que l’on peut faire de la dégradation des mœurs et des conditions de vie dans nos pays capitalistes. Et le pire est que dans les pays émergents on retrouve le même phénomène, les mêmes causes (le capitalisme sauvage) produisant les mêmes effets. Comment dans ces conditions croire aux vertus de la politique, et surtout croire que la politique peut inverser le cours des choses face à la toute puissance de l’économie ? Certes, il peut y avoir des infléchissements entre une politique menée par des conservateurs ultralibéraux comme ceux qui gouvernaient notre pays jusqu’au mois de mai, ou encore comme ceux qui ont gouverné les Etats-Unis à l’époque des Bush ou de Reagan, et ceux qui gouvernent de nos jours en France et aux Etats-Unis. Certes, je ne veux pas comparer le gouvernement Ayrault avec celui de N. Sarkozy, mais chacun peut observer combien il est difficile de faire bouger les choses face à la puissance des grands groupes, des marchés, et in fine au verdict des agences de notation.

Pourquoi le gouvernement ne baisse-t-il pas davantage le prix des carburants ? Parce que  le pays est aux abois financièrement, et d'ailleurs je ne sais pas si cette baisse de six centimes est vraiment pertinente, même si c’est toujours « mieux que rien » pour ceux qui ont un plein à faire pour se rendre à leur travail. A ce propos, j’ai cru m’étrangler en entendant dans le journal de France Culture, à 12h30, C. Estrosi (fidèle parmi les fidèles de N. Sarkozy) reprocher au gouvernement de ne pas faire payer les pétroliers, ce qui lui a valu cette remarque ironique d’Antoine Mercier (présentateur du journal) lui faisant observer qu’il parlait comme le Front de Gauche. Autre question, pourquoi le nucléaire fait-il à ce point débat quant à la diversité des sources d’approvisionnement en énergie ? Parce que la France avec ses 1839 milliards de dette publique n’a pas les moyens de sortir du nucléaire, n’en déplaise aux écologistes qui souhaiteraient que nous allions plus vite dans le démantèlement des centrales nucléaires. Pourquoi le débat sur les gaz de schiste ou l’exploitation pétrolière au large de la Guyane ou de la Méditerranée resurgit de plus en plus régulièrement ? Parce que notre commerce extérieur est déficitaire de 75 milliards par an, dont une bonne partie à cause des importations de gaz et de pétrole. Pourquoi le gouvernement essaie de se donner du temps pour mettre en œuvre certaines réformes liées au marché du travail ? Parce que pour le moment l’urgence est de faire en sorte de limiter « la casse » en matière de licenciements, le gouvernement actuel ayant hérité de trois millions de chômeurs en mai-juin, et ces trois millions ne sont aucunement le fait du pouvoir actuel, comme certains semblent le suggérer.

Dans ces conditions pourquoi ne pas comprendre que le gouvernement essaie de faire le dos rond pendant quelque temps, en attendant que certaines mesures produisent leurs effets, sans parler bien sur du retour de la croissance, laquelle s’éloigne de plus en plus non seulement en France, mais aussi dans le reste de l’Europe, et ailleurs dans le monde. Même la Chine est confrontée au phénomène ! Comment dans ces conditions tenir l’objectif de réduction des déficits, sauf à provoquer la misère pour les plus défavorisés, et à casser encore davantage les services publics ? Espérons que les Français seront assez sages pour comprendre qu’il faut attendre un peu avant de commencer à invectiver le pouvoir, dont je rappellerais une fois encore qu’il détient les rênes du pays depuis deux mois ! Oui, j’ai bien dit deux mois, avec une contrainte financière terrible…qu’une hausse importante des impôts ne parviendra pas à desserrer complètement. Néanmoins, s’il y a un reproche que je formulerais à l’égard de F. Hollande et J.M. Ayrault, c’est celui de se préoccuper exagérément de l’état de l’opinion publique. Celle-ci par essence est versatile et impatiente, elle est peu au fait des problèmes économiques, et enfin elle est façonnée par une presse en mal de sensationnel…qui se croit encore en campagne électorale. Et prendre en compte, après deux mois d’exercice du pouvoir, autant d’éléments est une erreur majeure.

On a assez reproché à N. Sarkozy d’avoir l’œil rivé sur les sondages, alors pourquoi faire de même ? Par ailleurs en évoquant l’ancien président, il faut absolument que le nouveau pouvoir mette en place le plus rapidement possible sa réforme fiscale, pour que les Français se rendent compte qu’à la différence des gouvernements Sarkozy-Fillon, cette fois les plus riches seront vraiment mis à contribution, ce que les Français n’ont pas encore intégré. Voilà j’arrête-là même si je souhaitais parler de la mort de Neil Armstrong, en pensant à sa fameuse phrase : « C'est un petit pas pour l'homme mais un bond de géant de l'humanité ». Au fait, en quoi c’était un bon de géant pour l’humanité ? En tout cas ce qui est sûr, c’est que ce programme a coûté pendant des années 3% du PIB américain, pour en arriver à voir les Etats-Unis être une nation ruinée, où la pauvreté ne cesse de s’étendre…43 ans après avoir marché sur la lune. Cela valait-il la peine d’avoir gaspillé autant d’argent, même si l’industrie spatiale américaine en a retiré des bénéfices importants ?

Michel Escatafal

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