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23/08/2012

Aigris de gauche et de droite…

Les vacances c’est fini (ou presque), la reprise du travail, pour ceux qui en ont un, c’est maintenant. Quoi de plus normal au fond ? C’est ainsi depuis le Front Populaire et l’instauration des congés payés. Cependant, avant de parler des affaires franco-françaises, je voudrais dire un mot des élections à la Maison Blanche, en évoquant ce candidat républicain aux Etats-Unis qui considère qu’une femme ne peut pas être enceinte suite à un « véritable viol ». Voilà où on en est aux Etats-Unis en 2012, même s’il faut leur rendre hommage pour avoir élu un homme de couleur comme président de leur nation…chose impensable en France tout comme l’élection d’une personnalité originaire du Maghreb. Il n’empêche, si les Américains en sont encore là sur l’avortement, c’est quand même le signe d’une société ultra conservatrice qui, sans les bourdes à répétition des membres du Parti républicain, aurait permis à M. Romney de gagner l’élection présidentielle de novembre prochain au dépens de Barack Obama. Heureusement, ce dernier n’a pas grand besoin de faire campagne pour être réélu, ses adversaires faisant « les points et les fautes », ce qui, comme au tennis, assure toujours la défaite de celui qui joue de cette manière. Tant mieux pour B. Obama !

Autre information qui m’a étonné, ou plutôt qui ne m’a pas surpris car ce n’est pas la première du genre, à savoir que le château de Gevrey-Chambertin et ses vignes ont été acheté par un …riche chinois pour un montant de huit millions d’euros, ce qui ne paraît pas un tarif exorbitant pour une marque aussi prestigieuse. Il est vrai que notre pays, à force de s’infliger des contre-publicités en ce qui concerne le vin, en est arrivé à ce que les jeunes générations n’en boivent plus, ce qui n’empêche pas ces mêmes jeunes de s’abreuver allègrement en vodka et whisky dans les boîtes de nuit. A ne plus rien comprendre, même si les prix du vin dans les restaurants sont excessifs, pour peu que l’on veuille boire un verre de bon vin, bien de chez nous, par exemple du Gevrey-Chambertin. Cela étant, pour le petit-fils de tonnelier que je suis, je trouve tout cela bien triste, d’autant que je suis très amateur de bon vin, même si je ne bois qu’un verre par jour lors du repas de midi (Médoc, Duras, Buzet...).

Parlons à présent de politique politicienne pour constater à quel point certains essaient d’exister, non seulement à droite, mais aussi à gauche. Et parmi ces derniers, il y a J.L. Mélanchon, lequel en est à quémander le soutien de l’aile gauche du Parti socialiste (qui l’a renvoyé à ses chères études par la voix de B. Hamon) pour mieux critiquer le gouvernement, après avoir vu le Parti communiste prendre ses distances avec lui. Il est vrai que J.L. Mélanchon est un allié encombrant pour les communistes, plus encore qu’il ne serait pour les socialistes si ces derniers avaient eu besoin de lui pour avoir la majorité au Parlement. De toute façon ce n’est pas le cas, et quand on connaît l’obligation qu’a le Parti Communiste à ménager les socialistes dans la perspective des élections municipales, il est heureux de penser que J.L. Mélanchon ne représentera bientôt plus que lui-même. En attendant, ses critiques sur les cent premiers jours de F. Hollande s’assimilent uniquement à des propos d’un politicien aigri par les échecs qu’il accumule depuis la fin de la campagne présidentielle, au point d’avoir été à quelques dizaines de voix de faire élire Marine Le Pen dans une circonscription acquise à la gauche. Il est vrai qu’avant le 6 mai, il n’avait pas réalisé à quel point l’UMP se servait de lui…ce qui est en soi le signe d’un cruel manque de vision.

Autre politiciens « ne pesant pas plus que leur poids qui n’est pas lourd », comme disait le général de Gaulle, les multiples candidats à la présidence de l’UMP (parti qui ose s’inscrire dans la lignée du gaullisme !), n’ayant pas d’autre programme que critiquer F. Hollande et le gouvernement, alors que ces derniers n’ont vraiment le pouvoir que depuis…sept semaines. Ainsi, après s’être défoulés sur les vacances du président, ils en sont réduits à reprocher au président de ne pas tenir intégralement ses promesses…ce qui au contraire devrait les réjouir puisqu’ils étaient contre. Ils en sont même jusqu’à aller à l’encontre des désidératas des Français, par exemple sur la Syrie, ce qui montre à quel point cette UMP version Sarkozy est affaiblie et fait preuve d’impuissance.

Ce n’est évidemment pas moi qui pleurerais en voyant le bateau UMP prendre l’eau de toutes parts, mais le plus grave dans tout cela est que certains politiciens avaient pleinement conscience que N. Sarkozy menait notre pays dans le mur, ce qui ne les empêchait pas d’accepter sans sourciller n’importe quelle décision décidée par l’ancienne cellule de l’Elysée. En tout cas la bataille va être féroce entre les partisans de Fillon, ceux de Copé, plus ceux des autres prétendants comme N. Kosciusko-Morizet ou B. Lemaire…sans oublier ceux qui se font appeler « les amis de Sarkozy ». A ce propos, qui a pu croire, à part les naïfs, que N. Sarkozy allait abandonner la politique après son échec présidentiel ? D’ailleurs qu’a-t-il fait depuis trente ans, en dehors de la politique ?

Cela dit, pendant que les cadres de l’UMP se font la guerre, au moins ils laissent le gouvernement travailler dans la sérénité, même si ce mot peut paraître étrange compte tenu de  la situation terriblement difficile dans laquelle se trouve le pays. Pour mémoire, même si j’ai déjà souvent évoqué le sujet sur ce site, je rappelle qu’entre la fin de l’année 2001 et la fin de l’année 2011, la dette publique est passée de 56.9% du PIB à 85.8%, alors qu’elle n’était que 64.2% fin 2007. Effrayant, car en 2011 la charge annuelle de la dette française représentait 53.8 milliards d’euros alors que l’impôt sur le revenu a rapporté 51.4 milliards (fin 2000 la différence était positive de 10 milliards !).

Mais ce n’est pas tout, n’en déplaise à l’UMP qui reproche (déjà) au gouvernement d’être une « cigale », les dépenses publiques fin 2001 représentaient 51.7% du PIB, contre  55,9% fin 2011, alors qu’elles étaient de 52.6% fin 2007. Et pour terminer, alors que jusqu’en janvier 2008 l’écart de taux entre l’Allemagne et la France était infime, en avril 2012 il atteignait 146 points de base (100 points de base =1%)…certains affirmant que les marchés commençaient à sanctionner la faiblesse des propositions de F. Hollande en matière économique. Heureusement, et contrairement aux prévisions de certains responsables UMP et leurs amis dans la presse ou ailleurs, cet écart est de nos jours retombé à 50 points de base…ce qui témoigne d’un niveau de confiance des prêteurs élevé. Souhaitons que les dirigeants de l’UMP continue longtemps à se déchirer, et que le gouvernement puisse travailler le plus calmement possible, avec pourquoi pas un élargissement de sa majorité jusqu’au MoDem version 2007.

Michel Escatafal

 

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