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15/08/2012

La situation est difficile...mais les Français le savent

L’été c’est habituellement le vide en politique, mais cette année avec l’alternance et le congrès de l’UMP pour désigner son président, ajoutés à la crise qui frappe le monde, on a l’impression que l’été est presque meurtrier. Il faut savoir raison garder, et moi cela ne me gêne pas de savoir que F. Hollande est en vacances au Fort de Brégançon, comme Angela Merkel  dans les montagnes du Tyrol ou M. Rajoy en Galice. Et puis, notre président est-il réellement en vacances dans la mesure où on le voit un peu partout ces derniers jours ? Même remarque pour Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, qui doit faire face à une poussée de mauvaise humeur dans certains quartiers délaissés depuis des années, sans parler de ce que l’on pourrait appeler la délinquance ordinaire. Et Laurent Fabius qui est parti au Moyen-Orient dans le cadre de la crise syrienne, est-il en vacances ?

Bien sûr je ne suis pas là pour défendre de toutes mes forces le nouveau pouvoir, mais je constate que les Français sont toujours aussi immatures en politique, et qu’ils sont toujours autant sous l’influence des médias…dont c’est le métier de faire « le murmure », ou dit autrement le « buzz ». On notera au passage qu’avec ce dernier mot tout le monde me comprend mieux ! Fermons la parenthèse, pour noter que tout cela est désolant pour plusieurs raisons. Tout d’abord je rappellerais que si F. Hollande est installé à l’Elysée depuis cent jours, il n’a réellement le pouvoir que depuis une cinquantaine de jours. Et pourtant tout ce qui arrive à notre pays, l’absence de croissance, la hausse du chômage, les fermetures d’usines, tout lui est imputé comme s’il était au pouvoir depuis deux ou trois ans. On lui reproche même de ne pas vouloir aller guerroyer en Syrie, comme si faire la guerre était quelque chose de banal, même s’il se passe des choses horribles dans ce pays…pas seulement du fait des troupes de Bachar El Assad.

On oublie que ce pays est en proie à une guerre civile qui ne pas dit pas son nom, et les guerres civiles engendrent souvent les pires horreurs pour les populations. Au fait, encore une fois, qui a invité en grande pompe un certain 14 juillet 2008 le dictateur syrien ? Réponse Nicolas Sarkozy, avec le plein accord on suppose de son Premier ministre F. Fillon, même si celui-ci était avant tout un collaborateur. F. Fillon justement, qui se voyant déjà président de la République, aurait voulu que F. Hollande aille à Moscou pour faire la leçon à Vladimir Poutine, comme si le président russe était le genre de dirigeant qu’on manipule à sa guise ! F. Fillon, qui n’a guère exercé le pouvoir pendant ces cinq dernières années, doit penser que l’on va voir V. Poutine comme Luca di Montezemolo, le patron de Ferrari, chez qui il était en vacances quand il s’est cassé la cheville lors d’une promenade en scooter.

Certes il est facile de manier l’ironie sur un accident domestique, enfin pas vraiment parce que ce n’est quand même pas en refaisant la peinture de son appartement, mais toutes ces parlottes des dirigeants de l’UMP sont vraiment insupportables. Car enfin, quel pouvoir a F. Hollande sur les présidents russe et chinois ? Que peut faire de plus F. Hollande sur la situation en Syrie, sauf envoyer des secours médicaux et des vivres pour les réfugiés ? Autant de questions qu’il est inutile de se poser, car on connaît la réponse. Et puis aurait-on les moyens d’envoyer des troupes en Syrie, et serait-ce le bon  moment alors que l’on va rapatrier (enfin !) nos soldats d’Afghanistan ?  Là aussi, on connaît la réponse. Le gouvernement de notre pays doit gérer la crise des finances publiques de notre pays, sans parler de tous les autres disfonctionnements au niveau de l’Etat et des territoires,  et c’est autrement plus important que vouloir aller guerroyer en Syrie. Il ne faut quand même tout confondre ! J’en profite au passage pour dire combien j’ai apprécié l’intervention de Marielle de Sarnez reprochant à N. Sarkozy d’affaiblir « la voix de la France » dans le dossier syrien.

Pour revenir aux problèmes intérieurs, là aussi je suis stupéfait de voir la manière qu’à l’opposition de reprocher au gouvernement de tergiverser sur le blocage du prix de l’essence…alors que l’UMP avait qualifié de « plaisanterie » cette mesure évoquée par F. Hollande pendant la campagne présidentielle. Que l’UMP attende donc de voir ce que va faire le gouvernement avant de s’indigner, ce que pour ma part je ferais si on en arrive à des solutions qui ne me conviennent pas. De toutes façons la rentrée c’est dans quelques jours,  et il va falloir établir le budget pour 2013, premier acte très important du gouvernement Ayrault, compte tenu de la situation très difficile en termes de finances publiques héritée de N. Sarkozy, si nous voulons continuer à emprunter avec des taux très bas. Et pour cela, il va falloir impérativement trouver les ressources et limiter les dépenses afin de se rapprocher des 3% de déficit. Ceux qui affirment, comme je l’ai entendu encore hier sur une chaîne de radio, que ces fameux 3% ne doivent pas être une obsession ont tort, parce que si par malheur nous en étions trop éloignés la sanction serait immédiate…et très coûteuse, se chiffrant par milliards. La France n’a plus les moyens de croire au Père Noël, et F. Hollande devra impérativement annoncer aux Français ce qu’il va faire pour remettre notre pays en ordre de marche, après les cinq années de gabegie financière que nous venons de vivre, sauf peut-être dans les derniers mois du quinquennat, pour être tout-à-fait objectif.

Dans ce cadre, le président de la République devra faire l’inverse de ce qu’a fait N. Sarkozy quitte à avoir des sondages d’opinion négatifs et quitte à perdre les élections intermédiaire. C’est pour cela que je regrette les atermoiements autour de la CSG, parce que chacun sait bien qu’on sera obligé d’avoir recours à une hausse des prélèvements si on veut préserver notre modèle social et réduire les déficits. C’est aussi pour cela que le gouvernement doit faire preuve de courage et dire la vérité aux Français…qui n’attendent que ça, même s’il y aura toujours des rêveurs ou des gens de mauvaise foi pour affirmer qu’on peut faire autre chose. Ce sera d’autant plus le moment, que le nouveau pouvoir pourra toujours dire que cette potion amère est le fruit des mauvaises décisions prises sous le quinquennat de N. Sarkozy, ce qui est l’exacte vérité. Alors vite, expliquons et prenons les décisions qui s’imposent, d’autant qu’on sait que la croissance ne sera pas vraiment au rendez-vous au moins jusqu’au milieu de l’année 2013, ce qui rend la tâche encore plus difficile.  

Michel Escatafal

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