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12/08/2012

Certains oublient vite qu'ils ont perdu les élections

Pauvre N. Sarkozy qui en est réduit à se ridiculiser en parlant de la Syrie pour exister…encore un peu ! Pauvre UMP qui se sent obligée de marcher sur les pas de celui qui lui a fait perdre toutes les élections depuis 2007 ! Pauvres français encore fidèles à ce parti qui ne sait plus où il habite, et qui a le choix pour ses élections internes en octobre entre J.F. Copé, politicien déjà usé, et F. Filllon qui fut pendant cinq ans un Premier ministre collaborateur du président de la République, sans avoir jamais eu le courage de s’affirmer ! Et pourtant, malgré tous ces avatars on entend beaucoup l’UMP depuis qu’elle fait l’apprentissage de l’opposition. Certes on va me dire que j’ai tort de « tirer sur une ambulance », mais je me méfie par principe de la propagande distillée par un parti qui a du mal à accepter l'alternance, dans la mesure où les conservateurs considèrent que le pouvoir leur appartient. Peu importe pour eux que les Français aient choisi un autre président de la République et une majorité de gauche, parce que pour eux tout cela est illégitime d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs l’ancien ministre des Finances de N. Sarkozy, F. Baroin, pourtant un peu plus modéré que d’autres, n’avait-il pas dit qu’en 1997 la gauche avait pris le pouvoir « par effraction » ? Si un F. Baroin en arrive à lancer de pareilles énormités, on imagine ce que cela peut donner pour d’autres beaucoup moins raffinés !

Mais me direz-vous, en cette chaude journée du mois d’août, comment puis-je être aussi remonté envers le principal parti d’opposition ? Tout simplement parce qu’on entend des choses intolérables de la part de ses principaux représentants, notamment sur la Syrie. Pour eux il faudrait que la France en fasse plus, comme si les résultats des interventions militaires sous l’égide de l’ONU n’incitaient pas à la circonspection ! La présence de 140.000 hommes en Afghanistan a-t-elle résolu les problèmes de ce pays ? Non, et il suffira de quelques semaines après le départ des troupes de l’OTAN pour que ce pays se retrouve aux mains des talibans. Et la guerre en Irak, à laquelle nous avons échappé grâce à l’action de Jacques Chirac, est-ce une réussite quand on pense au nombre d’attentats meurtriers qui ont lieu chaque semaine ou chaque jour, sur fond de conflits religieux ? Et la Libye, est-ce vraiment une réussite quand on songe aux milliers d’armes qui se promènent un peu partout en Afrique, et qui font le « bonheur » de tous ceux qui veulent déstabiliser une partie de ce continent ?

Et pourtant, il se trouve encore des gens pour reprocher à F. Hollande de ne pas vouloir intervenir en Syrie sans mandat de l’ONU, au demeurant impossible à obtenir dans la mesure où Russes et Chinois ne donneront jamais leur aval à une intervention dans cette région, après avoir été floués dans l’affaire libyenne. Comment dans ces conditions la France pourrait faire davantage qu’elle ne fait, sauf à vouloir déclarer la guerre à la Chine ou à la Russie ? Tout cela est affligeant, et ne grandit pas ceux qui veulent que la France adopte un comportement de va-t-en guerre…dont les Français ne veulent pas si l’on en croit un sondage paru ces derniers jours, indiquant que 61% des Français sont hostiles à un engagement en Syrie. Et comment pourrait-il en être autrement, quand on sait que des centaines de millions d’euros ont été engloutis dans les opérations en Libye, au moment où on demandait aux Français de se serrer la ceinture. Et comme depuis l’an passé la situation financière de notre pays s’est encore largement détériorée, comment N. Sarkozy et l’UMP peuvent-ils reprocher au président de la République sa prudence sur le dossier syrien ?

En tout cas  j’espère que F. Hollande restera dans les semaines ou les mois à venir sur ses positions actuelles, et qu’il n’éprouvera pas le besoin de se justifier face aux attaques intempestives de ses opposants. Il aurait d’autant plus tort de le faire qu’il a le soutien du peuple, et que si l’UMP le pousse à des extrémités auxquelles il se refuse, c’est pour mieux l’accuser si les affaires tournaient mal. Et ce serait à coup sûr le cas, car la Syrie n’est pas un désert, et la force de frappe de l’armée syrienne est autrement plus puissante que celle de la Libye. Il aurait tort aussi, dans la mesure où manifestement Barack Obama ne veut pas ouvrir un nouveau front guerrier quelques semaines avant les élections américaines. Or chacun devine que F. Hollande préfère avoir comme interlocuteur, pendant la durée de son mandat,  B. Obama plutôt que M. Romney.

Et cela m’amène à parler du colistier que s’est choisi le candidat républicain, en la personne de Paul Ryan, jeune politicien aux idées franchement marquées à droite, professées notamment par le Tea party. Cette stratégie fait immédiatement penser à celle de Mac Cain en 2008 avec Sarah Palin…et de N. Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle chez nous, en ayant fait le choix de privilégier le rassemblement de toutes les droites…ce qui de facto lui aliénait les voix des centristes. On a vu le résultat de ce calcul dans notre pays, comme sans doute on le verra aux Etats-Unis, ce qui évidemment ne serait pour me déplaire.

D’ailleurs comment pourrions-nous être heureux de voir revenir au pouvoir, dans un pays comme les Etats-Unis, des politiciens qui ont approuvé la politique ô combien calamiteuse et imprudente de Georges W. Bush,  qui a amené cette nation à la faillite financière, sans parler des guerres initiées par cette administration. Cela dit, comme en France, les électeurs américains ont la mémoire courte, et le simple fait d’affirmer comme M. Romney et P. Ryan que l’on va diminuer les impôts a un impact très important…oubliant que si l’on diminue les impôts ce sont les plus riches qui en profitent. Oubliant aussi que la diminution des impôts implique de tailler notamment dans les dépenses sociales, par exemple la santé, alors qu’il a fallu plus de trois ans de débats pour faire adopter la réforme voulue par B. Obama, afin que les Américains les plus défavorisés, au demeurant toujours plus nombreux, puissent être un peu mieux protégés contre la maladie. Espérons que les Américains, en novembre, fassent preuve de la même lucidité que le peuple français en mai et juin !

Michel Escatafal

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