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08/08/2012

Les nuages noirs s'accumulent dans le ciel économique

En ouvrant mon ordinateur tôt ce matin, j’ai découvert une information tout à fait ahurissante qui m’a laissé interdit, à savoir que N. Sarkozy s'est entretenu au  téléphone avec le président du Conseil national syrien, Abdel Basset Sayda, évoquant la nécessité d’une action de la communauté internationale « pour éviter des massacres ». On croit rêver ! Comme si son avis pouvait intéresser grand monde. En plus, j’avais cru comprendre que s’il était battu à l’élection présidentielle on n’entendrait plus parler de lui ! Encore des paroles en l’air, comme nous n’avons pas cessé d’en entendre pendant les presque dix ans qu’il a été au pouvoir, et plus particulièrement entre 2007 et 2010. D’ailleurs, sur le dossier syrien, la seule chose que les gens ont retenu de l’action de l’ancien président de la République fut le défilé du 14 juillet 2008, auquel avait assisté Bachar Assad depuis la tribune officielle. Vraiment N. Sarkozy n’a pas peur de se ridiculiser en essayant de faire parler de lui sur un sujet pareil…en espérant que les multiples réactions moqueuses que l’on trouve ça et là dans la presse, lui feront comprendre que cette tentative a un caractère pathétique.

Ce qui est grave surtout, c’est que l’ex-président semble ne rien avoir appris de sa défaite, ce qui n’étonnera personne ou du moins pas grand-monde. Il n’a pas compris entre autres que les Français sont las de toute participation à une guerre. Personnellement je trouve normal que F. Hollande n’imagine pas intervenir en Syrie, à la manière dont un certain N. Sarkozy s’était empressé de le faire en Libye. En plus, cette intervention diplomatique de l’ancien locataire de l’Elysée est d’autant plus malencontreuse, qu’elle a eu lieu le jour où la France a perdu un soldat supplémentaire en Afghanistan. Et oui, encore un mort pour rien dans un pays où nous n’aurions jamais dû mettre les pieds, et plus encore où nous n’aurions jamais dû envoyer jusqu’à quatre mille hommes. Enfin, heureusement, la plupart seront partis en fin d’année, même si je considère que les mille qui vont rester un peu plus longtemps auraient dû rentrer aussi. 

Passons à présent à autre chose pour constater que les Allemands ont enregistré en juin un net recul de leurs commandes industrielles, un des principaux indicateurs de l’évolution prévisible de l’activité en Allemagne. Cela ne fait d’ailleurs que confirmer d’autres enquêtes de conjoncture, et surtout devrait faire comprendre à Angela Merkel et à son ministre des Finances, l’intransigeant Wolfgang Schäuble, qu’organiser partout la rigueur et la récession dans la zone euro aura aussi des effets pervers sur la croissance allemande. D’ailleurs les analystes précisent bien que cette baisse des commandes dans l’industrie est en grande partie la conséquence d’un ralentissement généralisé de l’activité dans la zone euro…auquel la France n’échappera pas  si l’on en croit les prévisions de la Banque de France. En tout cas, ceux qui estimaient qu’il n’était pas nécessaire de se battre pour introduire un volet de croissance dans le Pacte budgétaire européen avaient grand tort, ce qui ne veut pas dire que ce sera suffisant pour faire repartir la croissance dans l’Euroland.

Heureusement, cette baisse de l’activité en Allemagne et ailleurs n’a pas de grandes conséquences quant à l’évolution des taux, même si les taux allemands (10 ans) se tendent quelque peu (1.38%), tout comme les taux français (1.91%), mais à des niveaux encore très bas. A ce propos il faut noter que le différentiel entre l’Allemagne et la France n’est plus que d’une cinquantaine de points de base…à comparer avec les chiffres au 15 janvier où le taux allemand à 10 ans se situait à 1.70% et le français à 3.26%, soit un écart de  1 56 points. Et dire que l’UMP s’était servi, juste avant le 6 mai, de ce misérable argument consistant à dire que si F. Hollande était élu, les taux s’envoleraient ! Ils ont la réponse des marchés ou des prêteurs si l’on préfère, ces derniers semblant avoir foi dans la détermination du gouvernement Ayrault à ramener le déficit public à 3% en 2013. A leur décharge, on comprend aisément qu’ils n’aient pas eu confiance dans les promesses de N. Sarkozy et son gouvernement, dans la mesure où ces derniers ont accumulé les promesses non tenues et ont multiplié les déficits par deux ou par trois en cinq ans.

Cela étant, si cette promesse de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB doit impérativement être tenu, c’est précisément pour garder la confiance des investisseurs, et éviter que notre pays n’ait plus de marge de manœuvre pour préserver son modèle social. On a beau dire, mais celui-ci est le dernier rempart pour éviter de faire plonger la France dans le modèle anglo-saxon, où règne la loi du plus fort, et où les plus faibles sont abandonnés le plus souvent à leur triste sort, ce qui n’empêche pas la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’être dans une situation économique et financière catastrophique. C’est pourtant ce modèle que semble avoir choisi le très droitier président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Celui-ci en effet,  aurait  décidé  que les personnes de moins de 65 ans devront payer une somme annuelle 710 euros pour avoir le droit aux soins dans les centres de santé publics et les hôpitaux. Pour les plus âgés (plus de 65 ans), ce serait 1864 euros. Des sommes totalement disproportionnées pour des gens qui n’ont souvent plus ou pas de travail…sauf à avoir l’espoir qu’ils quittent le pays. Mais pour aller où ? Cruelle réalité pour des personnes qui en plus avaient commencé à apprendre le castillan, mais qui ne comprennent pas nécessairement le français, l’italien, l’allemand ou l’anglais.

Problème, cette décision fait déjà hurler nombre de collectifs médicaux au prétexte qu’elle entraînerait un risque sanitaire important, les personnes malades ne pouvant être soignées en cas d’épidémie à caractère contagieux. A ce propos, on peut se demander comment des mesures de ce type peuvent être prises sans qu’aucune étude d’impact n’ait été sérieusement réalisée. Et pendant ce temps l’Espagne s’enfonce dans la récession, emprunte toujours à des niveaux très élevés (plus de 7% pour les taux à 10 ns), et on a de plus en plus l’impression que le remède de cheval qui est imposé à nos amis outre-Pyrénées est en train de les amener vers un gouffre tellement profond qu’on se demande comment ils en sortiront. Au fait, en sortiront-ils un jour si on applique des mesures toujours plus rigoureuses ? Il est permis d’en douter compte tenu de l’ampleur de la crise. Pauvre Espagne qui sait d’ores et déjà que l’année prochaine le PIB sera de nouveau en chute libre, non pas de 0.5% comme le prévoit le ministère de l’Economie, mais plutôt de 1.4% comme le prédit la banque BBVA, après que le FMI ait prévu récemment une baisse de 1.20%. Comment dans ces conditions l’Espagne pourrait ramener son déficit budgétaire 2013 à 4.5% ?

Michel Escatafal

 

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