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28/07/2012

La trêve des vacances sera courte...

Apparemment Barack Obama n’a pas trop de soucis à se faire pour sa réélection, même si le contexte économique ne lui est pas favorable, ce qui est le cas de tous les chefs d’Etat ou de gouvernement des pays démocratiques ayant à affronter dans les mois à venir une période électorale. Pour ce qui concerne l’économie américaine, celle-ci tarde à repartir au point que les bourses réagissent favorablement au fait que la croissance ralentit... moins que prévu. Il faut avoir le moral solidement accroché pour arriver à être optimiste par les temps qui courent! Cela dit, les Etats-Unis affichent quand même une hausse du produit intérieur brut de 1.5% au deuxième trimestre, ce qui est loin d’être le cas chez nous. Mais, comme je ne cesse de le répéter, l’avantage que les Français ont sur les Américains et bien d’autres peuples de la planète, est un héritage merveilleux que nous ont légué nos ancêtres, à savoir un comportement global de fourmi. Les ménages français en effet, ont des bas de laine plus ou moins importants et surtout ont un endettement très modéré par rapport à leurs revenus.

Si j’ai parlé de Barack Obama, c’est parce que le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre prochain, Mitt Romney, accumule les bourdes de toutes sortes chez lui comme à l’étranger, la dernière en date ayant eu lieu mercredi à l’occasion d’une visite à Londres dans le cadre des Jeux Olympiques. A cette occasion le candidat républicain, sans doute en manque d’inspiration, en a profité pour faire un commentaire jugé pour le moins maladroit sur un sujet ô combien sensible pour les J.O., la sécurité, faisant allusion à une menace de grève des agents d’immigration des douanes britanniques. Il y a des choses qui ne se disent pas ou ne se font pas en matière de diplomatie !

Ce qui ne devrait pas se faire non plus, c’est délocaliser des entreprises au Maroc ou en Roumanie, parce que le coût des charges de personnel dans ces pays est nettement moindre que chez nous. En écrivant cela, je pense à l’affaire du STIF, organisme qui dépend de la Région Ile de France, qui a attribué  un marché public (centre d'appels) à un prestataire installé au Maroc. Cela fait désordre au moment où le gouvernement essaie par tous les moyens de limiter l’effet dévastateur des plans de licenciements qui ne cessent de s’accumuler sur le pays, au moment où l’on a déjà un taux officiel de chômage qui flirte avec les 10%. Bien sûr, ceux qui connaissent les arcanes des administrations savent bien qu’il y a des règles concernant les marchés publics, comme ils savent aussi que l’on doit faire des économies partout pour ne pas augmenter les déficits.

Ils savent aussi que cette situation est extrêmement courante dans le cadre de la mondialisation, même si l’on peut regretter que la mondialisation amène presque systématiquement à prendre en compte le coût des prestations au détriment le plus souvent de la qualité…à supposer qu’il y ait moins de qualité au Maroc ou en Roumanie. Bref, tout cela ressemble à une tempête dans un verre d’eau, mais comme tout est irrationnel en ce moment, on en fait une affaire d’Etat, le plus triste étant de voir Valérie Pécresse, dont les actions comme ministre du Budget furent loin d’être lumineuses, monter au créneau pour dénoncer des pratiques qu’elle fait semblant de découvrir. Que va-t-il se passer finalement ? Je ne sais pas, puisque  le président de la Région Ile de France, le socialiste J.P. Huchon, va étudier toutes les voies légales possibles pour éviter tout ou partie de cette délocalisation.

Dans un tout autre ordre d’idées, le gouvernement et le Parti socialiste ont à faire face à une polémique déclenchée par des propos qu'aurait tenus Ségolène Royal à propos de la nomination comme ministre de Najat Vallaud-Belkacem : « Elle s'appellerait Dupont, elle ne serait peut-être pas là ». Si j'emploie le conditionnel, c'est parce que Ségolène Royal a prétendu que l'on avait déformé ses propos. Pour ma part, j'ai souvent défendu Ségolène Royal depuis 2007, en affirmant qu’on avait tort de la prendre pour ce qu’elle n’est pas. Plus particulièrement je n’ai jamais douté de son intelligence, mais je commence à croire que la rancœur est en train de l’étouffer. Cependant, j'ai quelques difficultés à la classer parmi ces politiciens qui sont incapables de poser un regard républicain sur les Français issus de l’immigration. Pour m’être toujours élevé comme toute forme de discrimination, y compris positive, j'espère que la présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas fait cette remarque sur Najat Vallaud-Belkacem, car ce serait pitoyable, comme il est pitoyable de chercher à l'exploiter. Quand va-t-on cesser de stigmatiser ceux qui arrivent à de hautes responsabilités par leur travail et leurs études ? N’est-ce pas là justement ce que voulaient les fondateurs de la république ? Pour ma part, je le répète encore une fois, je n’hésiterais pas à voter pour Najat Vallaud-Belkacem si elle se présentait à une élection présidentielle, à condition évidemment que son programme me convienne.

Et pendant ce temps la zone euro n’en finit pas de jouer avec le feu, avec la valse hésitation qui caractérise ses dirigeants, à commencer par la chancelière allemande, laquelle a un an des élections au Bundestag a les yeux rivés sur les sondages. C’est là tout le problème des mandats renouvelables ! Je suis persuadé que si Angela Merkel, que je considère comme  authentiquement européenne, ne pouvait pas se représenter, son comportement serait plus volontariste, même si je sais bien que la constitution allemande ne facilite pas les choses, pour parvenir à un vrai règlement des problèmes qui assaillent depuis trop longtemps la zone euro, plus particulièrement ceux des pays qui sont le plus en difficulté. Hélas, si l’idée européenne était belle, les impératifs nationaux continuent à l’emporter sur ceux qui sont à caractère communautaire. Pour autant doit-on laisser s’enfoncer inexorablement des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie ?

Chacun sait bien, par exemple, que jamais l’Espagne ne ramènera son déficit à 6.3% de son PIB à la fin de l’année. Quand il n’y pas de croissance, il n’y a pas de rentrées  fiscales, et on ne peut pas espérer voir la croissance repartir en supprimant une part de salaire ou d’indemnités à ceux qui dépensent tout ce qu’ils gagnent.  C’est d’ailleurs pour cela que je soutiens pour le moment notre gouvernement dans ses efforts budgétaires, afin que nous puissions descendre à 4.1% de déficit à la fin de l’année et à 3% l’an prochain.  Mais la France n’est pas dans la situation de l’Espagne, de l’Italie et encore moins de la Grèce, parce qu’elle dispose encore de ressources pouvant l’aider à passer ce cap difficile. Les Français continuent de consommer, et après une période où l’on a tout donné aux plus riches, aujourd’hui ceux-ci vont être sollicités pour aider à combler les déficits abyssaux (pour notre pays) dont on a hérité du sarkozysme.

Fermons la parenthèse  pour dire, une fois encore, que les instances  européennes doivent à tout prix sauver l’Espagne et la Grèce, sans les étrangler. Tout le monde aurait à y perdre à commencer par des pays comme l’Allemagne et la France, qui subiraient de plein fouet le démantèlement de la zone euro, notamment par une chute importante de leurs exportations. D'ailleurs les constructeurs  automobiles français sont  en train de s’en apercevoir avec la baisse des ventes en Espagne. Donc c’est de ces deux pays que peuvent venir les solutions aux grands problèmes qui assaillent la zone euro, ne serait-ce qu’en obligeant la Banque Centrale Européenne à racheter de la dette des Etats européens en difficulté, même s’il faut savoir que la BCE n’a pas non plus des capacités illimitées…du moins si l’on veut respecter les normes indispensables à tout accord aux yeux des Allemands. Décidément faire l’Europe est un combat de tous les jours, ce qui signifie que rien ne peut être réalisé dans la facilité. Cela étant, au stade où nous en sommes, l’Europe et la zone euro ne peuvent plus reculer et sont au contraire obligées d’avancer vers plus de fédéralisme, n’en déplaise à ceux qui croient qu’on peut faire machine arrière, et qui ne réalisent pas que le coût en serait exorbitant pour les populations.

Un dernier mot enfin à propos de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, qui rappelait les fêtes de Rome au premier siècle, avec comme grand prêtre l’empereur. Hier, ce n’était pas un empereur qui présidait la fête mais une reine. Ce qui est le plus frappant lors de chaque cérémonie d’ouverture, comme pour les jeux du cirque à Rome, c’est cette liturgie de plus en plus compliquée, avec des temples de plus en plus fastueux, eux-mêmes créant de nouvelles idoles…pour le plus grand bonheur de quelques centaines ou de milliers de personnes, qui, à titres divers, vont gagner beaucoup d’argent. En revanche, la population britannique va payer pendant des années cette frénésie dépensière, sans qu’elle ait pu en profiter réellement, le prix des places pour certains évènements étant démesuré. Panen et circenses ! Pour mémoire le déficit budgétaire en Grande-Bretagne sera le double (8%) du déficit français fin 2012, et comme remède les conservateurs au pouvoir ont décidé l’abaissement de 50 à 45% du taux d’imposition sur les revenus annuels supérieurs à 190.000 euros. On comprend pourquoi N. Sarkozy semblait bien s’entendre avec D. Cameron !

Michel Escatafal

 

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