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25/07/2012

Esprit du MoDem es-tu là?

Les vacances sont un moment propice pour faire des choses différentes de celles que nous faisons le reste de l’année. Pour ce qui me concerne, je lis les sites web des journaux dont je comprends la langue, et je remplis d’articles mon blog sport (esca aime le sport).  Ceci dit, je vais commencer par une info qui ne manque pas d’interpeller, à savoir que l’évasion fiscale dans notre pays est évaluée à un montant allant de 30 à 60, voire 80 milliards d’euros. Evidemment la fourchette paraît large, et même très large, mais comme il s’agit d’évasion, il est très difficile d’estimer avec exactitude pareilles données. Néanmoins, l’ordre de grandeur est à un niveau suffisant pour être amené à s’interroger sur ces chiffres, en rappelant qu’ils sont de l’ordre de grandeur de ce que rapporte l’impôt sur le revenu.  Mais le plus extraordinaire se situe dans la réaction de nombre d’internautes…qui trouvent une bonne justification à ce type de pratiques, ce qui est inacceptable, d’autant que les mêmes fustigent le droit des étrangers à être soignés gratuitement, oubliant que cela ne coûte que quelques millions d’euros chaque année.  

Autre information plus dramatique encore, l’Espagne n’en finit plus de se découvrir des montagnes de dettes, et l’Europe tergiverse pour éteindre cet incendie qui se propage à grande vitesse. Résultat l’Espagne emprunte à des taux hallucinants, qui rendent totalement vains les efforts faits pour diminuer les déficits…et bien entendu c’est le peuple qui souffre en premier de cette situation, avec une récession qui perdure, un chômage qui s’amplifie et des Espagnols chaque jour plus nombreux qui ne peuvent plus se loger, se soigner etc. Et le pire est que même la riche Catalogne en est réduite à solliciter l’aide de l’Etat central.

J’ai bien dit taux hallucinants, parce que sept fois supérieurs aux taux allemands (pour les taux à dix ans). Pour les taux à trois mois, c’est quasiment la même chose dans la mesure où l’Espagne emprunte à plus de 5.60%, alors que l’Allemagne continue d’emprunter à des taux négatifs. Par parenthèse, les taux continuent de rester bas pour la France, même s’ils se sont quelque peu tendus dans la foulée des taux allemands, légèrement affectés par les intentions de l’agence de notation Moody’s. Fermons la parenthèse pour se demander ce que fait l’Europe et plus particulièrement la Banque Centrale Européenne devant une telle dégradation de la situation dans la quatrième économie européenne. Il faut absolument que la BCE sorte de cette situation insensée, sous peine de finir de décrédibiliser les instances européennes, financières et politiques. Et l’on s’étonnera après que le populisme fasse ses choux gras dans ces conditions. Au passage j’en profite pour dire que l’Espagne peut donner la leçon a nombre de pays de l’UE et de la zone euro, parce que l’extrême-droite espagnole est infiniment moins présente que dans la plupart des autres pays européens, pourtant moins touchés par la crise.

Certains vont me répondre que les « indignés espagnols » se font entendre plus qu’ailleurs, mais ces indignés se battent pour que le peuple puisse vivre décemment, et non pour alimenter la haine contre les étrangers par exemple. Comme si les étrangers étaient la cause de toutes ces difficultés dans les pays occidentaux ! N’oublions pas que cette crise a éclaté en raison des bulles immobilières aux Etats-Unis comme en Espagne…qui ont amené les entreprises de construction à embaucher des étrangers, faute de trouver suffisamment de main d’œuvre locale. Curieux que personne ne parle de cela, comme il est curieux qu’on ne parle jamais de la responsabilité dans ces « bulles » des gouvernements conservateurs Bush et Aznar. Les gens, ou plutôt ceux qui sont chargés d’informer, ont la mémoire sélective, ce qui ne veut pas dire que les successeurs sont aussi exempts de tout reproche.

C’est pour cela que je suis indigné quand j’entends les vociférations de l’opposition française aujourd’hui, qui au lieu de faire profil-bas s’agite comme elle ne s’est jamais agitée pendant les dix ans que l’UMP a eu le pouvoir, et plus particulièrement les cinq années de présidence Sarkozy. Jamais nous n’avions autant entendu les ministres des gouvernements précédents que depuis le 6 mai. Jamais aussi, je n’ai constaté autant de mauvaise foi de la part de membres d’un gouvernement sortant, expliquant doctement ce qu’il faudrait faire alors que ces gouvernants ont laissé le pays dans une situation catastrophique à tous les niveaux, multipliant notamment les records de déficit, sans parler du chômage et des fractures sociales que cette politique au service des plus riches a engendrés. Que je sache, l'actuel gouvernement a les pleins pouvoirs depuis…un mois et une semaine !

 Tout cela est quelque peu effrayant, à croire qu'aucun autre parti que l’UMP n’est légitime pour gouverner. Il est vrai que la guerre est déclenchée à l'UMP, et que la surenchère dans les critiques est une forme d’affirmation de ceux qui aspirent à gouverner ce parti. Un parti ingouvernable en raison de son incapacité à se remettre en question, tiraillé entre une droite très à droite prête à un flirt poussé avec le Front National, et une droite un peu moins à droite avec des centristes qui ne savent plus où ils habitent…sauf qu’ils ne remettent jamais en cause leur appartenance à la mouvance UMP. Monsieur Lagarde, par exemple, qui regrette les moulinets d’Arnaud Montebourg, mais qui n’a jamais critiqué ceux de N. Sarkozy, exemple parmi d’autres de la cécité des soi-disant centristes…qui ne l’ont jamais été. Et dire qu’à un moment, ces gens faisaient campagne pour F. Bayrou…comme moi ! Esprit du MoDem est-tu là ? Bonne journée à tous.

Michel Escatafal

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